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EAN : 9782070290475
480 pages
Éditeur : Gallimard (07/06/1974)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 226 notes)
Résumé :
En hommage à la mémoire de son grand-père, symbole de la tradition, contraint de s'éloigner à jamais de la terre de ses ancêtres, le cadet d'une vieille famille française enfermée dans l'image du passé raconte ce qui a été et qui achève de s'effondrer. Le berceau de la tribu, le château de Plessis-lez-Vaudreuil, est au centre de cette longue chronique qui embrasse, depuis les croisades jusqu'à nos jours, l'histoire du monde, du pays, du clan de tout ce que la lignée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Giraud_mm
  28 février 2018
A la mort de l'auteur, j'ai réalisé que je n'avais lu aucun de ses ouvrages. "Au plaisir de Dieu" est donc le premier mais probablement pas le dernier.
Une écriture à la fois complexe et alerte, pour conter, avec un détachement certain, l'histoire d'une famille, aristocratie en déclin, à la fois coupée des évolutions de la société, et en même temps traversée par elles.
Ce n'est pas facile à lire ; il faut y mettre du temps et y chercher du plaisir... Mais on ne le regrette pas.
Deux choses assez extraordinaires :
- en lisant le texte de Jean d'Ormesson, je l'entendais dans les émissions de
Bernard Pivot, à la télé des années 80. Il écrivait un peu comme il parlait, avec grâce.
- une grande modernité : à la fin du roman, les aventures d'Alain, écrites au début des années 1970, nous rappellent celle des enfants perdus de l'islamisme du début des années 2000... Eternel recommencement ?
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claudine42
  06 janvier 2015
Jean d'Ormesson prend la plume d'un narrateur afin de nous faire vivre les grandes heures de l'Histoire à travers une famille bourgeoise française.
Le grand père, clé de voûte de ce roman, fidèle au Passé, réfractaire au Progrès et aux changements vit dans son château de Plessiz Les Vaudreuil.
Cette chronique familiale est tantôt gaie, tantôt amère, souvent réaliste. Les références à la table en pierre du jardin, où bon nombre de conciliabules, de discussions, de disputes ont vu le jour sont nombreuses.
Ce roman nous décrit la déchéance d'une famille qui n'a pas su suivre l'évolution de la Société.
Dans un style magnifique digne De Chateaubriand, son idole à qui il fait penser, Jean D'Ormesson écrit des lignes riches, d'un souffle, d'un rythme et d'une amplitude rare.
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Bellonzo
  02 janvier 2014
Quel plaisir de lecture!Et dire que certains pensent que ce livre est une saga familiale type feuilleton d'été,ce qu'il a d'ailleurs été aussi.Mais avant il me faut dire un mot de Papy Jean d'Ormesson.Nous sommes très liés,je l'appelle Papy,il aime pas ça,ce séducteur patenté très tenté.A la télé on voit beaucoup de cabotins.Certains pensent que Jean d'Ormesson en est un exemple.Et ils ont raison.Seulement voilà,il arrive que les cabotins aient un grand talent et c'est bien son cas.Les yeux qui pétillent,sur un plateau on voit qu'il "attend son tour".Il a même fait récemment ses débuts au cinéma dans le rôle d'un autre cabotin notoire,non sans talent non plus.Jean d'O.,c'est avant tout un homme d'une culture étonnante,assez classique mais il y a longtemps que la culture classique est par sa rareté même devenue avant-gardesque.Ce débat nous entraînerait trop loin et il me faut revenir à ce remarquable roman qu'est Au plaisir de Dieu que Valentyne a partagé avec moi.A l'heure où j'écris je n'ai encore aucune idée de sa réaction.
Formidable conteur,et d'un humour assez caustique qui a l'élégance de s'exercer en premier lieu aux dépens de sa propre famille,Jean d'Ormesson fait précéder son roman,du moins dans l'édition que j'ai lue,d'un arbre génalogique,très utile,car la lignée est touffue,mais aussi fantasque,arrogante,émouvante,et surtout tout aussi querelleuse que dans d'autres milieux.L'aristocratie m'a toujours passionné,surtout celle qui,tout en ayant l'air de s'isoler dans ses bastides,en l'occurence son château sarthois de Plessis-lez-Vaudreuil,lutte,enrage et participe à la vie d'un pays,la France.La France est aussi l'héroïne d'Au plaisir de Dieu et tous les membres de cette famille en ont une conception parfois très différente.Ancêtres bourbonophiles ou bonapartistes,dreyfusards ou antisémites,pétainistes ou résistants,parfois cela dépendait de la semaine.
