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EAN : 9782210740624
128 pages
Éditeur : Magnard (21/06/2014)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Un choix inédit de neuf nouvelles naturalistes de Zola autour d'une unité thématique : la femme et sa vie, son destin, qui donne au recueil une cohérence et permet un travail d'intertextualité, de renvois, de comparaisons. Ce recueil offre un parcours de vie, depuis la prime jeunesse jusqu'à la vieillesse : des textes réalistes, bien inscrits dans leur temps, qui transcendent pourtant leur époque à travers une réflexion sur l'éternel féminin.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
cmpf
  02 octobre 2016

Ce choix de nouvelles de Zola à l'intention des élèves de seconde, regroupe des histoires ayant pour sujet comme le nom l'indique, les femmes. Elles appartiennent à divers recueils.
Certaines peuvent être rapprochées deux à deux, le plus flagrant regroupement étant les deux portraits de jeunes filles ouvrières ayant le choix entre une vie humble partagée entre le travail et un amoureux qui deviendra mari, et une vie de luxe dans les bras de multiples amants :”L'amour sous les toits” qui met en scène Marthe la vertueuse et “À quoi rêvent les jeunes filles ?” dont l'héroïne est anonyme. Un autre rapprochement s'impose, d'une part “Lili” qui présente deux fillettes de moins de dix ans, femmes en miniature, tant par leurs tenues que par leur discussions et leurs attitudes qui vont jusqu'à mettre mal à l'aise le narrateur tandis que le garçonnet du même âge joue sans soucis ni de se salir ni de l'image qu'il renvoie ; et d'autre part “Au couvent” qui compare deux jeunes filles, l'une élevée par sa mère et qui sous des dehors très “à l'aise” est plutôt innocente tandis que la seconde qui sort du couvent montre des manières assez gauches bien que la promiscuité du couvent ait favorisé des amours saphiques.
“Le carnet de danse” exprime le rapport des femmes de la bonne société avec cet objet d'apparence innocente mais imprégné de toutes les émotions ressenties auprès des différents danseurs.
“Naïs Micoulin”, la plus connue, évoque en contraste avec l'éducation de Frédéric, fils d'avoué, le destin de la fille de leurs métayers, travaillant du soir au matin sous la surveillance et les corrections du pater familias. Pourtant les deux jeunes gens vont tomber amoureux, elle de façon durable et lui qui fréquente à la ville des filles faciles, le temps du séjour à la maison de campagne. Voir la phrase qui clôt le récit. “Elle était très belle, cette Naïs. - Oh ! Un déjeuner de soleil.“, dit Frédéric, qui achevait tranquillement sa côtelette” On peut avoir une autre lecture de cette histoire mettant plus l'accent sur le caractère du père Micoulin et ses projets qui se retournent contre lui.
“Un mariage d'amour” annonce le roman Thérèse Raquin, tandis que “Les regrets de la marquise” montre la nature du soutien au Troisième Empire. le dernier “Les veuves” m'a tout à fait échappé, si quelqu'un peut m'éclairer ? Il donne apparemment une image assez négative des femmes.
J'ai d'ailleurs trouvé que d'une manière générale la vision de Zola de la femme est dans ces nouvelles assez misogyne. Sans doute voulait-il présenter leur situation.
Un ouvrage agréable à lire sans être époustouflant. Il demande à peine une soirée aussi je vous conseille si vous aimez la littérature du 19e de l'ouvrir pour retrouver ces femmes riches ou pauvres mais toujours très dépendantes du rôle que la société leur réserve.

Challenge ABC 2016-2017 et Challenge 19e 2016
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   11 mars 2017
Le carnet de danse

Je voudrais pouvoir lui fermer nos portes. Si je la souffre quelquefois sous les lustres, sans trop de tristesse, c’est grâce à ses tablettes d’amour, à son carnet de danse.

Ninon, le vois-tu dans sa main, ce petit livre ? Regarde : le fermoir et le porte-crayon sont en or ; jamais on ne vit papier plus doux et plus parfumé ; jamais reliure n’eut plus d’élégance. Voilà notre offrande à la déesse. D’autres lui ont donné la couronne et l’écharpe ; nous, par bonté d’âme, lui avons fait cadeau du carnet de danse.

