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Maryse Leynaud (Traducteur)
ISBN : 2264033568
Éditeur : 10-18 (23/08/2001)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Avec la verve qu'on lui connaît, Alain de Botton s'est attaqué à Proust. Il est parti à la chasse aux leçons de vie que l'écrivain pourrait nous donner, aussi bien dans ses romans que dans sa correspondance... Le résultat ? De " comment exprimer ses émotions " à " comment être un véritable ami ", en passant par " comment perdre son temps ", ce livre étincelant nous convie à une relecture audacieuse et delicieusement érudite de l'oeuvre de celui qui passa quatorze an... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Missbouquin
  14 février 2014
Cela fait un bon bout de temps que j'ai terminé cet essai, mais j'ai fait longtemps traîner cette chronique car elle s'avère compliquée à rédiger et sûrement très touffue … Dans le même temps, j'ai terminé A l'ombre des jeunes filles en fleurs, et je me dis que c'est le bon moment pour vous en parler ! Proust 1En effet, dans cet essai, Alain de Botton nous aide à mieux appréhender l'oeuvre de Proust en nous donnant quelques clés, et en nous montrant comment Proust peut nous aider à …
- Aimer la vie : "Je crois que la vie nous paraîtrait brusquement délicieuse, si nous étions menacés de mourir comme vous le dites [brutalement]. Songez, en effet, combien de projets, de voyages, d'études, elle – notre vie – tient en dissolution, invisibles à notre paresse qui, sûre de l'avenir, les ajourne sans cesse."
- Lire pour nous-mêmes : "Si nous lisons le chef d'oeuvre nouveau d'un homme de génie, nous y retrouvons avec plaisir toutes celles de nos réflexions que nous avions méprisées, des gaietés, des tristesses que nous avions contenues, tout un monde de sentiments dédaignés par nous et dont le livre où nous les rencontrons nous apprend subitement la valeur."
- Prendre son temps (et pas seulement quand on s'attaque à Proust !) : "il lisait les journaux avec un grand soin. Il ne négligeait même pas les faits divers. Un fait divers raconté par lui devenait un roman tragique ou comique grâce à son imagination et à sa fantaisie."
- exprimer ses émotions
- être un véritable ami : comme Proust, être généreux, à l'écoute, curieux de l'autre, modeste, brillant causeur ; malgré tout ce qu'il a pu dire sur l'amitié (une vaine agitation, un mensonge, etc.) et sur la conversation avec autrui (une perte de temps, etc.) – mais avait horreur des petitesses du coeur humain, "les restrictions mentales, les cachotteries, le faux désintéressement, la parole un peu aimable qui a un but utile, la vérité un peu déformée par commodité." Un bon ami, mais exigeant, la preuve en est qu'il s'est servi de ses connaissances pour La Recherche, exacerbant parfois leurs défauts …
- ouvrir les yeux – ou le bonheur de la madeleine.
- être heureux en amour : il prévient contre les dangers de l'habitude, et notre recherche constante de la nouveauté, du changement … Et tant d'autres choses pour lesquels il est de très bon conseil !
- laisser tomber un livre (!) et de ne pas tomber dans le piège de la littérature vue comme un oracle, une science infuse car "c'est donner un trop grand rôle à la lecture, qui n'est qu'une incitation d'en faire une discipline. La lecture est au seuil de la vie spirituelle ; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas."
Et la plupart du temps, ce n'est pas faux du tout ! J'ai pu le constater puisqu'en parallèle, je continue ma découverte de Proust : j'ai été plus attentive à certains détails, aux relations du narrateur aux autres, à ses réflexions justes et profondes. Vous me direz, comment Proust pouvait parler d'amour alors qu'il est resté vieux garçon toute sa vie ? Oui mais il ne faut pas oublier que c'est Proust et que ce n'est pas pour rien qu'il est aujourd'hui connu et reconnu mondialement pour la qualité de son oeuvre, de ses analyses psychologiques et pour son intelligence …
Agrémenté d'illustrations, de détails passionnants sur la vie de Proust, cet essai est parfait pour un proustien débutant - ou pour toute personne cherchant un guide pour vivre et désirant éviter le rayon "développement / bien être" des librairies …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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ChristianAttard
  19 janvier 2019
Je me régale toujours à lire Alain de Botton. Il a un talent et un style inimitable pour, sans en avoir l'air, vous initier au sujet les plus ardus.

Le titre de son ouvrage le signifie bien, il se promet de nous apprendre comment la lecture de l'oeuvre de Marcel Proust peut changer notre vie. C'est donc à une approche philosophique qu'il s'est essayé en annotant attentivement « A la recherche du temps perdu » mais aussi la vie de Marcel Proust.
