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EAN : 9782379100499
388 pages
Livr's Editions (30/09/2020)
4.15/5   23 notes
Résumé :
Clément Coudpel porte un nom de famille un peu étrange, il l’admet. En dehors de ça, il se considère comme n’importe quel garçon de treize ans : il aime les mangas, les jeux vidéo et trainer avec son meilleur ami, Takeshi, dans leur petit village liégeois. Ce qu’il veut dans la vie ? Aucune idée ! Mais une chose est sûre, il n’embrassera pas la malédiction familiale. La magie, les cimetières, les macrales, les fantômes, très peu pour lui. Et toute la pression qu’il ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Manon, c'est un peu une dealeuse de livres, son blog est addictif tant on y trouve de bonnes références. J'avais donc envie de découvrir sa plume et son univers et, forcément, j'ai choisi de commencer par celui-ci parce que, quand on me parle de Samain, j'ai les yeux qui brillent…

J'ai adoré découvrir la plume de Manon dans le cadre de ce roman, je la savais déjà fluide et capable de transmettre tout autant réflexion qu'émotion puisque son blog me donne régulièrement envie d'ajouter des livres à ma PAL. Ce roman confirme son talent à formuler les choses de façon à ce qu'on se les approprie et ça ce n'est pas le talent de Monsieur ou Madame tout le monde, je vous l'assure. C'est en fait une écriture empathique qui propose ce qui va faire réagir le lecteur, elle permet de s'identifier ou, à tout le moins, de se sentir concerné grâce à sa contemporanéité, son langage courant et aux et multiples références culturelles qu'elle véhicule.

La narration est fluide, on sent bien que l'autrice sait où elle nous emmène, il n'y a plus qu'à se laisser entraîner et à profiter de cette aventure oscillant entre drame et drôlerie.

Ce qui est étonnant dans son roman, c'est qu'il y a très peu de personnages et que dans le peu de personnages présentés, nous avons finalement très très peu d'informations sur eux exceptés sur Clément, le héros, Takeshi son meilleur ami, un petit peu sur Katel et un brin sur Camille et les autres. Autant dire que ce roman a une aura de mystère bienvenue. L'un des ingrédients qui fait que nous tournons les pages, c'est que nous voulons savoir qui, quoi, comment, pourquoi, quel passé… le moins que l'on puisse dire c'est que c'est un choix qui fonctionne.

Clément, le protagoniste principal, héros très ordinaire, par les yeux de qui nous progressons dans l'histoire et par qui nous découvrons les autres personnages, est un garçon de 13 ans que j'ai trouvé attendrissant plus qu'attachant. Voulu ou non, j'ai trouvé qu'il était présenté de façon à ce qu'on entre dans sa tête pour avoir envie de le materner plutôt que de s'identifier à lui. Son innocence face aux événements et aux machinations des adultes y est pour beaucoup. Cependant, pour un lectorat plus jeune, je pense que l'attachement et l'identification peut se faire sans problème. J'aime que l'autrice nous propose un regard pur sur les incohérences humaines, ce processus nous ramène à des questionnements de base que nous avons tous eu un jour et que nous avons parfois oublié en grandissant ou tout du moins mis de côté pour vivre dans une sorte de compromis histoire d'accepter la réalité de ce monde.

Takeshi, au contraire du jeune Coudpel, est un protagoniste attachant dans la fidélité qu'il montre pour Clément et l'enthousiasme et le courage qu'il démontre envers l'univers de son meilleur ami. Plus fort que Ron Wisley, il est l'ami qu'on aurait rêvé d'avoir à 13 ans…

Mention spéciale, que certainement beaucoup de lecteurs ont et auront, à Coudmou bien sûr, avouons qu'il est le héros doudou du livre, le produit dérivé idéal issu du roman.

Katel est un personnage complexe et hyper attachant, curieusement, il parle peu, intervient peu, mais je trouve que les perceptions qu'ont les autres protagonistes de lui, lui confère une aura et un charisme qui donne envie de lire son histoire. C'est contre toute attente, mon personnage préféré, j'aime sa nostalgie et sa fragilité.

