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EAN : 9791032904329
Éditeur : L'Observatoire (21/08/2019)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 94 notes)
Résumé :
Anka vit au bord du golfe de Gascogne, dans une petite ville de Bretagne offerte à la houle et aux rafales. Fascinée par l'océan, la jeune femme rêve depuis toujours de prendre le large. Jusqu'au jour où la mer lui ravit ce père qu'elle aimait tant: Vladimir, pêcheur aguerri et capitaine du Baïkonour.
Sur le chantier déployé un peu plus loin, Marcus est grutier. Depuis les hauteurs de sa cabine, à cinquante mètres du sol, il orchestre les travaux et observe,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  14 février 2020
Elle, c'est Anka. Fille de pêcheur, elle ne connaît qu'un seul homme, son père Vladimir, elle ne connaît qu'une île, la mer bleue. Elle grandit avec le bleu comme immensité dans ses yeux.
Pourtant, comme le chantait l'autre, c'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme. Vladimir, son homme, son père, son héros est repris à l'océan. Six pieds sous terre. Naufragé laissant une mère et une jeune fille échouées sur la plage de leur vie.

Lui, c'est Marcus. Marcus il est grutier. Parce que de la haut, il voit la mer, parce qu'il voit le monde plus petit qu'il pourrait le tenir dans la paume de sa main.
Marcus il n'a qu'un père. Un père qui n'en est pas vraiment un. Qui ne sait pas vraiment aimer. Pour Markus, il ne reste plus que sa grue et toujours l'immensité de la mer bleue dans ses yeux un peu tristes.

C'est l'histoire de deux êtres pas vraiment heureux, en manque de quelqu'un, en apnée devant un rendez vous sous la bonne étoile. Ce n'est pas vraiment une histoire d'amour, ce n'est pas si simple les histoires d'A. Mais faudrait pas croire non plus Catherine Ringer qui crie que toutes les histoires d'amour finissent mal.

Il y a un manque, une obsession, une vie à vivre. Il y a la mer qui à elle seule est un personnage à part entière. La maîtresse du Baikonour, celle qui attrape les pêcheurs pour les faire danser avec les sirènes dans les abysses maritimes.

C'est un beau roman, doux, éloquent, mélodieux, inspirant, c'est un roman bleu, un roman qui fait chanter les galets sur la plage de Bretagne. Un roman qui respire une plénitude à peine torturée, juste assez pour nous attacher à Anka et Markus, un roman qui surfe sur une vague où le désir est palpable et magnétique, parce que ceux qui doivent s'aimer finissent toujours par se trouver.

C'est un très beau roman. Baikonour mon amour.
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Kittiwake
  25 octobre 2019
Coup de coeur!
D'emblée séduite par cette écriture riche et inventive, qui dès le premier paragraphe sublime un tragique naufrage en une fin lyrique. Cette magie se reproduira à de nombreuses reprises au cours de la lecture, au point de relire ces passages, rien que pour le plaisir de savourer ces mots et ces phrases.
Mais le récit s'ancre dans une réalité quotidienne que traduisent fort bien les dialogues. l'utilisation du présent donne une force supplémentaire à la narration.
Le thème de la rencontre toujours remise entre deux êtres qui évoluent sur deux parallèles de la vie est bien construit. Entre le grutier et l'orpheline qui rêve de pêche sur des eaux hostiles, le lien qui se tisse est subtile et fragile. le hasard semble mettre en place toutes les circonstances qui aboutiront à unir ces deux êtres qui ignorent tout l'un de l'autre.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste : celui de la mère qui exorcise son chagrin en cuisinant des soupes pour des marins qui ne le méritent pas, les chirurgiens rivaux, le père du grutier chômeur professionnel, contribue à alléger le propos sombre (entre la noyade et la chute de grue, pas de quoi rigoler , quand même).
Un régal double d'un coup de coeur ce deuxième roman, qui m'incite à découvrir le premier, récompensé par le prix de la Closerie des lilas

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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krzysvanco
  04 septembre 2020
Pourquoi ai-je choisi ce livre ?
