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EAN : 9782266234443
128 pages
Pocket (24/01/2013)
4.25/5   146 notes
Résumé :
Sur un paquebot reliant New York à Buenos Aires, une partie d'échecs ente deux passionnés que tout oppose et que le jeu réunit. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire aux allures de confession...
"À toi qui ne m'as jamais connue." La lettre, anonyme, s'adresse bien à lui, à l'homme qu'il était et qu'il est demeuré, l'écrivain célèbre pour son talent, sa frivolité et ses conquêtes. Comment se souvenir de cette femme qui lui déclare sa passion de toute un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Ce que j'admire, chez Stefan Zweig, c'est le don de faire surgir l'émotion en peu de mots.
Souvent, il suffit à l'auteur du "Joueur d'échecs", de quelques mots pour créer de fortes, de grandes, de puissantes émotions. Et "Le Joueur d'échecs" est mon Zweig préféré. C'est un court roman, c'est presque une nouvelle ; mais c'est passionnant. L'histoire est très originale, le texte très fort… L'histoire est toute en finesse et en intelligence, et les émotions sont là.
En revanche, le deuxième texte, la "Lettre d'une inconnue" a été une lecture relativement agréable, mais n'est pas été une lecture qui m'a ému au plus haut point.
C'est un texte, avec quelques défauts, il y a des longueurs, des répétitions, il est un peu verbeux ; il n'y a pas là l'admirable concision du "Joueur d'échecs". Néanmoins, j'ai bien aimé la "Lettre d'une inconnue", qui demeure une lecture relativement agréable.
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Il ne fait pas bon être un idéal féminin sous la plume de Zweig…
R, le célèbre romancier, dandy aux moeurs luxueuses et libertines dans le Vienne du début 20e siècle, a la surprise de découvrir, dans une interminable lettre arrivée en son absence, qu'une jeune femme réclame lui vouer un amour inconditionnel et ce depuis des décennies. La confession que contient la missive dévoile toute la fascination que cet homme aura suscité à son insu. Ironie tragique s'il en est, il aura eu l'arrogance égoïste de recevoir cette femme dans son lit à plusieurs reprises sans pour autant en garder aucun souvenir.
On peut s'attacher à la peinture des sentiments de notre héroïne malheureuse. Trouver magnifique d'abnégation son amour sans écho et admirer en elle l'essence pure du sentiment absolu. On peut aussi frissonner du contraste avec le tempérament de l'écrivain, sa légèreté coupable avec les femmes que sauvent son talent et son amour des randonnées solitaires en montagne (sic !). On peut résumer ainsi la dualité entre deux génies : celui de l'homme qui s'abstrait dans une cérébralité ou une activité physique dénuée de toute attache et celui de la femme qui n'existe que pour s'aliéner à ses sentiments.
On peut aussi ricaner un peu bêtement devant l'invraisemblance du tableau et trouver que ce n'est pas dans la mesure que s'est ici illustré Zweig. Tout de même, une vie entière consacré à un homme qui ne l'a même jamais reconnue, quelle nouille ! Ce serait tragique si ce n'était pas ridicule. Quelle valeur accorde donc cette femme à elle-même ? Quel regard le monde lui a-t-il renvoyé pour qu'elle s'annihile ainsi à un seul être pour qui elle n'existe même pas ?
Quel est le sombre crétin capable d'inventer des histoires pareilles ? Car, au 21e siècle, on peut, de manière sans doute grossière et anachronique, j'en conviens, pester comme je l'ai fait, contre ces bonshommes imbus de leur masculinité et de la grandeur de leur art au point qu'ils fantasment des personnages féminins entièrement à leur botte mais complètement invisibles. C'est donc ça leur plus gros kiff ? Préférer à tout l'amour des sommets littéraires ou alpins au point de ne même pas voir le reste ? Avoir une nana par ailleurs désirée par d'autres qui s'immole complètement à vous mais qu'on ne voit même pas ? Et qui a la suprême élégance de ne vous le révéler que par-delà la tombe ?
Souvent, quand je lis des féministes qui affirment qu'elles ne lisent plus que des auteurs femmes, je lève un sourcil sceptique : ramener la production littéraire à de seules distinctions de genre me paraît impropre. Toutefois, après la lecture de cette Lettre d'une inconnue, je suis heureuse de savoir qu'il existe des plumes féminines (ou masculines et moins aveuglément sexistes) et que cette vision réductrice de la relation amoureuse n'est qu'un avatar parmi des milliers d'autres lignes.
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Dans ces deux courts romans, Stefan Zweig aborde la thématique de la monomanie.
"Le Joueur d'échecs" est, de ces deux romans, celui qui m'a le plus plu et touché. C'est une histoire forte, haletante, émouvante, inoubliable. On y trouve une puissance rare. Ce texte m'a tout simplement bouleversé.
La "Lettre d'une inconnue" est un peu inférieure au "Joueur d'échecs". On trouve là quelque défaut, quelques longueurs, des phrases relativement banales. Néanmoins, la "Lettre d'une inconnue" se lit vite et facilement.
On trouve donc ici deux textes, l'un vraiment excellent, l'autre un tout petit peu inférieur ; mais tous deux demeurent bons, même si j'ai une nette préférence pour "Le joueur d'échecs".
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J'ai été complètement envoûtée par l'histoire du Joueur d'échecs, une histoire horrible, incroyable, captivante! Sur un paquebot de luxe, un homme mystérieux parvient à vaincre un champion d'échec, alors même qu'il a appris ce "jeu" dans des circonstances terribles, alors qu'il était un cobaye aux mains des nazies (complètement isolé) et que son cerveau - pour survivre - faisait des parties d'échec contre lui-même. Les descriptions et les réflexions du personnage principal de ce récit font beaucoup penser à du Edgar Allan Poe ou encore à Maupassant avec le Horla. Un personnage principal à la limite de la folie y est pour quelque chose. Je crois que c'est cette ressemblance dans le style qui m'a tout de suite plu. J'ai trouvé ma lecture à la fois consternante et fabuleuse, je ne l'oublierai pas de sitôt! À classer parmi les auteurs à découvrir à tout prix.
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Je commenterai d'abord Lettre d'une inconnue.

