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Alzir Hella (Traducteur)
ISBN : 2253150797
Éditeur : Le Livre de Poche (06/06/2001)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 471 notes)
Résumé :
Reine d’Écosse à l'âge de six jours, en 1542, puis reine de France à dix-sept ans par son mariage avec François II, Marie Stuart est un des personnages les plus romanesques de l'histoire.

Veuve en 1560, elle rentre en Écosse et épouse lord Darnley. Déçue par ce mariage, elle devient la maîtresse du comte Bothwell. Lorsque ce dernier assassine Darnley, l'horreur est telle que Marie doit se réfugier auprès de sa rivale, Elisabeth Ire, reine d'Angleterre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  26 juin 2017
Fascinante personnalité que celle de Marie Stuart, que Zweig nous présente dans toute sa complexité avec ses ombres et sa lumière, et dont la vie se lit comme un thriller. Racée, orgueilleuse, fougueuse, égotiste comme seuls le sont les rois, tantôt en-dessous de sa charge historique et tantôt très au-dessus, Marie Stuart traverse son destin avec morgue et panache et paiera cher ses errances dans la passion qui lui font perdre le sens de la morale royale et la conscience du poids de l'histoire qui pèse sur ses épaules.
Reine dès le berceau, rendue à l'austère royaume d'Ecosse après les raffineries de la cour de France, déterminée à tenir son rang dans les puissants jeux de pouvoir qui animent l'Europe, tenant pied à pied dans sa lutte fratricide autour de la couronne anglaise avec la rouée et ambivalente Elisabeth, c'est elle-même qui, pour la passion d'un homme, précipitera sa chute pout tomber, dès vingt-trois ans, dans une vie de prison dorée, enragée de reconquérir un pouvoir qu'elle ne retrouvera plus jusqu'à l'échafaud.
Après m'être régalée de nombre de ses nouvelles, de son autobiographie, je découvre Stefan Zweig en biographe et le charme opère toujours. Il faut dire que si Stefan Zweig avait rédigé les notices de montage des meubles Ikea, je crois que je les dévorerais aussi, certaine qu'il aurait su sonder le bois comme il sait explorer toutes les matières, âmes, hommes, histoire.
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Gwen21
  24 août 2017
Comme tous les hommes qui ont côtoyé Marie Stuart, cette reine maudite, Stefan Zweig s'abandonne à son tour à la fascination qu'elle exerça toute sa courte existence sur la gente masculine. Le caractère passionné de Marie Stuart en fait naturellement l'égérie de tous ceux qui "cherchent la Femme" derrière le mythique voile de mystère censé l'envelopper et la rendre fatale. Zweig peine et échoue à dissimuler la tendresse que lui inspire son sujet comme en témoigne la seconde partie du récit qui débute avec l'évasion de la reine prisonnière qui se réfugie en Angleterre, dans la gueule du loup. Zweig la dépeint sous les traits d'une biche aux abois qui feraient un peu rapidement oublier que cette souveraine de vingt-quatre ans est une autre Lady MacBeth aux mains rougies par le sang du crime. Cette complaisance de l'auteur pour Marie Stuart m'a de plus en plus déplu au fil de ma lecture car elle trahit trop clairement que le biographe a fait place au romancier.
Parce qu'écrite par un romancier, cette biographie se lit bien et avec plaisir, par là elle comblera tout lecteur en recherche d'une approche romanesque de l'Histoire. A contrario, pour le lecteur qui recherche moins l'humanité que la réalité des faits, les épanchements de l'auteur finiront par lasser, aussi bien écrits soient-ils. Quant à Marie Stuart et à son étonnant, à son dramatique destin, comment ne pas être profondément touché par cette destinée, vraiment hors du commun, même pour un prince ? Désignée reine une semaine après sa venue au monde, elle lutta toute sa vie contre sa parente et voisine Elisabeth, mortelle ennemie qu'elle ne rencontra même jamais ; elle contestera la couronne d'Ecosse à son propre fils Jacques VI qu'elle quitta nourrisson et qui ne conserva aucun souvenir de sa mère ; et elle aima passionnément sans jamais l'être réellement en retour. Quelle vacuité quand on y songe que cette existence pourtant si débordante d'aventures, de chevauchées, de maris, de sang, de révoltes, de faits d'armes, de prisons et d'espoirs. Et à la fin, le cou sur le billot, comme un poulet. On a envie de dire "Tout ça pour quoi" ?
