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EAN : 9782072958168
288 pages
Gallimard (14/04/2022)
4.18/5   30 notes
Résumé :
On l’appelait le « mage du Kremlin ». L’énigmatique Vadim Baranov fut metteur en scène puis producteur d’émissions de télé-réalité avant de devenir l’éminence grise de Poutine, dit le Tsar. Après sa démission du poste de conseiller politique, les légendes sur son compte se multiplient, sans que nul puisse démêler le faux du vrai. Jusqu’à ce que, une nuit, il confie son histoire au narrateur de ce livre…
Ce récit nous plonge au cœur du pouvoir russe, où courti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  24 avril 2022
Giuliano Empoli conseiller politique et superbe écrivain italien dont j'avais énormément apprécié son essai très instructif «  Les ingénieurs du chaos » ( Dommage, très peu de lectrices et lecteurs sur Babelio ! ), nous revient avec un livre intéressant et un sujet actuel, les coulisses du Kremlin à travers un personnage librement inspiré de l'ex- éminence grise de Poutine, Vladislav Yuryevich Surkov. Cet homme appelé « Le mage du Kremlin », le « nouveau Raspoutine », contribuera de façon décisive à l'édification du pouvoir du Tsar durant les quinze années qu'il passera à son service. Mais….depuis mi-avril 2022 la rumeur est qu'il est en arrêt domiciliaire par ordre du Tsar.
Surkov se distingue de la plupart de ses semblables par son origine. L'homme vient d'une famille ancienne et aisée, il est cultivé et l'argent ne l'intéresse pas vraiment. A vingt ans il s'inscrit à l'académie d'art dramatique de Moscou et commence à vivre la vie désordonnée des théâtreux….de là il convertira son expérience théâtrale en carrière de producteur de télévision, dont le grand patron est un milliardaire qui s'appelle Boris Berezovsky. Ce dernier découvrant ses talents de performance artistique, lui propose de passer à la vitesse supérieur en cessant «  de créer des fictions pour commencer à créer la réalité ». Car Eltsine est mourant et Berezovsky qui en faites gouverne à sa place, a choisi un chef du KGB , un certain Vladimir Poutine pour lui succéder. Il demande à Surkov d'en faire la mise en scène et la régie pour la suite. Là je ne suis absolument pas dans l'ironie, tout ce qui va suivre est du théâtre d'avant-garde jusqu'à nos jours , même cette terrible guerre actuelle qui sévit tout un peuple et un pays, et dont malheureusement nous n'en connaissons presque rien de ses coulisses , bien que tout soit déjà cartes sur table. Car les choses comme dit Surkov sont beaucoup plus simples qu'elles ne paraissent, il suffit de voir et de les suivre. En tout cas pour lui ça était une expérience unique , celle de pouvoir suivre, jour après jour, un drame élisabéthain qui se déployait et continue à se déployer sur la scène mondiale…..
A part la terrible réalité qui se cache derrière le Pouvoir politique russe, ( valable actuellement à divers degrés pour tous les pays même pour ceux qui se déclament « démocratiques »), plus précisément celui de Poutine, ce livre livre aussi le chaos et l'absurdité de la situation qui règne en Russie, depuis la chute du communisme, où la réalité dépasse largement la fiction,
« Vous pouviez sortir de la maison un après-midi pour aller acheter des cigarettes, rencontrer par hasard un ami surexcité pour je ne sais quelle raison et vous réveiller deux jours plus tard, dans un chalet à Courchevel, à moitié nu, entouré de beautés endormies, sans avoir la moindre idée de comment vous étiez arrivé là. Ou bien, vous vous rendiez à une fête privée dans un club de strip-tease, vous commenciez à parler avec un inconnu, gonflé de vodka jusqu'aux oreilles, et le lendemain vous vous retrouviez propulsé à la tête d'une campagne de communication de plusieurs millions de roubles. »
Un livre passionnant et instructif qui fait écho à son précédent, dont le coeur du sujet reste l'ascension de Poutine. au pouvoir. Totalement pénétré par le rôle de l'intrigue de la pièce, devenue son histoire, il n'a nul besoin de jouer, celle-ci coule dans ses veines. Avec un tel acteur un metteur en scène n'a presque rien à faire. Il doit se contenter de l'accompagner. Et c'est ce que fera Surkov, tout en gérant un des courants de fond qui régisse la société, le flux de la rage, qui selon les périodes augmentent ou diminuent mais ne disparaît jamais…..