Un texte touchant et imprévisible. Bien sûr, il faut le remettre dans son contexte des années 20. Quelques phrases racistes et sexistes, mais je m'attendais à pire pour l'époque.

L'histoire en elle-même est surprenante et bien écrite. Malgré la tristesse qui se retrouve dans chaque mot, on lit rapidement et avec avidité. La finale m'a beaucoup plu, c'était original et différent de tout ce que j'ai pu lire de cette époque.

Une bonne nouvelle!

À propos de le joueur d'échec, cette nouvelle m'a surprise tout au long de ma lecture. le cadre du jeu d'échec est selon moi un prétexte pour parler de l'homme. L'homme qui fait la guerre, l'homme qui juge autrui, l'homme qui se croit supérieur à tout, etc.

J'ai bien aimé cette deuxième nouvelle, aussi triste que la première. On sent l'évolution de l'écriture, de l'auteur. La plume a changé mais l'essence reste la même.

J'ai somme toute passé un bon moment avec ce petit livre. Je suis bien curieuse de découvrir plus d'oeuvres de cet auteur.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Je n'entendais jamais une voix humaine. Jour et nuit, les yeux, les oreilles, tous les sens ne trouvaient pas le moindre aliment, on restait seul, désespérément seul en face de soi-même, avec son corps et quatre ou cinq objets muets : la table, le lit, la fenêtre, la cuvette.

On vivait comme le plongeur sous sa cloche de verre, dans ce noir océan de silence, mais un plongeur qui pressent déjà que la corde qui le reliait au monde s'est rompue et qu'on ne le remontera jamais de ces profondeurs muettes.

