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Critiques sur Les heures rouges (102)
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palamede
  01 septembre 2018
Une loi américaine à venir, interdisant l'avortement à toutes les femmes et l'adoption et la PMA aux femmes célibataires, met en difficulté quatre femmes. Euh... c'est de la science-fiction ? Oui et non, nous sommes dans un futur proche aux États-Unis, avec son nouveau Président — c'est dire le désagrément de ces femmes qui chacune à leur manière vont devoir se battre pour leur liberté.

Après cette lecture, au début un peu laborieuse, puis de plus en plus agréable, les premiers mots qui me viennent à l'esprit sont : déconcertant, poétique et militant. Déconcertant, je vous laisse découvrir pourquoi, militant : puisqu'il s'agit, avec humour et ironie, de défendre la liberté des femmes à disposer de leur corps ; de les inciter à ne plus subir les diktats d'une société patriarcale ; de tenter d'empêcher des illuminés d'imposer leur folie liberticide et pire encore.

Pour ça, pour l'originalité de l'écriture de Leni Zulma, pour la façon dont elle met en scène la souffrance, le courage et les ressources des femmes, pour la portée de son message à une époque où la Cour suprême américaine pourrait bientôt restreindre, voire éliminer le droit à l'IVG dans plusieurs États, Donald Trump ayant promis de nommer un juge anti-avortement à la cour, lire Les heures rouges me paraît une excellente idée.

Merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour leur confiance
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viou1108
  06 août 2018
Newville, Oregon, bientôt. Les heures tournent, pour Roberta, Susan, Mattie et Gin, quatre femmes qui symbolisent chacune un combat contre les hommes et la société.
Roberta, "la biographe", est professeure d'histoire au lycée. 42 ans, célibataire, elle veut faire un bébé toute seule. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit la procréation médicalement assistée pour les femmes seules entrera en vigueur. Roberta espère de toutes ses tripes que sa dernière fécondation in vitro réussira.
Pour Susan, "l'épouse", les heures tournent tellement vite qu'elle peine à dégager du temps pour elle, entre ses deux enfants, son mari et la maison, pour lesquels elle a renoncé à une prometteuse carrière d'avocate. Face au temps qui passe, pendant lequel rien ne se passe, elle pense souvent à divorcer, ou à se jeter en voiture du haut de la falaise.
Mattie, "la fille", même pas 15 ans, une des meilleures élèves du lycée, rêve d'un avenir de grande scientifique. Qui pourrait bien être compromis par une grossesse accidentelle. Elle veut avorter. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit l'avortement entrera en vigueur. Même le Canada, qui a érigé un "mur rose" à sa frontière, refoule déjà les candidates américaines à l'IVG. Restent les cliniques clandestines. Le temps presse, Mattie est à plus de 12 semaines.
Et puis Gin, "la guérisseuse". A 32 ans, elle vit depuis toujours en marge de la communauté, en véritable "femme des bois", que d'autres femmes viennent consulter discrètement pour soulager leurs maux. Dans ce village de pêcheurs à la mentalité superstitieuse et bornée, ce n'est qu'une question de temps avant qu'un procès pour sorcellerie soit ouvert contre Gin, dans cette bourgade proche de Salem (Oregon), cela ne s'invente pas...