L'univers fantastique est un des aspects du roman que j'ai adoré, l'univers construit est à la fois traditionnel et original, nous retrouvons l'héritage familial et communautaire assez commun aux univers magiques mais le système de magie comporte des éléments qui sortent de l'ordinaire, certains amènent une touche légèreté et de drôlerie, comme la pelle, et d'autres sont tout simplement agréablement surprenant comme Katel et sa nature, comme Coudmou, ou comme encore le fonctionnement du cimetière, etc… C'est vraiment une belle surprise de voir que de jeunes auteurs arrivent encore à nous proposer des concepts originaux.

Au-delà de l'aspect ultra récréatif de cette lecture, la réflexion n'en est pas moins présente. Ainsi nous pouvons trouver une réflexion sur le racisme, sur la place de l'individu dans la communauté, le fardeau de l'héritage familial, la marginalisation et le harcèlement, la solitude, le coût de la liberté et le poids du déterminisme. Autant de réflexions traitées par le prisme de la psyché d'un ado de 13 ans donc fait avec beaucoup d'innocence et de naïveté et c'est juste tellement joli et rafraîchissant à lire…

J'ai adoré le clin d'oeil au sexisme ordinaire, ce court passage a tout du message fluorescent, clignotant en gros, gras avec plein de warning qui dit « Attention message important, lis bien surtout, c'est important, il y a quelque chose à apprendre ». Autrement dit on voit le processus d'écriture dans ce cours passage mais j'avoue qu'il m'a tellement fait plaisir que j'ai ri de bon coeur…

Ce qui m'amène à parler de mes bémols.

Le premier rejoint ce que je viens de dire précédemment, parfois, on voit le processus d'écriture. Si, globalement, l'écriture de l'autrice est fluide, certains messages sont présentés avec trop de mise en valeur au point que ça ne paraît pas naturel et que l'on sent qu'elle voulait absolument le faire, que c'était important de préciser ou de glisser le message. Je pense que c'est quelque chose qui s'améliorera avec le temps et en se détachant émotionnellement de ces sujets pour les faire propres à ses personnages.

Autre bémol qui n'en est pas un. Paradoxalement, une des grandes qualités de ce roman à savoir son caractère ultra contemporain avec moult références culturelles de quelques tranches générationnelles est également un défaut. Pas un défaut à la lecture pour le lecteur d'aujourd'hui, c'est un défaut qui ne va se voir que dans le temps, il fera vieillir l'oeuvre bien plus rapidement que d'autres. Pourquoi je dis ça ? Et bien, je vais prendre mon exemple personnel, j'ai la quarantaine, j'ai été gameuse entre mes 25 et 35 ans, principalement sur WoW et GW et vous savez quoi ? Et bien j'ai pris un coup de vieux en m'apercevant que le langage in game avait bien évolué depuis… J'ai été bien contente de trouver certaines notes de bas de page.
Tout ça pour dire que la qualité d'aujourd'hui sera le défaut de demain, ce n'est pas un mal en soi, il faut aussi savoir écrire pour le présent mais, hélas, je crains que cela enlève une certaine pérennité à l'oeuvre.

La fin est un autre de mes bémols, elle est surprenante à souhait mais on passe de façon bien trop rapidement sur certains éléments notamment Célestin.
Je m'attendais à une fin brutale vu les pages qui diminuaient mais j'aurai souhaité plus de détails, ça n'aurait fait que mettre le choc en valeur et lui aurait donné plus de poids encore. Là je suis restée quelque peu sur ma faim, le peu d'explications données ne m'a pas suffit.

Dernier bémol, pour qui a été écrit ce roman ? On pourrait dire d'emblée qu'il a été écrit pour un public jeune et, pourtant, plusieurs fois à la lecture, j'ai levé le nez en me demandant si c'était vraiment la cible. Ma perception de Clément y est pour beaucoup mais quelques détails disséminés par-ci, par-là viennent rejoindre cette réflexion. J'en garde un peu le sentiment des Rouge de Caussarieu, où, même si le talent de l'autrice permet de se plier à l'exercice, on sent que ce n'est pas si naturel que ça et que ça déborde vers un roman adulte. Ce n'est pas un détail qui m'a gêné à la lecture, par contre, je me suis réellement posée la question plusieurs fois.

