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Alzir Hella (Traducteur)Olivier Bournac (Traducteur)
ISBN : 2234057019
Éditeur : Stock (19/05/2004)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 77 notes)
Résumé :
La vie de Nietzsche : une pratique de la philosophie qui est un art avec ses plaisirs et ses tourments. Une exigence implacable entrant inévitablement en conflit avec le monde. Car relativiste, amoraliste, Nietzsche l'a été jusque dans son quotidien et ses rapports à autrui. Mû par une passion excessive de la vérité qui excluait toute concession, laissant sans cesse derrière lui ses croyances perdues, il est allé jusqu'à sacrifier ses amitiés au nom d'un insatiable ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Kirsikka
  11 mai 2015
Stefan Zweig décrit dans ces pages un Nietzsche de la douleur, des nerfs constamment à vif que sa santé même renforce, la pensée portée à son plus haut point, la joie pure quand l’idée est saisie, mais le silence autour de lui, l’indifférence, pas de critique, aucun écho et de moins en moins de présence humaine.
Zweig présente un point de vue particulier, qui insiste sur la « tragédie » et le «cri le plus terrible de la solitude de l’esprit », présentée sous des ciels d’orages, de nuages et d’éclairs. Hommage à l’esprit et au « bloc d’airain de la volonté » d’un anti-philosophe convaincu de l’importance de son oeuvre, et de n’être compris qu’après la prochaine guerre. Une biographie poétique, des pages un peu effrayantes, car très sombres, à lire parmi d’autres sans doute ; aspect d'un homme complexe, une sorte d’énigme par le choix de l’oeuvre contre le monde, et d’un mode de vie en accord avec la pensée. Mais aussi hommage à une passion de la connaissance, à un amour de la vie et de la nécessité, de la musique, à la recherche de la lumière et de la légèreté.
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ErnestineRadioconducteur
  07 février 2019
Autant je suis lassée et blasée par la médiocrité du monde qui m'entoure autant je suis époustouflée par ce que je lis.
"Un essai biographique", donc je découvre l'existence de cette catégorie, de Nietzsche par Zweig. C'était déjà très alléchant mais je suis encore plus surprise par la qualité du contenu. Alors peut-être que certains d'entre vous me diront qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil et me citeront quatre-cent vingt huits références similaires mais pour ma part, je suis émerveillée comme un enfant qui voit le Père-Noël. C'est un chef d'oeuvre à part entière.
Je croyais q'une biographie était un récit dans un ordre chronologique contenant ça et là par des explications qui viennent étayer une thèse sur l'existence de certains événements, influence, traits psychologiques...
Ce sont les mots de Stefan Zweig: il "essaie de représenter la vie de Nietzche"
Ici, l'ordre est thématique et non chronologique (L'isolement, la maladie, le fanatisme, la musique, la folie )même si des repères chronologiques reviennent bien sûr, dans chaque thème.
C'est court. le style est éblouissant, onirique, limpide. Se représenter la vie de Nietzche par tous les sens, les émotions, la description d'une ambiance, des images, des sons, des métaphores filées, c'est le vivre. Certains pourraient lui reprocher une certaine redondance. Stefan Zweig semble avoir une obsession pour les nerfs, le sang (peut-être est-ce le langage médical de l'époque comme à d'autres celui des "humeurs" ou des "méridiens" de l'acupuncture) et "le démoniaque" mais à mes yeux, ça ne lui enlève rien.
Zweig nous dépeint le destin tragique de l'homme à l'oeuvre au destin sublime, l'accompagnant de fines réflexions. C'est bouleversant de voir que la fin de Zarathoustra est accueillie dans la plus grande indifférence, sans éditeur, sans amis à qui l'envoyer... "Tellement la distance entre son génie et l'infériorité de son temps est infranchissable"
Nietzsche, cet être en quête d'absolu, s'affranchissant de tout, surtout de tout compromis à la vérité. Cet heroïsme qui le consume et entraine sa chute. L'évolution incessante de sa pensée qui le déchire comme la peau du serpent qui mue. Sa douleur, sa cécité, sa rémission, sa folie qui épargne sa lucidité et la rend plus aigue encore, comme surnaturelle, "démoniaque" A mesure, que son oeuvre se fait plus puissante, il s'affaiblit comme dévoré par elle
"L'anéantissement de Nietzsche est une sorte de mort par la lumière, une carbonisation de l'esprit par sa propre flamme"
Je ne suis que le deux-centième lecteur sur babelio à le lire et j'ai eu du mal à le trouver en bibliothèque. Seuls trois exemplaires étaient disponibles à la bibliothèque du patrimoine sur demande et recherche d'un bon quart d'heure de la bibliothécaire en réserve alors que quasi tous les livres se trouvent facilement dans chaque bibliothèque de quartier et la grande médiathèque. Quel dommage! Si vous avez l'occasion, n'hésitez pas.
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Alcapone
  01 décembre 2011
On ne se lassera jamais de le dire : l'écriture de Stefan Zweig est somptueuse. Cette façon qu'il a d'étudier les profils psychologiques des grands de ce monde (voir aussi : Hommes et destins) est caractéristique de sa plume à la fois poétique et incisive. Friederich Nietzsche qu'il portait apparemment en haute estime, apparait dans son analyse tel un ovni de la pensée allemande, peut-être même de la pensée universelle pourrait-on dire. Personne, excepté peut-être Heinrich von Kleist et Friedrich Hölderlin, n'aurait accepté de souffrir l'enfer volontaire que le philosophe s'est choisi pour demeure. Sa santé fébrile et sa recherche incessante de la Vérité sont à la fois, sa force et sa faiblesse. Intransigeant envers les autres, mais avant tout envers lui-même, Nietszche ne souffre pas le confort d'une notoriété acquise et reconnue. Son combat se situe ailleurs. Bien au delà de ce que l'on peut imaginer avec toute la douleur et la solitude que cela exige. le parcours de Nietzsche est fait de mille souffrances imposées à lui-même comme autant de moteurs de réflexion de sa pensée...
Evoluant à l'inverse de ses pairs comme par exemple Goethe, Nietzsche obtient très jeune une chaire de philosophie à l'Université de Bâle. Mais sa révélation lui vient après qu'il ait décidé de la quitter et qu'il découvre l'Italie ("C'est seulement l'apparition de la nature démoniaque, l'épanchement de la liberté primitive qui font de Nietzsche une figure prophétique et transforment son destin en mythe. Et puisque ici, j'essaie de représenter sa vie, non pas dramatiquement mais comme une pièce de théâtre, comme une oeuvre d'art et une tragédie de l'esprit, son oeuvre véritable pour moi débute seulement au moment où l'artiste commence en lui et prend conscience de sa liberté."p.99). Luttant avec une force diabolique pour atteindre Sa Vérité, Nietzsche assume un destin tragique grâce à ses éternels "accouchements". Contraint toute sa vie à dénicher l'endroit idéal où parfaire sa réflexion et où ses douleurs seraient susceptibles de le laisser en paix, le philosophe tire paradoxalement de sa faiblesse physique (il est la proie de maux de tête insupportables et perd la vue), une incroyable force de travail... Nietzsche, ce penseur nomade assassin de Dieu, est enfin prêt à livrer l'ultime combat. Ni le confort d'une oreille amie, ni la douce présence d'une femme ne l'accompagne. C'est seul que Nietzsche deviendra ce qu'il est, et seul aussi qu'il affrontera l'adversité de ses propres démons. Tel un martyr de la pensée, Nietzsche durant ses derniers mois d'existence cède à la folie créatrice...
Ce merveilleux portrait dressé par Stefan Zweig est bouleversant tant il est bien "senti". Pendant la lecture, on le devine, l'esprit de Nietzsche est là, tout proche de nous. Et ce bel hommage rendu par Zweig, démontre bien que l'homme et son oeuvre ne font qu'un, car "seules les natures tragiques sont capables de nous faire percevoir la profondeur du sentiment et seule la démeusure permet à l'humanité de reconnaître sa mesure."p.152.
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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Christw
  14 juin 2014
Cette force de la nature qu'était Nietzsche, ce profil psychologique hors norme, ne pouvait que stimuler la meilleure plume de Stefan Zweig. Son portrait du philosophe allemand est admirable et d'une érudition accessible.
On n'en doute plus après lecture de Zweig, le philosophe allemand n'était pas un intellectuel soucieux de produire un système de pensée cohérent : "... il faut que l'on renonce enfin, une fois pour toutes, à ces questions de maître d'école : « Que voulait Nietzsche ? Que pensait Nietzsche ? Vers quel système, quelle philosophie tendait-il ? » Nietzsche ne voulait rien : il y a simplement en lui une passion excessive de la vérité - passion qui jouit d'elle-même. [...]. Nietzsche ne pense pas pour améliorer ou instruire l'univers, [...] : son extatique ivresse de pensée est une fin en soi, [...], complètement égoïste et élémentaire, comme toute passion démoniaque. [...]. Jamais, dans cette énorme dépense de force, il ne s'agit d'une «doctrine» [...] et encore moins d'une religion". Puisqu'il philosophe comme un artiste, il ne recherche donc rien de froidement défini. Ceci explique peut-être pourquoi Nietzsche est l'objet de vives polémiques et d'interprétations contradictoires[1].
Il y avait chez Nietzsche une telle exigence implacable envers lui-même, que sa recherche insatiable de vérité, sans cesse contredite par une autre, l'a conduit à entrer en conflit avec le monde. de là un féroce isolement qui devint héroïsme, puis tragédie. L'énergie immense qui le dévorait a fini par se retourner contre lui et par le détruire jusqu'à la folie.
[...]
Un livre requis pour une compréhension de la vie du penseur, sans laquelle il serait vain de tenter d'expliquer les interprétations divergentes de l'oeuvre.
Compte-rendu complet sur Marque-pages (lien ci-dessous).