Tous les faits cités dans le livre on peut les retrouver sur internet. Est-ce-que l'auteur a rencontré Surkov Ou a-t-il obtenu ses confidences par un autre moyen ? Je n'en sais rien , mais l'ensemble colle parfaitement à la réalité, ce qu'il confirme lui-même par ailleurs. Un livre intéressant facile à lire et qui aide mieux à comprendre comment on en est arrivé à cette guerre terriblement violente aux portes de l'Europe grâce à une politique de fil de fer . « Comment fais-tu quand tu veux casser un fil de fer ? D'abord, tu le tords dans un sens, puis dans l'autre » . La suite n'est pas difficile à deviner . Un livre publié récemment que je conseille fortement ainsi que son précédent , « Les ingénieurs du chaos ».
« Les gens pensent que le centre du pouvoir est le coeur d'une logique machiavélique, quand en réalité c'est le coeur de l'irrationnel et des passions, une cour d'école, vous dis-je, où la méchanceté gratuite a libre cours et prévaut immanquablement sur la justice et même sur la pure et simple logique…. tout ce qui fait croire à la force l'augmente véritablement. »
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Bigmammy
  27 avril 2022
Giuliano da Empoli (né en 1973) est un essayiste et conseiller politique, diplômé de la Sapienza de Rome et professeur à Sciences Po. Cet ouvrage est son premier roman. Terrifiant …
La longue confession d'un amoureux des livres : Vadim Baranov, ancien conseiller très proche de Vladimir Poutine, oligarque et metteur en scène de téléréalité. le narrateur qui recueille son histoire est, comme lui, admirateur de l'écrivain Evgueni Zamiatine (1884 – 1937), celui qui a très directement influencé Aldous Huxley (Le meilleur des mondes) et George Orwell (1984).
Dans la vraie vie, c'est le parcours romancé de Vladislav Sourkov (né en 1964), coordinateur du parti « Russie unie » et principal idéologue du Kremlin dans les années 2000, qui a participé directement à la prise de pouvoir de Vladimir Poutine.
Le loup solitaire s'est retiré à temps et il parle. En nous faisant entrer dans le plus secret du bureau du Tsar, il nous fait comprendre ce qui se joue aujourd'hui – même si ce roman a été terminé depuis plus d'un an, donc avant l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe.
Le pouvoir est comme le soleil et la mort, il ne peut se regarder en face. Surtout en Russie. le système russe est fondé sur le statut et non sur l'argent. Seul le privilège compte en Russie, et la proximité du pouvoir, comme au temps des tsars ou de Staline.
Après la chute du Mur au début des années 90, Moscou devient une bulle radioactive : trafics, fortunes fulgurantes, belles filles et rafales de kalachnikovs. Au coeur du système : la télévision car toutes les autres institutions se sont écroulées.
Le propriétaire de la principale chaîne est alors Boris Berezovski qui devient le vrai patron du pays en manipulant le déclinant Boris Eltsine. C'est lui qui présente Baranov à Poutine, celui qu'il a choisi pour reprendre la main, rétablir la verticalité du pouvoir, et qu'il espère manipuler … Quelle illusion !
Les obsessions de Poutine, depuis la révolte de Tchétchénie qu'il a vécue comme une humiliation et a écrasée dans le sang, sont de défendre l'honneur et la dignité de la Russie et de mettre un terme à sa désagrégation.
Selon lui, ce ne sont pas l'OTAN et les Américains qui ont gagné la Guerre froide, alors que l'Union soviétique ne l'a pas perdue : la guerre froide a cessé parce que le peuple russe a mis fin à un régime qui l'opprimait.
Selon lui encore, la seule explication à l'incurie et au chaos est le sabotage, bien entendu avoué par des responsables aussitôt exécutés : cela provoque dans le peuple gavé de propagande une onde d'indignation mêlée à un certain soulagement. Tout s'explique.
Ainsi en fut de Mikhaïl Khodokorsky, l'icône du nouveau capitalisme russe, retrouvé « pendu » à Londres … comme d'autres, ces derniers jours.
Défendre l'indépendance de la Russie quoi qu'il en coûte, c'est récupérer l'Ukraine dont la révolte est financée par l'Occident, les Américains, la CIA, et Khodokorsky. La Russie ne peut tolérer ce démembrement de sa Rus' d'origine.
