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Alzir Hella (Traducteur)Silvain Reiner (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2253153710
Éditeur : Le Livre de Poche (29/09/2010)

Note moyenne : 4.44/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Ce précieux document était devenu introuvable depuis près de cinquante ans ! À partir du conflit exemplaire entre Sébastien Castellion (1515 - 1563) et Calvin, Stefan Zweig nous fait vivre un affrontement qui déborde de beaucoup son cadre historique. Cette cause nous intéresse tous : liberté et tolérance contre intégrisme.
Si Stefan Zweig finit de rédiger ce texte prémonitoire en 1936, en pleine montée du fascisme, il faut y voir un sens profond. En effet, co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  15 juin 2012
Ce livre de Stefan Zweig, «Conscience contre violence», publié en mai 1936 lui a été commandé par Jean Schorer pasteur à la cathédrale Saint pierre de Genève qui défendait le protestantisme plein de tolérance de Sébastien Castellion contre l'intransigeance dogmatique de Calvin.
Stefan Sweig nous dépeint Calvin un peu comme un autre Savonarole. 
Sébastien Castellion, théologien protestant né en Savoie, que les bûchers de l'Inquisition catholique ont fait se tourner vers Calvin qu'il rencontre à Strasbourg en 1540, va se dresser contre lui à partir du moment où il se heurte à son manque d'ouverture et que la dictature spirituelle qu'il instaure va conduire à rallumer les bûchers, de l'Inquisition protestante cette fois-ci, dont va être victime le docteur espagnol Michel Servet brûlé vif pour hérésie à Genève le 27 octobre 1553 (Il écrit que Jésus n'est pas Dieu, mais un homme auquel l'essence divine s'est alliée temporairement et il rejette la Trinité).
«La postérité ne pourra pas comprendre que nous ayons dû retomber dans de pareilles ténèbres après avoir connu la lumière.» Sébastien Castillon (épigraphe de "Conscience contre violence")
La belle et courageuse voix de Sébastien Castellion tente de faire entendre, à travers ses écrits, la conscience d'un esprit libre et courageux face au caractère despotique de Calvin dont le but est «de museler, d'étouffer, de détruire toute opinion opposée à la sienne.»
Mais dans cette ville de Genève, où prédominent les interdits où il est juste permis aux bourgeois de la ville «d'exister et de mourir, de travailler, d'obéir et d'aller à l'église,...obligation légale, imposée sous peine des plus graves châtiments» où Calvin a la main mise sur le Conseil, Sébastien Castellion ne réussira pas à convaincre et à ébranler le pouvoir de Calvin.
Toutefois, si sa voix a été mise sous le boisseau par l'église réformée, elle ne s'est pas totalement éteinte. Il s'est trouvé au cours des siècles des humanistes pour vouloir réhabiliter cet homme de bien.
Mais l'emprise de Calvin demeure telle que même de nos jours un site internet a du être créé pour défendre en 2015 la commémoration des 500 ans de la naissance de Sébastien Castellion : Projet Castellion 2015: une réaction au Jubilé Calvin 09 www.castellion2015.ch/
Et Stefan Zweig de conclure en sachant par son expérience ce qu'il en coûte de vouloir garder un esprit libre et tenter de le faire entendre : «C'est en vain que l'autorité pense avoir vaincu la pensée libre parce qu'elle l'a enchaînée. Avec chaque individu nouveau naît une conscience nouvelle, et il y en aura toujours une pour se souvenir de son devoir moral et reprendre la lutte en faveur des droits inaliénables de l'homme et de l'humanité.»