Bonne question. Bien qu'instructive, cette biographie ne m'aura pas expliqué le point qui m'intéressait le plus : pourquoi tout ce foin pour l'Ecosse ? Est-ce que vous avez vu ce que représentait l'Ecosse à la Renaissance ? Un confetti de brume et d'humidité, habité par des nobles aux moeurs rustres et des pâtres miséreux. Certes, pour y avoir voyagé, c'est une terre fascinante mais ce ne n'est pas pour des paysages à couper le souffle et un tonneau de vieux whisky qu'on s'entre-déchirait alors. Or Zweig présente l'Ecosse comme THE enjeu politique de l'Europe de Charles Quint. Il n'y va pas avec le dos de la cuillère tout en oubliant d'insister sur le fait crucial que derrière le trône d'Ecosse, c'est le trône d'Angleterre qui est l'objet de convoitise : Elisabeth Ier étant une souveraine à la légitimité fragile et, Virgin Queen, n'ayant pas de descendant, c'est aux Stuart que doit revenir sa couronne à l'issue de son règne. Cet aspect politique est survolé à mon sens, dommage que Zweig ait été un peu trop obnubilé par la femme pour bien décrire la reine que fut Marie Stuart.
Enfin - et là je risque à mon tour de poser le cou sur le billot des légitimes admirateurs de l'auteur - suis-je vraiment la seule à trouver que Zweig est par trop sexiste et misogyne dans son propos ? Je sais qu'on est en 1935 mais quand même, 14-18 est passée par là et les femmes ont commencé à s'émanciper. Quelques extraits pour illustrer mon propos :
"Malgré leur envergure extraordinaire, ces deux femmes restent toujours des femmes, elles ne peuvent pas surmonter les faiblesses de leur sexe ; la haine qu'elles se portent, au lieu d'être franche, est petite et perfide. Placés dans la même situation, deux hommes, deux rois s'expliqueraient nettement, une fois pour toutes et, dans l'impossibilité de s'entendre, se prendraient aussitôt à la gorge ; au contraire la lutte entre Marie Stuart et Élisabeth, c'est une bataille de chattes où l'on rampe et s'épie en rentrant ses griffes, un jeu plein de traîtrise et d'astuce."
"Tout à coup la voici entrée en contact avec un homme sur qui son trop-plein de passion va pouvoir se déverser. Sans penser, sans réfléchir, elle voit en lui, comme font souvent les femmes, l'être unique, celui dont elles avaient rêvé. Sûrement, il serait plus sage d'attendre, de mettre sa valeur à l'épreuve. Mais demander de la logique à une jeune femme amoureuse serait vouloir l'impossible."
"Il n'est pas d'homme que la femme aime plus passionnément que celui qu'elle craint et admire en même temps, avec qui un certain sentiment de peur et de danger accroît le plaisir amoureux dans des proportions mystérieuses."