Lien : http://www.christianwery.be/..
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LLebrown
  17 avril 2018
Comme dit mon ami François, "toutes les biographies de Zweig sont magnifiques". Reste à savoir si ce sont des biographies. Je n'avais lu que celle de Marie Stuart (c'était le seul livre en français sur lequel j'avais pu mettre la main), dont j'étais sorti étonnamment ravi. Celle de Nietzsche est du même calibre, elle la dépasse même probablement dans la mesure où elle n'est pas véritablement une biographie mais bien un essai, une déclaration d'amour à celui qui n'aimait personne. Ce que j'ai trouvé beau, c'est la capacité que Zweig a de dire pourquoi il aime. Il décrit Nietzsche dans son bureau, seul, quasiment aveugle, s'automédicamentant à l'excès et consacrant toute son énergie vitale à la connaissance, retranché du monde et pourtant peut-être plus ouvert et lucide concernant celui-ci que personne ne l'a jamais été. Les silences de Zweig sont beaux. Il n'a pas besoin de paraphraser Nietzsche pour parler de Nietzsche, en décrivant son corps et son quotidien, il en dresse un portrait héroïque. Au final, c'est un livre court, qui se lit très bien et qui devrait plaire à un public bien plus large que les seuls amateurs du plus méridional des philosophes allemands.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka   11 mai 2015
Emmanuel Kant vit avec la connaissance comme avec une épouse légitime ; pendant quarante ans, il se couche auprès d’elle dans le même lit spirituel et engendre avec elle toute une lignée allemande de systèmes philosophiques., dont les descendants habitent encore aujourd’hui notre monde bourgeois . Ses rapports avec la vérité sont absolument monogames, comme tous ceux de ses fils spirituels : Schelling, Fichte, Hegel et Schopenhauer. Ce qui les pousse vers la philosophie, c’est une volonté d’ordre, qui n’a absolument rien de démoniaque, une bonne volonté allemande, objective et professionnelle, tendant à discipliner l’esprit et à établir une architectonique ordonnée du destin. Ils ont l’amour de la vérité, un amour honnête, durable, tout à fait fidèle.