Voilà, certains bémols ne sont pas de vrais défauts mais plutôt des pistes d'amélioration, oui, je suis une lectrice tatillonne…

En conclusion, nous avons ici un roman fantastique récréatif à la fois drôle et dramatique qui s'inscrit parfaitement dans l'univers geek/otaku ultra-contemporain. C'est un vivier à références culturelles issues des jeux vidéos, des séries TV et anime et des mangas qui visera plus particulièrement les générations actuelles X et Y.

La plume de Manon d'Ombremont vaut le détour, l'univers de cette autrice est riche et inspirant, elle propose réflexions et valeurs tout au long des aventures de Clément et Takeshi faisant de cette oeuvre une excellente lecture qui a du relief et de la densité. Elle a su proposer des concepts magiques originaux très rafraîchissants. Je ne saurai donc que trop vous conseiller ce roman. Il est certain que je vais suivre cette autrice et son évolution.


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Connaissant l'auteure par son blog et pour l'avoir rencontrée en festival, j'étais curieuse de découvrir sa plume. Il m'a semblé judicieux de débuter par les aventures de Clément, un sorcier malgré lui, fan de jeux-vidéos et de mangas, qui se lance dans la quête de sa soeur disparue quelques jours avant la journée de l'apocalypse …

Clément, un héros malgré lui

Tout l'enjeu de ce livre est de déterminer si Clément va ou non accepter son destin de Macrale qu'il aurait dû normalement embrasser au début de l'intrigue. C'est donc un roman d'apprentissage que nous propose l'autrice, avec un personnage principal qui n'est pas un héros et ne souhaite pas le devenir.

Ce schéma tranche avec les romans habituels où le héros découvre son destin et a tendance à vouloir le mener à bien. Ici, dès le début, on assiste à une scène plutôt dure où Camille emmène son petit frère encore très jeune se faire tatouer un symbole magique afin de brider sa magie et de lui permettre d'accéder à une vie normale. Camille essaie de protéger son frère de ce qui a tué leur mère et endosse l'entière responsabilité de la mission des Coudpel : protéger l'univers des démons et esprits qui pourraient entrer dans notre dimension.

Le geste est noble, mais peu apprécié par le reste de la communauté magique, car à la veille de rentrer à l'école magique comme tous ses camarades de son âge, Clément (et Camille) refusent de se plier à la tradition. Cela aura de graves conséquences sur la suite de l'histoire avec des personnages conservateurs qui manigancent des stratagèmes pour que Clément réalise son destin malgré lui. le jeune garçon ne saura plus à qui se fier et devra se débrouiller par lui-même. Mais il est difficile de prendre de bonnes décisions lorsqu'on est un adolescent peinant à maîtriser ses pouvoirs et à retrouver sa soeur…

Pour autant, Clément va mûrir, s'épanouir et faire preuve d'une plus grande maturité que sa soeur au fil des pages, même s'il n'est pas à l'abri d'erreurs du fait de son jeune âge. En soi, c'est un garçon qui a envie de mener une vie tranquille sans pour autant embrasser la tradition familiale, mais qui n'a pas d'autre choix que de composer avec. Ses recherches pour retrouver sa soeur l'amèneront plus loin que prévu et le pousseront à reconsidérer entièrement son univers, et nous aussi !

Petite anecdote amusante : son nom de famille fait référence à la pelle magique qui est utilisée lors de Samhain pour repousser les esprits qui tentent de s'infiltrer dans notre univers.

Un univers aux multiples références transmédia

A la lecture de cette histoire, je n'ai pas pu m'empêcher de noter certaines références ou inspirations à d'autres livres ou séries TV. La plus grande reste la série tv Sabrina l'Apprentie Sorcière car l'univers décrit par Manon d'Ombremont semble s'en inspirer beaucoup.

En effet, comme la jeune sorcière, la soeur de Clément doit se rendre à une école de sorcellerie la nuit, en plus de ses cours de fac le jour, afin de contrôler ses pouvoirs. Ce Cénacle magique est caché aux yeux des humains, tout comme la malédiction qui pèse sur Camille et la famille Coudpel. Elle est dirigée par un sorcier aux méthodes peu conventionnelles.