Comment lire, prendre son temps, sublimer ses souffrances, exprimer ses émotions, être heureux en amour et en amitié et enfin laisser un livre sont au programme.

On apprend ainsi beaucoup sur Proust et son univers, ses inspirations, son combat…
Je ne suis pas sûr que cela nous guide beaucoup à vivre mieux mais tout cela est très plaisant et nous fait passer un très bon moment au lit, sous nos couvertures.
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vincentf
  05 novembre 2013
Avons-nous besoin, pour vivre mieux, de proustothérapie? Ce livre suggère que c'est le cas et il a raison, bien que sa lecture n'ait pas été nécessaire pour me convaincre de ce fait. Qu'est-ce donc qui fait du bien dans Proust? Tout d'abord, De Botton relève la longueur de la Recherche : il faut prendre son temps pour lire ne serait-ce qu'une seule phrase de Proust; et Dieu sait si ce qui nous manque le plus aujourd'hui, c'est de temps mort, d'arrêt sur image, de réflexion. On court, on court et on recourt sans jamais savoir ni après qui ni après quoi. Proust prend des dizaines de pages pour dire le rien entre le sommeil et le réveil, il s'arrête sur toutes les expressions changeantes du visage d'Albertine, il regarde à la loupe la moindre de ses émotions, bref (et il n'y a rien de moins proustien que ce "bref") il prend le temps de vivre et de penser. Il ne vit d'ailleurs pas mieux, calfeutré qu'il est entre son lit et son livre, mais il vit plus intensément, plus réellement que celui qui effleure le monde. Il vit en aspirant l'essence de chaque instant. Bien sur, De Botton s'attarde (comme Proust l'aurait fait avec beaucoup plus de pénétration) sur des détails, il lasse par le caractère trop biographie de son propos, il ne fait que redire des banalités sur l'oeuvre d'un génie, mais son livre a un mérite: il donne envie de continuer à relire Proust et de continuer à y perdre un temps que l'on retrouve forcément.
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Adrienne
  03 novembre 2011
Comment Proust peut changer votre vie, titre d'un livre d'Alain de Botton que j'ai lu avec grand plaisir et intérêt!
Une première citation de Proust sur une série de onze. Celle-ci a pour but de vous aider à aimer la vie (d')aujourd'hui:
"Je crois que la vie nous paraîtrait brusquement délicieuse, si nous étions menacés de mourir comme vous le dites. Songez, en effet, combien de projets, de voyages, d'amours, d'études, elle - notre vie - tient en dissolution, invisibles à notre paresse qui, sûre de l'avenir, les ajourne sans cesse.
Mais que tout cela risque d'être à jamais impossible, comme cela redeviendrait beau! Ah! si seulement le cataclysme n'a pas lieu cette fois, nous ne manquerions pas de visiter les nouvelles salles du Louvre, de nous jeter aux pieds de Mlle X..., de visiter les Indes. le cataclysme n'a pas lieu, nous ne faisons rien de tout cela, car nous nous trouvons replacés au sein de la vie normale, où la négligence émousse le désir. Et pourtant nous n'aurions pas dû avoir besoin du cataclysme pour aimer aujourd'hui la vie. Il aurait suffi de penser que nous sommes des humains et que ce soir peut venir la mort."
Vous m'objecterez peut-être que ce brave Marcel n'a été ni le seul, ni le premier à émettre ce genre de réflexions philosophiques mais il m'a plu, ce jour-là, d'être rappelée à l'idée du Carpe diem, que j'oubliais un peu... jusqu'à en perdre le sommeil.
Alors oui, j'ai accepté que Proust change ma vie en me faisant penser à autre chose qu'à mes soucis grands et petits auxquels un cataclysme, me disais-je, viendrait bien à point pour y mettre fin... mais il me reste encore les Indes à voir ;-)
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Adrienne
  03 novembre 2011
Comment Proust peut changer votre vie et plus précisément pour ce billet-ci comment il peut "vous faire réussir vos souffrances". Ne riez pas :-D, voyez plutôt l'énumération de ses souffrances morales, réunies par Alain de Botton (coll.10/18, 2003)
1.la mère juive possessive et interventionniste (les exemples qu'en donne Alain de Botton sont extrêmes et convaincants: celui qui croit avoir une mère possessive et interventionniste n'a qu'à lire et comparer)
2.des désirs sexuels embarrassants pour l'époque (surtout avec une mère juive etc qui ne rêve que de le voir se marier et demande à ses amis d'arranger des rencontres)
3.des déceptions amoureuses
4.souffrir d'un "pessimisme romantique" (je cite) qui fait qu'on a un grand besoin d'amour mais qu'on ne réussit pas à le satisfaire
5.un échec complet au niveau de la "carrière" (quelle carrière? il n'a même jamais su à quelle carrière se destiner et était convaincu de décevoir fortement son père à rester financièrement dépendant de ses parents)
6.l'incompréhension de ses amis face à son oeuvre
Etc., j'abrège, car il me semble qu'on est au niveau de l'intime et que ces exemples suffisent pour convaincre et pour montrer l'auteur de la Recherche sous un jour qui nous le ferait prendre en pitié.