Elle avait tant d’adorateurs, la pauvre enfant, on la pressait de tant d’invitations, qu’elle ne savait plus où donner de la tête. Chacun venait l’admirer en implorant un quadrille, et la coquette accordait toujours ; elle dansait, dansait, perdait la mémoire, était accablée de réclamations, et se trompait encore ; de là une confusion terrible et d’immenses jalousies. Elle se retirait, les pieds brisés et la mémoire perdue. On eut pitié d’elle, on lui donna le petit livre doré. Depuis ce temps, plus d’oubli, plus de confusion, plus de passe-droit. Lorsque les amants l’assiègent, elle leur présente le carnet ; chacun y inscrit son nom, et c’est aux plus amoureux à arriver les premiers. Fussent-ils cent, les pages blanches sont en grand nombre. Si, lorsque les lustres pâlissent, tous n’ont pas pressé sa fine taille, qu’ils s’en prennent à leur paresse et non à l’indifférence de l’enfant.

Sans doute, Ninon, le moyen était simple, et tu dois t’étonner de mes exclamations à propos de quelques feuilles de papier. Mais quelles charmantes feuilles, exhalant un parfum de coquetterie et pleines de doux secrets ! Quelle longue liste de beaux amoureux, dont chaque nom est un hommage, chaque page une soirée entière de triomphe et d’adoration ! Quel livre magique, contenant une vie de tendresse, où le profane ne peut épeler que de vains noms, où la jeune fille lit couramment sa beauté et l’admiration qu’elle excite !

Chacun vient à son tour faire acte de soumission, chacun vient signer sa lettre d’amour. Ne sont-ce pas là, en effet, les mille signatures d’une déclaration sous-entendue, et ne devrait-on pas, si l’on était de bonne foi, les écrire sur le premier feuillet, ces éternelles phrases, toujours jeunes ? Mais le petit livre est discret, il ne veut pas forcer sa maîtresse à rougir. Elle et lui savent seuls ce qu’il faut rêver.

Franchement, je le soupçonne d’être fort rusé. Vois comme il se dissimule, comme il se fait naïf et nécessaire. Qu’est-il ? sinon un aide pour la mémoire, un moyen tout primitif de rendre la justice en accordant à chacun son tour. Lui, parler d’amour, troubler les jeunes filles ! on se trompe grandement. Tourne les pages, tu ne trouveras pas le plus petit : « Je t’aime. » Il le dit en vérité, rien n’est plus innocent, plus naïf, plus primitif que lui. Aussi les grands-parents le voient-ils sans effroi dans les mains de leurs filles. Tandis que le billet signé d’un seul nom se cache sous le corsage, lui, la lettre aux mille signatures, se montre hardiment. On le rencontre partout au grand jour, dans les salons et dans la chambre de l’enfant. N’est-il pas le petit livre le moins dangereux qu’on connaisse ?
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Trop souvent confondue avec son homonyme révolutionnaire Olympe de Gouges ou tout simplement oubliée, Olympe Audouard est pourtant une figure de proue du féminisme sous Napoléon III, qui n'a cessé de transgresser les normes en vigueur en franchissant la frontière de la sphère privée, seul espace autorisé aux femmes. Au coeur de la vie intellectuelle du Second Empire, elle a fondé pas moins de trois quotidiens, écrit une trentaine de livres et ferraillé avec la plupart des intellectuels et hommes de pouvoir contemporains, de Barbey d'Aurevilly à Zola en passant par le préfet Haussmann. Maîtresse d'Alexandre Dumas et de Victor Hugo, protégée de Théophile Gautier, ses combats contre « le sexe barbu », notamment pour le droit au divorce, résonnent encore aujourd'hui. Celle que l'on surnomme la « Papillonne », du nom de son premier journal, est également une aventurière chevronnée : juchée sur les premiers chemins de fer, elle a observé de près la conquête de l'Ouest américain, les mouvements nihilistes russes, failli périr noyée dans un naufrage entre Alger et Marseille, affronté une tempête dans le désert avec Abd el-Kader… Un destin hors du commun, une figure qui a marqué son époque et que la nôtre gagnera à redécouvrir.
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