Voilà de la matière sérieusement documentée, même si la situation est racontée sous forme d'un dialogue inventé. Des éléments qui permettent de comprendre que Vladimir Poutine ne s'arrêtera jamais. Les gens comme lui ne peuvent pas. Ceux dont la première règle est de persévérer et ne jamais admettre les erreurs …
Je le disais : c'est terrifiant.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Mackie
  18 avril 2022
Ce long monologue du conseiller politique du Tsar se dévore.
Non parce qu'on pourrait en apprendre davantage sur la chute de tel ou tel oligarque ou sur l'implacable comportement de Vladimir Poutine (encore que…), mais parce que l'auteur a su transcender les apparences, donner une finalité à l'irrationnel.
Certes, les propos de Vadim Baranov sont une fiction, mais qui colle à une réalité dérangeante, à un exercice du pouvoir qui nous est étranger.
A nous, qui ne sommes pas russes. Qui n'avons peut-être pas lu Zamiatine…ni Zinoviev (je vais relire Les Hauteurs Béantes ).
Les perspectives dévoilées par Baranov, metteur en scène de l'exercice d'un pouvoir sombre qui joue avec le chaos, sont terrifiantes.
Mais le sont-elles plus que la fascination exercée sur l'humanité par la « machine », les algorithmes, le stockage des éléments de nos petites vies?
On passe si vite du réseau social au contrôle étatique coercitif !
Ce roman est une profonde réflexion sur le pouvoir et sur l'humanité, sans l'ennui que distille généralement ce genre de sujet. Émaillé d'aphorismes que n'auraient pas reniés nos classiques de Saint Simon à La Bruyère
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motspourmots
  21 avril 2022
"Je n'avais pas fait autre chose dans la vie que de mesurer l'élasticité du monde, son inépuisable propension au paradoxe et à la contradiction. Maintenant, le théâtre politique qui prenait forme sous ma direction représentait l'accomplissement naturel d'un parcours".
Ainsi parle, sous la plume du romancier, l'homme que l'on appelait "le mage du Kremlin ou le Raspoutine de Poutine" sorte d'éminence grise, conseiller et metteur en scène de l'ombre et dont l'auteur orchestre ici la confession avec maestria. A travers ce récit, nous voici dans les coulisses du pouvoir et de l'histoire contemporaine de la Russie ; nous avons accès à l'envers du décor des événements qui se sont déroulés sous nos yeux depuis la pérestroïka et tout particulièrement à la montée en puissance de l'actuel président. Mais cet homme, Vadim Baranov, d'une intelligence tactique nourrie à l'aune des grands auteurs est autant stratège que poète. C'est ce qui rend certainement ce roman aussi fascinant. Ça et les éléments de décryptage qu'il nous offre sur la situation actuelle en Ukraine. Baranov vient d'une famille dont les membres ont tour à tour subi les différentes influences des changements politiques - un grand-père sous la révolution bolchévique, un père serviteur de l'URSS et déboussolé par le dégel et lui, Vadim, acteur de la société du spectacle qui a accompagné le changement. Remarqué par Poutine alors simple fonctionnaire que certains ont imaginé pouvoir contrôler en le poussant au pouvoir. Grave erreur que Baranov, lui n'a pas commise. Ce parallèle entre spectacle et politique est le fil rouge de ce récit qui montre avec force la manière dont quelques manipulateurs utilisent avec talent et cynisme la création d'images, de scènes et d'événements à leur profit. "Que dirais-tu de cesser de créer des fictions pour commencer à créer la réalité ?" fut la question qui décida de la nouvelle carrière de Vadim Baranov et qui l'entraîna bien plus loin qu'il ne l'aurait imaginé, au service du rétablissement de la verticalité du pouvoir.
Fin connaisseur et conseiller politique lui-même, l'auteur nous offre une leçon qui ressemble à une partie d'échecs, met en lumière les différences entre les sociétés russes et occidentales et la façon dont cela brouille les perceptions de ceux qui ne possèdent pas ces éléments d'analyse. Cette complexité est néanmoins traitée de façon limpide et offre de passionnantes pistes de réflexion sur nos façons d'appréhender le pouvoir à l'aune de ce que l'on nous montre. Ainsi qu'un éclairage prospectif assez glaçant sur le rôle croissant de la technologie au service du pouvoir. Une lecture instructive et intelligente qui m'a passionnée de bout en bout.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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bege2002
  22 mai 2022
Ce récit addictif est paru chez Gallimard en ce mois de février 2022 dans leur collection "Blanche" des romans, en précisant que ce livre est achevé par l'auteur en janvier 2021.