- Pour son auteure dont j'avais entendu parler mais dont je n'avais rien lu,
- parce qu'elle est Belge peut-être aussi,
- pour son titre enfin : Baïkonour, ville du Kazakhstan, d'où partent les cosmonautes russes et ce qui est relatif à la Russie m'intéresse.
Mais ce titre m'a induit en erreur, Baïkonour est le nom d'un bateau et le roman se passe en Bretagne, à Kerlé.
Rassurez-vous, je n'y ai pas perdu au change !
Odile d'Oultremont nous fait suivre deux personnages.
le premier, Anka ,est la fille d'un marin-pêcheur, Vladimir, qui lui a fait aimer l'océan, l'a emmenée avec lui sur le Baïkonour mais ne lui a pas permis d'en faire son métier, elle sera donc coiffeuse.
Vladimir disparaît en mer, le Baïkonour est retrouvé vide. Anka en est bouleversée, révoltée et en vient à rejeter l'océan. Edith sa mère est en posture de déni : son mari reviendra et elle continue à préparer jour après jour des thermos de soupe pour les marins et pour Vladimir si ceux-ci le rencontrent.
le second, Marcus, est grutier, l'un des meilleurs de France, il est originaire du sud de la France et est engagé sur un chantier à Kerlé pour dix-huit mois. du haut de sa grue, il observe la ville et ses habitants et plus particulièrement une jeune femme qu'il suit avec ses jumelles.
La première protagoniste est liée à l'océan, lui l'est au ciel, destins parallèles et ce qui est parallèle n'est pas destiné à se croiser mais tout peut arriver...
C'est un très beau roman sur le deuil, sur son déni, sur la résilience, sur la solitude mais aussi sur le hasard, la rencontre, les sentiments amoureux. Il est empreint de tendresse et de poésie.
Les personnages secondaires sont attachants : le père de Marcus, chômeur devant l'éternel et qui ne vivait que pour la pétanque et le pastis se révèle, à son propre étonnement, préoccupé pour son fils, et tenace et exigeant devant des sommités médicales, Edith est touchante dans son déni qui lui permet de tenir tête.
N'oublions pas la Bretagne et l'océan, personnages importants, la Bretagne paraît si belle dans ce roman - il serait temps d'ailleurs que je la visite ! Je n'ai fait que traverser le golfe de Gascogne sur un pétrolier comme travail de vacances lorsque j'étais étudiant...
J'ai beaucoup aimé le style, Odile d'Oultremont a soigneusement choisi ses mots, son roman est un récit plein de poésie, parsemé d'humour de temps à autre, elle a l'art du détail mais d'une manière très fine, très féminine.
C'est un roman empli de sensibilité, un roman dont j'ai dégusté chaque page.
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hcdahlem
  09 septembre 2019
La coiffeuse et le grutier prennent le large
«Les Déraisons» avait été un joli succès. Avec «Baïkonour» Odile d'Oultremont confirme son talent et nous entraîne en Bretagne, en vue plongeante depuis la cabine d'un grutier. Vertigineux!
Il y a deux ans, en découvrant son premier roman, j'écrivais «Odile d'Oultremont, retenez bien ce nom. Car il y a toutes Les Déraisons d'y croire!» Refermant son second roman, je suis ravi de constater que mon intuition s'est vérifiée. La même magie opère, cette façon de se pencher sur des vies ordinaires et de nous embarquer avec des personnages très attachants.
Nous avons cette fois rendez-vous à Kerlé, village côtier de Bretagne où Vladimir Savidan a construit une nouvelle vie. L'émigré russe est marin-pêcheur à bord du Baïkonour – ceux qui s'attendaient, en découvrant le titre du roman, à un récit sur l'épopée spatiale soviétique en seront pour leurs frais – et personnifie l'image du héros aux yeux de sa fille Anka qui ne rêve que d'accompagner son père et de prendre sa succession. Mais les rêves peuvent se transformer en cauchemar, surtout lorsque la mer est hostile. Malgré toutes ses qualités, Vladimir doit s'avouer vaincu. «Par vent fort, il disparaît à environ sept nautiques des côtes, violemment happé par une vague cannibale qu'il pensait abordable.» Pour son épouse et encore plus pour sa fille, ce drame est une épreuve difficile à surmonter. Dans le salon de coiffure où elle est employée, le caractère enjoué d'Anka cède la place à une profonde mélancolie.
