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Critiques sur Elle s'appelait Sarah (447)
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Ansault
  05 octobre 2010
Voilà un moment maintenant que j'ai lu ce livre. Je voulais en faire une critique dans la foulée et puis, habité de sentiments troubles, j'y ai renoncé. Aujourd'hui mes souvenirs en sont moins précis et, bizarrement, il me semble plus facile de vous en parler et de vous livrer mon avis.
"Elle s'appelait Sarah" de Tatiana de Rosnay, j'ai adoré tout autant que j'ai détesté.

D'un point de vue romanesque je me suis totalement laissé embarquer dans cette histoire. J'ai trouvé ce système de double narration, mélange d'événements anciens et contemporains, extrêmement intelligent. le suspens est insoutenable, on a une envie furieuse d'en poursuivre la lecture... On veut savoir, on est avide d'en connaître le dénouement. L'émotion monte graduellement en intensité... C'est fort, très fort... Ça a été un moment de lecture extrêmement jouissif. Un livre palpitant qui vous apporte ce qu'on aimerait toujours trouver dans un livre : être embarqué dans un autre monde, s'acheter une autre vie, s'oublier totalement...
En cela le livre est un petit bijou...

Et puis au regard de la thématique du livre, du fond de l'histoire et la façon dont il est traité... ce livre m'a gonflé !
Il n'y a pas d'autres mots, j'ai été purement et simplement agacé, trouvant le positionnement de l'auteur face à ces événements un peu facile et convenu. le grand questionnement du roman est le devoir de mémoire. Certes il est important de ne pas oublier, il est important de rendre à travers ce souvenir un hommage aux victimes de ces barbaries. Mais ce qui m'agace au plus haut point c'est que ce devoir doive forcément s'accompagner, d'une part, de jugements critiques et méprisants envers ceux qui n'ont pas eu de comportements "héroïques", et, d'autre part, d'un profond sentiment de culpabilité.
Ce qui m'a gêné c'est que le narrateur soit une journaliste américaine, sorte de double de l'auteur... qui au travers de son enquête vient donner la leçon à tout un peuple, à toute une nation. Si encore le narrateur était venu à travers cette histoire faire son mea culpa, se libérer d'un poids et d'une culpabilité héritée de ses aïeux ça ne m'aurait pas dérangé. Mais là, en tant que spectateur étranger et extérieur aux événements venir donner des leçons de morale, semer la culpabilité, émettre des jugements, et rejeter la faute sur certains pour en encenser d'autres, plus d'un demi-siècle après que les événements ont eu lieu, ça m'a paru tellement facile et tellement confortable. Mais pour qui se prend-elle ? Prétendre détenir la vérité, savoir où se situe la limite entre le bien et le mal, affirmer quelle aurait été l'attitude digne et honorable à adopter en ces périodes troubles... après coup... une fois qu'on a le recul nécessaire pour pouvoir appréhender et comprendre les événements, c'est à la portée de tous ! Mais prendre ce genre de décision sur l'instant, dans le feu de l'action, en ayant une conscience et une connaissance imparfaite de la situation, c'est une autre histoire !
Moi, je trouve qu'il est tout aussi méprisable de venir, longtemps après les événements, condamner la lâcheté d'un peuple et des autorités qui le gouvernent. Pour pouvoir se permettre tel jugement il faudrait avoir soi-même goûter de la réalité d'un peuple sous le joug d'une occupation.
Il est étonnant de voir aujourd'hui quand on entend parler de ces événements qu'il ne reste plus que des résistants et des héros... Et les autres ils étaient où ?