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Alcapone
  14 septembre 2013
Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin raconte le combat au sommet entre "la mouche et l'éléphant". Dans cette Suisse du 16e siècle, alors que la Réforme protestante se met en marche, Jean Calvin impose sa "bibliocratie" dictatoriale (cf. le traité de théologie Institution de la religion chrétienne, en latin Christianae Religionis Institutio publié en 1536 qui impose la nouvelle doctrine de l'orthodoxie protestante). Dans la ferveur de son fanatisme, Calvin qui ne souffre aucune idéologie différente de la sienne, réduit au silence tout opposant. le plus curieux, nous confie Stefan Zweig, est l'engouement des foules pour le dictateur en puissance : la population est muselée, contrôlée, punie. On ne compte plus les interdictions et les mesures drastiques imposées aux Genevois. Les prisons sont bondées de détenus arbitrairement condamnés (n'est-il pas vrai ainsi que le dit ironiquement Stefan Zweig que : "Réduire au silence les dissidents, ce n'est pas là, pour les dictateurs, excercer une contrainte, c'est agir d'une façon juste et servir une idée supérieure" ? (p.128). Malgré ces règlements drastiques et liberticides imposés au nom de la religion, les rênes du pouvoir sont tout de même confiés à Calvin qui se livre à la pire tyrannie théocratique. La soumission de l'État et des notables de Genêve en témoigne. Les courageux qui ont osé prostesté contre Maître Calvin sont tous réduits au silence. Les quelques sages dont l'honorable Érasme, qui choisissent de taire leur voix pour détourner l'attention de leurs travaux non moins critiques, n'inquiètent nullement le fervent défenseur de la "justice religieuse". Pour la nature foncièrement pacifiste de Sébastien Castellion, c'en est pourtant trop lorsque Calvin envoie au bûcher Michel de Servet au nom de Dieu : est-ce acceptable qu'un homme puisse être condamné à mort par l'État pour un débat théologique ? La réponse est clairement non. Pressantant une catastrophique confusion entre politique et religion ainsi que de nouveaux meurtres injustifiés, Castellion qui défend l'idée que : "Chercher la vérité et la dire, telle qu'on la pense, n'est jamais criminel. On ne saurait imposer à personne une conviction. Les convictions sont libres" (p.123), abandonne alors ses paisibles travaux de traduction de la Bible et s'engage à contrecoeur dans une âpre lutte au nom de la liberté de conscience et de la tolérance...
Comment ne pas adhérer à cette évidente déclaration de Castellion : "Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine ; ils tuaient un être humain ; on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme, mais en se faisant brûler pour elle." (p.157) ? Lorsqu'il se décide enfin à se dresser contre le despotique Calvin, c'est à un "monstre sacré" que s'attaque Castellion. Tant pis, il sait qu'il prend le risque de mourir en martyr mais il désormais est le seul à pouvoir mener ce combat magnifiquement rapporté par Stefan Zweig. A travers la lecture de ce précieux document à mi-chemin entre l'essai polémique et le roman historique, c'est à un véritable tournant de l'histoire de la Réforme protestante que l'on asssiste. Publié en 1936 alors que l'Allemagne nazie est en pleine expansion, ce livre que l'éditeur considère comme un "texte prémonitoire", traduirait-il l'inquiétude de Zweig face à la montée du fascisme ? Il semblerait pour certains que ce soit le cas. Quoiqu'il en soit, Conscience contre violence délivre un message qui ne manque pas de pertinence même de nos jours. Et c'est justement parce qu'il dépasse le cadre purement historique, que ce texte est intemporel...
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Levant
  27 septembre 2017
Lorsque paraît cet essai, nous sommes en 1936 ; voilà trois ans qu'Hitler a pris le pouvoir en Allemagne. Stefan Zweig a recours à une page de l'histoire européenne qui ne trompera personne quant à son intention. Il s'agit bel et bien d'alerter le monde sur l'entreprise funeste qui se développe en Allemagne. Conscience contre violence est une brûlante diatribe contre le fanatisme. Une mise en garde dont il ressent l'urgence extrême.
Cette page de l'histoire qui lui servira de support pour développer sa thèse contre le fanatisme, c'est la main mise de Jean Calvin sur les consciences helvètes, utilisant la propagation de la religion réformée pour imposer une rigueur de vie extrémiste correspondant à ses propres vues. Main mise qui influencera le pouvoir politique et développera une forme de terreur au point d'imposer ses propres décisions à la société civile, jusqu'à lui faire envoyer un opposant au bûcher, tel Michel Servet.
Dans cet ouvrage, Stefan Zweig trouve avec le conflit qui opposa Jean Calvin et Sébastien Castellion, conflit né d'une divergence d'interprétation des textes bibliques, le modèle d'antagonisme le plus adéquat pour étayer sa thèse et prouver par ce moyen l'impuissance de la tolérance lorsqu'elle se heurte au fanatisme.
C'est avec la perfection qu'on lui connaît dans la construction de son argumentation, étayée par une solide érudition, que son développement prend tournure. L'histoire se répétant dans ce qu'elle a de plus néfaste, l'humaniste averti, pacifiste dans l'âme, décrit avec une précision d'horloger le mécanisme qui aboutira inéluctablement, il en est convaincu, au désastre.