Odile d'Oultremont a très habilement construit son livre, en nous proposant en parallèle l'histoire de Marcus Bogat. On se doute d'emblée qu'il croisera la route d'Anka, mais sans à aucun moment en imaginer le scénario. Marcus vient du sud de la France où vit encore – difficilement – son père. Après son bac, il s'est offert une formation d'ouvrier de chantier à Paris, et «par nécessité viscérale de changer enfin de perspective, Marcus Bogat devint grutier.» Il a accepté une mission d'un an et huit mois à Kerlé et occupe une position privilégiée d'observateur.
« Depuis le sommet de sa grue, c'est en contrebas qu'il scrute. Au sol, toute petite, la vie s'ébat. Il n'y a, sous ses pieds, ni chaos ni excitation, la plupart du temps, rien ne se passe, seul un mouvement perpétuel, allant et venant. Ça ressemble au train-train des vagues par temps calme, de minuscules entrechats, une multitude de pas prompts ou las sur le macadam… »
Marcus suit Anka durant ses déplacements de son domicile à son travail, mais n'ose pas aborder la jeune fille. Au fil des jours qui passent, Anka devient pour lui une obsession qui va le pousser à négliger quelques aspects élémentaires de sécurité. Bien qu'attaché à son harnais, lorsqu'il dévisse du sommet de la grue, sa tête heurte la structure et il se retrouve comme une marionnette suspendue à un fil au-dessus du vide.
Je l'ai dit, Odile d'Oultremont a joliment construit son scénario. Aussi, ne voulant pas vous gâcher le plaisir de découvrir comment ils vont se retrouver, je n'en dirais pas davantage. En revanche, il me faut souligner l'élégance de l'écriture, l'attention portée aux personnages, y compris ceux qui sont ici au second plan comme la mère d'Anka et le père de Marcus, sans oublier ce souffle vital qui entraîne le lecteur et lui laisse entrevoir un coin de ciel bleu. Il finit toujours par arriver, même après les plus fortes tempêtes.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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alexb27
  13 décembre 2019
Anka habite Kerlé, village côtier de Bretagne où elle exerce comme coiffeuse alors qu'elle se rêve marin pécheur comme son père, disparu en mer, au grand désespoir de sa mère. Marius, quant à lui, vient du sud où il a laissé son père, grand paresseux devant l'éternel, pour exercer son métier de grutier. Ses talents sont mis à profit dans le village d'Anka où il participe à la construction d'un centre commercial. Alors qu'il était peu probable qu'ils se croisent, ces deux solitaires vont finir par se rencontrer dans des circonstances des plus inattendues...Un chouette roman, très tendre, maritime, aux personnages doux rêveurs et à l'écriture fine et poétique. Une belle lecture découverte grâce à babelio et aux critiques de ses membres. Un grand merci !
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   13 février 2020
Un jour, l’esprit tout entier est dévolu à quelqu’un ou quelque chose, et l’autre, tout se perd. Sont tombées avec moi les reliques autant que les racines les plus profondes, il ne reste plus aucun espace ni pour la mémoire ni pour ses espoirs.
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krzysvancokrzysvanco   19 août 2020
Elle parle, elle parle, elle ne dit pas grand chose, elle dit juste :
— Je suis marin-pêcheur, enfin marin-pêcheuse plutôt.
La phrase est courte, mais Marcus a l’impression qu’en deux secondes, elle vient de tout révéler. Il l’observe, la marin-pêcheuse, les mains plantées dans ses poches, elle porte sa tête comme un trophée, bien droite, elle regarde loin devant, les yeux grands ouverts. Il y a quelque chose d’une victoire dans ce corps qui va chercher vers le ciel.
