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Hélène Denis-Jeanroy (Traducteur)
ISBN : 2253140570
Éditeur : Le Livre de Poche (01/12/1996)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Une demeurée de village cache dans les bois son grand fils, pour lui éviter d'aller à la guerre. Un jeune étudiant, humilié par l'inégalité sociale, ne découvrira qu'au moment de mourir la place qu'il pouvait avoir dans la communauté humaine. Un comédien oublié retrouve celle qui s'est jadis offerte à lui, et qu'il n'a pas voulu déshonorer... Dans ces nouvelles longtemps inédites en français, on retrouve les grandes préoccupations humanistes de l'auteur d'Amok et d'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  10 avril 2019
Un recueil de nouvelles inédites de Stefan Zweig à la médiathèque! Je prends immédiatement!
Le point commun à ces sept nouvelles, même si elles sont de périodes différentes ? Mise à part " Un homme qu'on n'oublie pas", c'est la jeunesse, sa fragilité, ses espoirs, ses désillusions, son impétuosité, qu'elle soit un souvenir ou vécue au présent.
Avec cette acuité de l'observation, ce sens si subtil de l'analyse psychologique qui le caractérisent , l'auteur sait nous faire pénétrer dans les pensées les plus secrètes de ses personnages.
La plus longue de ces nouvelles, " La scarlatine" , est celle que je préfère. Le jeune étudiant, Berger, si seul à Vienne , a toute notre sympathie et la fin est poignante. J'ai beaucoup aimé aussi " La dette", où la narratrice, écrivant à son amie d'enfance, lui confie deux secrets, un du passé lié à un autre du présent..." Printemps au Prater" , mettant en scène une femme entretenue qui retrouve juste pour un moment sa fraîcheur amoureuse de jeune fille, a son charme également. Les autres m'ont moins marquée. Il faut reconnaitre que l'auteur en a écrit des plus réussies.
Cette plongée dans l'univers viennois ou la campagne tyrolienne du début du vingtième siècle est pleine de nostalgie, d'amertume , au regard des espoirs déçus, des projets non réalisés. Toujours ce grand art de Stefan Zweig pour déceler les failles de l'âme humaine...

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chachoura
  09 janvier 2015
La nouvelle Wondrak raconte l'histoire d'une femme, Ruzena Sedlak, au physique très disgracieux (tellement disgracieux qu'il lui a valu le surnom de « tête de mort ») qui donne naissance à un fils. Alors qu'elle était plutôt indifférente au monde qui l'entourait, son instinct maternel se réveille finalement de manière explosive. Elle enveloppe son fils d'un amour exclusif, lui est entièrement dédiée et ne peut supporter l'idée d'être loin de lui ni qu'on puisse le lui enlever. Elle craint par conséquent les démarches administratives (comme la déclaration de la naissance ou le baptême…) qui permettent de recenser son fils, et qui l'attachent à des obligations sociales au lieu de l'attacher seulement à elle.
Le jour où la guerre est déclarée en Autriche et que son fils est mobilisé pour partir en guerre, elle est donc prête à tout pour le garder près de lui…

Le petit détail surprenant de cette nouvelle, c'est qu'elle porte le nom d'un personnage très secondaire de l'histoire. En effet, dans ce récit Wondrak est le secrétaire de mairie. Il n'apparaît que deux ou trois fois dans le récit et de manière très brève, et même carrément anecdotique ! Et pourtant, le fait que la nouvelle soit appelée en son nom nous invite à nous interroger sur l'importance qu'a vraiment eue cet homme dans la vie de la Sedlak et de son fils…

La scarlatine est la nouvelle la plus longue de ce récit et une de celles que j'ai préférées. Dans ce récit, Zweig nous raconte l'histoire d'un jeune homme qui prend tout juste son indépendance. L'histoire commence alors qu'il arrive à Vienne pour y commencer ses études supérieures de médecine. Nourri de plein d'ambitions et d'illusions, il espère se créer rapidement un cercle d'ami et rompre sa solitude.
Le premier individu qu'il rencontre est son voisin. Agé de quelques années de plus que lui, Bertold l'admire et le considère presque comme celui qui le « sauve » de la solitude. Une amitié assez étrange va se nouer entre ces deux jeunes hommes, faite de manipulation, de mépris et d'indifférence. Les deux étudiants ne sont pas sur la même longueur d'onde, et Bertold souffrira beaucoup de ne pas trouver le soutien qu'il aurait souhaité auprès de Schramek, un garçon plutôt rustre, insensible et brutal.
Un événement inattendu et inespéré viendra finalement bouleverser le cours des choses et redonnera du baume au coeur de Bertold ! Mais là encore, nous ne sommes pas au bout de nos surprises : Stefan Zweigréserve au lecteur un retournement final qui est certes prévisible, mais qui n'en est pas moins jouissif.