L'ensemble des membres de la famille Coudpel sont des Macrales, des sorcières en wallon liégois. Et le frère et la soeur sont orphelins suite à un accident de magie tout comme Sabrina. Ils sont sous la tutelle d'un ancêtre de la famille qui est un fantôme, ainsi qu'un oupyr, un mort-vivant qu'ils considèrent comme leur oncle, au lieu de deux tantes comme Sabrina. Ils vivent dans une maison avec un cimetière familial, comme la jeune sorcière.

En dehors de cette inspiration, le récit est parsemé de références aux jeux-vidéos et aux mangas (surtout des Shonen), voire aux génériques d'ouverture d'anime qu'apprécie Clément. On sent derrière tout l'amour que l'autrice porte à ces univers japonisants, qu'elle a su replacer dans le quotidien de son personnage principal avec une grande cohérence et beaucoup de malice.

Le tranquille quotidien de cet ado de banlieue liégeoise bouleversé par la magie rappelle aussi Harry Potter, auquel Clément fait parfois référence dans ses conversations avec son ami Takeshi.

Enfin, la ville dans laquelle habite Clément se situe en Belgique, tout comme l'éditeur et l'auteur de ce livre. Cela peut sembler anecdotique, mais cela a son importance sur quelques détails qui m'ont interpellée en tant que lectrice française : la numérotation des niveaux de classe de l'école de Clément est différente, le lieu où se situe la ville, certains élément de langage (Macrale, oupyr…). Pour autant, cela ne perturbe pas l'histoire.

Des personnages à la psychologie très travaillée

En plus d'un héros malgré lui, le point fort de ce roman est une grande attention apportée à la psychologie de l'ensemble des personnages de l'histoire. Manon d'Ombremont ne nous propose pas des personnages manichéens comme cela peut être le cas dans certains récits jeunesse. Elle apporte de la nuance dans toutes les actions menées par les personnages, ainsi que leurs motivations. de ce fait, le récit est parsemé de péripéties et de suspense, et l'on ne s'y ennuie par une seule seconde.

Camille a décidé de porter le fardeau familial pour protéger son frère, mais elle n'est pas pour autant l'héroïne que Clément peut voir en elle. Elle a aussi ses failles et peut prendre de mauvaises décisions comme lui, afin de tromper sa solitude et de conserver cette façade de soeur protectrice. La malédiction familiale qui lui fait perdre la mémoire et tout consigner dans des carnets aidera beaucoup Clément à en apprendre sur sa soeur et ce qu'elle vit au quotidien.

Katel, l'oupyr ami de la famille a une personnalité assez engageante et protectrice avec Clément et sa soeur. Mais il ne s'entend pas avec l'Ancêtre Guenièvre, tutrice légale des Coudpel. Même s'il essaie d'aider Clément, on sent chez lui un côté obscur qu'il finira par dévoiler.

Le Directeur du Cénacle de magie, Chantraine n'est pas forcément le salaud qu'on imagine dans l'histoire. Il agit dans l'intérêt de la communauté magique mais ses méthodes ne sont pas vraiment conventionnelles, voire très dangereuses. On peut le considérer comme un conservateur des traditions un peu extrémiste.

Takeshi, le meilleur ami de Clément, est un jeune garçon fan de mangas et de jeux vidéos totalement humain. Complètement ignorant du monde de la magie, il va s'avérer un adjuvant très précieux pour Clément dans sa quête, et va curieusement intégrer assez facilement les découvertes qu'il fera sur son meilleur ami et la magie. C'est en quelque sorte l'opposé de Clément.

Enfin, le personnage de Célestin qui se dessine au début du récit, est considéré dès le départ comme quelqu'un de très dangereux. On se rendra compte par la suite qu'il s'agit d'un érudit passionné ayant repoussé trop loin les limites de la connaissance et essayé de comprendre l'univers dans un milieu conservateur où tout était figé. Malgré des méthodes peu conventionnelles, il apparaîtra comme quelqu'un ayant bon fond, même s'il suit une logique qui lui est propre.