En tout cas moi, je n'ai pas la prétention de penser que je n'aurais pas été aussi lâche que la majorité de mes compatriotes... j'aurais probablement mis des oeillères, aurais probablement refuser de voir, me serais probablement trouver des excuses, préférant laisser mourir l'autre plutôt que de mettre en danger mes proches. Où est l'acte héroïque dans tout ça ? Défendre l'autre quelqu'en soit le prix ? Ou protéger sa famille et ses proches coûte que coûte et même si cela implique la mort de son prochain ? Qu'aurais-je fait ? Nul ne peut le dire et surtout pas moi ! Et je me réjouis de n'avoir jamais été confronté à tel dilemme et surtout qu'on m'en préserve à jamais !
A entendre tous les commentaires qui s'étalent sur ces événements on en serait presque rassuré, devant tant de courage présumé, d'empathie annoncée envers les victimes et devant tant de convictions revendiquées et assumées, on ne peut que penser que finalement plus jamais ça ne se reproduira. Malheureusement, la barbarie est fourbe, et elle se joue bien de tous sentiments de compassion, elle a encore de beaux jours devant elle. Elle frappe ailleurs encore et toujours, et personne n'est suffisamment attentifs pour enrayer cet état de fait.
Et puis je suis agacé parce qu'ici on fait de la culpabilité un sport national. Mais moi je ne me reconnais aucune responsabilité dans ces événements passés et je me refuse d'en porter la culpabilité sous prétexte que je fais partie de ce peuple, et, de surcroît, j'admets difficilement que ce soit un spectateur étranger à ces événements qui vienne m'imposer d'en porter le fardeau ! Et puis je trouve qu'il est extrêmement pernicieux de transférer une culpabilité collective en une part de responsabilité individuelle, alors que l'individu en question, le lecteur précisément, n'y peut plus rien, si ce n'est se complaire dans ce sentiment et jouir de cette souffrance morale !
Sans arrêt il faut faire montre de sentiments honorables, d'amour pour son prochain, d'une empathie sincère et véritable pour tout être vivant.
Mais tout ça dans le fond c'est de la mouise et ça témoigne d'une réelle hypocrisie à peine masquée. Personne n'est dupe et tout le monde sait pertinemment que l'être humain fera toujours privilégier ses intérêts personnels devant ceux d'autrui.
Finalement elle est là cette nouvelle lâcheté. A culpabiliser sur la barbarie nazie et les infamies de l'occupation, on s'évite d'appréhender et de reconnaître les nouvelles formes de barbarie qui agissent encore et toujours et dont on a connaissance après coup.
Évidemment ces événements particuliers mettent en lumière les souffrances infligées au peuple juif et il me semble louable de ne pas l'oublier. Mais l'antisémitisme, qui a trouvé une sorte de paroxysme dans la barbarie nazie, ne date pas d'hier et est bien antérieur à ces années. On en trouve des traces tout au long des événements historiques qui jalonnent le 19ème siècle et bien au-delà. Alors tenter d'expliquer cet état de fait sous le seul regard du nazisme me semble vraiment réducteur et on ne peut expliquer tout ceci par la folie d'un seul et unique homme, aussi barbare soit-il. Il n'aurait rien pu faire seul s'il n'avait trouvé, dans le contexte de l'époque, un terreau favorable à ses délires ! Il me semble donc que l'on ne peut parler de ces événements sans les remettre en lumière face à un contexte plus global.
Sans ça il est vraiment difficile de faire avancer les mentalités, car, que reste-t-il de ce livre, après coup, une lâcheté culpabilisante.
Mais est-ce sur ses bases que l'on peut construire un avenir serein pour tous ? J'en doute !