Et le pompon revient à la description du viol dont Marie Stuart fut victime de la part de Bothwell, son futur troisième mari, également assassin du second, Darnley :
"Il passe brutalement à l'attaque, empoigne la femme, qui se trouve depuis longtemps dans un état d'excitation et d'énervement extrêmes et dont les sens ont été aiguillonnés par sa folle inclination pour Darnley sans être vraiment apaisés : "Il se fait de son corps possesseur", il la prend par surprise ou la viole (qui peut mesurer la différence dans de tels instants où la volonté et la résistance se fondent si voluptueusement ?). [...] Mais l'acte brutal de Bothwell – ses sens enivrés en sont encore tout étourdis – l'a mise brusquement en face d'un homme véritable, d'un homme qui a réduit à bien peu de choses ses forces féminines, sa pudeur, sa fierté, son assurance, qui lui a révélé avec volupté le monde volcanique qu'elle portait en elle et dont elle ignorait jusqu'alors l'existence. Avant même de s'être rendu compte du danger, avant même d'avoir tenté une résistance, elle est déjà vaincue, la dure enveloppe qui la protégeait est brisée, et le feu qui couvait en elle l'envahit et la dévore. Il est probable que le premier sentiment qu'elle éprouve devant cette attaque est la colère, l'indignation, une haine mortelle pour l'homme qui vient d'avoir raison de sa fierté féminine. Mais on sait qu'en vertu d'un des plus profonds secrets de la nature, toujours les extrêmes se touchent. De même que la peau est incapable de distinguer entre l'extrême froid et l'extrême chaud, au point que le froid peut brûler comme si c'était du feu, de même il arrive fréquemment que les sentiments les plus opposés se confondent avec rapidité. En l'espace d'un instant la haine peut se transformer dans l'âme d'une femme en amour, et son orgueil offensé en aveugle soumission, son corps peut vouloir follement ce qu'une seconde encore auparavant il avait refusé avec la dernière énergie."
Bref, je ne prête pas à Stefan Zweig une grande maîtrise de la psychologie féminine, contrairement à lui. Sa plume est certes très belle, l'intention y est mais je reste assez mitigée quant au résultat.

Challenge MULTI-DÉFIS 2017
Challenge 1914-1968 / 2017
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Carosand
  09 novembre 2012
Magistral ! Flamboyant ! Au départ n'étant pas férue d'histoire, je n'étais pas assurée d'être transportée tout le long de ce récit, mais Stefan Zweig a cette particularité miraculeuse d'écrire avec son coeur, il transperce le carcan royal et politique de l'époque pour mettre à jour l'âme humaire qui se cache derrière et pour mieux en comprendre les actes répréhensibles. Il n'a pas le regard froid et conventionnel d'un historien, il arrive par sa profonde sensibilité sans prétention ni manières complexes à éclairer ce qui est juste entre morale et devoir.
Zweig est pour moi le maître du sentiment qu'elle soit fictive, historique ou toute autre, sa littérature est à lire et à relire le plus souvent, elle fait du bien à l'âme et au coeur.
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Marple
  09 mars 2016
Reine d'Ecosse à 6 jours, Marie Stuart devient par la suite reine de France, prétendante au trône d'Angleterre, mais aussi amoureuse exaltée, meurtrière sans scrupule et politicienne arrogante... avant de terminer sa vie sur l'échafaud, condamnée par sa propre cousine la reine d'Angleterre. C'est dire si son destin fut tragique et romanesque !
Et quoi de mieux pour retracer ce destin tragique et romanesque qu'un biographe aguerri, fin psychologue, bon historien, excellent écrivain ? J'aime toutes les biographies de Zweig, et celle-ci n'a pas échappé à la règle : le style en est un délice de précision et de rythme, l'histoire est digne d'un roman et les descriptions des personnages, des événements ou du contexte historique sont tout à fait fascinantes.
Comme dans Marie-Antoinette, la soubrette qui sommeille en moi a été ravie des détails croustillants sur la sexualité des puissants, en l'occurrence sur la malformation secrète d'Elisabeth qui l'empêcha sa vie durant de faire l'amour ou de devenir mère. Plus généralement, j'ai été impressionnée par la masse de détails donnés sur les différents sujets, qu'il s'agisse des relations entre Marie Stuart et ses courtisans, des rapports de l'ambassadeur de France ou même du compte-rendu de son exécution.
Si les portraits sont passionnants par leur justesse psychologique, ils prennent un relief supplémentaire dans la confrontation organisée par Zweig entre les deux reines, Marie Stuart, la fantasque flamboyante, et Elisabeth, la politicienne besogneuse et retorse. Selon lui, Elisabeth a gagné la bataille de leur vivant à toutes deux, mais Marie Stuart a pris sa revanche avec la postérité... Pas sûr, mais Zweig a fait tout ce qu'il pouvait pour l'aider à triompher !
Challenge PAL
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TheWind
  11 novembre 2017
Romanesque, dramatique, funeste. Tel fut le destin de Marie Stuart.