Lu aujourd'hui, il éclaire avec beaucoup de lucidité l'actualité géopolitique dans le contexte de la guerre en Ukraine.
Giuliano Da Empoli est né en France et a grandi dans différents pays européens.
Son père, Antonio D.E. a été victime d'un attentat terroriste
à Rome en 1986.
Economiste au conseil des ministres du gouvernement italien, il est abattu par les "communistes combattants".
Le fils, Giuliano est un journaliste politique, il publie en 2019 : "Les ingénieurs du chaos" qui fera grand bruit et qui nous donne à lire une analyse du politique de notre quotidien, elle est ciselée est très inquiétante.
On peut en conclure finalement que tout se passe sans nous dans les coulisses du pouvoir.
Mais revenons à nos moutons, pardon à ces animaux paisibles qui broutent toute la journée.
Avec "Le mage du Kremlin", G.D.E. nous retrace une réalité glaciale et sidérante de l'histoire de la Russie sous tous ses régimes politiques.
Les dynasties des Tsars, le communisme de l'URSS, la chute du mur de Berlin, la Perestroïka, l'ouverture au monde économique à outrance de l'ouest et l' ascension
d'un nouveau maître, Poutine.
Ce qui abouti à l'invasion du territoire Ukrainien en ce début d'année 2022.
De cette lecture, je ressens une puissance historique et littéraire, essentielle pour comprendre l'incompréhensible.
Ma véritable découverte et le pourquoi de le partager avec vous, c'est de vous raconter l'intimité bouleversante de cette lecture.
Le peuple russe et ils sont des millions, a été ballotté dans un environnement extrême de survie au fil du temps.
L'invasion de l'Ukraine est insupportable pour ces morts toujours innocents, ils sont des deux camps combattants.
Mais il n'y a pas que des méchants et des gentils, il n'y a que la géopolitique dans une cour de récréation, celle du partage du monde.
Lire pour découvrir, s'incérer et essayer de comprendre.
C'est déjà bien.






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critiques presse (4)
LePoint   10 mai 2022
Un roman met à nu l’exercice du pouvoir par le maître du Kremlin. Glaçant. [...] Ce roman d'une pénétration subtile et térébrante fait de son auteur le marionnettiste d'un manipulateur, portrait d'une sorte de Guy Debord pervers cannibalisant les neurones du tyran Poutine
Lire la critique sur le site : LePoint
LeMonde   08 mai 2022
Dans Le Mage du Kremlin, Giuliano da Empoli retrace fidèlement les grandes lignes de sa carrière politique, jusqu’au dossier ukrainien, dont il fut chargé quelques mois avant l’annexion de la Crimée par les Russes, en mars 2014, et l’intervention militaire dans le Donbass.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   08 mai 2022
Giuliano da Empoli déroule les dessous de son règne et médite sur la nature de son pouvoir.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   26 avril 2022
Nul doute, Giuliano da Empoli a eu le nez creux. Ecrit depuis deux ans, le roman de cet ex-conseiller de Matteo Renzi et directeur du think tank Volta relate l'étonnante trajectoire de celui qu'on appelait "le mage du Kremlin", Vadim Baranov dans la fiction, Vladislav Sourkov dans la vraie vie, ancienne éminence grise de Poutine.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   20 mai 2022
La plupart des hommes de pouvoir tirent leur aura de la position qu’ils occupent. À partir du moment où ils la perdent, c’est comme si la prise avait été arrachée. Ils se dégonflent comme ces poupées qui se trouvent à l’entrée des parcs d’attractions. On les croise dans la rue et on ne réussit pas à comprendre comment un type de ce genre a pu susciter autant de passions. 
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MatatouneMatatoune   22 mai 2022
Dans une vidéo, tournée en mars on le voyait rire, chose très rare en Russie où un sourire est considéré comme un signe d'idiotie.