Ensuite, quelques Fragments d'une nouvelle viennent s'intercaler entre deux histoires. Au début, j'ai bêtement cru que ces fragments de nouvelle étaient les ébauches d'une nouvelle jamais publiée, ou même que c'était vraiment le nom de la nouvelle. Mais en la lisant, je me suis vite aperçue qu'il s'agissait en fait d'un extrait de le Voyage dans le passé ! Marrant, puisque c'est justement une des dernières oeuvres de Zweig que j'avais lue !


La nouvelle La Dette a la particularité d'être écrite sous la forme d'une lettre. Dans cette histoire, une femme d'environ 40 ans écrit une lettre à une de ses anciennes et plus proches amies pour lui raconter une rencontre qu'elle a faite et qui lui a rappelé de vieux souvenirs… le schéma de narration utilisé par Stefan Zweigdans cette nouvelle est très intéressant, assez académique et montre bien à quel point l'histoire est importante dans un livre. En effet, Zweig développe et met particulièrement bien en valeur les différentes étapes de la narration : la situation initiale décrite par Margaret dans sa lettre est riche en détails et en justifications. L'héroïne explique bien dans quel contexte s'inscrit l'histoire, dans quel état elle était et comment elle est arrivée à rencontrer cet homme. Vient enfin le moment de la rencontre avec cet homme particulier : c'est l'élément perturbateur. La façon dont elle décrit l'arrivée de cet homme dans l'auberge nous fait comprendre immédiatement qu'il y a un couac :

« J'étais restée ainsi un bon moment, rêvant, l'esprit libre, lorsque – il devait être environ neuf heures – la porte fut poussée à nouveau, mais cette fois-ci ce ne fut pas avec lenteur et lourdeur, à la manière des autres paysans. Elle s'ouvrit largement et l'homme qui entrait, au lieu de la refermer aussitôt, demeura un instant planté sr le seuil, comme s'il n'était pas encore tout à fait décidé à le franchir. Alors seulement il la laissa se rabattre, us bruyamment que les autres, regarda de tous côtés et lança, d'une voix profonde et sonore : « Bien le bonsoir à vous, messieurs. » Mon attention fut immédiatement attirée par cette salutation quelque peu artificielle qui n'avait rien de rustique. » p.148-149

Les péripéties s'enchaînent ensuite jusqu'à la résolution finale du conflit avec une fluidité magistrale et une intensité graduelle. Cette nouvelle montre vraiment à quel point Stefan Zweigsait raconter des histoires et captiver son lecteur. Il utilise d'ailleurs dans ce récit un procédé qu'on retrouve régulièrement chez lui : la mise en abyme. En effet, les histoires qu'il raconte sont souvent des « récits dans le récit » puisqu'il utilise régulièrement un des personnages qu'il crée comme narrateur, de telle sorte que les récits sont imbriqués les uns dans les autres. Il utilise ainsi ce procédé dans La Dette, ainsi que dans le Joueur d'échecs ou la Lettre d'une inconnue.

