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EAN : SIE356892_215
Éditeur : DES PORTIQUES. 31ème édition (01/01/1930)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LaForceduTempsLaForceduTemps   09 août 2013
Lettre à l' Abbé Mugnier
44, Rue Hamelin

Monsieur l'Abbé,
Vous m'avez écrit une lettre adorable. Vous savez même, comme Chateaubriand, les fleurs de pommiers à l'aubépine. Vous aviez eu des nouvelles de moi depuis bien longtemps, car je pense à vous sans cesse. Mais, il est arrivé :
1) Que la maison où j'habitais ayant été transformé, par un acquéreur en banque, j'ai dû partir, j'ai changée trois fois d'adresse en six mois, et ma santé s'en est ressentie au point que je restais des semaines sans pouvoir ouvrir le même journal ;
2) Que par manœuvre de librairie que je ne comprends pas les premières éditions de A L'Ombre des jeunes filles en fleurs et de Pastiche et Mélanges sont devenues introuvables pendant que je déménageais. Cela n'empêche pas que depuis plusieurs mois je vous en cherche une, de plus, de l'un ou de l'autre ouvrage.
En attendant vous contenterez vous d'une édition des deux, que ne fût pas la première?

Lettre A L'Abbé, Mugnier (suite)

Je vous les enverrais dès que mon modeste autographe (ouvrages). si c'est Monsieur Descaves qui vous a annoncé que j'aurais le prix, il était mieux instruit que moi (ce qui est compréhensible, puisqu'il est académicien) car Léon Daudet est venu me réveiller pour m'apprendre que je l'avais.
J'ignorais même, qu'il dût être décerné en Décembre, à fortiori à moi. En tout cas, je regrette que vous l'ayez appris par Monsieur Descaves car il a du accompagner cette bien petite nouvelle de commentaires bien désobligeants.
Il a en effet fait campagne contre moi et annoncé le résultat en ces termes : "Proust a le prix, Monsieur Dorgelès l’originalité et le talent et la jeunesse. On ne peut pas tout avoir". Je me demande même si j'ai le prix car Dorgelès Fait Paraître dans les journaux des réclames flamboyantes

Prix Goncourt
Roland Dorgelès
Il est vrai qu'il y a au dessous en caractères microscopiques quatre voix sur dix. C'est une manœuvre électorale qui suffirait à la chambre à faire invalider un député. ("Mon exemple est tiré d'animaux bien petits")
Ne croyez pas que j'ai la moindre amertume contre Monsieur Descaves est des plus remarquables. Si mon état général ne m'avait mis depuis cinq ans hors d'état de consulter un oculiste et de choisir des verres, je lirais "les crois de bois". Je vais me faire lire ce beau livre. Si je n'avais pas remercié Monsieur Descaves (ni Bergerat comme d'autres académiciens hostiles, ce n'est pas parce qu'il a voté contre moi, ce qui est bien naturel, mais parce-que absent du déjeuner, il n'a pas signé l'adresse de Léon Daudet m'a remise.
Dans ces conditions je n'avais aucun prétexte pour lui écrire et je ne pouvais pourtant pas en trouver un dans le fait qu'il est y voté contre
moi. Pardonnez-moi de parler si longtemps de si peu de chose que le prix Goncourt.
Ne croyez pas qu'il m'ai changé physiquement autant qu'on pourrait le croire d'après les journalistes, lesquels parce-que je ne suis pas assez bien portant pour les recevoir, me font vieillir aussi vite qu'un personnage de féerie
La veille du prix Goncourt je n'avais pas la chance de l'avoir obtenu parce ce que je "frisais" la cinquantaine. Puis en vingt-quatre heures je la dépassai, j'en suis maintenant à cinquante-huit ans. Quo non ascendam!!!! Mon âge monte aussi vite que la Seine. N'avez pas de déception si vous me retrouvez sans cheveux blancs dont ma presse (anticipatrice) se plait à couronner mon front. J'ose même vous avouer que je ne suis pas comme on le dit devenu "clérical", et que j'ai pas été (car la maltraitance est même rétroactive) anti-dreyfusard, mais le plus ardent et peut-être le premier des dreyfusards. Monsieur Arthur Meyer ne me l'a jamais pardonné.
Veuillez agréer, cher Monsieur l'Abbé, l'hommage de mon admiratif attachement et de tous mes respects reconnaissants.

