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ISBN : 9791032904329
Éditeur : L'Observatoire (21/08/2019)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Anka vit dans le golfe de Gascogne. Elle est fascinée par l'océan jusqu'au jour où la mer lui arrache son père.
Marcus, grutier, passe ses journées à piloter son engin. Un jour, alors qu'il contemple la jeune femme qui passe tous les jours devant lui, il chute et tombe dans le coma.

Un roman sur l'amour, la solitude et les liens familiaux.
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  09 septembre 2019
La coiffeuse et le grutier prennent le large
«Les Déraisons» avait été un joli succès. Avec «Baïkonour» Odile d'Oultremont confirme son talent et nous entraîne en Bretagne, en vue plongeante depuis la cabine d'un grutier. Vertigineux!
Il y a deux ans, en découvrant son premier roman, j'écrivais «Odile d'Oultremont, retenez bien ce nom. Car il y a toutes Les Déraisons d'y croire!» Refermant son second roman, je suis ravi de constater que mon intuition s'est vérifiée. La même magie opère, cette façon de se pencher sur des vies ordinaires et de nous embarquer avec des personnages très attachants.
Nous avons cette fois rendez-vous à Kerlé, village côtier de Bretagne où Vladimir Savidan a construit une nouvelle vie. L'émigré russe est marin-pêcheur à bord du Baïkonour – ceux qui s'attendaient, en découvrant le titre du roman, à un récit sur l'épopée spatiale soviétique en seront pour leurs frais – et personnifie l'image du héros aux yeux de sa fille Anka qui ne rêve que d'accompagner son père et de prendre sa succession. Mais les rêves peuvent se transformer en cauchemar, surtout lorsque la mer est hostile. Malgré toutes ses qualités, Vladimir doit s'avouer vaincu. «Par vent fort, il disparaît à environ sept nautiques des côtes, violemment happé par une vague cannibale qu'il pensait abordable.» Pour son épouse et encore plus pour sa fille, ce drame est une épreuve difficile à surmonter. Dans le salon de coiffure où elle est employée, le caractère enjoué d'Anka cède la place à une profonde mélancolie.
Odile d'Oultremont a très habilement construit son livre, en nous proposant en parallèle l'histoire de Marcus Bogat. On se doute d'emblée qu'il croisera la route d'Anka, mais sans à aucun moment en imaginer le scénario. Marcus vient du sud de la France où vit encore – difficilement – son père. Après son bac, il s'est offert une formation d'ouvrier de chantier à Paris, et «par nécessité viscérale de changer enfin de perspective, Marcus Bogat devint grutier.» Il a accepté une mission d'un an et huit mois à Kerlé et occupe une position privilégiée d'observateur.
« Depuis le sommet de sa grue, c'est en contrebas qu'il scrute. Au sol, toute petite, la vie s'ébat. Il n'y a, sous ses pieds, ni chaos ni excitation, la plupart du temps, rien ne se passe, seul un mouvement perpétuel, allant et venant. Ça ressemble au train-train des vagues par temps calme, de minuscules entrechats, une multitude de pas prompts ou las sur le macadam… »
Marcus suit Anka durant ses déplacements de son domicile à son travail, mais n'ose pas aborder la jeune fille. Au fil des jours qui passent, Anka devient pour lui une obsession qui va le pousser à négliger quelques aspects élémentaires de sécurité. Bien qu'attaché à son harnais, lorsqu'il dévisse du sommet de la grue, sa tête heurte la structure et il se retrouve comme une marionnette suspendue à un fil au-dessus du vide.
Je l'ai dit, Odile d'Oultremont a joliment construit son scénario. Aussi, ne voulant pas vous gâcher le plaisir de découvrir comment ils vont se retrouver, je n'en dirais pas davantage. En revanche, il me faut souligner l'élégance de l'écriture, l'attention portée aux personnages, y compris ceux qui sont ici au second plan comme la mère d'Anka et le père de Marcus, sans oublier ce souffle vital qui entraîne le lecteur et lui laisse entrevoir un coin de ciel bleu. Il finit toujours par arriver, même après les plus fortes tempêtes.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Bazart
  17 août 2019
Marcus, jeune grutier, observe la vie d'en haut. Il suit tous les matins les allées et venue des fourmis humaines qui sillonnent la place de Kerlé, la petite ville bretonne où il travaille à la construction d'un centre commercial. Anka, une jeune fille en deuil de son père, marin pêcheur disparu en mer, est à un carrefour de sa vie. le salon de coiffure où elle travaille est tellement petit et l'océan immense si proche.