"Les heures rouges" est une dystopie qui se déroule dans un avenir tellement proche que cela pourrait bien déjà être demain, et c'est très inquiétant. Au nom d'une loi proclamant que "chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère", on interdit d'une part l'avortement, et d'autre part, la procréation assistée et l'adoption pour les femmes célibataires : "une fois l'avortement déclaré illégal, avaient annoncé les membres du Congrès, il y aurait plus de bébés susceptibles d'être adoptés. Interdire l'IVG ne causait de mal à personne, avaient-ils affirmé, parce que les gens qui avaient un utérus défectueux ou un sperme anormal pourraient simplement adopter tous ces bébés supplémentaires".
Sous les auspices d'Eivor, exploratrice islandaise du 19ème siècle au destin tragique, les femmes de ce roman se débattent dans le carcan d'une société patriarcale et réactionnaire, dans laquelle les hommes brillent surtout par leur lâcheté et leur brutalité. On y trouve beaucoup de symboles, à commencer par la couleur et le dessin de la couverture. Du pourpre et du rouge, la couleur du sang et des violences faites à la liberté des femmes. Quant au dessin, pas besoin de vous en faire un...
Si les personnages de Roberta et Susan n'apparaissent pas toujours très sympathiques en raison de leurs frustrations qui virent à l'aigreur et à l'obsession, ceux de Mattie et de Gin sont beaucoup plus attachants. Mais les quatre sont désespérées, chacune à leur façon, et pour cela, touchantes. Leurs luttes qui s'entrecroisent et s'opposent les unes aux autres résonnent jusqu'à nous, remuant coeur, ventre et esprit.
Ce roman lucide, à la fois ironique et poétique, à l'écriture simple, cible clairement les dérives potentielles de l'Amérique de Trump. Pourvu que les heures des droits des femmes ne soient pas comptées...

En partenariat avec les éditions Presses de la Cité via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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nameless
  12 août 2018
Le 22 janvier 1973, la Cour suprême des Etats-Unis rend un arrêt historique, le « Roe v. Wade » qui reconnaît l'avortement comme un droit constitutionnel. Le 16 août 2018 sortira en librairie Les heures rouges, premier roman de Leni Zumas.

Dans un avenir tellement proche qu'il ressemble au présent, «le Congrès américain a ratifié l'amendement sur l'identité de la personne, qui accorde le droit constitutionnel à la vie, à la liberté et à la propriété à un oeuf dès l'instant de sa conception. L'avortement est aujourd'hui illégal dans les cinquante Etats. Les avorteurs peuvent être accusés de meurtre au second degré et les femmes désireuses d'avorter, de complicité de meurtre. La fécondation in vitro est également interdite au niveau fédéral, parce que l'amendement condamne le transfert d'embryons du laboratoire dans l'utérus (les embryons ne sont pas en mesure d'y consentir).  Le 15 janvier, la loi connue sous le nom de « Chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère » (UPUM), prendra effet. Sa mission : « Restaurer la dignité, la force et la prospérité des familles américaines ». En pratique, il sera interdit légalement aux célibataires d'adopter un enfant.

Pour illustrer romanesquement cette régression obscurantiste, Leni Zumas a choisi 5 femmes qui représentent symboliquement la diversité des destins féminins :

La Biographe, femme stérile, subit sans succès des fécondations in vitro, et sait qu'à partir du 15 janvier, elle ne pourra plus adopter un enfant alors que comme elle le chante : « Je suis peut-être seule et vieille, mais bordel je peux encore ovuler ! » ;
La Fille, une gamine lycéenne, enceinte par accident, sait qu'à partir du 15 janvier elle ne pourra plus avorter, pas même au Canada qui au nom de l'amitié americano-états-unienne, veille scrupuleusement sur ses frontières et livre à la justice les contrevenantes ;
L'Epouse, mère de 2 enfants, rêve d'échapper à sa vie de femme et épouse au foyer, établit des listes qui décomposent chacune de ses activités domestiques en une infinité de gestes ;
La Guérisseuse, une farfelue des bois, une folle qui jette des sorts aux algues, tient de sa tante la connaissance des plantes, est assimilée par la population et les autorités à une sorcière, mais il est vrai qu'elle habite près de Salem où l'on aime faire rôtir les femmes ;
Eivor Minervudottir, dont la Biographe reconstitue la vie, sert de lien entre les chapitres, parle de banquise, de froid polaire, de gel, de glace ainsi que de l'impossibilité d'être une exploratrice crédible au XIXème siècle.