On n'avait rien à faire, rien à entendre, rien à voir, autour de soi régnait le silence vertigineux, un vide sans dimensions dans l'espace et dans le temps. On allait et venait dans sa chambre, avec des pensées qui vous trottaient et vous venaient dans la tête, sans trêve, suivant le même mouvement.

Mais, si dépourvues de matière qu'elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d'un point d'appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle.
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Car je ne peux pas rester seule avec mon enfant mort sans épancher mon âme, et à qui pouvais-je parler en cette heure terrible sinon à toi, toi qui m'étais tout et m'es tout ! Peut-être que je ne parviendrai pas à te parler avec toute la clarté souhaitable, peut-être que tu ne me comprendras pas – j'ai la tête si lourde c'est vrai, le sang bat et bourdonne dans mes tempes, mes membres me font si mal. Je crois que j'ai la fièvre, peut-être est-ce déjà la grippe, qui va maintenant de porte en porte ; ce serait bien, car alors je partirais avec mon enfant et je n'aurais pas à me faire violence. Par moments mes yeux se couvrent de noir, peut-être n'arriverai-je même pas à finir d'écrire cette lettre – mais je veux rassembler toutes mes forces, pour qu'une fois, rien que cette fois, je puisse te parler, à toi mon aimé, toi qui jamais ne m'auras reconnue.
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De toute la soirée, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à toi ; et je ne t'avais même pas encore vu. Je ne possédais quant à moi qu'une douzaine de livres bon marché, reliés en carton raboté par l'usage ; je les aimais par-dessus tout et les relisais sans cesse. Et voilà que je brûlais de savoir quel genre d'individu pouvait bien posséder et avoir lu tous ces livres magnifiques, connaître toutes ces langues, être à la fois si riche et si savant. La vue de tous ces livres m'inspirait une sorte de respect surnaturel. J'essayai de me forger une image de toi : tu devais être un homme âgé, avec des lunettes et une longue barbe blanche, un peu comme notre professeur de géographie, mais en plus aimable, beau et doux. J'ignore pourquoi j'ai toujours su que tu étais beau, même quand je te prenais encore pour un vieil homme.
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La transposition était parfaite ; j'avais projeté l'échiquier dans mon esprit avec toutes ses pièces, et les simples formules me suffisaient pour voir chaque position, comme un simple regard sur la partition suffit à un musicien expérimenté pour entendre chacune des voix, ainsi que l'harmonie de l'ensemble. Avec quinze jours de plus, je fus capable de rejouer sans aucun effort, par cœur-ou, comme on dit dans le métier, à l'aveugle-, toutes les parties du manuel ; alors seulement je me rendis compte quel inépuisable bienfait m'avait obtenu mon impudent larcin. Car d'un seul coup, j'avais de quoi m'occuper-une occupation absurde, gratuite je vous l'accorde, mais qui abolissait ce néant autour de moi ; avec ces cent cinquante parties de maîtres, je possédais une arme merveilleuse contre l'accablante monotonie de l'espace et du temps.
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Le visage d'une jeune fille, d'une femme, est forcément pour un homme un objet extrêmement variable; le plus souvent, il n'est qu'un miroir où se reflète tantôt une passion, tantôt un enfantillage, tantôt une lassitude, et qu'il s'évanouit aussi facilement qu'une image dans une glace, que donc un homme peut perdre plus facilement le visage d'une femme parce que l'âge y modifie les ombres et la lumière, et que des modes nouvelles l'encadrent différemment. Les résignées, voilà celles qui ont la véritable science de la vie.
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Vidéo de Stefan Zweig
Stefan Zweig, auteur à succès, se voulait citoyen d'un monde qu'unifiait une communauté de culture et de civilisation. Il n'a pas survécu à l'effondrement de ce «monde d'hier» qu'incarnait la Vienne impériale de sa jeunesse.
Stefan Zweig et tous les grands auteurs sont sur www.lire.fr
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