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Éditeur : S.Fischer Verlage (23/07/2012)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 8 notes)
Résumé :
"Comment le désir et la passion, enracinés au fond de chaque être, peuvent le révéler à lui-même et bouleverser son destin: [...] la rivalité de deux sœurs, l'une religieuse et l'autre courtisane."
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
PiertyM
  22 avril 2017
Ca pique fort, ce petit piment! Une toute petite nouvelle mais très dense comme sait nous l'offrir Stefan Zweig! Sauf qu'ici, ça ne traine pas, ça ne détaille en rien des émotions avec minutie, ça file plutôt, parce qu'au bout, il y a vraiment de la rigolade.
Deux jumelles naissent des entrailles d'une boutiquière alors qu'en même temps, leur père, un grand général d'armée, révolté contre le roi, est en train de se faire assassiner. Ce jour, où se mêle les douleurs, la joie et l'horreur insufflera un destin assez particulier aux jumelles. En effet, héritant de la modestie de leur mère et de la bravoure et de l'orgueil de leur père, les deux jumelles vont grandir dans un tempérament d'antagonisme permanent. Perspicaces et aptes à tout faire, les deux jumelles se révoltent contre l'état de misère de leur mère. Hélène devient une courtisane qui s'élève dans la société et Sophie s'illustrera dans les œuvres de charité...entre les deux univers distincts par contre à la même physionomie, la ville va vivre des moments de véritables spectacles. Ce virement permet en même temps au papa Zweig d'adopter un ton plus ou moins humoristique!
Un joli petit bijou à lire peu-être bien avant de se glisser dans le royaume de Morphée!
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stcyr04
  11 août 2013
Dans le midi de la France, une bâtisse imposante à l'aspect à la fois monastique et profane éveille la curiosité d'un promeneur. Il en demande le nom à un habitant assis à la terrasse d'un café; l'aimable citoyen lui conte l'histoire savoureuse de la maison “des soeurs”.
Au temps jadis en Aquitaine, le lombard Hérilunt pris pour femme une simple vendeuse d'aromates et partit à la guerre en Mauritanie. Il y connu le succès et la gloire, mais le repos du guerrier n'était pas pour ce guerrier dévoré d'ambition et celle-ci causa sa perte. Sa femme, à peine remise de ses couches, se vit selon l'usage, spoliée de tous les biens du mari factieux par le roi. Elle retourne donc à sa ruelle vendre ses condiments avec ses deux filles Hélène et Sophie, deux gracieuses jumelles. Héritant du caractère impérieux de leur père, elles éprouvent l'une pour l'autre une rivalité empreinte de jalousie, ce qui a le don de créer une émulation qui, à mesure, rend les jumelles les plus instruites et les plus habiles des filles d'Aquitaine. Devenues raffinées par leur éducation, elles ne supportent plus l'état misérable dans lequel elle croupissent de par la situation de leur mère. Ainsi Hélène quitte la demeure maternelle, fait commerce de ses charmes, et revient, opulente courtisane, en la maison du père et s'y installe sur un train princier. Sophie, dévorée d'envie, et ayant mûrement médité sur les moyens de ne pas rester dans l'ombre, décide de faire valoir sa vertu, sa pauvreté et son humilité en faisant son noviciat dans un hospice d'incurables comme sa soeur avait fait étalage de son corps et de sa richesse. Leur similitude parfaite et le contraste total de leur activité est sujette aux malentendus les plus comiques. Les deux jumelles “semblables et dissemblables” comme l'indiquent le titre allemand, partagent à l'évidence le péché d'orgueil, et ce sentiment sera l'élément moteur d'un défi plaisant d'Hélène à Sophie, défi qui conditionnera le reste de leur existence.
Sous-titré compte drolatique en référence à Balzac, ce court récit médiévale en à la plaisante tournure, et on partage l'agrément évident qu'a eu Zweig à narrer cette histoire gaillarde. Un vrai bonheur de lecture.
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Swanney
  04 mai 2019
Un très joli et court conte. Comme toujours le langage de Zweig est beau, les descriptions des psychologies est fine et les chutes sont bien amenées.