Ces femmes dont les liens se révèlent peu à peu, expriment leurs douleurs, leurs difficultés, leurs doutes, leurs maigres espoirs. Avec talent, lucidité et originalité, Leni Zumas prouve que ce qu'une loi a autorisé, une autre loi peut l'interdire et rappelle que faute de vigilance, la régression et la répression guettent.

J'attire votre attention sur la très belle couverture, réalisée par Lauren Harms, qui illustre parfaitement le roman. Je remercie Babelio et les Presses de la Cité de m'avoir permis de découvrir Les heures rouges, lecture très appréciée, en avant-première et lui souhaite beaucoup de succès.
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kateginger63
  18 janvier 2019
Cinq femmes malmenées dans leur Féminité : une dystopie?
*
Je mets un point d'interrogation derrière ce mot. Est-ce un futur proche? Une prémonition? Ou juste une élucubration de l'auteure?
Ca fait froid dans le dos en tout cas.
Malheureusement, dans certains pays, les droits de la femme concernant leur liberté d'enfanter (ou non) est bafouée. le droit à l'avortement n'est pas acquis partout. Sans parler du mariage homosexuel ou de l'homoparentalité. Rien n'est figé dans le marbre. Tant de questions restées en suspens sont abordées ici dans ce roman.
*
Un roman polyphonique qui donne la voix à 5 femmes, toutes très différentes mais dont le destin est inextricablement lié par le sujet si brûlant actuellement aux USA : la loi anti-avortement.
Saviez-vous que dans 1 an, l'avortement sera illégal dans 20 états?
Effarant!
*
Une guérisseuse traitée de sorcière, une lycéenne enceinte mais voulant avorter, la biographe célibataire et désireuse d'enfant, une épouse/mère en burn out de la vie de famille et une exploratrice islandaise du 19eme siècle.
Toutes ces femmes très déterminées vont devoir régler leurs problèmes, se battre à chaque moment.
Car rien n'est acquis, tout peut bouger. Elles sont toutes les victimes du fonctionnement de leur société.
*
Je dois dire que le début de cette histoire a été laborieux. Surtout par les écrits de l'exploratrice, ne voyant pas où cela nous mènerait. Mais ensuite, tout s'éclaire. On se rend compte avec effroi que ces dérives sont peut-être à l'ordre du jour en Amérique.
Avec un ton militant, l'auteure nous met en garde, nous les femmes, contre ce patriarcat, carcan virtuel (même si nous ne portons plus le corset :).
Malgré une loi ratifiée, cette même loi peut immédiatement s'annuler quelques temps après. Restons vigilants!
Leni Zumas , sous forme de fiction, a levé les tabous, déversé sa colère et son amertume. Avec de l'humour et un peu d'ironie. Une lecture intéressante et éclairante .
Libre à chacun de se faire une idée.
Et je rajoute que les hommes peuvent également le lire.
*
Merci à Netgalley.
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Bazart
  30 novembre 2018
Une n'arrive pas à avoir d'enfant, une autre rêve d'être autre chose qu'une mère, une autre encore ne veut pas l'être aussi tôt, une dernière a eu une fille qui ne connaît pas son existence...

Dans un futur proche aux ETATS UNIS, l'avortement est interdit, les femmes seules sont menacées à court terme de ne plus pouvoir avoir recours à la procréation médicalement assistée ni à l'adoption.

4 destins de femmes vont se croiser dans les Heures rouges dans une Amérique du futur où encore une fois des hommes décident ce qu'il convient de faire du corps des femmes.

Dans ce récit visionnaire et assez terrifiant la romancière Leni ZUMAS nous invite dans la vie de ces 4 femmes avec humour parfois, poésie souvent et revendique, à travers elles, le droit pour chacune de disposer de son corps.

