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EAN : SIE141900_398
(30/11/-1)
3.93/5   22 notes
Résumé :
Livre comprenant les titres :

Brûlant secret
Conte crépusculaire
La nuit fantastique
Les deux jumelles
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
sabine59
  06 avril 2018

Toujours aussi subtil, l'auteur analyse avec une incroyable lucidité et justesse dans la première nouvelle qui a donné son titre au recueil ( c'est ma préférée) le changement de comportement d'un enfant face à des adultes cruels et calculateurs. Il mûrit brusquement à travers cet épisode . Un jeune baron remarque dans un hôtel une belle femme, accompagnée d'un enfant. Il n'a qu'une idée: la conquérir... Et pourquoi pas utiliser l'enfant pour arriver à ses fins? Mais les choses ne se passeront pas vraiment comme prévu...
J'ai aimé les pensées à la fois puériles et pleines de perspicacité du jeune garçon, s'approchant d'un secret brûlant, sans vraiment le comprendre. La symbolique de la forêt où l'on se perd, entre extase et peur ,est superbement exprimée. Et tous les sentiments qui l'assaillent , haine, jalousie, provocation,incompréhension, sont rendus avec finesse.
La deuxième nouvelle" Conte crépusculaire ", m'a plu aussi, même si elle a moins de puissance. Un adolescent découvre l'amour de façon mystérieuse, dans l'obscurité voluptueuse de la nuit, et se trompe sur la personne aimée... Très troublante histoire!
Les deux autres nouvelles ont un côté un peu plus moraliste mais sont également intéressantes, elles versent dans le fantastique.
Je ne le dirai jamais assez: quelle profondeur chez Stefan Zweig dans l'observation du coeur humain, de ses sentiments complexes! En voici un exemple de plus!
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5Arabella
  01 juin 2020
La nuit fantastique
Un homme confie par écrit le moment le plus essentiel de sa vie, qui l'a complètement transformé. Jeune encore, riche, évoluant dans le meilleur monde viennois, le personnage principal perd en quelque sorte « l'élan vital », le désir, l'envie. Il s'ennuie, sa vit est sans but et sans saveur. le jour fatidique, il va presque par hasard aux courses. Il se montre désagréable avec un homme, et comme par jeu, s'approprie un ticket joué par celui-ci. le ticket est gagnant et rapporte même une belle somme. Cela provoque une sorte d'ivresse, de tension chez notre oisif, et entraine un enchaînement d'événements qui auront une influence durable.
Un texte très prenant, surtout les deux premiers tiers, dans lequel les certitudes et les habitudes de notre héros se fracassent, montrant à quel point elles étaient artificielles et creuses. Il se révèle à lui-même en quittant ce qu'il pensait être évidant et allant de soi, mais qui était au final un mensonge, qui ne lui correspondait pas. le vernis social, les règles que les individus sont censés avoir intégrées, apparaissent comme de vaines apparences, des conditionnements, qui empêchent les individus de se réaliser vraiment. La fin est peut-être un peu trop morale et optimiste, mais l'ambiance de cette étrange nuit est très troublante.
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5Arabella
  20 mai 2020
Le conte crépusculaire est une nouvelle publiée tout d'abord en revue en 1908, puis dans un recueil en 1911. le récit d'événements qui ont profondément marqués un jeune homme, au point d'être au final le moment central de son existence. La nouvelle fait revivre ces instants si intenses, le souvenir amplifiant encore la force des ressentis.
Un été dans une belle demeure anglaise. Un adolescent y séjourne chez sa soeur ; d'autres invités sont là. Notre héros se sent en décalage, plus un enfant, il n'est pas encore considéré comme un homme par les adultes , il rêve, solitaire. Mais les choses basculent une nuit pendant une promenade : une femme qu'il n'arrive pas à identifier dans l'obscurité, lui fait découvrir la passion. Il voudrait savoir de qui il s'agit. Un indice lui fait penser que c'est sa belle cousine Margot. Il s'attache à ses pas, tente de lui parler, mais elle le rebute. La nuit pourtant, la même femme continue à le rejoindre. L'adolescent se blesse accidentellement, et dans sa maladie, il rêve à Margot, qui de temps en temps vient lui rendre visite. Mais au final, il découvrira que c'est une autre qu'il a aimé dans le noir.