Courant jusqu'aux barricades de mai l'histoire de cette famille somme toute comme les autres est toujours emballante. L'humour d'Ormesson n'exclut nullement l'émotion,parfois picaresque, parfois un peu artificielle et gonflée.Les rapports entre maîtres et serviteurs sont particulièrement fins.On se prend à aimer Plessis-lez-Vaudreuil,nef invraisemblable,trouée et battue des quatre vents. Dame, c'est que,très souvent,les châtelains ne roulent pas sur l'or,et que fortune est volatile.Enfin de son grand talent le malicieux écrivain nous dépeint une telle galerie du genre humain,dans le sillage de la figure centrale,le grand-père Sosthène, charnière du récit.Presque prêtre gaulliste,héros de la Grande Guerre, presque star de Hollywood,partisan de Vichy et de l'O.A.S., etc...On les aime tous,y compris Dieu,qui semble guetter ça de toute son insolence.Ils font tellement partie de notre histoire,contée par un narrateur qui ressemble tant à un académicien précieux d'un vert bien peu académique...
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Taraxacum
  25 novembre 2016
Au plaisir de Dieu, c'est le récit d'une famille et le récit de sa mort, mais aussi le récit du dernier siècle qui par ses transformations a accéléré cette fin. Au plaisir de Dieu, c'est aussi très difficile à résumer tant il s'agit d'une oeuvre riche que j'ai trouvé passionnante. Il y a de l'ironie, de la grandeur et de la petitesse, de la douleur et de l'orgueil. Il y a une certaine forme de tragédie aussi. L'avouerai-je? A trois reprises, j'ai pleuré, mais je ne vous dirais pas où!
La famille du narrateur a participé à l'épopée de la France bien avant que celle-ci trouve sa forme moderne. Ils mourraient pour Dieu et le Roi, ils étaient grands parfois, terribles souvent, ils étaient catholiques ou de la Réforme, ils s'étaient réinventés dans des branches aux quatre coins de l'Europe, ils étaient plein de panache souvent, mais bien rarement de génie. Mais surtout ils étaient une famille et leur nom était leur bien le plus précieux. Leur nom, et puis Plessis Les Vaudreuil, le domaine familial où on revenait mourir, ou plutôt s'endormir dans le giron de la sainte mère Église.
Seulement le monde a changé et il n'est plus question de nos jours de mourir pour le Roi et pour Dieu. le Roi de toute façon....Un Orléans, pouah!!
Quant à Dieu, il semble bien décidé après avoir été leur devise pendant des siècles, à les abandonner. Au sein même de la famille, les dissensions commencent, tandis que la politique et l'histoire les rattrapent. Et si avant on mourrait pour la France par habitude, même la France Républicaine, voici que les fils de la famille se retrouvent dans des camps opposés dans la guerre d'Espagne...
Arrêtons nous là pour le récit: on ne résume de toute façon pas une telle oeuvre. Pour un homme qui aime tant les digressions, D Ormesson a un étonnant talent à ne pas dire trop. Jamais ses personnages ne sont décrits et pourtant ils prennent vie et on les aime. Pour leur aveuglement, leur douleur, pour cette lente agonie de ce monde qui n'en finit plus de mourir.La partie où peu à peu, ils vendent, vendent, vendent, dans l'espoir fou de sauver au moins la maison....
Le Roi est mort et ses fidèles ont commis l'erreur de lui survivre : rattrapés par le siècle, ils se cherchent un destin. Ceux qui tombent en Ardenne sont finalement les plus heureux: rien de plus terrible que ce pauvre grand-père qui survit à son monde. Que reste-il quand tout ce qui constituait votre être a disparu, et pire; se trouve brocardé?
Ce roman est aussi celui de l'histoire moderne de France, tout du moins du siècle dernier: à se chercher, les membres de la famille en viennent à aimer tous les partis, les uns ou les autres, ou les uns après les autres, et c'est une promenade historique par le petit bout de la lorgnette, parfois finalement les promenades les plus instructives.
Un grand roman.
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akhesa
  05 juillet 2014
En hommage a la mémoire de son grand-père,symbole de la tradition,contraint de s'eloigner a jamais de la terre de ses ancêtres,le cadet d'une vieille famille francaise enfermee dans l'image du passe,raconte ce qui a été et qui acheve de s'effondrer.L'histoire du xxe siecle avec ses situations paradoxales,precipite la mutation de la decadence d'une famille qui avait su,a travers tous les cataclysmes,maintenir ses privilèges et conserver son charme.