Dur mais Terriblement actuel.
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nadiouchka
  05 janvier 2019

« Des personnages inoubliables, une prose virtuose. le talent de Leni Zumas est électrique. Préparez-vous à un choc. » (The Guardian).
Ou : « Aucun livre depuis « L'Oeuvre de Dieu, la Part du Diable » de John Irving n'a été aussi nécessaire, n'a dépeint avec autant d'acuité les dangers affrontés par les femmes dans des sociétés – la nôtre, par exemple – où leur est ôtée la possibilité de disposer de leur corps. » (The Irish Independant).
Si j'ai choisi de commencer ma chronique par ces deux hommages au livre de Leni Zumas : « Les Heures Rouges », c'est parce qu'ils contiennent tout le contexte de cet ouvrage.

En effet, il s'agit de femmes, des jeunes, des moins jeunes, « Cinq destins pour un même combat . »
Ces cinq femmes sont :

* La Biographe : Roberta (Ro) qui approche de l'âge fatidique où elle ne pourra plus enfanter ni adopter car elle est célibataire et ne veut pas passer par la case « mari ». Mais « Chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère » telle est la loi. Elle chante souvent : « Je suis peut-être seule et vieille, mais bordel je peux encore ovuler ! » ;

* L'Épouse : Susan, mère de deux enfants mais qui n'a plus qu'une seule envie, tout laisser tomber, partir quelque temps.

* La Fille : Mattie (une adolescente près des quinze ans) qui se retrouve enceinte et qui veut avorter alors que la loi le lui interdit. Il faudrait qu'elle puisse se rendre incognito au Canada, et encore…

* La Guérisseuse, un peu Sorcière  : Gin qui traficote des herbes et des plantes pour en faire des potions qu'elle donne aux femmes désireuses d'avorter dans l'ombre. Puis, qui dit Sorcière et Salem, pense aux « Sorcières de Salem » que l'on fait rôtir.

* Une exploratrice islandaise du cercle polaire au XIXeme siècle : Eivør Mínervudottír, dont la Biographe écrit un livre.

Les quatre premières femmes vivent à Newville, dans l'Oregon, pas loin de Salem.

Leni Zumas nous présente son livre comme un futur proche, mais n'y sommes-nous pas déjà dans certains pays ?
Tous ces destins de femmes se croisent au fur et à mesure des chapitres, chacun raconté par l'une d'elles. Et entre ces chapitres, on trouve un petit extrait des notes d'Eivør.
On peut dire que ce style est un peu spécial mais tout à fait clair. Chacune raconte ce qu'elle a à dire, ce qu'elle ressent….

Pour la rentrée littéraire 2018, l'auteure a placé son ouvrage sous le signe de la politique et du féminisme. Les femmes de ce cette histoire se croisent, s'entraident mais sont toujours très déterminées, chacune avec ses propres problèmes à gérer. Tout est décrit sans détours.

A remarquer la couverture du livre, avec différentes nuances de la couleur rouge du sang et qui, stylisée, évoque l'anatomie féminine (voir le dessin).

Du combat d'une génération passée, actuelle et future, avec les différences des personnages, on ressent l'amertume des unes (celles qui n'arrivent pas à enfanter et pourtant elles s'acharnent) – la force des autres qui prennent leur destin en main. Mais chacune est malheureusement, victime à sa façon.
On s'inquiète, on s'interroge – des questions et des réponses pour un sujet aussi préoccupant.

Quant on se souvient que Donald Trump a voulu faire une loi anti-avortement, cette lecture tombe à pic, car même l'adoption ainsi que la PMA touchent les femmes célibataires. On parle aussi du « Mur Rose », un projet de mur entre les États-Unis et le Mexique, un mur qui existe déjà en Arizona. Pour Trump, la frontière américano – mexicaine serait « une passoire » et il voudrait un « grand et beau mur de 3.200 kilomètres. »

Avec ce livre découvert grâce au dernier Festival America 2018, j'ai apprécié que Leni Zumas lève tous ces tabous, ces préjugés. On y ressent la colère, le désespoir au milieu de ces grands espaces, au bord de l'océan, des baleines…

L'ouvrage se termine avec le devenir de chaque femme et il faut lire les « Notes de l'auteure » où elle nous explique toute la documentation dont elle servie et aussi pourquoi elle a intégré Eivør Mínervudottír.