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BazartBazart   17 août 2019
Marcus est intrigué, chausse ses jumelles et fixe longuement le troupeau lumineux. En point de mire, hommes et femmes, une quarantaine, portant à la main lanternes et bouquets de fleurs, une étrange procession qui progresse lentement en direction de la mer. Il imagine de tout là-haut une litanie portée par un champ triste, des mots psalmodiés sur une mélodie aussi paresseuse qu’un poème. Il se rappelle ces cortèges hindous bardés de couleurs et d’ornements qu’il a vus à la télé. A la jumelle, des profils moins exotiques, une idée de la Bretagne saine et robuste, des marins pour ouvrir la marche drapés dans leurs cirés poisseux, des jeunes et quelques femmes dont une, soutenue par des bras solidaires, jolie d’ailleurs, dont Marcus se demande bien qui elle peut bien être.
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armand7000armand7000   18 février 2020
Marcus est intrigué, chausse ses jumelles et fixe longuement le troupeau lumineux. En point de mire, hommes et femmes, une quarantaine, portant à la main lanternes et bouquets de fleurs, une étrange procession qui progresse lentement en direction de la mer. Il imagine de tout là-haut une litanie portée par un champ triste, des mots psalmodiés sur une mélodie aussi paresseuse qu’un poème. Il se rappelle ces cortèges hindous bardés de couleurs et d’ornements qu’il a vus à la télé. A la jumelle, des profils moins exotiques, une idée de la Bretagne saine et robuste, des marins pour ouvrir la marche drapés dans leurs cirés poisseux, des jeunes et quelques femmes dont une, soutenue par des bras solidaires, jolie d’ailleurs, dont Marcus se demande bien qui elle peut bien être.
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hcdahlemhcdahlem   09 septembre 2019
Soulevé comme une caresse d’abord, il plonge ensuite tout droit sous la surface. On dirait un jouet lancé bêtement dans une baignoire. Aussitôt immergé jusqu’à plusieurs mètres, le marin, seul à bord, est séquestré par d’aquatiques tentacules libérant, à quelques centimètres à peine de la surface, une puissance inouïe.
Dans un état de semi-conscience, paralysé par endroits, une partie de lui sait qu’il est temps de lâcher l’affaire, l’autre lutte encore, et il rêve ou peut-être seulement imagine-t-il que sa femme est sa fille et que sa fille est sa femme, il mélange l’essentiel, il fait flou et humide, il a conscience d’être à la limite de l’état des choses et curieusement au lieu de chercher l’air à respirer, il avale l’eau, la bouche pleine entièrement ouverte, laisse entrer la mer, il ignore pourquoi, elle s’introduit en lui comme une anguille, glisse le long des parois de sa trachée et, de cette façon, s’empare de lui, ensuite peu à peu le confisque au lieu et au moment, et le voilà pris. Sans attendre l’asphyxie, il se mue déjà en tôlard de la mer, un milliard de barreaux en acier pour chacune des particules d’oxygène manquantes et d’un coup une prison gigantesque se constitue autour de lui, l’Alcatraz des fonds marins pour le gober d’une traite. Vladimir est coincé, harnaché par les jambes, une masse excessive et confuse lui ronge les tendons, les muscles, il parvient encore à ouvrir les yeux et distingue, très vaguement apparentes, des traînées sanguinolentes qui se mélangent aux nappes et le narguent effrontément. Il pourrait s’en détacher. Il voudrait penser à son Édith et à son Anka, leurs traits coutumiers réconfortants se rappelant à lui comme un baroud d’honneur, mais c’est le visage de la Mer qui apparaît avec ses milliards d’énormes yeux embourbés dans le flegme et le dédain, et qui ondulent en rouleaux nerveux le fixant de partout. À présent, il faut songer à autre chose que la vie, mais pour engager cette tâche il se sent sous-équipé, il n’est pas philosophe, pas croyant, il n’est que marin-pêcheur. Je suis capitaine, capitaine d’un bateau.
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