Ensuite, Alain de Botton énumère les maladies, donc les souffrances physiques:
1.un asthme terrible depuis l'âge de 10 ans
2.la nécessité d'un régime alimentaire strict et d'heures strictes pour les repas
3.des problèmes chroniques de digestion et de constipation
4.une peau extrêmement sensible (pour les détails, voir Alain de Botton)
5.toujours froid, toujours une toux pénible
6.les problèmes ci-dessus expliquent l'impossibilité de voyager mais aussi les insomnies; de plus, il est très sensible aux bruits
Etc. Et dire que son frère Robert était une force de la nature!
Proust est donc bien placé pour nous aider à supporter nos propres bobos. Il écrit:
"(...) le mal seul fait remarquer et apprendre et permet de décomposer les mécanismes que sans cela on ne connaîtrait pas. Un homme qui chaque soir tombe comme une masse dans son lit et ne vit plus jusqu'au moment de s'éveiller et de se lever, cet homme-là songera-t-il jamais à faire, sinon de grandes découvertes, au moins de petites remarques sur le sommeil? A peine sait-il s'il dort. Un peu d'insomnie n'est pas inutile pour apprécier le sommeil, projeter quelque lumière dans cette nuit. Une mémoire sans défaillance n'est pas un très puissant excitateur à étudier les phénomènes de mémoire."
Voilà comment ce pauvre Marcel se console: je dors mal, ma mémoire est défectueuse, mais ça me donne à réfléchir sur les mécanismes du sommeil et de la mémoire. Je devrais moi aussi essayer de voir les choses ainsi, quoique, en voyant le réveil qui marque quatre heures du matin, je ne réussis qu'à penser qu'il faut que je me lève bientôt pour une journée d'école... où il vaut mieux être en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels ;-)
Et pour en finir sur le chapitre de la souffrance, une dernière citation de Proust, à laquelle je vous propose de réfléchir:
"Tout l'art de vivre, c'est de nous servir des personnes qui nous font souffrir."
Lien : http://adrienne.skynetblogs...
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   21 février 2013
Pour acquérir des connaissances, il faut peut-être se résigner à, et s’accommoder de, sa propre ignorance, attitude qui nécessite de comprendre que cette ignorance n’est pas forcément permanente et, d’ailleurs, ne doit pas être considérée comme un échec personnel, comme un reflet de ses propres capacités fondamentales.
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GuyMontagGuyMontag   18 février 2017
De plus, la conversation laisse peu de place à la révision de nos énoncés originaux, ce qui ne s’accorde guère avec notre tendance à ne savoir ce que nous voulons dire qu’après avoir essayé au moins une fois de le dire, tandis que l’écrit s’accommode, et en grande partie se compose, de réécriture, processus durant lequel les pensées originales – lambeaux grossiers et désorganisés – sont enrichies et nuancées au fil du temps. Elles peuvent donc apparaître sur une page selon la logique et l’ordre esthétique qu’elles exigent, au lieu de subir les distorsions infligées par la conversation, limitée par le nombre réduit de corrections et d’ajouts qu’on peut faire avant de pousser à bout l’interlocuteur le plus patient.
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rkhettaouirkhettaoui   21 février 2013
Les sentiments considérés comme normaux chez une personne à un endroit et un moment donnés sont susceptibles de n’être qu’une version abrégée de ce qui est en fait normal, de sorte que les expériences vécues par les personnages de fiction nous offrent un panorama immensément élargi des comportements humains, et par voie de conséquence, la confirmation de la normalité intrinsèque de pensées ou sentiments passés sous silence dans notre entourage immédiat.
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rkhettaouirkhettaoui   21 février 2013
La valeur d’un roman ne se limite pas à la description d’émotions et de personnes proches de celles qui peuplent notre vie, elle dépend aussi d’une capacité de les décrire bien mieux que nous n’aurions su le faire, de mettre le doigt sur des perceptions que nous reconnaissons comme nôtres, mais que nous n’aurions pu formuler par nous-mêmes.
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MissbouquinMissbouquin   14 février 2014
"c’est donner un trop grand rôle à la lecture, qui n’est qu’une incitation d’en faire une discipline. La lecture est au seuil de la vie spirituelle ; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas."
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Splendeur et misère du travail Marque-page 01-04-2011
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