Un évènement tragique va permettre à Marcus et Anka de se croiser. Un petit oiseau et un petit poisson peuvent-il s'aimer d'amour tendre ? Petite vie ou grand destin, à l'âge de tous les possibles c'est le moment de larguer les amarres.
Pointilliste du quotidien, la romancière belge Odile D'Oultremont ( qui pour l'instant people a été mariée pendant quinze ans avec l'humoriste Stephane de Grodt) nous entraine dans une ronde tendre et subtile.
Récit d'une émancipation avec en creux une émouvante évocation de la paternité, la romancière fait exister ses héros avec finesse.
Peu de mots, peu de personnages et c'est pourtant tout une délicate comédie humaine qui se dessine.
Un roman sensible et généreux.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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zabeth55
  12 septembre 2019
Odile d'Oultremont est un auteur sensible, à fleur de sentiments.
Son premier roman l'a montré*Le deuxième le confirme.
En Bretagne, depuis toute petite, Anka adore, aller en mer avec son père marin pêcheur.
A 23 ans, alors qu'elle se retrouve coiffeuse, son père disparaît en mer.
Mais elle n'a pas abandonné sa passion première.
Marcus est grutier. Venu du sud , il mène un chantier dans la même ville qu'Anka.
Ces deux là se rencontreront-ils ?
D'une belle écriture poétique, Odile D'Oultremont nous entraîne sur les flots et dans les airs.
C'est musical, dansant.
L'océan est vivant, présent.
Les personnages sont plus sympathiques les uns que les autres et les sentiments , les émotions les envahissent chacun à leur manière.
C'est plein d'humour aussi. Humour même grinçant quant il s'agit des vieilles clientes du salon de coiffure.
Ah vraiment, ils sont sympathiques, talentueux et plein de ressources ces belges !
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nathavh
  21 août 2019
C'est le deuxième roman de ma compatriote Odile d'Oultremont, le premier - honte à moi - dormant toujours dans mon Himalaya à lire a été couronné du prix de la "Closerie des lilas" et du "Prix des lecteurs de Club".
Direction, le golfe de Gascogne, Kerlé, une petite bourgade de Bretagne au bord de l'océan.
L'océan, un personnage à part entière du roman, celui qui fait partie depuis toujours de la vie d'Anka Savidan, car c'est ici qu'elle a vu le jour il y a 23 ans. Cet océan qu'elle adore et qui la fascine changera de visage un jour de février 2017, jour où son père adoré Vladimir marin pêcheur capitaine du Baïkonour y sera englouti.
La disparition de Vladimir chamboule la vie d'Anka mais aussi celle de sa femme Edith qui refuse la nouvelle. En plein déni, chaque jour elle confectionne des quantités de soupe et de réconfort pour les membres de la capitainerie. C'est sa façon à elle de démontrer son amour et son espérance car chaque jour, elle confectionnait un thermos de ce breuvage pour Vladimir.
Il savait qu'en préparant ses soupes elle pensait à lui, elle savait qu'en les mangeant il pensait à elle.
Anka est coiffeuse, elle repense à son père et à l'océan qui l'attire depuis toujours, à la première fois à l'âge de dix ans où enfin elle avait pu grimper sur le Baïkonour, sa première pêche, la première fois qu'elle avait pris la barre et manoeuvré le bateau , à la complicité et l'admiration sans borne et l'amour infini qu'elle avait pour son père Vladimir et son métier, des sentiments non partagés par Edith.
Marcus Bogat est grutier, un des meilleurs de France. Il arrive du Sud ce 18 février 2017 à Kerlé pour un chantier qui devra durer un an et huit mois. Il s'est forgé tout seul et adore son métier et voir la vie du haut de sa tour d'acier.
Ses parents se sont séparés lorsqu'il avait onze ans. Son père est mou, fade, porté sur le pastis, sans emploi, sans ambition. Sa mère est morte lorsqu'il avait 17 ans. C'est un solitaire, il assiste le 25 février du haut de son perchoir à l'hommage rendu à Vladimir. Il remarque Anka se rendant chaque jour au salon de coiffure, elle le fascine et il tombe amoureux de cette inconnue.
