AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 213054858X
Éditeur : Presses Universitaires de France (15/10/2004)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Présentation de l'éditeur
D'écrivain comblé et adulé, Stefan Zweig était devenu un exilé se plaignant auprès de Romain Rolland de ne plus recevoir de courrier. Admirant profondément Montaigne mais aussi Nietzsche, Dostoïevski et Freud, Stefan Zweig souffrait d'être si peu semblable à ses modèles. Il lit et commente passionnément Montaigne pour y trouver la voie de sa liberté intérieure, la force d'assumer son ultime décision.

Quatrième de couve... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
gill
  04 juin 2013
Ce dernier livre, peut-être inachevé, de Stefan Zweig est plus qu'une biographie.
C'est un hommage, une rencontre, presque une conversation.
Pour Zweig, l'oeuvre de Montaigne, même si elle apparaît toujours comme un véritable plaisir littéraire, ne peut emporter l''enthousiasme que d'un homme mûr marqué par les épreuves.
De plus, sa rencontre doit être favorisée par les événements.
Et comme Montaigne, fuyant la peste qui ravageait Bordeaux, Stefan Zweig a fui le nazisme."Il fait alors l'apprentissage du métier de réfugié".
Il s'installe à Pétropolis au Brésil où il vivra ses derniers mois.
Et comme Montaigne, il croit voir s'éteindre, avec la guerre, la grande espérance de voir le monde devenir humain.
Absorbé par "Les essais", le dernier écrivain qu'il lit et qu'il commente est donc Montaigne.
"Montaigne" 'est un livre beau, court et profond.
Le premier chapitre est une sorte de préface où les esprits des deux écrivains s'entremêlent.
Puis Stefan Zweig fait se lever le rideau pour que l'auteur des "Essais" puisse orgueilleusement signer son livre du nom de Michel Sieur de Montaigne et porter des armoiries qui ont coûté à l'origine la modeste somme de neuf cent francs.....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          670
JeanLouisBOIS
  09 mai 2011
Voila un livre bien difficile à classer: c'est à la fois une biographie et aussi un essai. En effet, Stefan Zweig nous livre sa vision totalement personnelle et engagée de la vie de Montaigne. Il trouve dans l'auteur des Essais un frère dans l'esprit, un modèle de philosophe qui vit selon ses convictions dans une période troublée de la fin De La Renaissance. En fait, ce livre nous en apprend autant sur Montaigne que sur Zweig: c'est le dernier livre terminé de l'écrivain autrichien avant son suicide à Persepolis au Brésil, même s'il est probable qu'il ne s'agisse que d'une première mouture qui restait à peaufiner. Cependant, Zweig montre clairement ce qui le rapproche de Montaigne à tel point qu'on a bien des difficultés à voir ce qui sépare le maître du disciple et que l'on oublie que l'humaniste du XVème siècle était un bon vivant alors que l'auteur du Monde d'hier était facilement dépressif. Malgré ce travers, cette courte biographie nous fait pénétrer de façon passionnante et étonnamment pertinente dans la pensée de Montaigne dont la lecture m'a toujours parue particulièrement ingrate. Un livre donc très intéressant qui nous en apprend autant sur Zweig que sur Montaigne et qui donne envie de se replonger dans les Essais, surtout qu'il existe maintenant une version en français moderne (édition Quarto)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          251
Herve-Lionel
  21 août 2018
La Feuille Volante n° 1272
MontaigneStefan Zweig – PUF,
La biographie de Michel de Montaigne est l'ultime ouvrage de Stefan Zweig avant son suicide au Brésil en février 1942, On peut sans doute y voir une dernière tentative de conjurer son projet de quitter cette vie que Montaigne aimait tant mais qui ne lui convenait plus à lui, à moins qu'il n'ait fait sienne cette pensée des Essais «  La plus volontaire mort est la plus belle » .