Marcel Proust
anticipatrice mots de Marcel!

J'ai essayé d’aérer la lettre pour qu'elle soit plus facilement accessible,
mais je la trouvais importante à partager, en raison du Prix Goncourt et de son impression de vieillir plus vite : "Cause la maladie".
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LaForceduTempsLaForceduTemps   02 août 2013
(Lettre à Alphonse Darlu, son professeur de philosophie, 2 octobre 1888)

Quand j’ai commencé, à peu près à quatorze ou quinze ans, à me replier sur moi-même et à étudier ma vie intérieure cela n’a pas été une souffrance, au contraire.
Plus tard, vers seize ans, cela est devenu intolérable, surtout physiquement, j’en ressentais une fatigue extrême, une sorte d’obsession. Maintenant, cela n’a plus du tout ce caractère.
Ma santé, autrefois très faible, étant devenue presque bonne, j’ai pu réagir contre l’épuisement et le désespoir que cause ce dédoublement constant.
Mais ma souffrance pour avoir changé presque entièrement de caractère n’en est pas moins vive. Elle s’est intellectualisée. Je ne peux plus trouver de plaisir complet à ce qui autrefois était ma joie suprême, les œuvres littéraires.
Quand je lis par exemple un poème de Leconte de Lisle, tandis que j’y goûte les voluptés infinies d’autrefois, l’autre moi me considère, s’amuse à considérer les causes de mon plaisir, les voit dans un certain rapport entre moi et l’œuvre, par là détruit la certitude la beauté propre de l’œuvre, surtout imagine des conditions de beauté opposées, tue enfin presque tout mon plaisir.
Littérairement je ne peux plus rien juger depuis plus d’un an, je suis dévoré du besoin d’avoir des règles fixes d’après lesquelles je puisse juger avec certitude les œuvres d’art. Mais alors, pour me guérir, je ne puis qu’anéantir ma vie intérieure, ou plutôt ce regard sans cesse ouvert sur ma vie intérieure, et ceci me paraît effroyable. C’est certainement « un cas » qui doit se présenter fréquemment chez les jeunes gens de mon âge, et que des souffrances physiques ont habitué autrefois à vivre beaucoup avec eux-mêmes.
(Lettre à Alphonse Darlu, son professeur de philosophie, 2 octobre 1888)
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LaForceduTempsLaForceduTemps   02 août 2013
Monsieur Weilhof et Neustadt
85, Rue de Richelieu , Paris

102, Bl Hausmann
23 juin 1914

Monsieur,
Je voudrais, pour réduire un peu mes engagements, vendre au mieux les 650 Spassky (Actions de cette société) que j'ai chez vous et que je vous avait fait acheter pour moi, Monsieur Edouard Hermann. Nous pourrions fixer comme cours minimum 75 ou même 74 tant que le coupon ne sera pas détaché (je ne sais pas jour il l'est) et une fois le coupon détaché un cours de 75 sur lequel vous défalqueriez le montant du coupon.
Je joins à ma lettre un ordre de vente en ce sens et que vous exécuterez au mieux de mes intérêts et selon les impressions du marché ; et je vous pries d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées
MP

Peut-être la mort d'Agostinelli y était pour quelque chose. Le frère de celui ci était venue d'Antibes demander à Proust de faire envoyer des scaphandriers pour retirer de l'eau Agostinelli, qui avait toute ses économies sur sa personne. Les scaphandriers, qu'il fallait faire venir de Toulon à Antibes, demandaient 5000 francs.
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