Petit bémol sur l'histoire

La seule chose qui m'a dérangée dans ce roman est l'impossibilité pour moi de déterminer son classement en tant que bibliothécaire : le format laisse penser à du Young adult, mais l'histoire relève plutôt de la jeunesse car le héros est un pré-adolescent, donc trop jeune pour un classement young adult lié au récit. Je me demande quel est le public visé par le livre. Pour autant, cela ne m'a pas gênée dans ma lecture.

En conclusion : J'ai été heureuse de découvrir la plume de Manon d'Ombremont à travers ce récit jeunesse où je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Elle nous propose ici une intrigue avec un héros qui le devient malgré lui, dans un univers mi-Burtonien mi-japonisant où les personnages sont plus complexes qu'il n'y parait. Une belle réussite !
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J'ai été tout d'abord attirée par la magnifique couverture de ce livre, qui est une marque de fabrique des Editions Livr's. Il s'agit d'un livre jeunesse très sympathique qui va plaire à son public cible. Etant en ce moment très sollicitée sur le plan professionnel, il m'a fallu environ deux semaines pour le lire, ce qui est dommage car j'ai eu parfois l'impression de me perdre en route. Impression due uniquement au manque de temps dont je dispose en ce moment et non au roman.

Clément est un jeune macrale de treize ans qui vit dans un village voisin de Liège. Les macrales sont des magiciens chargés de veiller sur l'esprit des morts pour les empêcher de quitter leur cimetière, ils ne sont pas complètement humains. Clément refuse cet héritage et veut vivre comme une personne ordinaire. Il habite avec sa soeur Camille, leur mère est morte dans l'exercice de ses fonctions alors qu'ils étaient encore enfants et la jeune fille a repris seule la mission de ses parents. Son frère se passionne pour les jeux vidéo et la culture manga avec son ami Takeshi, d'origine japonaise. Il vivent avec un fantôme peu sympathique, l'Ancêtre Guenièvre et sous la protection discrète de Katel, qui passe pour leur oncle et tuteur. La communauté magique met la pression sur Clément pour qu'il accepte son héritage, car Samain approche et à treize ans, il devrait participer au rituel pour la première fois. L'adolescent ne veut rien entendre, mais Camille disparaît, il se lance à sa recherche avec Takeshi et Katel. Il aura besoin de ses pouvoirs pour la retrouver et vivra des aventures inattendues.

L'écriture est très fluide et agréable. On est plongé dans l'univers des mangas, univers qui m'est totalement inconnu, les BD et autres romans graphiques n'étant pas ma tasse de thé, mais ça n'empêche pas de suivre l'histoire sans problème. L'auteur fait preuve d'une grande imagination pour créer ce monde surprenant. Comme c'est un roman jeunesse, il y a peu de violence, même si certains personnages sont plutôt méchants comme le directeur de l'école de magie. Plusieurs adultes, dont son grand oncle Célestin, essaient de manipuler Clément pour lui imposer leurs désirs, mais finalement dans son innocence, l'enfant aura le dessus et pourra choisir librement sa vie. le thème de l'amitié et de la famille sont très présents dans le roman, tout comme le thème de la responsabilité et de l'altruisme. Certains personnages sont devenus des morts-vivants à cause de l'égoïsme de leurs proches. On retrouve tout le folklore associé à Samain (encore une thématique que je ne connais pas du tout), avec des fantômes et divers morts-vivants. Ce monde surnaturel est en opposition avec le monde réel incarné par Takeshi, son amitié intrépide aide Clément à rester ancrer dans notre monde et à vaincre ses proches qui veulent l'entraîner dans cet univers. Les personnages sont bien développés et tous intéressants. J'ai trouvé la fin surprenante, et heureuse malgré les circonstances difficiles. Je ne sais pas si une suite est prévue, mais j'aimerais bien savoir ce que l'avenir réserve à notre héros.