Du propre aveu de Zweig, la rencontre avec l'auteur des « Essais » n'a pas facile puisque, bien que nourri de culture française il n'était pas prêt, à vingt ans, à en recevoir le message. Il lui a fallu attendre longtemps qu'il mûrisse en lui pour qu'il lui consacre cette biographie comme on retrace la parcours d'un ami. Même si notre auteur, qui est aussi connu comme romancier et nouvelliste, a consacré son talent à nombre de biographies, ce sujet n'a peut-être pas été choisi par hasard à cause peut-être de similitudes qui existaient entre eux. Les voyages, la fuite de Montaigne quittant Bordeaux pour échapper à la peste à laquelle répond celle de Zweig fuyant le nazisme, une autre peste, mais brune celle-là, la violence des guerres de religion et celle qui poussa l'écrivain autrichien à errer par le monde... Il a souhaité honorer le combat de Montaigne pour la liberté, de penser, d'agir, d'écrire, d'aimer … une valeur si menacée en cette première moitié du XX° siècle en Europe et qui lui manqua tant parce que son absence signifiait aussi l'intolérance. Il célèbre sa lucidité face au naufrage de l'humanisme et à la folie meurtrière des hommes qui ne vivent que pour la violence, parle de sa dénonciation de l'inhumanité, de la fragilité de la condition humaine de son époque et de sa volonté d'être lui-même, c'est à dire un homme qui refuse de prendre part à toute ce déchaînement de haine à l'extérieur. Pourtant il attendra longtemps pour devenir véritablement Montaigne ; il renoncera aux charges publiques et se retirera dans sa tour comme en lui-même et bien sûr avec le rempart de ses livres, sans pour autant renoncer à ses richesses ni aux voyages. Pourtant, cette forme d'égoïsme de Montaigne qui ne parle que de lui, cesse d'une certaine façon quand il devient écrivain, c'est à dire accepte d'écrire non plus pour lui mais pour les autres en leur confiant le résultat de ses méditations personnelles et intimes. Son oeuvre est en effet une « quête de soi-même » menée au rythme d'une vie retirée dans sa tour. Pourtant sa notoriété littéraire le fait élire maire de Bordeaux, ce qu'il apprend quand il est en Italie et alors même qu'il n'a rien demandé . Plus tard ce mandat sera renouvelé et il sera, lui-même sollicité par le roi pour des médiations et des négociations dont l'avenir du royaume a peut-être dépendu, Ainsi, par un revirement du sort, quand plus jeune il avait sollicité des charges publiques et que, celles-ci lui avait été refusées , il se voit, alors qu'il avait décidé de se retirer du monde, de méditer et de se préparer à la mort, pressé par le roi lui-même d'intervenir dans les affaires de l'État. Est-ce à dire que Zweig voyait entre eux beaucoup de similitudes ? Peut-être.
L'auteur refait la généalogie des Eyquem, commerçants enrichis et anoblis qui s'allient à une demoiselle Louppe de Villeneuve, d'une famille de commerçants prospères d'origine juive espagnole , la mère de Michel, ce qui n'est pas sans rappeler es propres origines de Stefan. Si Montaigne chercha à cacher cette ascendance, Zweig ne se signalera pas comme écrivain juif mais, lui aussi, comme un humaniste brillant, éclairant le monde de sa pensée. Comme Michel il reçut une éducation de qualité caractéristique de chaque époque et chacun aura une lente maturation d'écrivain. Zweig comme Montaigne honoreront le nom de leur famille par la culture et le transmettront aux générations futures.
Pourtant si Montaigne, mis à part un « journal » de voyage, est l'homme d'un seul livre, ce n'est pas le cas de Zweig, plus prolixe. et si les « Essais » n'ont jamais cessé d'être une référence de notre littérature, les écrits de l'écrivain autrichien ont longtemps été dans l'oubli même s'ils sont heureusement redécouverts actuellement
Montaigne s'interroge abondamment sur lui-même, cherche à se connaître, se demandant notamment « Que sais-je ? » ce qui le distingue des érudits et des religieux de son époque qui affirmaient péremptoirement détenir la vérité. Je note que s'il revenait aujourd'hui, il pourrait utilement se poser la même question. Ainsi,se peignant lui-même, il constate au long de sa vie des changements que le font passer de l'épicurisme au scepticisme, au stoïcisme pour finalement lui conférer une certaine sagesse mais aussi un forme de solitude, Cela , à mes yeux, fait de lui un écrivain de l'humain, de « l'humaine condition ».