Je dois reconnaître que ce fut une lecture très intéressante, touchante, si véridique et dont le sujet était délicat à traiter. Mais avec son talent, un peu d'humour, un peu de poésie, un vrai militantisme, Leni Zumas, pour son premier roman traduit à l'étranger, pour nous entraîne à sa suite et on ne sait pas si on peut interrompre la lecture ou tourner la page suivante. Pour ma part, je me suis empressée de continuer car désireuse de connaître la suite ainsi que le dénouement.
💕 😍 👍
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Didili
  16 août 2018
Nous sommes le 16 août (déjà...) et les Presses de la Cité font paraître ce roman aujourd'hui pour la rentrée littéraire de 2018 !

J'ai eu le privilège de le découvrir en avant première grâce à une Masse Critique particulière de mon cher Babelio ♥♥♥

Il est l'heure ( rouge...) de vous dévoiler mon avis et de vous inciter à le lire.

Tout d'abord je tiens à vous signaler que ce livre est un bel objet, avec une belle couverture rouge au graphisme suggestif et aux rabats intérieurs.

On suit dans cette histoire 5 femmes, 4 dans le présent et une dans le passé.

Les chapitres sont nominatifs et suivent alternativement ces différentes femmes. Ainsi Leni Zumas en dresse les portraits et nous donne une vision plus généraliste des femmes.

Il y a l'exploratrice au XIX ème siècle, il y a la biographe, la fille, l'épouse et la guérisseuse.

Un élément est au centre du destin de ces femmes, l'avortement sera interdit très bientôt.

Les répercussions sont immenses sur leurs destins et la vie de ses 5 femmes font se croiser, se mêler, se lier

Leni Zumas a réussi à m'intéresser à toutes ses femmes. Qu'elles soient mère ou pas, qu'elles exercent une profession ou pas, qu'elles soient reconnues ou pas ... Elle met leurs forces en avant et pointe aussi leurs fragilités.

Le message de l'auteur sur la liberté de disposer de son corps est distillé de façon intelligente.

L'auteure nous démontre aussi qu'il 'y a pas qu'un modèle de vie à prôner. Qu'une femme peut ne pas se qualifier uniquement par sa condition de mère.

Les hommes par contre ici ne sont pas tellement mis en avant, non ils sont même un peu effacé... Trop peut-être ... Je serais d'ailleurs curieuse d'un avis masculin sur ce livre. Messieurs n'hésitez pas à le lire.

Les Presses de la Cité nous parle de la naissance d'une grande auteure féministe. Je ne sais pas qu'en penser...

J'ai lu et apprécié ce livre que j'ai lu rapidement, le rythme de ces petits paragraphes nous entraînant à tourner les pages facilement.

Toutes les fragilités de ces femmes et toutes leurs forces m'ont séduites. J'ai eu tout de même un faible pour la guérisseuse, un personnage "différent" très touchant.

Un livre à découvrir et à vous procurer
dès aujourd'hui 16 août 2018 dans votre librairie.

Faites connaissances avec ces femmes,
et par leurs intermédiaires avec les femmes !

Et gardons en tête de sauvegarder nos acquis précieux,
merci Madame Simone Veil
et de veiller à nos droits fondamentaux en tant que femme.

Lien : https://imagimots.blogspot.c..
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Ziliz
  23 septembre 2018
« Nous ne sommes pas là pour retirer des vies », a déclaré récemment Bertrand de Rochambeau à propos de l'avortement (reportage diffusé le 11/09/2018 sur TMC).
Propos inquiétants de la part de ce médecin, puisqu'il est président du Syndicat national des Gynécologues et Obstétriciens de France (Syngof). Qui l'a promu à ce titre, au fait ?