Entre rêve, désir, naissance du sentiment, la manière dont il se construit, et aussi à quel point il échappe à la raison, comment il ne rapproche pas forcément les êtres, qui perçoivent la réalité par le prisme de leurs propres ressentis et aspirations. Même si on se doute assez vite de ce que le personnage principal ne veut surtout pas voir, le charme du récit opère, dans un halo d'une nostalgie douce-amère. L'imaginaire et le souvenir permettent de vivre plus intensément, d'éprouver davantage, que la réalité, toujours décevante.
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Verteflamme
  08 janvier 2022
Le style de Zweig (surtout dans la description) est décidément très poétique, et ses histoires, riches en psychologie et en symboles.

Brulant secret, qui donne son nom au recueil, commence comme une banale histoire de séduction et d'adultère et se termine par un magnifique récit sur la sortie de l'enfance. L'intuition d'un pré-adolescent (même si c'est une catégorie récente, car il est décrit comme enfant) de douze ans sur le monde des adultes, sa conscience qu'en tant qu'enfant, il est méprisé et sa hâte de sortir de l'enfance qui l'emprisonne, voilà les moteurs qui le poussent à agir, parfois de manière imprévisible. Les descriptions sont très bien écrites et la psychologie des personnages, très travaillée. C'est l'histoire d'un trio, homme, femme et enfant, que j'aurais bien aimé lire à l'âge de l'enfant, à douze ans.
Je conçois conte crépusculaire, bien qu'il y ait une narration, comme une atmosphère davantage que comme un récit. Magnifique style, encore une fois, et belle histoire d'amour emprunte de la mélancolie crépusculaire, ce dont le narrateur tutoyant a bien conscience.
La psychologie est toujours aussi riche dans la Nuit Fantastique, nouvelle au titre pléonastique tant la nuit est déjà propice à ce genre littéraire (cette nouvelle n'est cependant pas fantastique). Cette plongée dans l'âme d'un homme qui commence par être apathique, puis qui commet un larcin et oscille entre indifférence, culpabilité et jouissance, continue avec une confrontation sociale, un croisement entre la noblesse oisive et le lumpenprolétariat. Il s'agit, pour Zweig, de montrer avec philosophie comment une expérience transforme l'âme humaine, avec un jeu énonciatif puisque le baron (protagoniste et narrateur) écrit pour lui-même, alors qu'évidemment l'auteur écrit pour un public.
Enfin, dans les deux jumelles, ou les deux soeurs selon la traduction, ce sont l'intrigue et l'idée de départ qui font l'intérêt de la nouvelle. Au Moyen-Age, en France, des jumelles rivales, si ressemblantes que seul leur habit les distinguent, prennent pour sortir de leur condition l'une l'habit d'hétaïre (Hélène, qui signifie "chaleur du soleil" et rappelle le personnage mythologique), l'autre celui de religieuse (Sophie, qui signifie "sagesse"). Combat symbolique dans lequel on retrouve un peu de suspense (à noter que je ne suis pas quelqu'un d'assoiffé par le suspense, ce n'est pas ce que je recherche en premier quand je lis, mais celui-ci est bien amené), très allégorique, et également récit d'un bâtiment (qui compte deux tours si ressemblantes qu'on eût dit des tours jumelles et... et non, pas de jeu de mot mal placé sur les malheureuses Twin Towers, ce serait aussi anachronique que hors-sujet.), et donc histoire "folklorique", fait d'une petite ville d'Aquitaine.
Ces quatre lectures furent de véritables voyages au sein de la psyché humaine, je ne peux que les conseiller.
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ADAMSY
  24 juin 2017
Plusieurs nouvelles inégales dans ce recueil.
Brûlant secret : Un jeune adolescent se santé fragile, passe quelques jours à la montagne avec sa mère. Un baron désoeuvré , chasseur de femmes, profite d el'enfant pour approcher la mère. L'enfant devient vite gênant. On l'éloigne, il en souffre mais ne renonce pas et tente de découvrir le secret existant entre sa mère et le baron.
Un roman un peu dépassé qui semble écrit pour les ados ou pour culpabiliser les mamans adultères. le sentiment de haine est magnifiquement décrit grâce à l'écriture de S. Zweig.