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LatiasLatias   14 mai 2022
Le moteur primordial dont il faut tenir compte reste la colère. Vous, les Occidentaux bien-pensants, croyez qu'elle peut être absorbée. Que la croissance économique, le progrès de la technologie et, que sais-je, les livraisons à domicile et le tourisme de masse feront disparaître la rage du peuple, la sourde et sacro-sainte colère du peuple qui plonge ses racines dans l'origine même de l'humanité. Ce n'est pas vrai : il y aura toujours des déçus, des frustrés, des perdants, à chaque époque et sous n'importe quel régime. Staline avait compris que la rage est une donnée structurelle. Selon les périodes, elle diminue ou elle augmente, mais elle ne disparaît jamais. C'est un des courants de fond qui régissent la société. La question alors n'est pas d'essayer de la combattre, mais seulement de la gérer : pour qu'elle ne sorte pas de son lit en détruisant tout sur son passage, il faut prévoir constamment des canaux d'évacuation. Des situations dans lesquelles la rage puisse avoir libre cours sans mettre le système en péril. Réprimer la dissidence est grossier. Gérer le flux de la rage en évitant qu'elle s'accumule est plus compliqué, mais beaucoup plus efficace. Pendant de nombreuses années, mon travail, au fond, n'a été rien d'autre que cela.
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LatiasLatias   14 mai 2022
"Le cerveau humain est plein de petites failles de ce genre. Les connaître et en profiter est le métier de celui qui gère un casino. Mais c'est comme ça que fonctionne la politique aussi, non? Tant qu'on est à l'aise, qu'on a un travail sûr, une belle famille, la maison de campagne, les vacances au bord de la mer, la retraite en perspective, on reste tranquille. On fait des choix prudents, on ne veut pas courir de risques. On choisit ce qu'on connaît. Mais, mettons que les choses commencent à aller moins bien. La situation change, le type perd son travail, perd sa maison, il ne parvient plus à voir un avenir. Que fait-il
à ce moment-là ? Il joue la prudence ? Pas du tout : il commence à parier comme un fou ! Il préfère le risque inconnu au maintien de sa situation actuelle. C'est là que tout bascule : le chaos devient plus attractif que l'ordre, au moins il offre la possibilité de quelque chose de neuf, non? Un coup de théâtre... C'est alors que les choses deviennent intéressantes. La révolution de 1917, le nazisme sont nés comme ça, si je ne me trompe? Parce qu'une majorité de personnes a préféré se jeter dans l'inconnu plutôt que de continuer à vivre comme avant."
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LatiasLatias   14 mai 2022
Ainsi, peu à peu, je les ai tous recrutés : les motards et les hooligans, les anarchistes et les skinheads, les communistes et les fanatiques religieux, l'extrême droite, l'extrême gauche et presque tous ceux qui étaient au milieu. Tous ceux qui étaient susceptibles de donner une réponse excitante à la demande de sens de la jeunesse russe. Après ce qui s'était passé en Ukraine, nous ne pouvions plus nous permettre de laisser sans surveillance les forces de la colère. Pour construire un système vraiment fort, le monopole du pouvoir ne suffisait plus, il fallait celui de la subversion. Encore une fois, il s'agissait au fond d'utiliser la réalité comme matériel pour instaurer une forme de jeu supérieur. Je n'avais pas fait autre chose dans la vie que de mesurer l'élasticité du monde, son inépuisable propension au paradoxe et à la contradiction. Maintenant, le théâtre politique qui prenait forme sous ma direction représentait l'accomplissement naturel d'un parcours.
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Vidéo de Giuliano da Empoli
Qui de mieux placé qu'un homme qui a fréquenté le pouvoir pour commenter la très récente élection présidentielle ? Ancien conseiller de l'homme d'État italien Matteo Renzi, Giuliano Da Empoli pose son regard sur les récents changements dans l'exercice du pouvoir en France et en Europe. Entre populisme et autocratie, quelques démocraties semblent en effet vouloir s'inspirer des méthodes de Moscou. Dans son premier roman “Le mage du Kremlin” - une histoire presque réelle - Giuliano Da Empoli revient justement sur les méthodes d'un conseiller de l'ombre qui a longtemps dessiné la stratégie politique de Vladimir Poutine.
#Electionprésidentielle2022 #Macron #LePen #Poutine #Russie #Fascisme ___________________ Découvrez tous les invités des Matins de Guillaume Erner ici https://www.youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDroMCMte_GTmH-UaRvUg6aXj ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins
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