Si on regarde l'actu récente, on constate que ce n'est pas le seul exemple de remise en cause de la pratique de l'IVG.
Le droit à l'avortement n'est donc pas définitivement acquis. Il faut par conséquent rester vigilants, comme pour d'autres sujets qui furent au centre des 'Manifs pour tous' en France en 2013 : opposition au mariage homosexuel et à l'homoparentalité (adoption, PMA, GPA), défense de la « famille traditionnelle ».

Ces thèmes sont au coeur du roman de Leni Zulmas.
Elle imagine les Etats-Unis ‘demain' : avortement interdit et lourdement sanctionné ; adoption et PMA pour femmes seules, en voie de l'être également. Et, pour blinder le truc : accord entre Canada et Etats-Unis pour refouler à la frontière et dénoncer les petites malines qui essaieraient d'aller faire ‘ça' ailleurs.

Tout cela m'intéresse, l'intrigue se découvre avec plaisir, et les personnages mis en scène ne manquent pas de piquant : une guérisseuse (donc, aux yeux de beaucoup, une ‘sorcière' responsable de tous les maux), une épouse mère de deux jeunes enfants qui a des envies d'ailleurs, une femme battue, une jeune fille pleine d'ambitions. Et puis Ro, cette prof célibataire quadra qui veut faire et élever un bébé seule, sans trop savoir pourquoi : horloge biologique ? peur de la solitude en vieillissant ?

Malgré tous les bons côtés de ce livre, la lecture fut longue et je rechignais parfois à m'y remettre. A cause des extraits énigmatiques de la biographie sur l'exploratrice islandaise Eivør ? des façons elliptiques de désigner les uns et les autres (la fille, l'épouse, la biographe) ? des redondances ?
Il faut dire que je pensais à des auteurs plus 'accessibles' qui abordent aussi ces thématiques, avec ce style d'ambiance féminine (Silvia Avallone, Auður Ava Olafsdottir, Liane Moriarty...).

En bref : le genre de livre sur lequel j'aurai peiné mais que je suis contente d'avoir découvert, et dont je relirai des extraits. Comme celui-ci :

■ « Dépensons l'argent du contribuable pour pénaliser les femmes vulnérables » a dit [la prof d'Histoire] en classe, et un élève s'est exclamé : « Mais si elles enfreignent la loi, ce sont des criminelles ! »
« Les lois ne sont pas des phénomènes naturels, a répondu [la prof]. Elles ont des histoires particulières et horribles. Vous avez déjà entendu parler des lois de Nuremberg ? Ou de Jim Crow ? »
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Stelphique
  20 août 2018
Ce que j'ai ressenti:

A corps et à cris étouffés, la féminité dans tous ses états d'âmes…

Leni Zumas bouscule les codes de l'écriture dans ce roman choral déstructuré et vibrant de féminité, pour nous présenter cinq femmes… Roberta, Mattie, Susan, Gin et Eivor. Mais ce n'est pas tant leurs prénoms qui importent, plutôt les rôles que chacune incarne.Des rôles où chacune d'entre nous peut se reconnaître. Fille, Mère, Grand-Mère, Amie, Épouse, Guérisseuse, Aventurière, Sorcière, Exploratrice, Professeure, Biographe…

Des femmes fortes et fragiles, unies dans un destin flou commun, menant leurs vies comme elles l'entendent… En dépit des lois, des logiques, de la société, des conventions, des menaces. Elles vivent, survivent, luttent, en équilibre précaire de leurs vagues d'émotions déstabilisantes…Une solidarité féminine qui se devine dans un regard, un geste, une attention…Pas toujours évidente, et pourtant présente, bouleversante…

Cette lecture se fait au rythme des humeurs, des coups de sang, des caresses et des douleurs intimes…Des bourrasques que seule, une femme peut ressentir. Leni Zumas les place au fil des chapitres, au gré de ses rencontres, avec une délicatesse respectueuse mais aussi avec un brin d'audace enflammé…Elle n'a pas peur des mots, des symptômes, elle enfonce les portes de l'impudique et n'hésite pas à mettre en avant, le fonctionnement du corps féminin.