(...)

Au contraire, la passion de la connaissance qu’a Nietzsche est d’un tout autre tempérament, d’un monde du sentiment situé, pour ainsi dire, aux antipodes. Son attitude devant la vérité est tout à fait démoniaque ; c’est une passion tremblante, à l’haleine brûlante, avide et nerveuse, qui ne se satisfait et ne s’épuise jamais, qui ne s’arrête à aucun résultat et poursuit au-delà de toute réponse son questionnement impatient et rétif.

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Micha21Micha21   30 janvier 2018
La légèreté, c'est le dernier amour de Nietzsche, sa plus haute mesure de toutes les choses. Ce qui rend léger et qui donne la santé est bon : dans la nourriture, dans l'esprit, dans l'air, dans le soleil, dans le paysage, dans la musique. Ce qui permet de s'élever, ce qui aide à oublier la lourdeur et l'obscurité de la vie, la laideur de la vérité, cela seul est une source de grâce.

"la vie sans musique est simplement une fatigue, une erreur".
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Nyko_bzhNyko_bzh   13 octobre 2016
C'est pourquoi il faut que l'on renonce enfin, une fois pour toutes, à ces questions de maître d'école : "Que voulait Nietzsche ? Que pensait Nietzsche ? Vers quel système, quelle philosophie tendait-il ?" Nietzsche ne voulait rien : il y a simplement en lui une passion excessive de la vérité - passion qui jouit d'elle même. Elle ne connaît aucune finalité ; Nietzsche ne pense pas pour améliorer ou instruire l'univers, ni pour l'apaiser ou pour s'apaiser lui-même : son extatique ivresse de pensée est une fin en soi, une jouissance qui se suffit à elle même [...], comme toute passion démoniaque.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   17 juin 2012
Cet homme avisé et de vaste culture a bien écrit : l'indépendance dans le monde et non pas l'indépendance du monde. Car l'indépendance n'existe toujours que dans l'individu, chez le particulier, et elle ne croît pas avec le nombre : elle n'augmente pas non plus avec les livres et la culture : "Il n'y a pas d'âge héroïque, il n'y a que des hommes héroïques."
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WhiteWalkersWhiteWalkers   25 avril 2019
C'est pourquoi la vie intellectuelle de Nietzsche n'a pas de point de repos, de surface calme : elle est absolument torrentueuse, changeante, remplie de détours soudains, de volte-face et de courants violents. Chez les autres philosophes allemands, l'existence s'écoule avec une tranquillité épique. (...) Jamais on n’a chez Kant cette impression émouvante d’un esprit saisi par ses pensées comme par un vampire et subissant douloureusement la nécessité épouvantable de créer et d’élaborer des idées ; et Schopenhauer, à partir de sa trentième année, dès l’achèvement du Monde comme volonté et représentation, arbore la mine satisfaite d’un employé qui va prendre sa retraite avec les mille petites amertumes d’une carrière qui stagne. Tous marchent d’un pas précis, ferme et assuré, tandis que Nietzsche a l’air toujours traqué et toujours poussé vers l’inconnu.
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Videos de Stefan Zweig (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig
Extrait de "fouché" de Stefan Zweig lu par Éric Verdin. Editions Audiolib. Parution le 11 septembre 2019.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/fouch%C3%A9-9791035401085
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Philosophes et psychologues : biographies (91)
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