Stefan Zweig perçoit le danger dès 1936. Il conserve cependant encore l'espoir du réveil des consciences. Six ans plus tard, il aura perdu cet espoir.
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ivredelivres
  11 août 2010
« Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme ».
Cette phrase est de Sébastien Castellion, un nom qui est absent des livres d'histoire, il fut " l'homme le plus savant de son époque " il fut aussi et c'est lui qui le dit " le moucheron contre l'éléphant " dans sa lutte contre Jean Calvin et sa dictature religieuse, il fut pour la liberté de pensée et la liberté religieuse.
En 1536 de façon démocratique Genève choisit la religion réformée. Calvin va s'imposer comme chef spirituel " Cet homme sec et dur, enveloppé dans sa robe noire et flottante de prêtre" homme de pouvoir, rigide, fanatique certain du bien fondé de sa doctrine, il va imposer à tous une " tentative d'uniformisation absolue de tout un peuple "
Les fêtes sont supprimées, la musique est bannie, sourire lors d'un baptême peut vous valoir la prison ! on légifère sur la longueur des robes des femmes, les enfants sont invités à dénoncer les turpitudes de leurs parents. Il est interdit d'écrire à l'étranger, interdit aux époux de se faire des cadeaux " interdit, interdit, interdit: on n'entend plus que cet horrible mot" et quand l'intimidation, l'encouragement à la délation et l'appel au meurtre ne suffisent pas, on utilise l'emprisonnement et le meurtre.
Pour que triomphe sa doctrine Calvin "intellectuel délicat et pieux" impose un régime de terreur à la ville perdant "toute mesure et tout sentiment humain"
Les Genevois subissent le joug sans révolte. La couardise des chefs religieux pendant l'épidémie de peste qui fait rage trois années durant sera la première interrogation sérieuse sur l'infaillibilité de Calvin et de son entourage, mais insuffisante pour mettre à mal son pouvoir.
Lorsque Michel Servet est condamné au bûcher en 1553 pour avoir défendu des thèses considérées comme hérétiques par Calvin, des voix s'élèvent.
Cette condamnation était une nécessité politique pour Calvin, son autorité était défiée. le procès fut une caricature inique et ridicule, la mort fut barbare et Calvin se garde d'y assister.
Sébastien Castellion homme d'une foi profonde s'est déjà heurté au maître de Genève, celui-ci l'a poursuivi de sa hargne, le contraignant à l'exil et à la pauvreté. Il va être le seul intellectuel à s'indigner publiquement.
Castellion va utiliser la seule arme pacifique à sa disposition, il va prendre la plume contre Calvin, contre " le premier meurtre religieux commis par la Réforme et la première négation éclatante de sa doctrine primitive".
Castellion est très sévère " Les premières exhortations de Calvin ont été des injures, la seconde a été la prison et Servet n'a comparu devant les fidèles que pour être hissé sur des fagots et brûlé vif."
Le tempérament de Castellion le porte vers la conciliation, l'indulgence, mais dit Stefan Zweig " Il faut qu'une voix claire et nette s'élève en faveur des persécutés et contre les persécuteurs."
Castellion malgré le danger publie un Traité des hérétiques Calvin s'appuie en permanence sur la Bible ? Castellion va faire de même, il affirme que la notion même d'hérétique n'apparaît pas dans les textes sacrés et que " Nous estimons hérétiques tous ceux qui ne s'accordent avec nous, en notre opinion" il faut ajoute t-il "Mettre fin une fois pour toutes à cette folie qu'il est nécessaire de torturer et tuer des hommes uniquement parce qu'ils ont d'autres opinions que les puissants du jour " Il s'oppose à Calvin au nom de la tolérance qui " seule peut préserver l'humanité de la barbarie."
Zweig nous le présente comme un homme courageux "Avec héroïsme il ose élever la voix en faveur de ses compagnons poursuivis, risquant ainsi sa propre vie. Sans le moindre fanatisme, quoique menacé à chaque instant par les fanatiques, sans aucune passion, mais avec une fermeté inébranlable, il brandit telle une bannière sa profession de foi au-dessus de son époque enragée, il proclame que les idées ne s'imposent pas, qu'aucune puissance terrestre n'a le droit d'exercer une contrainte quelconque sur la conscience d'un homme. "
Sébastien Castellion va payer le prix fort pour son courage, Calvin le harcèle, fait brûler ses écrits, il est injurié, des pamphlets sont écrits contre lui, on le prive de travail et donc de ressources. Seule une mort par épuisement à 48 ans lui épargnera la prison ou le bûcher.
