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ISBN : 2072730384
Éditeur : Gallimard (24/08/2017)

Note moyenne : 2.65/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Photographe aux ambitions artistiques déçues, le narrateur est engagé par une entreprise de meubles pour réaliser des photos de catalogue.
Humilié d’être obligé de mettre son talent au service de la consommation de masse, il cherche en vain du répit dans la compagnie de Nathalie, qui pose dans les décors qu’il photographie, ou dans celle d’un autre modèle, une fillette surnommée Miss KitKat, chaperonnée par son horrible mère. Il va se laisser tenter par la v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  27 septembre 2017
Si on me demandait mon avis sur ce livre, je ne tomberai pas dans la facilité malgré le nombre de jeux de mots avec lesquels je pourrai critiquer cet ouvrage, en lien avec son titre.
Du coup, non, je dirais juste que je me suis ennuyé.

Je dirais que le héros, un peu cynique, un peu désabusé, va travailler comme photographe chez IKEA, va nous expliquer combien c'est loin d'être créatif pendant 100 pages puis il va se tourner vers le porno et va nous expliquer pendant 100 autres pages combien là en revanche c'est créatif … Puis viendront une trentaine de pages où à bout de vivre cette vacuité existentielle , le narrateur mélange porno et réalité en une succession effrénée de chapitres courts …
Je dirais aussi que l'esprit bobo dépressif revenu de tout qui suinte de ces pages m'a profondément agacé.
Je dirais pour finir que c'est dommage car l'auteur écrit bien mais moi j'ai vraiment peiné pour arriver à la fin et il ne me restera pas grand-chose de cette lecture dans quelques jours.
J'aurais pu dire tout ça oui mais comme on me demande rien, je m'abstiens car je n'aime pas dire du mal.
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joedi
  16 août 2017
Je remercie les éditions Gallimard et Babelio pour cette lecture en avant-première.
Le narrateur est un photographe qui, après avoir galéré pour vivre de ses photos artistiques, doit se rendre à l'évidence que l'art ne paie pas. Or, il doit, tous les mois, régler l'établissement de soins dans lequel vit son père, raison pour laquelle il entre au service d'une entreprise de meubles pour réaliser les photos de leur catalogue. Très solitaire, la nuit il se connecte via son PC à un chat "sexe". Un jour, sans avoir pris le temps de la réflexion, il emménage chez Nathalie, jeune femme qui pose dans les décors qu'il photographie. Parmi les figurants, il y a aussi Miss KitKat, une fillette adorable dont l'horrible mère lui commande un book. L'ennui toujours présent, il accepte l'offre de Christophe, un collègue, et collabore à la création d'un site pornographique dont il assure les prises de vues.
Dans Sauver les meublesCéline Zufferey aborde le thème de la solitude et de la société de consommation avec une dose d'humour non négligeable. Si des dialogues, souvent très crus, émaillent le récit, j'aime à souligner la qualité d'écriture de l'auteure. Sauver les meubles est son premier roman.
Challenge Petits plaisirs 2017 – 227 pages
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isabelleisapure
  11 octobre 2017
Lorsque l'on est une jeune primo-romancière, oser un roman aussi déjanté que « Sauver les meubles » est culotté, pour cela, je tire mon chapeau à Caroline Zufferey.
Pour le reste, comment dire ? J'ai eu un problème. Je n'ai pas totalement adhéré à cette histoire.
Tout avait pourtant bien commencé, j'ai trouvé la première partie du livre drôle avec un brin de causticité dans la description de la fabrication d'un catalogue de meubles.
J'ai trouvé le héros de l'histoire sympa et attendrissant dans son désir de s'accrocher à ce boulot sans intérêt. Il lui fallait bien vivre, payer son studio et la maison de retraite de son père, alors, à défaut de photos d'art, il se contente de photographier des meubles bas de gamme, qu'importe le cadrage, le sujet, les couleurs :
« Plus de sentiment, plus d'implication. du fade et du vide, tant mieux ».
Dans la seconde partie du roman, notre homme change de cap professionnel et se retrouve impliqué dans la création d'un site porno et c'est là que tout a basculé pour moi, même si j'ai souri parfois, les scènes de sexe particulièrement détaillées m'ont rapidement agacées au point de rendre ma lecture laborieuse.
Je reconnais à l'auteure une plume agréable, vive, caustique, mais, cela ne m'a pas suffi.
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lucia-lilas
  05 septembre 2017
Sauver les meubles… un premier roman ? Quelle maîtrise ! Si les primo-romanciers commencent à mettre la barre aussi haut, certains vont être obligés de revoir rapidement leurs copies !
Franchement, retenez ce nom : Céline Zufferey, vous allez en entendre parler…
Terrible roman contemporain, si sombre derrière ses allures légères… et en même temps si drôle… Une tragédie des temps modernes, de notre pauvre société de consommation qui cherche à nous vendre du bonheur sous la forme d'un somptueux canapé-lit ou d'une belle table en acajou aux mille reflets...
