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ISBN : 2021105377
Éditeur : Seuil (06/02/2014)

Note moyenne : 3.06/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Plongée vertigineuse dans le quotidien, les rêves et les désillusions des habitants d’un bidonville situé à la périphérie du Caire, La Traversée du K.-O. est un roman qui ne recule devant rien. À travers ce récit d’une grande inventivité formelle, au réalisme brutal, Mohamed al-Fakharany donne à voir la vérité toute nue de ces territoires invisibles où la vie impose toute sa violence aux individus, où la morale et la légalité constituent de pures abstractions, où le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
traversay
  10 mars 2014
Paru en 2007, La traversée du K.O. a attendu 7 ans sa traduction française. Ce premier roman de Mohamed al-Fakharany se concentre sur les habitants d'un bidonville cairote où règne la loi de la jungle. Survivre ou mourir, c'est la seule alternative. Drogue, prostitution, violences de tous ordres, haine farouche de la police, le quotidien est saumâtre et l'espoir d'une vie meilleure n'a aucune chance de se concrétiser. le romancier passe d'un personnage à l'autre, apostrophe l'un d'eux, nous immerge totalement dans les miasmes d'un univers sordide, en apnée. Al-Fakhrany ne respecte pas les règles du roman classique. Pas de véritable trame mais des scènes courtes comme dans un clip. Si le livre était une forme de musique, ce serait du rap ou alors du slam, brutal, abrupt, sans concessions. Misérabiliste ? Oui et non, plutôt un constat lucide, choquant parce que nous rappelant que l'homme est un animal quand il n'a rien d'autre qu'un air méphitique à respirer. Impossible de dire qu'on aime un tel livre qui nous submerge de fange. On est sans cesse à la recherche d'un soupçon d'humanité et on en trouve de temps à autre. Mais tellement peu.
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BenjaminDP
  30 août 2014
Découvert à l'occasion du festival Étonnants Voyageurs, La traversée du K.-O. de Mohamed al-Fakharany m'a littéralement soufflé. Véritable explosion qui nous conduit dans les ruelles étroites d'un bidonville de la plus grande métropole d'Afrique, ce roman décrit avec force une société violente et sordide. Sans pudeur et sans retenue, l'auteur égyptien dresse à l'aide de scènes courtes et choquantes le panorama d'une Égypte méconnue, loin des touristes et qui tend à la rapprocher des soulèvements qui vont la parcourir. Viol, prostitution, trafic de drogue, rien n'épargne le lecteur, tout comme rien n'a ménagé les personnages d'al-Fakharany, des personnages dévastés et torturés à la psychologie finement étudiée. Un roman puissant et un jeune auteur à suivre.
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frandj
  09 avril 2015
Chaque fois que j'ai lu un roman dont le cadre est l'Egypte contemporaine - la réelle, pas celle des touristes - j'ai été effaré par le tableau réaliste de cette société grouillante, corrompue, empreinte d'une grande religiosité purement de façade et obligée de survivre tant bien que mal, plutôt que de vivre. "La traversée du K.-O." est une nouvelle illustration de cette situation qui est (au pire) tragique ou (au mieux) tragi-comique. Les lecteurs qui ont posté avant moi des commentaires sur ce livre en ont parfaitement donné l'ambiance. Nous suivons les minables aventures des habitants d'un bidonville du Caire, où règne la loi de la jungle. C'est un milieu où dominent la saleté, la drogue, la prostitution, les violences de tous ordres (notamment à l'encontre des femmes), l'obsession du sexe, la haine farouche de la police, et où la vie est quotidiennement désespérante, Sur tous les plans, l'Etat brille par son absence sauf par sa police, cruelle et inefficace, qui se laisse généralement corrompre par les voyous. L'Egypte est comme une cocotte-minute qui semble toujours sur le point d'exploser. Elle a beaucoup bougé en 2011, mais on est revenu aussitôt à la case départ…
Ce qui caractérise ce livre, c'est qu'il n'y a pas à proprement parler d'intrigue, pas de développement d'une histoire romanesque. C'est la juxtaposition des petites aventures vécues par les habitants du bidonville, sans net lien entre elles: à cause de cette particularité le lecteur peut être frustré, d'autant qu'il doit aussi mémoriser le nom des nombreux personnages. Mais le rythme est alerte, le style est vif, le vocabulaire est cru, le propos est virulent. Je me demande seulement pourquoi l'éditeur français a choisi ce titre. le titre original en arabe - quelque chose comme "l'intervalle de la stupéfaction" - était plus original et plus mystérieux.