Pour conclure je trouve que ce livre est un parfait objet marketing et qu'il a été conçu ainsi. D'ailleurs, il faut avouer qu'en ce sens il est très réussi. Il surfe avec brio sur les sentiments et les émotions, mettant en scène des enfants, c'est encore plus poignant. Il est simpliste en prétendant savoir où est le bien et le mal, qui est gentil, qui est méchant. Il juge en permanence condamnant la lâcheté et il vous pousse à vous sentir coupable et à revendiquer ce sentiment de culpabilité. En ce sens, il est très américain... Si bien que dans le fond, je doute de la sincérité des propos de l'auteur, qui, me semblent manquer d'honnêteté et surfer sur une certaine mode... La mode des gens "bien comme il faut" !
C'est un peu agaçant quand même...

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jeunejane
  21 juin 2019
Julia Jarmond, américaine, vit à Paris avec son mari et sa fille. Elle travaille pour un magazine américain et doit effectuer un reportage sur la rafle du vel' d'Hiv en juillet 1942. Nous sommes au début des années 2000.
Elle découvre le destin de Sarah et décide d'enquêter sur ce qu'est devenu cette petite fille qui, à l'arrivée des policiers dans l'appartement, avait enfermé son petit frère dans un placard, emporté la clef en lui affirmant qu'elle allait revenir.
Les chapitres sont écrits en alternance nous présentant d'une part le cheminement de Julia et d'autre part l'histoire de Sarah depuis son arrivée au vel' d'Hiv, son enfermement au camp de Beaune la Rolande, son évasion, son accueil par une famille d'agriculteurs, son retour dans l'appartement, sa vie d'adulte si difficile avec ce passé tellement lourd et pourtant géographiquement loin des faits.
C'est une très belle histoire qui s'appuie sur des faits réels même le geste d'agriculteurs français autour de Beaune la Rolande. Tout le monde n'était pas contre les Juifs, heureusement.
L'histoire de Sarah qui veut protéger son petit frère en le renfermant est tout à fait inventée. Cela m'avait soulagée en le lisant car c'était assez terrible surtout la scène où elle retourne dans l'appartement en compagnie de ses bienfaiteurs.
Je viens de relire le roman en lecture rapide en insistant sur les scènes dont dont je me souvenais le moins :
celles de la vie adulte de Sarah.
C'est vraiment un très beau récit, poignant avec des tensions comme Tatiana de Rosnay sait en créer.
L'excellent film tiré du livre valait vraiment la peine d'être vu.
Le livre traduit en français est paru en 2007 aux éditions Héloïse d'Ormesson et je conclus quand même que les meilleurs romans de Tatiana de Rosnay sont ceux qu'elle a écrits en anglais. Il faudra que je creuse mon idée mais je crois bien que je suis sur la bonne piste.
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Marple
  27 avril 2013
Peut-être est-ce parce que je l'ai vu en premier, ou alors simplement parce que Kristin Scott-Thomas est une Julia plus vraie que l'originale... Toujours est-il que le film 'Elle s'appelait Sarah' tiré de ce livre m'a beaucoup plus émue, séduite et bouleversée que le livre lui-même.

En fait, à l'exception de 2 ou 3 passages, le livre m'a laissée relativement indifférente. Pourquoi ? Je reconnais que cette histoire de rafle, de petit frère enfermé dans le placard avec les sentiments d'impuissance, de colère et de souffrance qui en découlent est terrible et magnifique. D'ailleurs, elle m'a complètement retournée dans le film. Mais, ici, elle ne sonne pas juste, elle est joliment racontée, peut-être un peu trop joliment justement pour faire naître des émotions profondes chez les lecteurs... En tout cas chez moi (pas chez d'autres, si j'en crois les critiques publiées ici). Ou alors c'est le côté donneur de leçon; facile en effet de dire après coup 'mais comment les Français ont-ils pu laisser faire ça?' mais beaucoup moins de s'insurger et de résister sur le coup, quand la vie des siens peut se retrouver menacée.

En un mot, ça ressemble un peu trop à du Lévy ou du Musso à mon goût, ce qui n'est pas un compliment dans ma bouche, surtout pour un livre traitant d'un thème aussi tragique. Cela dit, c'est une lecture facile et pas désagréable qui nous rappelle notre devoir de mémoire face aux horreurs de la Shoah. À recommander peut-être plutôt aux adolescents ou aux très jeunes adultes (?).
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Chrystaalle
  24 février 2012
J'ai lu ce livre il y a quelques jours déjà et j'ai mis du temps avant de décider si j'avais un avis positif ou négatif , en fait j'ai les deux.

Comme beaucoup j'ai trouvé l'histoire de Sarah, de son frère Michel, de ses parents magistralement traitée. A la fois sur le plan de l'intrigue, la psychologie de chacun des personnages, la description des évenements, l'ambiance de l'époque, l'histoire même de Sarah, son devenir, je ne trouve rien à dire, je trouve tout parfait.

De même , j'ai trouvé interessante l'enquête des journalistes, le déplacement sur les lieux qui ont vus se dérouler ces drames, le constat que la vie avait continué, avec des témoignages discrets et surement un certain déni de la population.

J'ai ressenti un premier couac quand Julia a interpèlé des lycéens qui vivaient leur vie de lycéens insouciants et joyeux pour leur reprocher , au delà de leur ignorance, de se conduire de manière lègère, alors que leur lycée est construit sur un ancien camp d'internement .

Son côté moralisateur de journaliste américaine sur l'ignorance du plus grand nombre sur le drame vécu par les personnes ayant subies les déportations m'a soudain dérangé.
Tout comme le ton accusateur vis à vis de ceux qui ne sont pas entrés en résistance ouverte face à ces crimes commis de manière légale.

