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Critique de frandj


frandj
  09 avril 2015
Chaque fois que j'ai lu un roman dont le cadre est l'Egypte contemporaine - la réelle, pas celle des touristes - j'ai été effaré par le tableau réaliste de cette société grouillante, corrompue, empreinte d'une grande religiosité purement de façade et obligée de survivre tant bien que mal, plutôt que de vivre. "La traversée du K.-O." est une nouvelle illustration de cette situation qui est (au pire) tragique ou (au mieux) tragi-comique. Les lecteurs qui ont posté avant moi des commentaires sur ce livre en ont parfaitement donné l'ambiance. Nous suivons les minables aventures des habitants d'un bidonville du Caire, où règne la loi de la jungle. C'est un milieu où dominent la saleté, la drogue, la prostitution, les violences de tous ordres (notamment à l'encontre des femmes), l'obsession du sexe, la haine farouche de la police, et où la vie est quotidiennement désespérante, Sur tous les plans, l'Etat brille par son absence sauf par sa police, cruelle et inefficace, qui se laisse généralement corrompre par les voyous. L'Egypte est comme une cocotte-minute qui semble toujours sur le point d'exploser. Elle a beaucoup bougé en 2011, mais on est revenu aussitôt à la case départ…
Ce qui caractérise ce livre, c'est qu'il n'y a pas à proprement parler d'intrigue, pas de développement d'une histoire romanesque. C'est la juxtaposition des petites aventures vécues par les habitants du bidonville, sans net lien entre elles: à cause de cette particularité le lecteur peut être frustré, d'autant qu'il doit aussi mémoriser le nom des nombreux personnages. Mais le rythme est alerte, le style est vif, le vocabulaire est cru, le propos est virulent. Je me demande seulement pourquoi l'éditeur français a choisi ce titre. le titre original en arabe - quelque chose comme "l'intervalle de la stupéfaction" - était plus original et plus mystérieux.
Pour conclure sur ce livre, j'exprimerai aussi une impression importante: le lecteur devine l'embryon de tendresse de Mohamed al-Fakharany pour ses personnages, qui auraient été meilleurs dans une société moins cruelle.
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