C'est un grand livre que Stefan Zweig a écrit, un livre qui honore Castellion et Zweig. C'est un plaidoyer, une dénonciation et une mise en garde. Ecrit en 1936 sa dénonciation de la tyrannie, de la suppression d'une pensée libre résonne de façon prémonitoire.
Zweig fait le rapprochement entre l'action de Castellion et les manifestes pour la liberté que sont ceux de Voltaire en faveur de Calas, de Zola, qu'il admire en faveur de Dreyfus, mais il place Castellion au-dessus de tous car, Voltaire jouissait de l'appui des rois et Zola s'appuyait sur sa notoriété, Castellion lui " eu à souffrir de l'inhumanité furieuse et meurtrière de son siècle"
En 1936 Zweig espère encore en l'homme et termine ainsi son livre " Il se trouvera toujours un Castellion pour s'insurger contre un Calvin et pour défendre l'indépendance souveraine des opinions contre les formes de la violence"
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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JeanPierreV
  17 août 2015
Il y a tellement à dire sur ce petit bijou écrit en 1936 : un grand livre toujours d'actualité de "Stefan Zweig" peu connu, il est resté en effet introuvable pendant près de cinquante ans.
Ce livre répond semble-t-il a une commande faite par un pasteur de la cathédrale Saint Pierre de Genève pour faire connaître Castellion, cette "mouche qui combattit un éléphant", Calvin.
Calvin qui arriva au pouvoir à Genève par un vote démocratique, et qui fit du protestantisme une religion d'État. Calvin qui n'hésite pas à excommunier ou à mener au bûcher tous ceux qui s'opposent à lui. "Il ne cessera de penser qu'on ne travaille au bien des hommes qu'en leur enlevant impitoyablement toute liberté individuelle". Un régime dans lequel des pasteurs protestants montrent du doigt et punissent tous ceux qui s'écartent du droit chemin qu'ils ont tracé mais incapables, cloués par leur peur de mourir, d'accompagner et de soulager des pestiférés mourant.
En faisant brûler vif sur le bûcher Michel de Servet à la suite d'un différent théologique qui a dégénéré en opposition frontale véhémente entre les deux hommes, Calvin a mobilisé des esprits libres.
Castellion est également un pasteur. Homme instruit, homme de liberté, il maitrise plusieurs langues, et souhaite écrire une nouvelle traduction de la Bible, ce qui provoque l'hostilité de Calvin, toujours sur des points de détail. Calvin organise un cabale contre Castellion, le prive de ses fonctions, censure ses livres, en interdit la publication, les met au pilon et le fait finalement accuser d'hérésie. "Mais cette atmosphère de prison intellectuelle, Castellion ne veut pas la respirer. Ce n'est pas pour se soumettre à une inquisition protestante qu'il a fui l'inquisition catholique en France, ce n'est pas pour être l'esclave d'un nouveau dogme qu'il a renoncé au vieux. Pour lui, l'Évangile n'est pas un code sévère et fige mais un modèle d'éthique que chacun doit s'efforcer humblement de suivre, à sa manière propre, sans prétendre pour cela être le seule connaître la vérité.". Seule la mort prématurée de cet homme lui évitera le bucher qui lui était promis.
Stefan Zweig a écrit un livre très documenté et passionnant sur cette époque, sur ces hommes, sur les débuts du calvinisme. En de très nombreuses occasions il montre du doigt la dictature instaurée à Genève par Calvin, censure, limitation des libertés, excommunications, exécutions... : "Aucune dictature ne peut durer ni même se concevoir sans violence. Qui veut garder le pouvoir doit avoir en main les moyens de contrainte. Qui veut commander doit pouvoir punir" (P. 40) - "Tous ceux qui se prononcent en faveur de la liberté de conscience sont dès maintenant menacés dans leur existence civile" (P. 43) - "Il faut toujours un certain temps avant qu'un peuple remarque que les avantages momentanés d'une dictature, que sa discipline plus stricte et sa vigueur renforcée sont payées par le sacrifice des droits de l'individu, et que, inévitablement chaque nouvelle loi coûte une vieille liberté" (P. 44) - "C'est la tragédie de tous les despotes, qu'ils craignent encore les esprits indépendants même quand ils les ont réduit à l'impuissance. Il ne leur suffit pas qu'ils se taisent, le seul fait qu'ils ne les approuvent pas et ne se joignent pas à la troupe de leurs courtisans donne à leur simple existence le caractère d'un scandale terrible" (P. 218).