Elle même n'a pas eu un mot pour faire un quelconque parallèle avec les déportations, et l'extermination qui en a suivi des nations indiennes.

Alors que son enquête est extremement détaillée, elle passe sous silence le fait que plus de la moitié des personnes fichées qui devaient être arrêtées ne l'a pas été, soit parceque ces personnes ont été prévenues par des résistants, soit parce qu'elles ont pu fuir, être cachées par des gens qui ont pris d'énormes risques ce jour là, ou parce que certains policiers ont fait preuve de "laxisme", de resistance passive, dans l'exécution de leur sinistre tache, ce qui ne dédouane en rien les actes monstrueux commis par d'autres et dont effectivement la police française et l'état français portent la responsabilité.

Lorsqu'on regarde l'histoire, il y avait déjà eu en France des déplacements massifs de population, des émigrants reconduits en train dans leur pays. Saint Exupéry le décrit d'ailleurs dans "Terre des hommes". Si les hommes politiques comme Laval et ses sbires ne pouvaient pas ignorer ce qui attendaient les victimes de cette rafle, en étaient ils de même du commun de mortels ?

Par ailleurs, j'ai trouvé qu'elle manquait de modestie, et pour reprendre la chanson de Goldman "Né en 17..." "serions nous de ceux qui resistent ou les moutons d'un troupeau s'il fallait plus que des mots".

De la suite de l'histoire j'en ai retiré une lecture qui me gêne parce qui j'y lis un parallèle entre le génocide d'enfants et l'avortement . Sarah, la fille de Julia, n'a pu vivre que parce que sa mère a fait preuve de courage en quittant son goujat d'époux et sa belle famille pour le moins désagréable. ( même si on se demande pourquoi elle ne l'a pas fait avant, de préférence avant son mariage) Elle a refusé l'avortement que son égoïste et sans coeur d'époux voulait lui imposer. Et pour cela elle n'a pas hésiter à braver en ce jour commémorant la rafle d'enfants innnocents une équipe médicale, prête à opérer. D'ailleurs le médecin s'est empressé de prévenir son époux ( et le secret médical ?).

Concernant sa belle famille, j'ai été assez catastrophée par l'accumulation de clichés : la belle soeur maigre et sèche, la belle mère sophistiquée, hautaine et condescendante, l'autre belle soeur replète et chaleureuse, le beau père froid qui se révèle être un homme sensible que sa femme n'a jamais compris, la grand mère placée en institution que tout le monde prend pour une idiote et qui finalement s'est révélée plus fine que tout le monde...

Quant à la rencontre de Julia avec le fils de Sarah et la longue scène avec la confusion entre le bébé et la girafe Lucy , j'ai trouvé ça non seulement d'un niais absolu et mais en plus complétement convenu.
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TheWind
  30 novembre 2017
Elle s'appelait Sarah. le 16 juillet 1942, elle fut emmenée avec ses parents par des policiers français au Vélodrome d'hiver.

Elle s'appelle Julia. Elle est journaliste américaine, vit à Paris avec son époux et sa fille. Son patron lui demande d'écrire un article pour la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv.

C'est un sujet bouleversant et l'histoire ne peut manquer de faire verser quelques larmes.
Tatiana de Rosnay aborde avec témérité et émotion un des épisodes les plus tragiques, les plus cruels de notre Histoire de France. Sans en faire trop, elle rappelle à chacun qu'il convient de ne pas se débarrasser du poids du passé , aussi tragique soit-il, aussi encombrant soit-il.
Cette histoire ne permet pas forcément de comprendre l'atrocité et encore moins de la justifier. Non, elle permet juste de se souvenir.

C'est une histoire de secret aussi. Comme il peut y en avoir dans toute famille.
La question de la révélation du secret est problématique. Doit-on le révéler au risque de pourrir la vie de ceux qui ne savaient rien, doit-on le révéler pour soulager -un peu- sa conscience ? Difficile à dire...

Tatiana Rosnay, à travers ce bouleversant roman, prend le parti du devoir de mémoire, du courage face à l'ignorance et de la volonté de demander pardon.

C'est un très beau roman. Je l'ai beaucoup aimé.
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Under_the_Moon
  27 mai 2017
Deux destins se croisent à 60 ans d'intervalle. Ces deux destins sont liés par un évènement tragique : la rafle du Vel'd'Hiv, du 16 juillet 1942.
Une journaliste américaine résidant à Paris enquête sur cette date, puis elle va découvrir que sa belle-famille est liée au destin de Sarah Starzynski, une petite fille raflée à Paris.