La nouvelle Un homme qu'on n'oublie pas nous raconte l'histoire d'Anton, un personnage plutôt atypique. Ici, pas de schéma narratif classique puisque l'auteur se focalise uniquement sur un individu particulier.
Anton s'oppose aux codes et aux conventions de la société dans laquelle il vit, et refuse particulièrement de monnayer ses échanges avec ses interlocuteurs. Il ne paye pas de loyer, ne paye pas son repas, … bref, il ne paye rien du tout. Concrètement, voilà comment il vit : au hasard de ses rencontres, il rend service aux gens qu'il croise même s'il ne les connait pas, de telle sorte que s'il a un jour besoin de quoique ce soit (manger, un nouveau manteau, changer sa roue de vélo, etc.), quelqu'un sera toujours là pour lui rendre son service en retour de celui qu'Anton lui a déjà rendu un jour.
Le portrait que nous peint Stefan Zweigici est celui d'un homme optimiste, confiant en l'homme et incroyablement honnête. Un homme tellement bon en somme qu'il en paraît utopiste. Stefan Zweiga d'ailleurs sous-titré cette nouvelle « histoire vécue », comme s'il savait que ses lecteurs allaient prendre cette nouvelle pour de la fiction sans cette précision. Ou alors, est-ce une petite touche d'humour, une note d'ironie pour faire rire le lecteur qui pense, à la fin de l'histoire « elle est bien bonne, celle-là ».
Je ne sais pas s'il faut vraiment faire confiance à Stefan Zweiget s'il a déjà rencontré cet homme, en revanche je sais que cette nouvelle m'a fait une drôle d'impression à la lecture : derrière l'optimisme et l'espoir de cet Anton se cache en fait beaucoup de pessimisme et d'amertume… J'y ai vraiment ressenti la méfiance que pouvait ressentir Stefan Zweigpour les hommes car en remettant en question la possibilité de l'existence de cet homme, l'auteur met vraiment en évidence à quel point il nous est difficile de faire confiance et de croire en la gentillesse gratuite des gens qui nous entourent… 

Rêve oublié est une nouvelle très courte dans laquelle une femme est une nouvelle fois mise à l'honneur. Dans ce récit, un homme et une femme sont amenés à se revoir après avoir passé de nombreuses années loin l'un de l'autre et après avoir fait leur vie chacun de leur côté. Inévitablement, ils sont amenés à parler des choix qu'ils ont chacun fait pour leur vie : a-t-elle bien fait de choisir l'argent plutôt que l'amour ? C'est la question principale soulevée dans ce récit.
Si les paroles et les explications des personnages s'enchaînent avec une fluidité incroyable tout au long du récit, les toutes dernières lignes de la nouvelle viennent cependant tout chambouler et bouleversent les opinions des personnages et du lecteur. 
Dans cette nouvelle, Stefan Zweignous démontre à quel point il maîtrise l'art de la nouvelle et de la chute, plus particulièrement. Une leçon.