Conte crépusculaire
Un jeune adolescent tombe amoureux d'une jeune femme et se méprend sur l'identité de celle-ci, ne la rencontrant que la nuit.
La nuit fantastique
Suite à un incident sur un champ de courses, un homme se découvre. Il croyait vivre mais ce n'était pas la vie. Il était devenu insensible à tout ce qui l'entourait. Cet incident lui a permis une introspection et de vivre enfin !
Les deux jumelles
Histoire de deux soeurs jumelles qui construisent leur vie de manière différente. L'une choisit le bien et s'enferme dans la religion afin d'apporter son aide aux malades et aux vieillards. L'autre profite de sa beauté pour abuser des hommes et vivre richement, tout en narguant sa soeur. On sait dès le départ où va mener cette haine entre les deux soeurs.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   19 mai 2020
Il est si bon, en effet, d'être là étendu, seul, loin des hommes et du bruit, dans une chambre haute et claire, tout près de la cime frémissante des arbres, quand on veut penser à celle que l'on aime ; il est agréable de méditer ainsi en tout quiétude, délié de tout devoir, de toute obligation, de s'abandonner à rêver doucement d'elle, et de vivre en tête à tête avec ces chères images qui s'approchent de votre lit quand on ferme un instant les paupières. L'amour n'a peut-être pas de plus suaves moments que ces rêveries pâles et crépusculaires.
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ADAMSYADAMSY   24 juin 2017
Le déferlement de cette passion venait d'ouvrir avec violence une porte de mon être ; un abîme venait de se creuser en moi ; avec volupté, je regardais fixement cet inconnu qui était en moi et qui à la fois m'effrayait et me rendait heureux ; lentement (tandis que la voiture traînait avec nonchalance mon corps à travers le monde de la société bourgeoise), je descendais degré par degré dans l'abîme d'humanité qui s'était ouvert en moi, seul dans cette marche silencieuse et dominé seulement par le vif et haut flambeau de ma conscience soudain embrasée de lumière. Et, tandis que mille personnes me frôlaient en riant et bavardant, je m'occupais à découvrir dans mon intérieur le moi que j'avais gaspillé, je tâtais le contenu de mes années passées dans le couloir magique de mon esprit.
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5Arabella5Arabella   31 mai 2020
J'étais là comme cloué sur place, expiant toutes les années d'orgueil ou d'indifférence pendant lesquelles j'étais passé sans un regard devant des milliers et des milliers d'êtres humains, mes frères, uniquement préoccupé de récolter des faveurs ou des succès dans le cercle étroit des élégances où j'étais confiné ; je sentais qu'en ce moment où j'étais exclu, où j'avais besoin de ces gens-là, le chemin qui me conduisait vers eux était muré pour moi.
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ADAMSYADAMSY   24 juin 2017
Le Créateur a en effet doué les hommes d'un naturel contrariant : ils demandent toujours aux femmes le contraire de ce qu'elles leur offrent. Si elles se donnent facilement ils leur en savent peu de gré et affectent de ne priser que la vertu. Par contre, ils brûlent de ravir son innocence à celle qui l'a conservée. L'éternel conflit humain qui oppose la chair et l'esprit ne s'apaise pas.
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VerteflammeVerteflamme   07 janvier 2022
Je viens d'écrire "je". Mais ce mot-là constituerait déjà une équivoque, car il y a longtemps que j'ai cessé d'être le "je" de naguère, de ce 7 juin, bien que quatre mois seulement se soient écoulés depuis lors, bien que j'habite dans l'appartement de ce "je" d'autrefois et que je sois en train d'écrire sur sa propre table de travail avec sa propre plume et sa propre main. Mon être d'à présent est tout à fait distinct de l'être d'alors et précisément c'est cet évènement qui m'a séparé de lui ; je le vois de l'extérieur tout à fait froidement et comme un étranger et je puis le décrire comme un compagnon de jeux, un camarade, un ami dont je sais beaucoup de choses et même l'essentiel, mais de qui je suis tout à fait différent. Je pourrais parler de lui, le blâmer, le condamner, sans même remarquer qu'un jour il n'a fait qu'un avec moi.

(La nuit fantastique)
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