Un roman surprenant que j'ai pris plaisir à lire et que je recommande chaleureusement.
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Pour un premier roman (ndla : il me semblait mais en fait non pas du tout, elle a déjà écrit quelques romans et nouvelles) celui-ci est diablement bien maîtrisé. Oscillant entre introspection et action, le rythme du récit est particulièrement équilibré rendant la lecture fluide et agréable. Ajoutons à cela une plume très contemporaine, multipliant les références geek et mangas, et vous obtiendrez un roman ado réussi. Mais parlons un peu de ce qu'il contient, de ce qui m'a plu, moins plu, et de tous les paradoxes par lesquels je suis passée.

Premier point : Clément Coudpel a treize ans et ça se ressent. Et ce n'est pas négatif ! Combien de fois ai-je lu des romans jeunesse dont le héros ne faisait pas son âge ? Trop. Bien souvent c'est un point sur lequel je ne m'attarde pas, mais quand c'est bien fait autant le souligner. Il a treize ans donc, parle comme un adolescent de treize, a des réflexions d'un ado de treize ans et fait des choses que peut faire un adolescent de treize ans... du type lire des mangas et jouer aux jeux vidéos. Bon je n'ai plus 13 ans et je le fais encore, certes. Mais son caractère, sa façon de réagir, les liens qu'il fait très souvent entre sa "vraie" vie et celle des jeux vidéos, son égoïsme aussi, m'ont semblé très réalistes. C'est donc un point positif ...et négatif aussi. Je joue aux jeux vidéos et je lis des mangas, j'ai compris donc quasi toutes les références, mais je pense que ça peut facilement perdre quelqu'un, malgré les notes de bas de page, d'autant plus que ça en devient presque lassant à la longue. le roman fait tout de même environ 400 pages, et il ne se passe pas un chapitre sans qu'on y fasse allusion. du coup, c'est réaliste, parce que oui un ado a tendance à être toujours "connecté" mais c'est aussi redondant.

Deuxième point : L'univers. J'ai adoré l'univers qu'à créé Manon, où humains et macrales (sortes de magiciens) coexistent, l'idée de failles ou de "mondes parallèles", adoré aussi le fait que Clément n'en veuille pas, parce que ça fait flipper, parce que sa mère en est morte, parce que sa soeur se balade avec son meilleur ami transformé en liche, parce qu'il n'a pas envie de tout ça, à son âge, pas envie de protéger le monde et plutôt envie de se reposer sur sa soeur qui a pris ses responsabilités et l'a porté à bout de bras quand sa famille ne le pouvait plus. On croise bon nombre de créatures surnaturelles, ou de magies étranges comme les tatouages, les marionnettes, les liches, les fantômes ou encore Coudmou (le petit vers de terre a un nom trop chouuuu). Et malgré tout j'ai eu l'impression de passer à côté de cet univers. Tout nous est donné aux détours de conversation, mais il nous manque tant d'informations, tant de choses pour s'émerveiller en quelques sortes. J'aurais adoré en savoir plus sur l'arbre généalogique de la famille Coudpel, sur le père dont on ne parle pas, sur l'école des Macrales qu'on évoque en passant alors que TOUS veulent que Clément y aille, sur les Macrales eux-mêmes et leurs différents types de magie, j'aurais aimé que les différents rituels nous soient davantage décrits.

Troisième point : les relations. C'est un des points sur lesquels je n'ai QUE du positif à dire. J'ai tout simplement adoré les relations qui lient les personnages entre eux, que ce soit Clément et sa soeur Camille, entre confiance aveugle et culpabilité, Clément et Takeshi dont l'amitié est indéfectible comme seule peut l'être l'amitié des enfants, Katel, cette figure paternelle, qui prend soin des Coupel autant qu'il aimerait mourir, retourner à la terre, Célestin, Guenièvre et les esprits de famille qui sont tantôt des bourreaux, tantôt des professeurs et tantôt des enfants capricieux ; etc. Toutes les relations sont bien pensées et bien écrites, on devine parfois le poids qu'elles représentent, tout ce qui les lie et les blesse en même temps. Camille étant l'un des personnage que j'apprécie le plus tant pour sa complexité que par son évolution. Dommage cependant que "l'ennemi", soit à ce point manichéen : je suis méchant, tu fais ce que je dis, si tu le fais pas je tue tout le monde. Euh. Ok. A défaut de l'excuser disons qu'on trouve une explication dans le roman (le poids de la tradition notamment mais donc on voit si peu que cela ne m'a pas suffit).