A t-il voulu montrer du doigt, le régime hitlérien sans l'attaquer de front, a t-il souhaité mobiliser les esprits? Des divergences existent entre les historiens. ON peut le ire comme tel, ce qui dénoterait, une fois encore, le courage de Zweig, Castellion contre Calvin-Hitler.
Quoiqu'il en soit ce livre d'histoire, de réflexion est un livre passionnant. Zweig qui montre son opposition au régime de Calvin, à l'homme Calvin salue avec honnêteté et lucidité, dans la dernière partie de son livre l'évolution du calvinisme dans les siècles qui ont suivi la mort de son fondateur : ce sont des pays de religion calviniste qui ont accueilli des hommes pourchassés pour leurs idées "C'est justement là ou la religion de Calvin avait force de loi que l'idée de Castellion s'est réalisée. C'est dans cette même ville de Genève, où Calvin fit jadis brûler Servet...que se réfugie l'ennemi de Dieu, le vivant antéchrist de son temps, Voltaire ; et les successeurs en titre du réformateur, les pasteurs de son Église, viennent rendre aimablement visite à l'impie et philosopher avec lui le plus tranquillement du monde. D'autre part, c'est en Hollande, que Descartes et Spinoza qui ne trouvent nulle autre retraite au monde, écrivent leurs oeuvres qui libèrent la pensée humaine des liens de la religion et du traditionalisme...." Il salut la puissance économique (déjà en 1936...) de ces pays nés du Calvinisme, Etats Unis, Pays-Bas, Suisse....
Alors que de tous cotés on entend parler d'évolutions vers l'intégrisme de plusieurs religions, de dictatures, de limitations de nos libertés, ce livre intemporel, sera utile à tous ceux qui veulent prendre du plaisir dans leur réflexion, en se replongeant dans une partie trop méconnue de l'Histoire
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   13 juin 2012
Même la plus pure vérité, quand on l'impose par la violence, devient un péché contre l'esprit.
Mais l'esprit est un élément mystérieux. Insaisissable et invisible comme l'air, il semble s'adapter docilement à toutes les formes et à toutes les formules. Et cela pousse sans cesse les natures despotiques à croire qu'on peut le comprimer, l'enfermer, le mettre en flacon. Pourtant toute pression provoque une contre-pression, et c'est précisément quand l'esprit est comprimé qu'il devient explosif : toute oppression mène tôt ou tard à la révolte.
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JeanPierreVJeanPierreV   17 août 2015
Il est inutile de rechercher dans l'Histoire la morale pieuse et la justice touchante des manuels scolaires. Il faut s'y résigner : l'histoire ne connaît ni justice, ni injustice. Pas plus qu'elle ne punit le crime elle ne récompense la vertu. Reposant toute entière sur la force et non sur le droit, elle favorise presque toujours les hommes de violence. Dans les luttes temporelles, le cynisme et la brutalité sont plutôt un avantage qu'un inconvénient (P. 216)
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EFournEFourn   25 janvier 2015
Castellion lui jette au visage ces mots inoubliables, pareils à un lumineux éclair dans la nuit de ce siècle obscur:" Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine; ils tuaient un être humain; on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle."
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AlcaponeAlcapone   11 septembre 2013
"Chercher la vérité et la dire, telle qu'on la pense, n'est jamais criminel. On ne saurait imposer à personne une conviction. Les convictions sont libres" Sébastien Castellion (p.123)
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ivredelivresivredelivres   11 août 2010
Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme
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Videos de Stefan Zweig (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig
Stefan Zweig, écrivain, journaliste et biographe autrichien, est né le 28 novembre 1881 à Vienne. Il assiste avec horreur à l’arrivée au pouvoir d’Hitler (1933). Sa judéité, jusque-là peu revendiquée, devient plus présente à son esprit et dans son œuvre. La persécution des juifs et le déchirement imminent de l’Europe le plongent dans une dépression dont il ne sortira plus. Il fuit l’Autriche en 1934, se réfugie en Angleterre puis aux États-Unis. En 1942, il se suicide avec sa femme à Petrópolis, au Brésil.
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