Printemps au Prater est certainement la nouvelle qui m'a le moins marquée. Ce n'est pas que je ne l'ai pas aimé, mais j'ai eu plus de mal dans celle-ci à voir où Stefan Zweigvoulait nous emmener.
L'histoire commence alors qu'une jeune femme désespère de ne pas avoir sa robe à temps pour pouvoir aller au Prater pour le Derby. Cette jeune femme n'est pas nommée tout de suite et son identité nous est donnée plus tard, cela nous donne ainsi l'impression que Stefan Zweigparle de manière générale : le champ des possibles est alors grand ouvert.
Mais petit à petit, l'étau se resserre et on finit par comprendre où l'auteur veut en venir. En une journée, la vie de cette jeune fille aura été (faussement ?) bouleversée ; ses idéaux, ses souhaits et ses valeurs auront été chamboulées de telle sorte qu'elle remettra presque sa vie en question.
Avec beaucoup de subtilité et de finesse, Stefan Zweignous raconte une histoire complexe et inattendue, et nous suggère sa fin sans nous l'imposer.
Encore un recueil de nouvelles de Stefan Zweigque j'ai adoré, je ne me lasse vraiment pas de son style ni des histoires qu'il nous raconte ! Certes, ce recueil ne regroupe pas les oeuvres pour lesquelles il est le plus connu, mais il est tout aussi excellent et a l'avantage d'être extrêmement complet. En à peine 220 pages, l'Autrichien nous offre 6 nouvelles et un extrait dans lesquels il nous montre son talent de conteur, l'aisance avec laquelle il peut captiver le lecteur par son intrigue, sa capacité à créer des personnages originaux et atypiques ainsi que l'art avec lequel il maîtrise la chute et la mise en abyme. En bref, ce recueil est un excellent moyen de découvrir Zweig et la complexité de son écriture.
Lien : http://ulostcontrol.blogspot..
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Allaroundthecorner
  16 août 2016
Recueil de sept nouvelles, enfin plutôt six + un extrait/fragment si on veut être pointilleux, d'environ 200 pages, Wondrak est le nom de la première nouvelle.
J'ai toujours eu du mal à parler de nouvelles, je trouve ça bien plus dur que d'un roman parce qu'il y a plusieurs histoires, plusieurs personnages qui n'ont rien à voir les uns les autres et je ne trouve pas particulièrement intéressant d'énumérer toutes les nouvelles les unes après les autres. Pour cette raison, j'ai décidé de seulement parler de trois nouvelles de ce recueil : Wondrak, La scarlatine et Un homme qu'on n'oublie pas.
Après lecture de cette première nouvelle, Wondrak, qui est relativement courte puisqu'elle fait un tout petit peu plus de 30 pages, je suis restée pantoise, pourquoi l'avoir nommé comme ça ? Il faut savoir que c'est le nom d'un personnage secondaire de l'histoire, le secrétaire de la mairie d'une petite ville située à côté de la forêt où vit Ruzena Sedlak surnommée "Tête de mort" à cause de son nez qui, et bien, n'existe pas, elle a juste un trou au milieu du visage, en gros.
Après avoir longtemps attisé la pitié de la part des villageois, elle se fait remarquer et l'on commence à parler d'elle après qu'ils aient appris que celle-ci est enceinte. Les rumeurs vont bon train, comment c'est possible avec son visage ? qui est le père de cet enfant ? bla bla bla.
Contre toute attente, Ruzena donne naissance à un bébé parfaitement normal et particulièrement beau, mais rapidement, après cinq mois seulement, Wondrak vient la voir au sujet de son enfant, il doit être inscrit dans les registres de la mairie, Ruzena refuse, pour elle c'est un moyen de lui enlever son fils Karel, ce petit être qu'elle chérit de toutes ses forces. Prise de panique à l'idée qu'on lui prenne son enfant elle se plie aux ordres et enregistre son fils à la mairie.
Le temps passe, Karel a dû partir de la maison pour aller à l'école, pour ça non plus elle n'a rien pu faire - c'est la loi. Et puis vient la guerre en Autriche, tous les jeunes sont mobilisés et Karel vient d'avoir dix-huit ans, il doit lui aussi y aller. Ruzena s'y oppose, il ne partira pas, il fera ce qu'elle lui dit de faire. Elle le cache tout en prétendant que son fils est parti, que c'est pour elle une déchirure atroce, mais, Wondrak n'est pas dupe, il a compris le petit manège de Ruzena et il demande à la voir un jour pour la prévenir, l'armée arrive pour venir chercher les déserteurs, ils savent que Karel n'est pas parti comme il devait le faire.
Terrorisée une fois encore à l'idée de perdre son cher enfant - qui n'en est plus vraiment un - elle le cache du mieux qu'elle peut, en vain puisque finalement l'armée réussira à le retrouver.
Au début de ma lecture, je m'étais dit que Wondrak devait être le père ou alors qu'il allait avoir un rôle fondamental dans l'éducation de l'enfant, mais il n'en est rien. On l'aperçoit trois fois en tout, les deux premières pour lui "prendre" Karel, la dernière pour lui "laisser" en quelque sorte. Définitivement, je ne comprends pas pourquoi avoir choisi ce nom plutôt qu'un autre.
Il n'empêche que j'aie beaucoup aimé cette nouvelle, elle met en scène une femme paria qui se moque de vivre à l'écart, qui au contraire désire vivre en marge des autres et veut seulement qu'on la laisse en paix. Il y a très clairement une méfiance vis-à-vis de l'administration qui pour Ruzena est la chose qui lui enlèvera son fils, ce qui est bel et bien le cas.
On sent avec quelle force Zweig rejette la guerre et surtout cette mobilisation qui a lieu dans ce pays, la Bohême du Sud qui ne se sent pas du tout autrichienne et ne veut pas prendre part à la guerre justement. La fin de la nouvelle est très forte de ce point de vue parce qu'elle met en lumière le fait que certaines personnes ont été contraintes de participer aux guerres sans jamais avoir donné leur avis, simplement parce que "leur" pays se battait.
La scarlatine est la deuxième et plus longue nouvelle du recueil, elle est celle que j'ai préférée. On suit un jeune homme, Bertold Berger tout juste arrivé à Vienne pour ses études de médecine. C'est avec plein d'espoir et d'optimisme qu'il va fouler cette ville si longtemps rêvée, mais il ne faut pas s'y tromper, la désillusion point et alors Berger est rapidement enfermé dans sa solitude et sa faible condition sociale. Il ne connaît personne ce qui lui pèse beaucoup. Heureusement, il va rencontrer un homme qu'il va idéaliser pendant une partie du récit : son voisin Schramek un peu plus vieux que lui et étudiant en droit.
Personnification de ce que Berger aimerait être, il va rapidement déchanter après avoir fait la connaissance de l'amie de Schramek, Karla.
Berger va toucher le fond, il va traîner dans les rues de Vienne comme une âme en peine, il va laisser tomber ce pour quoi il est venu, ses études de médecine et va s'enfoncer dans l'isolement.
Au moment où l'on pense que tout est terminé, que Berger a baissé les bras, une rencontre impromptue va avoir lieu, Berger va rentrer tard chez lui, sans ses clés et va être obligé de sonner la concierge pour pouvoir entrer. À la vue de son état, celui-ci commence à se demander ce qui lui arrive, sa fille, elle a la scarlatine.
À partir de là, le récit bascule complètement et Berger reprend goût à la vie, mais c'est sans compter sur le hasard qui ne sera pas de son côté.
Parce que je ne veux pas raconter la fin de cette histoire pour vous laisser la surprise, je vais m'arrêter là. J'ai adoré cette nouvelle parce qu'elle est formidablement écrite déjà - bon un peu comme tout ce qu'il écrit, c'est vrai - et aussi parce qu'on a tous des rêves et que celui de Berger était de vivre à Vienne, de s'y épanouir avec son cercle d'amis et les choses ne se passent pas comme il le souhaitait et surtout, je pense que beaucoup d'êtres ont ressenti cette solitude quand, en réalisant leur rêve de vivre dans une grande ville ils ont dû "abandonner" famille et amis.
C'est une nouvelle très négative, très sombre qui laisse peu de place à l'espoir, il faut bien le dire, mais c'est aussi une nouvelle avec une très grande sincérité qui n'accepte pas les faux-semblants.
Alors, je me suis demandé, Stefan Zweig a-t-il déjà ressenti cette solitude en arpentant les rues de Vienne ?