Pour conclure sur ce livre, j'exprimerai aussi une impression importante: le lecteur devine l'embryon de tendresse de Mohamed al-Fakharany pour ses personnages, qui auraient été meilleurs dans une société moins cruelle.
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SeriallectriceSV
  22 octobre 2015
L'Egypte contemporaine - la réelle, pas celle des touristes, cet interstice où naît la stupéfaction. Roman poignant, dressant le tableau réaliste d'une société de corruption, violences, drogues, prostitution (Nahed-la-suceuse, Sabah-sans-pénétration, Mona-tard-dans la nuit), de caïds, proxénétisme …, qui retrace la vie des habitants d'un bidonville en juxtaposant leurs histoires, des histoires qui n'ont d'ailleurs pas toujours de liens entre elles, ce qui m'a parfois d'ailleurs gêné. Pas évident de mémoriser tous ces personnages, qui interviennent et repartent aussi vite, pour réapparaître plus loin.
Le vocabulaire est cru, le style, vif, les phrases sont courtes, pour décrire le bidonville, les vies violentées, la violence faite aux femmes, toutes les violences administrées par le gouvernement ou entre protagonistes, le sexe obsédant les hommes, le porno …Les rêves, les désirs, les espérances, la tendresse ont aussi leur place dans ce roman. J'ai été touché par ces récits, ces personnages qui tentent de survivre, plutôt que de vivre. Ils auraient certainement fait pour la plupart d'autres choix, si seulement … ils avaient pu. On n'a pas toujours la chance de choisir ... sa vie ...dans un bidonville.
« Si tu avais pu connaître cet instant, Fouad, ne serait-ce qu'une fois dans ta vie… »
« Les vaincus de l'Histoire parviennent toujours à dénicher dans leurs rangs celui qui leur servira de héros, celui qui leur rendra supportable le poids de l'asservissement, qui leur permettra de regarder leur misérable condition avec dérision, de lui tirer la langue, d'en rire jusqu'à ce que leurs yeux sortent de leurs orbites ».
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de
  07 septembre 2014
Cet interstice où naît la stupéfaction
Hilal, Badri, Faraoula, Hussein, Amina, Nargès, Hassouna, Awad, Naïma, Sayyed, Oum Hanane, Fawzi, Fouad, Samah, Khalil, Waganat, Georges, Sharnoubi, et les autres, des femmes et des hommes, les gens du triangle…
« Les vaincus de l'Histoire parviennent toujours à dénicher dans leurs rangs celui qui leur servira de héros, celui qui leur rendra supportable le poids de l'asservissement, qui leur permettra de regarder leur misérable condition avec dérision, de lui tirer la langue, d'en rire jusqu'à ce que leurs yeux sortent de leurs orbites ».
L'ombre de Ramsès, la Corniche, le Pacha, les caves, les rues du Caire, le Géant, la piaule à défonce, les toits…
La violence, les flics, la corruption, les drogues, les caïds, le proxénétisme, les coups, les viols…
La prostitution, Nahed-la-suceuse, Sabah-sans-pénétration, Mona-tard-dans la nuit…
Le bidonville, les vies brutalisées, la violence exercée sur les femmes, la violence des relations entre personnes, la violence du « gouvernement »…
Les obsessions des hommes, le cul, le sexe…
Et cependant, les rêves, les espérances, les désirs, la tendresse…
Une part de la société, visitée avec le réalisme des mots, le rythme de petites phrases.
« Si tu avais pu connaître cet instant, Fouad, ne serait-ce qu'une fois dans ta vie… »

Lien : https://entreleslignesentrel..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
dede   07 septembre 2014
Les vaincus de l’Histoire parviennent toujours à dénicher dans leurs rangs celui qui leur servira de héros, celui qui leur rendra supportable le poids de l’asservissement, qui leur permettra de regarder leur misérable condition avec dérision, de lui tirer la langue, d’en rire jusqu’à ce que leurs yeux sortent de leurs orbites
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   22 octobre 2015
« Si tu avais pu connaître cet instant, Fouad, ne serait-ce qu'une fois dans ta vie… »
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