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EAN : 9782228922593
202 pages
Payot et Rivages (17/10/2018)
3.7/5   15 notes
Résumé :
L'antisémitisme, le judaïsme et la guerre : deux nouvelles de Zweig, écrites l'une alors qu'il a vingt ans, l'autre sur la fin de sa vie, explorent l'ambivalence à l'égard de ses origines de celui qui se disait volontiers "juif par hasard". Dans un shtetl d'Europe centrale, au moment de fêter un mariage, les juifs doivent soudain fuir dans la nuit et la neige une bande de tueurs : Dans la neige, récit peu connu de 1901, livre comme une préfiguration des persécutions... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
NicolaK
  06 septembre 2022
Je n'ai pas cette édition et lis de préférence les bibliographies dans l'ordre. En 1900, alors qu'il avait 20 ans, Stefan Zweig a écrit Dans la neige, de suite après Printemps au Prater.
Le chandelier enterré vient bien plus tard; en 1937. Je l'ai aussi, mais la lirai et en ajouterai un retour ici même le moment venu.
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C'est parti pour Dans la neige :
Alors que les premières nouvelles de Zweig traitaient d'amour, celle-ci parle des Juifs. Il ne savait d'ailleurs qu'en faire, sa parution dans les quotidiens auxquels il envoyait habituellement ses écrits étant fortement compromise, les journaux préférant éviter le sujet.
Il se refusait également à l'envoyer à un journal Juif parce qu'elle ne recèle aucune tendance nationale, caractéristique qui primait dans les récits de cette nature.
Elle fut enfin publiée dans le numéro 31 de l'organe du mouvement sioniste de Vienne, Die Weig, le 2 août 1901, puis reprise en 1904 dans le Jüdischer Almanach.
Mais le principal est qu'elle soit parvenue jusqu'à nous, n'est-ce pas ?
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Si le sujet tranche sacrément avec les précédentes nouvelles de l'auteur qui parlaient essentiellement d'amour, ce récit témoigne encore d'une exceptionnelle maîtrise littéraire. Quel style ! Mais quel style ! On ne se lasse pas de s'en repaître.
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Chaque détail, tendre ou violent, fait mouche. Chaque phrase nous emporte au-delà de tout ce qu'on pourrait imaginer. Les éléments sont vivants, le froid est vivant... on le ressent au plus profond de nos entrailles, la neige est vivante.
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Et ces gens qui s'enfuient dans des conditions effroyables, après avoir perdu tant de leurs proches, on a mal avec eux, on a peur avec eux. Leur ressenti nous frappe de plein fouet, nous aussi.
Des doigts de glace m'enserrent le coeur.
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*
"Le froid est devenu terrible et s'enfonce comme des couteaux de glace dans les membres qui ont déjà perdu beaucoup de leur mobilité. Et peu à peu s'est aussi levé un vent puissant qui entonne des chants sauvages et fait retentir son râle contre les charrettes. Comme des mains cupides se tendant vers les objets du sacrifice, il tire sur les bâches constamment secouées, et que seules les mains figées par le froid parviennent encore à retenir."
*
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Autre "personnage" très présent, la Mort. Oui, un personnage. Elle est là, aux aguets, épiant le moindre de signe de faiblesse. L'auteur répète le mot à plusieurs reprises comme pour la rendre encore plus prégnante.
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Un moment très riche en émotions que j'espère avoir réussi à partager un peu avec vous. Si vous n'avez pas encore lu cette nouvelle, foncez.
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Nuageuse
  08 octobre 2020
J'ai adoré Dans la neige, la première nouvelle de ce recueil. Je ne suis pas entrée dans la seconde, le chandelier enterré. Est-ce la différence d'époque qui est en cause? Ou simplement le style?
Le chandelier enterré se passe à Rome au mois de juin 454 tandis que la première a l'air plus contemporaine.
Le point commun de ces deux nouvelles est la fuite des Juifs .
Dans la Neige, la violence est plus étouffée que dans la seconde. Elle se finit tragiquement... mais la poésie de Stefan Zweig adoucit ce tragique. Tout est décrit à la perfection. J'aurais aimé qu'elle fût plus longue.
Concernant le Chandelier enterré, écrit à la fin de sa vie, je suis restée hermétique face aux pillages fait par les Vandales aux juifs romains et au sort du chandelier La Menorah. le style est beaucoup plus factuel et a perdu de sa poésie. J'ai eu l'impression de n'être pas suffisamment érudite pour comprendre le vocabulaire du judaïsme, ce qui m'a fait passer à côté de cette nouvelle.
Deux nouvelles inégales par le nombre de pages, par leur style bien qu'elles traitent, toutes les deux, des persécutions faites au peuple juif.
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bgbg
  24 février 2019
Dans la neige (suivi de le chandelier enterré), par Stefan Zweig. Deux nouvelles très inégales, d'abord en longueur, ensuite écrites à deux périodes lointaines de la vie de l'auteur, l'une en 1901, l'autre en 1936, mais qui ont pour thème la vie difficile des Juifs en Europe et l'ostracisme qui étaient leur condition à la fin de l'Empire romain et au haut Moyen Âge.
Dans une note éditoriale au début de l'ouvrage, Joseph Roth reproche à Zweig sa passivité et sa tendance à fuir devant le danger. Les Juifs sont aussi ainsi présentés, sans parti pris pour autant. En 1937, Zweig s'est exilé à Londres. Il partira plus tard au Brésil où il se suicidera en 1942.