Un jour, un accident survient, en voulant huiler les rails de sa grue, une bourrasque imprévue et le voilà suspendu les pieds dans le vide, son casque s'écrase au sol à 2 mètres d'Anka. Marcus est dans le coma.
Deux destins que tout oppose, se croiseront-ils ?
L'écriture de ce roman est superbe, très travaillée. Les phrases sont juste magnifiques et les mots excessivement bien choisis. La plume est fluide, agréable, captive dès les premières lignes de part la qualité de l'écriture.
C'est l'histoire d'amours; celui de l'océan, celui d'Edith porté à son mari, celui d'Anka porté à son père, celui de Vladimir porté à sa fille, celui de Bernie pour son fils Marcus, l'amour pour une inconnue, un inconnu.., l'amour de la vie. C'est l'histoire d'une renaissance, des différentes manières de faire son deuil, de se faire confiance en soi, en la vie, d'aller au bout de ses envies.
Un récit magnifique à découvrir bien vite. Une lecture très agréable.

Ma note : ♥
Lien : https://nathavh49.blogspot.c..
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Olivia-A
  04 septembre 2019
J'avais adoré Les Déraisons, premier roman d'Odile d'Oultremont, déjà une très belle illustration de son talent pour l'écriture. Ici, elle change de registre, nous montrant toute l'étendue de sa palette littéraire, pour nous servir un roman merveilleusement contemplatif et poétique.
Baïkonour est l'histoire de gens simples, sur lesquels peu d'auteurs auraient attardé leur plume. Sous celle d'Odile d'Oultremont en revanche, ils deviennent des héros, ordinaires certes, mais des héros tout de même, pleins d'une richesse littéraire à nulle autre pareille. Une coiffeuse pour personnes âgées et un grutier solitaire, voilà nos héros. Ils passent leur temps à regarder la mer et le ciel pour y trouver des réponses existentielles, ils sont le plus souvent perdus dans leurs pensées et imperméables au monde qui les entoure.
Odile d'Oultremont insère dans ces vies ordinaires une poésie presque magique, des phrases chantantes et déroutantes parfois. Elle y insère des hasards, des rencontres, des petites mésaventures et de grands événements. Elle illustre, très littéralement l'expression « tomber amoureux ». Elle traduit à travers Anka un amour inconditionnel pour le large, pour le remous des vagues sous la coque d'un navire, pour le ballet des vagues à marée haute. Ici les éléments reflètent l'histoire, dans cette petite ville de Bretagne battue par les vents. Les gens sont loufoques et attachants, leur vie est bercée par l'océan et leur coeur réchauffé par des soupes en Thermos.
C'est une belle histoire, dans un joli cadre, merveilleusement racontée par cette plume que j'ai appris à aimer à travers deux romans différents, mais tout aussi magiques.
Lien : https://theunamedbookshelf.c..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
LaCabaneDeMesLivresLaCabaneDeMesLivres   12 septembre 2019
> le mieux pour s'adresser à l'océan est de se taire. De retenir les mots, de les maintenir bien en silence et de ne parler qu'avec les yeux.
> A chaque manoeuvre entreprise avec succès, elle a l'impression qu'on lui injecte de la joie. Il s'agit d'une puissance intérieure qui prend racine puis pousse d'un coup, elle se sent alors envahie par la chaleur de son propre corps, elle ignorait qu'une telle sensation puisse exister.
> Au fond, que l'on soit dans les airs ou sous la mer, l'arrangement d'un corps en perdition est le même, le tronc déployé, les bras répandus de part et d'autre, la tête renversée.
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hcdahlemhcdahlem   09 septembre 2019
Soulevé comme une caresse d’abord, il plonge ensuite tout droit sous la surface. On dirait un jouet lancé bêtement dans une baignoire. Aussitôt immergé jusqu’à plusieurs mètres, le marin, seul à bord, est séquestré par d’aquatiques tentacules libérant, à quelques centimètres à peine de la surface, une puissance inouïe.