© Hervé Gautier – Août 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
VanilleBL
  18 septembre 2013
Sous la plume de Zweig, Montaigne est "celui qui reste debout dans le chaos du monde". Nul n'aurait pu mieux esquisser en quelques mots la personnalité hors du commun qu'est l'auteur des Essais. Par son oeuvre même, immense, magnifique, confondue totalement avec sa vie. Parce qu'il "s'est adonné comme personne d'autre au plus sublime art de vivre : Rester soi-même".
On connaît beaucoup Zweig pour ses nouvelles, pour ses essais, moins parfois pour ses biographies qui sont pourtant aussi originales que remarquables. Car pour lui, la dimension psychologique prime sur le récit factuel et chronologique, ce qui lui permet d'apporter un éclairage nouveau et passionnant sur les personnages qu'il choisit. Il les étudie en réalité comme il le fait pour ses personnages de fiction : il plonge au plus profond de leur âme pour les comprendre et les révéler.
S'il s'est intéressé à Montaigne c'est qu'il est sans conteste un homme complexe, avec de multiples facettes et des vies successives tout aussi riches les unes que les autres pour qui rien n'est figé, rien n'est définitif. Sa vie est une opération permanente de renouvellement : "à chaque instant nous recommençons à vivre." C'est la recherche qui le passionne bien plus que la découverte. C'est la raison pour laquelle certains ont accusé Montaigne d'incohérence. Mais il ne s'agit pas de cela. Ses contradictions sont inhérentes à sa démarche : il est à la fois tout et rien, toujours autre et toujours identique. Il est "l'homme qui se cherche en tout et qui cherche tout en soi."
Zweig seul pouvait suivre et rendre compte de cet esprit en perpétuel mouvement, tantôt tourné vers la vie publique, tantôt retiré dans sa tour, tantôt voyageur d'Europe. On sent d'ailleurs dès les premières pages de son ouvrage combien Montaigne a marqué Zweig qui a fait l'expérience profonde et personnelle de la lecture des Essais. Après une première approche à 20 ans, peu concluante si ce n'est le plaisir de la lecture, il lui a fallu atteindre la maturité pour en comprendre, pour en ressentir la philosophie et la sagesse : "vivre par soi-même, être libre et le devenir toujours plus."
Lien : http://www.paroles-et-musiqu..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
EFourn
  16 février 2015
Une biographie succincte, ou plutôt un hommage à Montaigne en qui Stephan Zweig se reconnait.
Tous deux vivent en des temps troublés, et chacun tente de préserver son âme, de lutter pour sauvegarder l'humain en eux face à l'absurdité et la bestialité de l'époque qui est la leur.
Encore et toujours cette amour de la liberté . . .
Commenter  J’apprécie          80
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   09 mai 2011
Nous devons notre reconnaissance à ceux qui renforcent en nous le sens de l'humain dans une époque inhumaine comme la nôtre, à ceux qui nous exhorte à ne pas abandonner ce qui nous est propre, ce que nous ne saurions perdre, notre moi le plus profond. Car seul celui qui reste libre de tous et de tout accroît et préserve la liberté sur terre. (p.29).
Commenter  J’apprécie          80
ivredelivresivredelivres   19 décembre 2010
Il est quelques rares écrivains qui s'ouvrent à tout lecteur, quel que soit son âge, à tout moment de sa vie : Homère, Shakespeare, Goethe, Balzac, Tolstoï, mais il en est d'autres dont la signification ne se révèle pleinement qu'à un moment précis. Montaigne est de ceux-là. Il ne faut pas être trop jeune, trop vierge d'expériences et de déceptions pour pouvoir reconnaitre sa vraie valeur.