Ces recherches vont être l'occasion d'une introspection et d'un bilan assez douloureux... On n'ouvre pas la boîte de Pandore sans impunité, que ce soit avec les histoires de famille ou la grande Histoire.

Difficile de faire une critique de ce roman qui m'a mis comme en apnée tant j'ai été absorbée et pris d'une frénésie qui m'empêchait de m'arrêter de lire. C'est un roman très fort sur la culpabilité, ce qu'il vaut mieux parfois ignorer, sur les choix et les regrets et sur la rédemption.
Les chapitres sont très courts et la traduction est très fluide, traduisant bien un certain pragmatisme et une recherche d'authenticité à l'anglo-saxonne.
Ce fut pour moi la première découverte de Tatiana de Rosnay et au-delà de son récit, sa démarche d'écrire dans une langue étrangère avec le point de vue d'une "expatriée" est très intéressante et permet une remise en question assez brute qu'il n'aurait sans doute pas été possible avec du 100% français.

A plusieurs reprises les larmes me sont montées aux yeux tant il y avait de tension dans ce récit. de même qu'un certain besoin de m'extraire du roman pour "respirer".
Un roman dont je ne suis pas laissée indemne..

Et de ce fait, cette critique ne fait pas justice à toutes les émotions que j'ai ressenties.
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Aline1102
  05 juin 2014
La rafle du Vel' d'hiv en juillet 1942 est une période de l'histoire que je connais mal. Un peu comme les personnages que rencontre Julia, l'une des héroïnes de ce roman : je sais que cela a eu lieu, mais je n'en connais pas les détails. J'ai donc apprécié le côté "culturel" de ce roman, qui m'a permis de combler quelque peu cette lacune.
Et bien que Tatiana de Rosnay prévienne d'emblée qu'elle n'a pas souhaité nous raconter la véritable histoire, vu la bibliographie qu'elle nous propose en fin de volume, je suppose que les faits qu'elle nous relate sont suffisamment précis pour améliorer notre connaissance de cette période sombre de l'histoire.

Sarah et sa famille sont des personnages fictifs. Mais la haine et le mépris qu'ils doivent endurer ont réellement existé. Et c'est sans doute cela qui rend ce roman aussi poignant. On finit par croire à l'existence de Sarah car ce qu'elle endure est gravé dans nos mémoires, que ce soit grâce à nos cours d'histoire ou à d'autres lectures au sujet de la Seconde Guerre mondiale.

Le roman alterne (du moins pendant une bonne partie du récit) les chapitres consacrés à Julia et ceux qui nous parlent de la vie quotidienne de Julia et de ses recherches sur le 16 juillet 1942. Ce partage est sans doute utile pour "relâcher" la pression et pour permettre de se remettre des horreurs lues pendant les scènes se déroulant au Vel' d'hiv' ou au camp de Beaune-la-Rolande. Mais j'ai parfois trouvé cette alternace difficile : plongée dans l'histoire de Sarah, je n'avais pas vraiment envie de retrouver le monde contemporain (et les goujateries de Bertrand, le mari de Julia... Sale type, celui-là !) tout de suite.
Mais malgré cela, l'écriture de Tatiana de Rosnay, simple et efficace, m'a totalement plongé dans l'histoire de Sarah et de Julia. Tout en douceur, sans tomber dans la caricature, l'auteur parvient à nous faire comprendre à quel point la haine de certaines personnes parvient à détruire la vie des autres. Elle nous décrit ces concierges et ces policiers qui, pour satisfaire les Nazis, décident de dénoncer / capturer des familles juives en y incluant les enfants (alors qu'à ce moment-là, les Nazis ne réclamaient que la déportation des parents). Mais même dans les moments les plus sombres, on ne tombe pas dans le mélo. Heureusement, car cela réduirait l'impact que ce roman peut avoir sur ceux qui le lisent.
L'histoire de Sarah n'est toutefois pas uniquement composée de moments difficiles : certaines personnes acceptent de lui venir en aide, au péril de leur propre vie.