L'ai-je aimé ou non alors, me direz-vous ? Bien sûr que je l'ai aimé. J'adore tout ce qui a du surnaturel, Clément m'a beaucoup touchée par sa naïveté et ses rêves de liberté, son amitié avec Takeshi m'a fait rire et j'ai souri à plusieurs reprises devant les piques d'humour, et les références geeks. C'est seulement qu'il m'a manqué certaines choses. Et puis je m'interroge aussi. Est-ce un one shot ? Ou bien y a aura t-il une suite ? La fin reste assez ouverte, et le destin de certains personnages interroge. Que va choisir Clément maintenant qu'il a embrassé sa destinée ?

En résumé

Clément Coudpel contre les spectres de Samain est un excellent premier roman qui nous plonge dans un monde étrange où liches, fantômes et ver des cimetières cohabitent à travers les voiles. S'il m'a manqué certaines choses, notamment un approfondissement de l'univers, pour que je puisse m'y immerger complètement, la panoplie de personnages, de relations que développe Manon d'Ombremont ont eu raison de ces quelques points négatifs. Avec beaucoup d'humour et de références aux jeux vidéos et aux mangas, on traverses ces 400 pages avec fluidité et des musiques d'opening plein les oreilles.

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Je ne pouvais pas rater le nouveau roman de Manon ! Je remercie Livr'S éditions qui m'a permis de le découvrir en avant-première. le résumé me tentait énormément ( Halloween forever) , le nom du protagoniste était génial et la couverture sublime, entre dessin manga, monstre d'inspiration Berserk et Clément avec une allure qui m'a fait penser à l'De Death Note.

Clément fait partie de la famille Coudpel : lui et sa soeur Camille ont hérité de pouvoirs qui leur permettent de voir le monde des morts et de combattre les créatures qui peuplent les ténèbres. Chaque nuit de Samain, la frontière entre les mondes se fragilise et la famille Coupel combat ce qui essaie de s'incruster dans notre réalité à coups de…pelle. 😀 C'est lors d'une de ces nuits, alors qu'il était encore enfant, que Clément a vu sa mère mourir sous ses yeux. Pour le protéger et le préserver, Camille lui fait tatouer « illégalement » un sceau magique qui cadenasse ses pouvoirs à sa demande. Elle décide ainsi d'assumer seule la responsabilité de la malédiction familiale, mais voila qu'un jour, elle disparait à quelques jours de la nuit de Samain. Clément va-t-il laisser le monde se faire envahir par les monstres, va-t-il briser son sceau ou va-t-il trouver une autre solution avec l'aide de son meilleur ami Takeshi et de son « oncle » oupyr Katel ?

J'ai beaucoup aimé l'univers proposé ici par Manon : déjà, toute l'intrigue se déroule dans la ville de Liège et ses environs, ce qui est change et est vraiment cool pour la Belge que je suis ! A côté de la réalité des humains, se cache un monde de magie et de mystères, investi par différentes familles aux pouvoirs divers. A 12 ans, ils sont censés rejoindre le Cénacle pour apprendre à maitriser leurs pouvoirs, mais aussi avoir des cours théoriques variés… C'est aussi un monde peuplé de créatures étranges : fantômes, liches, barghest, ver de cimetière…

Clément est un protagoniste auquel on s'attache très vite. Il a vécu des événements traumatisants et a réussi, grâce au sacrifice de sa soeur, à les surmonter et à mener une existence plus ou moins normale.Il a envie de choisir sa vie, mais l'ombre de la malédiction familiale le menace régulièrement, surtout depuis qu'il a refusé d'entrer au Cénacle et qu'il poursuit une scolarité des plus classiques. On a envie qu'il puisse parvenir à vivre comme il l'entend, bien qu'on se rende vite compte que ce ne sera pas possible…

L'élément qui le raccroche à cet espoir est son amitié avec Takeshi. Tous les deux sont fans de mangas et de gaming, et de nombreuses références parsèment le récit (ce qui m'a aussi beaucoup plu, appréciant également ces deux univers !). Et pour les néophytes dans ces domaines, l'autrice a mis des notes de bas de page pour documenter ces références. (ce qui m'a aussi été utile pour certains mangas que je ne connaissais pas) L'autrice va même plus loin en incluant aussi ses libraires préférés à l'intrigue ! (poke Kazabulles) L'humour (souvent noir) est toujours au rendez-vous, pour notre plus grand plaisir.