Et qui d'autre que l'admirable Stefan Zweig pour narrer la destinée de cette figure si malmenée par L Histoire, si controversée ? Qui d'autre que cet écrivain sensible pour nous décrire les émois de cette reine en proie à mille tourments, à mille passions ?
Personne.
Personne d'autre que Stefan Zweig, qui le fit aussi bien avec Marie-Antoinette, sait nous introduire au beau milieu des tréfonds de l'âme d'une reine séductrice, insouciante voire même très inconsciente de ses actes mais une reine également fière et orgueilleuse...
«  Les qualités et les défauts de Marie Stuart restent les mêmes à travers sa vie. Elle aura toujours aux moments critiques une attitude fière, mais chaque fois elle sera trop nonchalante pour résister longtemps à une forte pression. »
Sa fierté se heurtera bien souvent à celle d'Elisabeth 1ere, autre figure emblématique de ce siècle bouleversé par les guerres de religion.
Elles ne se sont jamais rencontrées, et pourtant, leur destin s'entremêle sans cesse, leurs relations seront débordantes de petites mesquineries féminines, de chatteries perfides, de couteaux plantés dans le dos, le tout si délicieusement ciselé par la plume d'un Zweig, qui n'ose pas prendre partie mais qui nous fait comprendre à demi-mots vers laquelle son coeur penche.
J'ai aimé cette biographie. L'histoire de Marie Stuart se lit comme un roman tellement elle est rebondissante d'événements romanesques et d'aventures chevaleresques. On se croirait vraiment dans un roman de Walter Scott ou d'Alexandre Dumas !
J'ai un peu moins aimé la fin car mon esprit était déjà ailleurs...Les tergiversations sans fin pour décider si oui ou non Marie Stuart serait décapitée m'ont un peu lassée. Sans doute parce que je connaissais déjà la fin tragique de cette histoire.
Une toute fin qui fait bien sûr penser à celle d'une autre reine déchue de ses droits... Zweig se fait un point d'honneur de rendre à ces reines leur dignité. Malgré une vie scandaleuse bien souvent guidée par un instinct purement frivole, égoïste et méprisable, leur mort reste brutale et Zweig décrit ces derniers instants avec infiniment de grâce et d'humanité.
Après cette lecture, j'ai très envie de me plonger dans le théâtre de Shakespeare. Hamlet or Macbeth ? That is the question ...
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Citations et extraits (101) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   17 août 2017
Il en est des passions comme des maladies, on ne peut ni les accuser ni les excuser, on ne peut que les décrire avec cet étonnement toujours renouvelé et mêlé d’un léger frisson que l’on ressent devant les forces élémentaires qui se déchaînent tantôt dans la nature, tantôt chez l’homme. Des passions d’un tel degré ne sont plus soumises à la volonté de l’individu qu’elles assaillent ; elles ne font plus partie de la sphère de sa vie consciente, mais elles éclatent pour ainsi dire en dehors de lui, par delà sa responsabilité. Vouloir juger un homme subjugué par la passion serait aussi absurde que de demander des comptes à un orage ou traduire en justice un volcan.
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WolandWoland   17 février 2014
[...] ... Le Moyen-Âge est violent et cruel mais il n'est pas sans âme. Dans maintes de ses pratiques, il a plus profondément conscience de son inhumanité que notre époque. Toute exécution, si barbare soit-elle, a, au milieu de son horreur, un bref instant d'humaine grandeur ; avant que le bourreau lève la main pour se mettre à tuer ou à torturer, il doit demander pardon à sa victime. C'est ainsi que l'exécuteur et son aide, le visage à présent découvert, s'agenouillent devant la condamnée et la prient de leur pardonner ce qu'ils vont faire. Et Marie Stuart de leur répondre : "Je vous pardonne de tout coeur, car j'espère que cette mort me délivrera de toutes mes peines." Le bourreau et son aide se relèvent et se préparent à leur tâche.