Mon avis est en intégralité sur le blog :
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Bellonzo
  25 janvier 2014
Chères viennoiseries
Pénible, avec les nouvelles, leur publication est souvent en vrac. Certaines ont vu le jour en France dans différents recueils. C'est encore le cas avec ces sept textes de Stefan Zweig, certains datant de ses vingt ans, d'autres bien plus tardifs. Wondrak, la première nouvelle, est posthume. On sait la finesse et l'élégance de Zweig et j'ai adoré baigner une fois de plus dans cette Europe d'avant, condamnée. La scarlatine est ainsi parfaitement symbolique d'une jeunesse meurtrie, l'étudiant en médecine timide et moqué, amoureux d'une belle écervelée, et qui se révèle à lui-même dans l'art de guérir... et de mourir. Cette mort viennoise n'est jamais loin chez des écrivains comme Zweig. Ne finira-t-il pas par l'apprivoiser en 1942 dans un lointain Brésil?

"Printemps au Prater" ramène bien sûr aux calèches, à Liebelei et à Schnitzler, on pense à Max Ophuls qui adapta si bien et Schnitzler et Zweig. Chez les Viennois le désespoir finit toujours par montrer son visage, parfois plutôt avenant. "Et peu à peu, tout à fait insensiblement, le sourire se meurt sur ses lèvres rêveuses..." clot magnifiquement avec amertume et cafard assuré la jolie nouvelle "Rêves oubliés". de cette simple sentence tout est dit, à la viennoise. La dette nous emmène, sous la forme d'une lettre de Margaret à Ellen, au coeur du souvenir d'un acteur de théâtre qui les avait tant émues, jeunes filles, et que Margaret, en cure à la montagne, vient de retrouver par hasard, au comptoir d'une auberge, pas loin de la décrépitude.