Commenter  J’apprécie          60
EFournEFourn   16 février 2015
Pour être libre, il faut ne se sentir ni dette ni lien, et nous sommes liés à l'état, à la communauté, à la famille; nos pensées sont sujettes à la langue que nous parlons, l'homme isolé, absolument libre, est un fantôme. Il est impossible de vivre dans le vide. Consciemment, notre éducation nous rend esclave des mœurs, de la religion et nous impose une vision du monde; c'est l'air du temps que nous respirons.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   09 mai 2011
Il n'y a qu'une erreur et qu'un crime: vouloir renfermer la diversité du monde dans des doctrines et des systèmes. C'est une erreur que de détourner d'autres hommes de leur libre jugement, de leur volonté propre, et de leur imposer quelque chose qui n'est pas en eux. (p.91)
Commenter  J’apprécie          70
Herve-LionelHerve-Lionel   18 août 2018
Car une des lois mystérieuses de la vie veut que nous n'apprécions toujours que trop tard ses valeurs authentiques et essentielles : la jeunesse quand elle s'enfuit, la santé dès qu'elle nous abandonne, la liberté, cette essence, précieuse entre toutes, de notre âme, à l'instant seulement où elle va nous être retirée, où elle nous a déjà été retirée.
Commenter  J’apprécie          50
Videos de Stefan Zweig (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 14 décembre 2018 :
Mujirushi ou le signe des rêves (Tome 1) de Naoki Urasawa et Ilan Nguyên aux éditions Futuropolis https://www.lagriffenoire.com/121681-livres-mangas-musee-du-louvre---mujirushi-ou-le-signe-des-reves-tome-1.html
Mujirushi ou le signe des rêves (Tome 2) de Naoki Urasawa et Ilan Nguyên aux éditions Futuropolis https://www.lagriffenoire.com/128090-livres-mangas-mujirushi-ou-le-signe-des-reves-tome-2.html
Les Premiers voyageurs photographes: 1850-1914 de Olivier Loiseaux et Gilles Fumey aux éditions Glénat https://www.lagriffenoire.com/130050-livre-d-art-et-histoire-de-l-art-les-premiers-voyageurs-photographes---1850-1914.html
90 ans du Midi Olympique 1929-2019 le meilleur du rugby de Bruno Fabioux et Jean michel Baylet aux éditions Hugo Image 9782755639315 (pas de lien sur lagriffenoire.com)
Concours pour le Paradis de Clélia Renucci aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/121084-divers-litterature-concours-pour-le-paradis.html
Le dernier Vénitien: roman de Gilles Hertzog aux éditions Grasset https://www.lagriffenoire.com/129308-divers-litterature-le-dernier-venitien---roman.html
Casanova: Mes années vénitiennes de Michel Delon aux éditions Citadelles & Mazenod https://www.lagriffenoire.com/125796-romans--casanova---mes-annees-venitiennes.html
L'embaumeur - ou L'odieuse confession de Victor Renard de Isabelle Duquesnoy aux éditions Points https://www.lagriffenoire.com/116284-divers-litterature-l-embaumeur---ou-l-odieuse-confession-de-victor-renard.html
Les Confessions de Constanze Mozart de Isabelle Duquesnoy aux éditions Points https://www.lagriffenoire.com/57737-poche-confessions-de-constanze-mozart-les.html
Valentine ou la belle saison de Anne-Laure Bondoux aux éditions Fleuve https://www.lagriffenoire.com/127219-divers-litterature-valentine-ou-la-belle-saison.html
Mezze : Assiettes du Moyen-Orient à partager de Salma Hage aux éditions Phaidon https://www.lagriffenoire.com/126116-livres-de-cuisine-mezze---assiettes-du-moyent-orient-a-partager.html
Rosalie Lamorlière Celle qui accompagna Marie-Antoinette à l'échafaud Ludovic Miserole aux éditions French Pulp https://www.lagriffenoire.com/134875-romans--rosalie-lamorliere---celle-qui-accompagna-marie-antoinette-a-l-echafaud.html
Zamor, le nègre républicain de Ludovic Miserole aux éditions French Pulp https://www.lagriffenoire.com/134874-romans--zamor---le-negre-republicain.html
L'Affaire Rose Keller - tome 1 Les crimes du Marquis de Sade de Ludovic Miserole aux éditions French Pulp https://www.lagriffenoire.com/12418
+ Lire la suite
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Essais (404)
autres livres classés : biographieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Le joueur d'échec de Zweig

Quel est le nom du champion du monde d'échecs ?

Santovik
Czentovick
Czentovic
Zenovic

9 questions
1149 lecteurs ont répondu
Thème : Le Joueur d'échecs de Stefan ZweigCréer un quiz sur ce livre