"Aimer la vie comme elle vient."

A corps et à cris révoltés, la féminité dans un avenir éhonté.

Parce qu'il a une touche rougeoyante de dystopie, les femmes de ce roman, sont confrontées à une loi qui va bafouer les droits même, de pouvoir disposer de leurs propres corps. Une menace qui pèse sur leurs vies, leurs choix, leurs envies, leurs horloges biologiques. Et pendant ce temps-là, Les Heures Rouges s'égrainent, les cycles se poursuivent, le sang continue de couler…Et justement, cette interdiction prochaine va se fracasser sur les attentes de ces femmes, qui vivent à leur manière, leurs corps au féminin. Tantôt lasses, désespérées, heureuses, effrontées, indisciplinées, courageuses: Les femmes dans toutes leurs charmantes contradictions…

Elle est subtile, cette étiquette de science-fiction parce qu'il semble qu'on le touche presque du doigt, ce futur nébuleux. On pourrait bientôt voir les erreurs du passé reprendre forme, revivre éventuellement une nouvelle chasse aux sorcières version : demain. Alors Leni Zumas, avec sa fiction toute contemporaine, nous interpelle sur une des dérives potentielles susceptibles de se produire. Avec talent et une originalité surprenante. Juste des choeurs de femmes, des temps écarlates échoués sur des pages blanches..Libre à chacune et à chacun, de se faire sa propre idée, de se révolter, de s'engager, de ressentir au féminin: Les Heures Rouges.

"Le matin rouge où je partis pour Aberdeen, elle dit : « Allez, débarrassons nous de cette fisa défectueuse. »



A corps et à cris libérés, la féminité à faire valoir.

En cette rentrée littéraire et au vu de l'actualité internationale, cette histoire a les atouts nécessaires pour vous séduire. A l'instar de sa luminosité dans cet avenir obscurantiste, cet enjeu de découvrir un roman féminin, fort et engagé va réjouir tout un lectorat qui aurait envie de matière à réfléchir sur nos problèmes de sociétés passés ou à venir.

J'ai beaucoup aimé la sensibilité et la portée psychologique que Leni Zumas apporte dans son premier roman. Il y a comme une urgence dans ces morceaux de vies choisis, une urgence pour que les femmes prennent à coeur leurs libertés, une urgence pour faire changer les mentalités…

Alors, de toute urgence, vous aussi, découvrez Les Heures Rouges! Coup de Coeur!



"Et l'écume des vagues vire au rouge."



Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Remerciements:
Je tiens à remercier très chaleureusement Babelio ainsi que les éditions Presses de la cité pour l'envoi de ce livre. Ce fut une lecture captivante!
Lien : https://fairystelphique.word..
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AudreyT
  13 août 2018
****

Newville, dans l'Oregon, est une petite ville proche de Salem. Dans un futur proche, quatre femmes sont touchées par la nouvelle loi fédérale, dénommée UPUM, qui proclame que chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère. Désormais, l'avortement est un crime et l'adoption par une femme célibataire totalement impossible. C'est ainsi que Roberta la biographe, Suzan l'épouse, Mattie la fille et Gin la guérisseuse vont être impliquées dans la marche d'un peuple vers une catastrophe...

Voici un roman étonnant, puissant et totalement addictif !! Léni Zumas signe ici un roman très prometteur. Avec une écriture rythmée, sans détail inutile, dotée d'une fluidité dévouée à l'histoire, l'auteur nous pousse dans un monde glaçant. Les femmes ne sont plus libres de leur corps, elles subissent la loi rigide d'une maternité imposée.
Avec des regards croisés, les 4 personnages sont meurtries par une vie qu'elles n'ont pas choisies et elles tentent chacune à leur façon de garder la tête haute. Malgré leur lien, elles sont seules face à leur choix et il leur est parfois simplement difficile d'espérer...

Un immense merci à NetGalley et aux éditions Presse de la Cité pour leur confiance.
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