Toutes ces variations sur l'inexorable danse des heures, ce sont un peu les miennes, les vôtres peut-être. Sur Stefan Zweig, on n'a pas attendu les blogs pour savoir sa grandeur et la belle pièce de Ronald Harwood, "Collaboration", ne dit pas le contraire.
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Vermeer
  23 novembre 2017
Difficile de résumer toutes les nouvelles. Dans la première Wondrak (nom d'un personnage en apparence secondaire de la nouvelle mais en réalité déterminant), une paysanne fruste au physique ingrat, humiliée, isolée donne naissance à la suite d'un viol à un enfant magnifique. Elle va l'aimer d'un amour total, exclusif et va tout faire pour l'empêcher de répondre à l'appel des armes en 1914-1918. A noter que la nouvelle est inachevée.
La scarlatine : un jeune homme timide, solitaire et dépressif retrouve l'estime de lui-même et donne un sens à sa vie en soignant une enfant atteinte de scarlatine. Mais...
La dette, ma préférée. Une femme du monde retrouve par hasard l'acteur qu'elle adulait dans sa jeunesse. Le beau jeune homme d'alors couvert de gloire a vieilli, il est devenu une épave moquée par les paysans qui l'entourent. Cet homme a par le passé sauvé la réputation et certainement la vie de cette femme qui cherche un moyen de payer sa dette envers cet homme.
Je mets quatre étoiles car j'ai un faible pour Zweig mais objectivement, c'est loin d'être ses meilleures nouvelles.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
AllaroundthecornerAllaroundthecorner   29 juillet 2016
Alors seulement je pris conscience de la tristesse infinie qu’il y avait dans ce visage tourmenté, aux yeux mornes sous les paupières lourdes et à la bouche amère et farouche, déformée par la paralysie. La mine sombre, il s’appuyait sur ses coudes pour empêcher sa tête penchée en avant de tomber de fatigue, une fatigue qui n’était pas besoin de sommeil mais lassitude de la vie. Personne ne lui parlait, personne ne se souciait de lui. Pareil à un grand oiseau gris déplumé, tassé dans l’obscurité de sa cage, rêvant peut-être à sa liberté d’autrefois lorsqu’il pouvait encore déployer ses ailes et traverser l’éther — tel il m’apparut.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   27 juillet 2016
J’ai perdu tout désir, tout me dégoûte. Je déteste chacune des pierres de cette ville que je foule, je hais ma chambre, je hais les gens que je croise ; quelle torture de respirer cet air froid, humide et sale ! Tout m’oppresse ici, je dépéris. Je m’enfonce comme dans un marécage. Je suis sans doute trop jeune, et de toute façon je suis trop faible. Je ne me sens pas armé pour me battre, je n’ai pas de volonté, je suis pareil à un petit garçon au milieu de cette foule affairée.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   26 juillet 2016
Et il sentait, toujours plus menaçante, la peur du soir, l’angoisse, enfantine, inexplicable, de la solitude dans cette chambre étrangère, une nostalgie violente qu’il ne pouvait nier plus longtemps. Il était tout seul dans cette ville gigantesque où battaient des millions de cœurs et personne ne lui parlait hormis cette pluie qui clapotait, sarcastique, personne ne lui prêtait attention, ne le regardait, lui qui luttait contre les larmes et les sanglots, honteux d’être pareil à un enfant, incapable d’échapper à cette inquiétude tapie derrière l’obscurité et qui le fixait, impitoyable, de son regard d’acier.

Nouvelle : La scarlatine
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   28 juillet 2016
Quelque part il y avait, logée dans la paroi de son âme, une épine à laquelle il ne voulait pas toucher, tant la pensée à elle seule lui en était douloureuse ; non, surtout ne pas se rappeler cette heure, celle du dernier adieu, sur le quai de la gare de cette même ville où aujourd’hui il l’avait attendue, le coeur en émoi. Non, oublier tout cela, c’était du passé, ne plus resonger à cette ultime déchirure, c’était trop effroyable. Plutôt retraverser immédiatement l’océan et les années pour rejoindre la nouvelle terre de souvenirs, là-bas, au loin.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   28 juillet 2016
Pourquoi la vie avait-elle ainsi joué avec lui, se montrant au dernier moment sous un jour attrayant, pour lui rendre l’adieu plus difficile ? Pourquoi fallait-il que cela survienne à présent que des liens l’unissaient de nouveau à d’autres êtres, que certains risquaient de souffrir, davantage que lui-même peut-être ?

Nouvelle : La scarlatine
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