Dans un état de semi-conscience, paralysé par endroits, une partie de lui sait qu’il est temps de lâcher l’affaire, l’autre lutte encore, et il rêve ou peut-être seulement imagine-t-il que sa femme est sa fille et que sa fille est sa femme, il mélange l’essentiel, il fait flou et humide, il a conscience d’être à la limite de l’état des choses et curieusement au lieu de chercher l’air à respirer, il avale l’eau, la bouche pleine entièrement ouverte, laisse entrer la mer, il ignore pourquoi, elle s’introduit en lui comme une anguille, glisse le long des parois de sa trachée et, de cette façon, s’empare de lui, ensuite peu à peu le confisque au lieu et au moment, et le voilà pris. Sans attendre l’asphyxie, il se mue déjà en tôlard de la mer, un milliard de barreaux en acier pour chacune des particules d’oxygène manquantes et d’un coup une prison gigantesque se constitue autour de lui, l’Alcatraz des fonds marins pour le gober d’une traite. Vladimir est coincé, harnaché par les jambes, une masse excessive et confuse lui ronge les tendons, les muscles, il parvient encore à ouvrir les yeux et distingue, très vaguement apparentes, des traînées sanguinolentes qui se mélangent aux nappes et le narguent effrontément. Il pourrait s’en détacher. Il voudrait penser à son Édith et à son Anka, leurs traits coutumiers réconfortants se rappelant à lui comme un baroud d’honneur, mais c’est le visage de la Mer qui apparaît avec ses milliards d’énormes yeux embourbés dans le flegme et le dédain, et qui ondulent en rouleaux nerveux le fixant de partout. À présent, il faut songer à autre chose que la vie, mais pour engager cette tâche il se sent sous-équipé, il n’est pas philosophe, pas croyant, il n’est que marin-pêcheur. Je suis capitaine, capitaine d’un bateau.
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hcdahlemhcdahlem   09 septembre 2019
À dix-huit ans, le bac en poche, Marcus prit la route de Paris. Pendant trois ans, il avait accumulé un pécule estimable à force de s’user à d’innombrables petits boulots. Chaque jour de vacances y passait. Il s’offrit une formation d’ouvrier de chantier et rapidement se spécialisa. Par nécessité viscérale de changer enfin de perspective, Marcus Bogat devint grutier. 
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hcdahlemhcdahlem   09 septembre 2019
Marcus se sent mal à l’aise. Habituellement, lorsqu’il observe quelque chose du monde, il n’a pas l’habitude de poser son regard à l’horizontale. Depuis le sommet de sa grue, c’est en contrebas qu’il scrute. Au sol, toute petite, la vie s’ébat. Il n’y a, sous ses pieds, ni chaos ni excitation, la plupart du temps, rien ne se passe, seul un mouvement perpétuel, allant et venant. Ça ressemble au train-train des vagues par temps calme, de minuscules entrechats, une multitude de pas prompts ou las sur le macadam, il devine les cailloux crisser sous les semelles dures, et glisser sous les plus molles. Ou les feuilles des arbres soulevées d’un trottoir à l’autre par la brise inconstante. Les mots échangés cinquante mètres plus bas, qu’il n’entend pas mais dont il perçoit, parfois, un accent, une voix poussée plus haut, un cri.
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hcdahlemhcdahlem   09 septembre 2019
INCIPIT
La sécurité d’abord.
Au quotidien, c’était sa servitude, son indiscutable sujétion ; bien plus qu’un mantra, il s’agissait pour lui d’une obligation légale.
Depuis quarante-deux ans, Vladimir Savidan était pêcheur de crustacés et de gastéropodes en mer de Bretagne.
Ce jour de février, il embarque seul à bord du Baïkonour, un Cleopatra Fisherman 38. Par vent fort, il disparaît à environ sept nautiques des côtes, violemment happé par une vague cannibale qu’il pensait abordable. La météo, pourtant clémente, n’avait rien annoncé de cet épiphénomène. En quarante-sept secondes, elle envoie valser l’engin en polyester renforcé de fibre de verre, pourtant connu pour affronter les mers les plus hostiles. Cette fois, la Rolls des bateaux de pêche ne fait pas le poids.
D’urgence, il remonte les casiers. La tempête qui soulève la mer attrape l’engin comme une frêle proie, et la barre ainsi libérée, accule le nez du bateau à la dérive. Les vagues qui imposent des creux de neuf mètres par endroits éclatent sur la poupe en y balançant quarante mille litres d’eau d’un seul coup. Ironiquement, ça fait l’effet d’un tremblement de terre.
L’Atlantique furibond envoie promener la barre, la catapulte aux antipodes, la faute à quoi, il n’en sait foutrement rien. Submergé par une brusque inquiétude qui enfle et se mue en panique, Vladimir se demande bien à qui il devra en vouloir de perdre ainsi la vie.
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