Que je vous raconte...
X (je ne me souviens pas qu'un prénom soit mentionné) était photographe d'art mais ça, c'était avant car maintenant, X ayant un pauvre père mourant dans une maison de retraite hyper chère (thème récurrent de la littérature contemporaine s'il en est... sans rire, tous les auteurs en parlent, comme quoi, c'est un vrai sujet de société!) donc, X , pour payer ladite maison de retraite, a dû changer de métier et devenir « photographe professionnel », espèce d'oxymore insupportable pour notre narrateur qui a comme l'impression d'avoir vendu son âme au diable.
Larguer l'art pour le commerce. Difficile à avaler. Il fait donc des photos pour un catalogue de meubles, je ne citerai pas de marque, pas la peine, tout le monde voit à quoi je pense... « Il faut bien gagner sa vie, faire des concessions, être raisonnable. À trente-deux ans, je plaque une vie d'artiste pour une  situation stable . Beaucoup soupireront qu'il était temps. Au moins j'échappe aux photos mariage et baptême » se dit pour se rassurer notre pauvre gars qui se souvient d'un passé encore récent où il était un artiste : «  Ça m'inspirait, le déprimant. J'en ai fait, des zones industrielles et désaffectées, j'en ai tiré de bonnes photos. Ça n'a intéressé personne. Maintenant, il suffit de suivre les instructions ; photographier ce qu'on me présente, qu'importe le cadrage, le sujet, les couleurs. Un coup d'oeil dans l'objectif, j'appuie, c'est tout. Plus de sentiment. Plus d'implication. du fade et du vide. Tant mieux. »
« Si quelqu'un a perdu son âme ici, c'est moi, échangé contre un C.D.I » conclut-il amèrement.
Ciao la liberté, la création, l'imagination, l'invention, ciao la vie quoi! Vive le prêt à consommer, le stéréotype, le banal, le conventionnel, l'inexpressif, le glacé, le froid, le lisse, l'inhumain… la mort quoi !
Ce qu'il faut dans ce genre de photos, c'est donner l'impression qu'en achetant le canapé Jemlep ou Morlip, les gens vont être heureux, heureux comme ceux qui, sur le papier glacé, semblent passer une excellente soirée entre amis et qui sourient et qui sont beaux.
Vendre du faux, et encore du faux, des leurres, des mirages : « Je photographie des familles parfaites, de fausses mères à côté de fausses filles, des fenêtres qui ouvrent sur un soleil à deux cents watts et des pièces qui n'ont jamais de porte. »
Photographier du mensonge… « Plus de cinquante collections pour créer l'intérieur qui vous ressemble. »
Pour finir de s'abrutir, le narrateur se connecte le soir en rentrant chez lui sur des sites de rencontres – ah, la lecture des chats entre Fire, Sweetsiis, SandraPaaris, Jessie75, Ptite_Lapine, très drôle ! - et au vide insondable de la journée s'ajoute la vacuité abyssale des soirées… de quoi perdre l'équilibre.
Heureusement, grâce à son pote Christophe du sous-sol, celui qui est chargé de détruire les meubles (pour les tester… mais quel plaisir, quelle transgression dans ce monde papier glacé), le narrateur va peut-être trouver une solution pour renouer avec une certaine forme de liberté créative… J'ai bien dit « peut-être » !
Excellent, plein d'humour, caustique à souhait et si désespéré, le roman de Céline Zuffery dont l'écriture est vraiment originale, nous tend un miroir - pas vraiment déformant, hélas - de notre triste société, de notre besoin de consolation impossible à rassasier (comme dirait Stig Dagerman), même en achetant du rêve matériel ou du matériel de rêve, un fauteuil sable aux larges accoudoirs (attention le repose-pieds est en promo, ne manquez pas d'en profiter!) pour une belle soirée tranquille sans les mômes, un joli bureau où le gamin (détestable mais ça ne se voit pas) rentre de l'école tout propret, goûte gentiment sans faire de miettes et s'installe sur sa chaise (assortie au bureau) avec le sourire (et sans le portable) pour faire ses leçons bien tranquillement, parce qu'il aime ça, faire ses leçons sur un joli bureau vanille aux tiroirs prune et ça, ça se voit…
Société de l'image...
Et si, dans cette catastrophe absolue, on tentait dans un dernier geste fou de « sauver les meubles », de se barrer vite fait avec ce qui reste de vrai et d'authentique dans notre monde d'images, d'écrans, de publicités et de sourires figés ?
Courage, fuyons…
PS : Je ne résiste pas à l'envie de vous livrer ce petit texte de la page 188, presque un poème :
« Une table sur un ponton, la mer en arrière-plan.
Des fanions, une bouée, des bougies.
C'est l'endroit où se retrouve un groupe d'amis de toujours.
Là où ils font leur barbecue.
Leur soirée souvenir.