Une famillebde l'aristocratie comme tant d'autre,perdue dans la tourmente de la vie;tres beau livre,qui se lit avec beaucoup de facilite et qui est toute en delicatesse;on vit au cote de cette famille,la decadence et l'echeance inevitable du vieu monde bourgeois
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Citations et extraits (106) Voir plus Ajouter une citation
lhermittebernadettelhermittebernadette   12 juillet 2015
Je me souviens d'une réfléxion dans ce livre de ce grand-père parlant du progrès a venir , déclarant ! Vos tracteurs et engins modernes c'est bien mais que donneront- nous a faire aux hommes , qui les fera vivre . Aujourd'hui nous vivons dans un monde ultra moderne avec des fermes immenses où l'homme est seul noyé sous le travail et sous les emprunts à rembourser , produisant des produits de mauvaise qualité en quantité considérable , ce qui provoque la baisse des prix et en mets plein les poches aux intermédiaires et autres avant d'arriver au consommateur . Est-ce que la vie était plus facile à l'époque du chatelain ou du fermier , je ne sais pas, cela dépendait souvent du chatelain et de la manière dont il traitait son personnel , quant au fermier , j'ai connu des petites exploitations qui s'en sortaient bien et ceux-ci n'étaient pas obsédés par les remboursements a venir , et surtout il y avait une vie familiale . De les voir aujourd'hui se battrent contre des moulins car l'Europe est en train des les étouffer est- que c'est ça le progrès ? . En moyenne dans les fermes des années passées il y avait entre cinq et huit personnes qui étaient employées, beaucoup plus dans les châteaux , la terre donnait du travail aus petits artisans et autres petits métiers qui eux-mêmes avaient des ouvriers e.t.c. Que reste-il aujourd'hui ? trois millions et plus de chomeurs . Jules VERNES était un visionnaire à sa manière et ce Grand-père aussi .
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TaraxacumTaraxacum   21 novembre 2016
Après Dieu, le roi, le nom de notre famille, il y avait un autre personnage, souvent vaguement échevelé, qui hantait un peu le château: c'était la France. Nos relations avec elle étaient assez ambiguës. La France était naturellement moins vieille que le nom que nous portions. Elle était moins vieille que le roi qui l'avait créée de toutes pièces. Elle était aussi moins vieille que Dieu. Mais, dès avant les grandes tueries du début de ce siècle, un de mes oncles et deux cousins étaient morts pour elle dans des rizières en Asie ou dans les sables d'Afrique. Ce n'étaient pas de justes noces qui nous unissaient à la France. Nous avions épousé la monarchie et l’Église. La France des temps modernes était comme une vieille maîtresse à qui on finissait par s'attacher à coups de fureur et de sacrifices. Puisque le roi n'était plus là, il fallait bien s'entendre avec elle. [...] Nous disions de la France tout le mal que nous pouvions, mais il était de bon ton d'aller se faire tuer à son service. Mourir pour ce qui remplaçait le roi était plutôt, à nous yeux, une coutume et un métier qu'une marque d'amour ou un devoir.
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BillDOEBillDOE   22 janvier 2018
Rien n'est plus difficile que de contraindre les mots à traduire les événements, les idées, les passions, les sentiments. Toute expression est trahison. Nous avons trop souvent vu Saint Louis travesti en brigand, Jeanne d'Arc en hystérique et Staline en père des peuples, la tolérance en violence et la violence en liberté, pour ne pas nous méfier des pouvoirs trompeurs du langage et de l'écriture.
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TaraxacumTaraxacum   23 novembre 2016
Qu'est-ce que nous pouvions faire d'autre que d'accepter l'histoire? Une histoire insidieuse, un peu basse, un peu lâche. Nous nous étions préparés à des morts héroïques, au crucifix sur l'échafaud, à la foi confessée. Nous n'avions pas beaucoup d'armes contre la dévaluation, contre la hausse du prix de la vie, contre l'évolution économique et sociale, contre la justice, peut-être, et l'avenir,et l'intelligence, contre tous les sables mouvants où, sous l'oeil triomphant de Karl Marx, de lord Keynes, du Docteur Freud, d'Einstein et de Picasso - ah! comme nous avions raison de nous méfier du génie! -s'enfonçait notre maison.
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AustralAustral   02 décembre 2015
Rien de plus fragile que l'honneur. Il est à la merci du moindre manquement. C'est une terrible illusion que de croire à un équilibre entre le bien et le mal. Le bien est détruit par le mal, mais le mal n'est pas détruit par le bien : il demeure à jamais dans le temps comme une tache ineffaçable. C'est pourquoi il est si important de sauver l'honneur de toutes les atteintes qui le menacent.
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Vidéo de Jean d`Ormesson
Léo Riehl est l'un des 6 lauréats du Prix Clara 2019, il nous raconte. Le Prix Clara est un concours d'écriture de nouvelles pour adolescents. L'édition 2020 est ouverte jusqu'au 22 mai, à vos plumes !
Le Prix Clara, à vocation caritative, est tenu par les éditions Éloïse D Ormesson et les éditions Fleurus. Les lauréats 2019 sont : Alice Lafon--Verroest, Léo Riehl, Inès Valade, Ethel Bellaïche, Jeanne Pion et Zoé Littardi. Pour en savoir plus : https://www.fleuruseditions.com/prix-clara-2020
Découvrez le livre " Pour Clara" édition 2019 : https://www.fleuruseditions.com/9782215167587-pour-clara-nouvelles-d-ados-prix-clara-2019-group.html
Retrouvez Léo avec un vlog spécial "Prix Clara" sur sa chaîne @Illuminaire ! https://youtu.be/y4dY2Iv4Vws
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