Dans la neige, courte nouvelle parue en 1901, montre la communauté juive fêtant Hanoucca, commémoration heureuse de la victoire des Maccabées sur les Séleucides et de la réinauguration du second temple de Jérusalem. L'action se déroule dans une petite ville allemande à la frontière avec la Pologne au XIVe siècle, en pleine épidémie de peste. Un homme vient la nuit tombée prévenir les Juifs de l'arrivée des Flagellants (hordes sectaires massacrant les clercs et les Juifs tenus pour responsables de l'épidémie) et des terribles boucheries déjà occasionnées dans les villages. Les habitants décident de fuir, malgré la rigueur de l'hiver et la tempête de neige qui n'épargna aucun d'entre eux. Zweig a-t-il eu l'intuition de ce qui attendait les Juifs au cours de la seconde Guerre Mondiale ?
Le chandelier enterré (1936) est une très longue nouvelle ou un court roman (160 pages) qui se déroule à Rome dans la communauté juive en 455. le sac de la Ville Éternelle par des Vandales s'est soldée par un énorme butin qui comporte le chandelier à sept branches dont Titus s'était emparé quand il avait détruit le second Temple de Jérusalem en 70 après JC. Cette Ménorah en or, qu'a possédée Moïse, est considérée comme sacrée par les religieux juifs. Ils vont donc tout faire pour la récupérer.
Alertés par un messager, les vieillards de la communauté commencent par l'escorter - à distance - quand elle est emportée sur le vaisseau qui ira à Carthage où stationnent les pillards. Les Anciens ont pris soin d'emmener un enfant, Benjamin, qui aura le statut et la vocation de témoin. Curieux, l'enfant pose en chemin une infinité de questions qui sont l'occasion pour un rabbin, un sage, de l'éclairer et d'éclairer le lecteur sur les réponses, les controverses, les raisonnements parfois tortueux, contournant le bon sens mais empreintes d'esprit mystique, révélés par les Écritures.
Benjamin devenu vieux se rend à Byzance où le chandelier a débarqué avec le vainqueur byzantin Bélisaire qui a pris Carthage aux Vandales. Il faudra la complicité d'un orfèvre juif qui a la confiance de l'empereur pour faire une copie exacte du chandelier pour ce dernier, permettant à Benjamin de ramener l'original à Jérusalem.
Mais la Ménorah ne sera réellement rendue aux Hébreux que quand ceux-ci retourneront en masse occuper leur terre sacrée.Ce dénouement a contribué à la réputation présumée de sioniste de Stefan Zweig, dont il se défendait pourtant. Cette nouvelle illustre surtout un certain courage, une certaine ténacité, un esprit de résistance au sein de ce peuple tellement ostracisé.
On soulignera la dimension religieuse prononcée de ces nouvelles. Bien sûr, Stefan Zweig pouvait connaître les arcanes de sa foi d'origine, mais l'essentiel de son oeuvre se situe en dehors de toute adhésion au judaïsme, et même de toute référence au peuple juif. L'auteur, juif « par le hasard de la naissance », garde une bonne distance avec son sujet. Ces textes, par contre, soulignent au sein du peuple juif la composante mystique, l'obédience aux rites sacrés, le recours et la soumission au Divin, nommé l'Invisible ou l'immatériel, celui « qu'aucune image ne saurait jamais représenter ».
Il reste que le Stefan Zweig qu'on connaît et qu'on aime, est présent, avec sa finesse d'analyse, sa minutie et son sens du récit, sa construction ciselée avec sa culture et sa vaste intelligence, in fine son écriture qui se déroulant amplement, produit de l'enchantement.
Lien : https://lireecrireediter.ove..
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Missjasmin
  11 octobre 2020
Courte nouvelle de Stefan Zweig, cet auteur aborde directement la question de son histoire et celle de son peuple. Nous retrouvons dans cette oeuvre, alors que Zweig n'a que 20 ans, sa plume tout en nuances humaines qui le caractérisent tant.
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Bruno_Cm
  04 octobre 2019
Je n'apprécie pas beaucoup ces "coups" éditoriaux... Genre on met "traduction inédite" sur la couverture, on met un gros titre et bim le bedaud-fan achète. Ce titre qui est "Dans la neige" point barre, est, en fait, celui de la "nouvelle nouvelle" (qui n'est pas nouvelle, d'ailleurs) et qui fait platement une vingtaine de pages ! Les 90% restants étant une autre nouvelle, un petit roman en fait, titré "Le chandelier enterré".
Bon, c'est Zweig, donc c'est bon. Bien écrit, intéressant, touchant. Nanana. Mais ce passe-passe éditorial m'énerve et m'a gâché un peu cette lecture.
Laissez-moi danser, laissez-moi [...] en liberté...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
NuageuseNuageuse   07 octobre 2020
Dans le ciel, la lune n’est plus qu’une faible lueur, mais son éclat argente les myriades de flocons qui décrivent d’audacieuses figures, se cachent dans les vêtements, papillotent autour des naseaux fumants des chevaux et crissent sous les roues qui se frayent tant bien que mal un chemin à travers l’épaisse couche de neige.
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NuageuseNuageuse   07 octobre 2020
Tous les bruits se sont tus, jusqu’à la voix tremblante du vent de la lande réduite à une douce berceuse ; on entend le léger chuchotis des flocons de neige tourbillonnants lorsque leur errance a trouvé un but.
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Bruno_CmBruno_Cm   04 octobre 2019
... ici comme partout, la marginalité était leur destin, mais aussi le secret de leur longévité.
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hesbert3hesbert3   17 janvier 2021
"Et la tempête chante de plus en plus fort, et dans son chant se perdent les chuchotis des hommes en train de prier, dont les lèvres figées par le gel articulent péniblement les paroles. Son sifflement strident réduit au silence les sanglots hébétés des femmes terrifiées de l'avenir et les pleurs obstinés des enfants auxquels le froid a ôté le poids de la fatigue."
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