L'amitié entre ces deux là est vraiment forte. Bien que Clément ait caché pendant de nombreuses années les pouvoirs de sa famille à son meilleur ami, il lui pardonne assez rapidement et s'implique énormément pour l'aider. Ils explorent ensemble les aspects de la magie et de ses traditions, et découvrent les viles manipulations et trahisons de l'histoire familiale des Coudpel.

Des retournements de situation improbables et incroyables, l'intrigue en lance à la pelle : que ce soit des manigances, alliances ou duels, trahisons, anciennes querelles qui reprennent, gobage de cadavres (ou d'enfant :D) par ver de cimetière, morts et résurrections improbables, et un final inattendu, Clément et Takeshi ne vont pas avoir facile à s'en sortir indemnes !

J'ai beaucoup aimé les personnages que Manon nous présente : la gouvernante fantôme qui veut inculquer à Clément des valeurs d'un autre siècle, l'oncle qui ne peut pas mourir (mais qui essaie quand même régulièrement de remédier à ce problème), le directeur du Cénacle psychopathe, son grand-père fantôme qui le renie tout autant que les autres pour ses choix de vie, le professeur barghest ou encore le trop choupi ver cimetière que vous pouvez voir en couverture. La seule qui m'a un peu déçue dans l'histoire est Camille, mais je pense que l'autrice a voulu faire passer le message que bien qu'elle se soit sacrifiée pour son frère, elle n'est pas une super héroïne et a aussi ses faiblesses.

Mon seul regret avec ce roman ? L'avoir lu avant la période d'Halloween !

Un roman parfait pour la période d'Halloween : un protagoniste qui renie ses pouvoirs, mais qui va devoir trouver une solution pour vaincre les monstres de Samain alors que sa soeur a disparu, une collection de personnages plus originaux les uns que les autres, des retournements de situation improbables, de nombreuses références aux univers du manga et du gaming, avec une touche d'humour noir bien dosée, ce roman a tout pour plaire !
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Clément regarde son meilleur ami comme s'il venait de lui pousser une pustule sur le nez.
- C'est ridicule !
- Et pourquoi ? Il peut essayer de la posséder ! S'il est mort ! Non ?
- T'as une logique trop... trop manga, ça ne marche pas comme ça. Pas vrai ?
Kastel reste silencieux. Clément cherche son regard, sans succès. Il a beau ne jamais avoir suivi un apprentissage poussé, le cadet Coudpel connait les règles basiques des pratiques macrales.
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Il se demande quand même pourquoi cette cette charge lui tombe dessus. Il vit en Belgique, pas aux Etats-unis ! Dans un village paumé, en plus, que la plupart des gens ne connaissent même pas s'ils ne viennent pas du coin.
Depuis quand la fin du monde commence à Hermalle-sous-Argenteau, sérieux ?
Dans le genre pas de bol...
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Sauf que, du haut de ses treize ans, Clément n’a pas envie de devenir adulte. Il emmerde le destin et toutes ces conneries. Il veut rester maître de sa vie.
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Sa plus grande préoccupation, dans la vie, ça devrait être de terminer le dernier raid de Battle for Azeroth, de monter son classement sur League of Legends ou de réussir son année sans échec, sauf en gym à la rigueur.
Pas d'empêcher les mondes de s'effondrer une fois par an avec une pelle magique parce qu'une de ses ancêtres, il y a des siècles, a déconné.
Ouais, une pelle magique. Rien que ce détail tue tout le sérieux de l'entreprise.
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Célestin suit le cheminement de ses pensées sans l’interrompre avec une justification. Il attend que Clément se rende compte seul qui si c’était si simple, en effet, tout le monde s’en servirait. Ce silence pédagogique l’énerve, ce qui ne l’empêche pas de l’utiliser à bon escient.
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