En même temps Jane Kennedy et Elisabeth Curle [=dames de la reine] ont commencé à déshabiller Marie Stuart, qui les aide à enlever son Agnus Dei. Elle le fait d'une main ferme et - comme le rapporte l'agent de son ennemi, Cecil [= représentant de la reine d'Angleterre] - "avec une telle hâte qu'elle paraît impatiente de quitter ce monde." Lorsque le manteau noir, puis la robe sombre tombent de ses épaules, l'habit de soie pourpre jette un vif éclat ; et dès que ses suivantes auront glissé les gants rouges par-dessus ses manches elle apparaîtra comme une flamme sanglante, image grandiose et inoubliable. C'est le moment des adieux. La reine embrasse ses femmes et leur demande de ne pas sangloter, d'être calmes. Alors elle s'agenouille sur le coussin et récite à haute voix le psaume latin : "In te, Domine, confido, ne confundar in aeternum."

A présent il ne lui reste plus grand chose à faire. Elle n'a plus qu'à pencher la tête sur le billot, qu'elle enlace de ses deux bras. Jusqu'au dernier instant Marie Stuart a conservé sa grandeur royale. Aucune de ses paroles, aucun de ses gestes n'exprime la crainte. Dignement la fille des Stuart, des Tudor, des Guise, s'est préparée à la mort. ... [...]
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Gwen21Gwen21   23 août 2017
Pour être roi on assassinait, on empoisonnait son père, son frère, on jetait des milliers d’innocents dans une guerre, on tuait, on supprimait, sans s’inquiéter du droit ; à cette époque il eût été difficile de trouver une maison régnante qui n’eût pas à son actif de pareils crimes. Pour une couronne, des garçons de quatorze ans épousaient des matrones de cinquante et des fillettes impubères de cacochymes vieillards, on n’attachait guère d’importance à la beauté, à la dignité, à la vertu, à la morale ; on se mariait avec des faibles d’esprit, des estropiés et des paralytiques, des syphilitiques, des infirmes et des criminels [...].
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Myriam3Myriam3   03 juin 2016
Jamais ou presque jamais le premier essai ne donne des résultats tout à fait heureux; cette loi éternelle de la psychologie, selon laquelle presque toujours une grande passion en implique une autre préalable et plus faible, Shakespeare, le meilleur connaisseur de l'âme qui soit, l'a admirablement décrite. C'est peut-être le trait le plus géniale de son immortelle tragédie d'amour de ne point faire commencer (comme un artiste de moindre talent l'eût fait à sa place) par le coup de foudre, par l'amour violent de Roméo pour Juliette, mais, d'une façon en apparence paradoxale, par l'inclination de Roméo pour une quelconque Rosalinde. On est ici en face d'une méprise du coeur avant la découverte de la chaude vérité, devant une situation prémilinaire, un début, une demi-maladresse précédant la réussite.
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akhesaakhesa   27 mars 2018
La valeur d'une vie humaine n'est nullement absolue dans tous les temps et les pays,chaque epoque on juge à sa façon.Le 16e siècle,ne se faisait pas remarquer par un excès de scrupules;ceux-ci etaient étrangers à un temps qui tirait sa morale non de l'Ecriture,mais de Machiavel:celui qui voulait monter sur un trône n'avait pas de coutume de s'embarrasser de considérations sentimentales et d'examiner si les marches n'étaient pas gluantes de sang.Pour être roi ,on assassinait,on empoisonnait son père,on tuait,on supprimait sans s'inquiéter du droit;à cette époque,il eut été difficile de trouver une maison régnante qui n'eût pas à son actif de pareils crimes.Pour une couronne,des hommes de 14 ans épousaient des matrones de 50 ans et des fillettes impubères de caccochymes vieillards,on n'attachait guère d'importance à la beauté,à la dignité,à la vertu,à la morale;on se mariait avec des faibles d'esprit,des estropiés et paralytiques,des syphilitiques,des infirmes et criminels.
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Videos de Stefan Zweig (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig
Extrait de "fouché" de Stefan Zweig lu par Éric Verdin. Editions Audiolib. Parution le 11 septembre 2019.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/fouch%C3%A9-9791035401085
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Politiciens, économistes, juristes, enseignants (844)
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