La mer enflammée par un coucher de soleil.
En réalité, le paysage est un gigantesque poster.
Le bord droit s'est décollé deux fois.
Il a fallu du scotch. »
Souriez, c'est (encore) l'été !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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julienraynaud
  13 août 2017
Gallimard force le respect : éditeur d'Hervé Guibert, plus récemment de Barcelona ! (Grégoire Polet) que j'avais apprécié. Pour ce premier roman de Zufferey, l'éditeur vante le ton caustique du récit. Mouais ! Tout le monde n'est pas Houellebecq
Pour être franc, on s'ennuie ferme, c'est répétitif et assez inintéressant. Je m'attendais à une intrigue, une atmosphère, comme dans Rome en un jour de Maria Pourchet (toujours chez Gallimard). Mais ici, rien de tel. Les dialogues, trop nombreux, sont totalement plats, et ce n'est pas la vacuité des personnages qui suffit à le justifier. L'auteur n'a rien à dire, c'est tout. Peut-être suis-je dur, peut-être est-ce dû aux excellents livres lus juste avant celui-ci : le très inventif Prenez soin du chien (J. M. Erre), les très prometteur Petits plats de résistance (Pascale Pujol), l'intéressant le bébé(Marie Darrieusecq).
Un mot sur l'écriture. Je trouve qu'aller à la ligne à chaque phrase banale de 4 mots (et encore), ça n'impressionne pas longtemps et ça ne crée pas quelque chose. Quant aux nombreuses pages (surtout vers la fin) avec seulement une phrase d'environ 8 mots (voire moins), cela gâche surtout les forêts, mais ça ne sert aucunement le récit (au contraire, dans Je tue les enfants français dans les jardins (Marie Neuser), le chapitre qui ne fait qu'une phrase se justifie totalement)
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   29 juillet 2017
Avec ces corps qui s'agitent sous mon appareil, dans un local perdu en zone industrielle, je peux supporter toutes les housses déhoussables du monde.
Passé les premières sueurs et frissons, je me suis détendu, j'ai profité. Qu'importe le cadre, le noir et le blanc, à quoi bon ces conneries, devant moi j'ai des gens qui baisent ! Je dis «Encore», ils continuent. Je dis «Plus vite», ils transpirent. Ils ne s'exécutent pas parce qu'ils ont confiance, ils obéiraient à n'importe qui. C'est pervers ? De l'utilitarisme poussé à l'extrême ? Je dis «Caresse», elles se caressent. Je ne donnerais pas ma place.
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joedijoedi   27 juillet 2017
Si on nous prenait en photo, on pourrait vendre cette table, on pourrait vendre ces chaises. C'est ce qu'on cherche à évoquer, avec nos faux sourires et nos spots lumineux : un couple équilibré, un bonheur tranquille, l'accomplissement d'une journée de travail qui se termine autour d'un plat cuisiné. Vus d'ici, les clichés qu'on construit son plutôt confortables. Les petits déjeuners pourraient être comme ça, tous les repas pourraient être comme ça. Sauf qu'ici, ce n'est pas limité à des pages de catalogue. Le stable et le rassurant, la présence et l'affection, ils durent plus que la pose d'un modèle, que le flash d'un appareil. La scène qui se joue ici, c'est celle qu'espèrent vivre les clients quand ils achètent cette table, quand ils achètent ces chaises.
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joedijoedi   26 juillet 2017
Trois bras métalliques montent et descendent.
...
Le bruit des suspensions est lisse et régulier. Le bras s'élève, j'inspire. Le bras s'abaisse, j'expire. Je ne comprends pas les gens qui se détendent au son du ressac des vagues, c'est traînant, irritant. Ça m'évoque le sel, le sable qui s'envole pour se coincer dans l'œil. Ces sons-là bercent, propres et souples. Pour que ça reste apaisant, il faut garder les yeux ouverts : voir les mécanismes en marche évite l'impression d'une respiration inhumaine.
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joedijoedi   30 juillet 2017
Lorsqu'elle dépasse et tache la peau autour de l'ongle, elle enlève le surplus de vernis avec la lime qu'elle nettoie ensuite dans le mouchoir.
Je me vois bien balancer : «Chérie au fait, Christophe et moi on fait un site porno.» Un faux mouvement, elle s'en mettrait sur toute la main, un trait bleu sur la table.
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joedijoedi   31 juillet 2017
Les objets nous dévoilent, les meubles ne cachent rien. Notre canapé révèle nos ambitions, les chaises de cuisine nos espoirs, la bibliothèque nos peurs. Si la personnalité est une photo, l'appartement en est le négatif.
Nathalie, c'est la tasse et sous-tasse de même couleur, c'est l'armoire à rangement, c'est la chaise drote, le mug «I love NY», le portemanteau dans l'entrée.
— Et toi ?
Je suis le verre ébréché, le tiroir qui ferme mal, le bol à cochonneries, la poignée où on accroche les vestes.
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