L'histoire a un côté vieillot, quoi qu'on sent l'ironie de Zweig en dessous des jugements un peu faciles (opposition vice / vertue), qui pourra charmer ou agacer.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   21 octobre 2013
il ne faut pas tenter le diable, conseille un sage proverbe, sans quoi il vous saute à la gorge… C’est ce que fit pourtant la présomptueuse championne. Peu habituée à boire du vin dont elle ne soupçonnait pas l’influence lascive, enivrée par l’exhalaison de plus en plus lourde qui montait des brûle-parfums, délicieusement alanguie par la grisante musique des flûtes, ses sens se troublèrent peu à peu. Son rire devint un balbutiement, son exubérance, du désir. Nul docteur de l’une ou l’autre faculté n’eût pu affirmer devant un tribunal qu’elle était éveillée ou sommeillait déjà, qu’elle était à jeun ou ivre, ni que ce fût à son corps défendant ou de bon gré – mais longtemps avant le coup de minuit, ce que Dieu ou son antagoniste veut qu’il arrive entre une femme et un homme se produisit.
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rkhettaouirkhettaoui   21 octobre 2013
Marcher dans le sillage d’Hélène, sa sœur plus hardie, et lui disputer les amants, comme naguère les bouts de pain d’épice, ne pouvait satisfaire son orgueil. Sa victoire, elle le sentait, devait être plus complète. Et à force de réfléchir nuit et jour au moyen d’effacer la renommée et le prestige de sa sœur, Sophie s’aperçut aux sollicitations de plus en plus pressantes dont elle était l’objet de la part des hommes, que son seul bien, sa virginité, son honneur, était un précieux appât et en même temps un gage qu’une femme intelligente pouvait faire valoir.
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rkhettaouirkhettaoui   21 octobre 2013
Combien de fois déjà l’avait écœurée la sensualité bestiale des hommes ! Elle s’était promis de lui résister désormais et de mener une existence simple et honnête ! Mais elle sentait bien que toute défense était inutile ! Elle félicitait sa sœur d’avoir l’âme forte et de n’avoir pas succombé, comme elle, aux tentations de la chair !
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rkhettaouirkhettaoui   21 octobre 2013
L’éternel conflit en l’homme, du désir qui oppose la chair et l’esprit, ne s’apaise jamais. Cette fois un démon facétieux avait encore compliqué les choses. Car Hélène et Sophie, la courtisane et la sainte, se ressemblaient si fort que personne ne savait plus au juste pour laquelle des deux il brûlait.
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rkhettaouirkhettaoui   21 octobre 2013
Dès l’âge où les enfants se livrent d’ordinaire au jeu sans arrière-pensée, tout leur était déjà prétexte à rivalités et à jalousies. Qu’un étranger, séduit par la gentillesse des fillettes, glissât une jolie bague au doigt de l’une d’elles, sans offrir le même présent à sa sœur, que la toupie d’Hélène tournât plus longtemps que celle de Sophie, la mère pouvait être assurée de trouver celle qui se croyait désavantagée allongée par terre, se mordant les poings et frappant rageusement le sol des pieds. Elles ne se passaient pas la moindre tendresse, le moindre compliment, le plus infime succès.
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Videos de Stefan Zweig (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig
6 décembre 2009 :
Mot de l'éditeur : « Cest depuis cette seconde que je tai aimé. Je sais que les femmes tont souvent dit ce mot, à toi leur enfant gâté. Mais crois-moi, personne ne ta aimé aussi fort comme une esclave, comme un chien , avec autant de dévouement que cet être que jétais alors et que pour toi je suis restée. Rien sur la terre ne ressemble à lamour inaperçu dune enfant retirée dans lombre ; cet amour est si désintéressé, si humble, si soumis, si attentif et si passionné que jamais il ne pourra être égalé par lamour, fait de désir, et, malgré tout, exigeant, dune femme épanouie. »
Un amour total, passionnel, désintéressé, tapi dans lombre, nattendant rien en retour que de pouvoir le confesser. Une blessure vive, la perte dun enfant, symbole de cet amour que le temps na su effacer ni entamer. Lêtre aimé objet dune admiration infinie mais lucide. Une déclaration fanatique, fiévreuse, pleine de tendresse et de folie. La voix dune femme qui se meurt doucement, sans sapitoyer sur elle-même, tout entière tournée vers celui quelle admire plus que tout. La voix dune femme qui sest donnée tout entière à un homme, qui jamais ne la reconnue. Avec Lettre dune inconnue, Stefan Zweig pousse plus loin encore lanalyse du sentiment amoureux et de ses ravages, en nous offrant un cri déchirant dune profonde humanité. Ici nulle confusion des sentiments : la passion est absolue, sans concession, si pure quelle touche au sublime.
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