Julia traverse également quelques périodes difficiles, même si ses drames personnels ne sont pas aussi terribles que ceux de Sarah. Mais ce qui m'a plu dans l'histoire de Julia, ce ne sont pas ses problèmes conjugaux mais la façon dont elle se plonge corps et âme dans son travail. Fascinée par les recherches et les lectures qu'elle a effectuées pour son articles sur la rafle du Vélodrome, elle essaye d'en savoir plus, notamment lorsqu'elle apprend presque par hasard que sa belle-famille est liée à ce drame.
Julia est en quelque sorte hantée par l'histoire de Sarah et des siens et, honnêtement, qui ne le serait pas ?

Je n'ai trouvé qu'un seul défaut à ce roman. Et encore, ce n'est pas réellement un défaut, mais plutôt une légère déception personnelle. A ce moment du récit, j'ai eu l'impression que les recherches de Julia avaient été vaines et que ma lecture l'était tout autant : tout ça pour rien ?
Mais cette façon de clore l'histoire de Sarah et de Julia était sans doute nécessaire. Comme Julia, j'ai donc dû me faire une raison et accepter l'inévitable destin de Sarah.

Elle s'appelait Sarah n'est sans doute pas une lecture indispensable pour qui veut connaître l'histoire "réelle" de la Seconde Guerre mondiale. Mais c'est un excellent roman qui vaut la peine d'être découvert, car il a le mérite d'émouvoir et de révolter ceux qui le lisent. Tatiana de Rosnay parvient à donner vie à cette période de l'histoire et nous permet de ne pas l'oublier. C'est le principal. Comme le dit Sarah :" Zakhor, al Tichkah. Souviens-toi. N'oublie jamais. "
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Neneve
  07 mars 2018
Ce livre se passe de description avec tous les avis déjà postés sur lui... J'en dirai simplement que j'ai beaucoup aimé ce livre... J'avais hâte de le lire, puisque les derniers de Rosnay m'avait pas tellement plu... J'hésite à garder les autres dans ma PAL, lisant que c'est sans doute le meilleure de cette autrice. Mais bon, quoique le sujet de Rose me parle bien. Bref, revenons à celui-ci... comme je le disais j'ai vraiment apprécié ma lecture... lire sur ce pan de l'Histoire me fascine toujours et d'autant plus que dans celui-ci, on parle d'un événement qui m'a pas été abordé souvent : la rafle du Vél d'Hiv où des milliers de personnages ont été prisonniers de ce vélodrome avant d'être dirigé vers les camps de concentration... Une lecture révoltante, mais avec une plume très humaine. Mon seul bémol, j'aurai voulu encore plus de ces passages où la parole est donné à la petite Sarah... Une lecture que je ne regrette pas du tout d'avoir faite.
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sabine59
  27 septembre 2016
Relecture...

Si l'auteur me déçoit depuis ses dernières parutions, je reste cependant attachée à elle, ne serait-ce que pour ce livre-là.Je n'en suis pas sortie indemne et cette fois encore, je suis fort émue .

Deux destins d'abord en parallèle, puis qui se rejoignent, au fil du roman: en 1942, celui de Sarah, petite fille juive de dix ans et en 2002, celui de Julia, journaliste dont la belle-famille va livrer, après bien des secrets, une terrible vérité, qui fera tout voler en éclats.

Sarah et son amour déchirant et poignant de culpabilité pour son petit frère.
Sarah arrachée à son quotidien lors de la rafle du Vél d'Hiv ( et il en a fallu, du temps, pour que l'état français reconnaisse sa participation à cette horreur !)
Sarah parquée dans un camp français, comme tant d'autres enfants.
Sarah qui s'échappe et trouve un refuge provisoire dans une famille qui la cache.
Mais Sarah,adulte, toujours en fuite d'elle-même et de son passé, Sarah, si fragile et cassée de l'intérieur...

Julia trouvera la vérité dans les murs de cet appartement suintant la mort et la souffrance( on sait l'attirance de l'auteur pour les habitations et leurs secrets), mais au prix de bien des difficultés, confrontée aux non-dits, au déni de sa belle-famille.Son histoire sentimentale personnelle est en trop, je trouve, dans le cadre dramatique du roman.Mais ce n'est qu'un détail.

Car l'essentiel, c'est cette émotion qui nous saisit, nous imprègne, nous accompagnons avec compassion et tendresse le destin de Sarah et nous suivons avec passion l'enquête de Julia.

Je suis allée voir la plaque commémorative du Vel' d'Hiv, qui est maintenant sur le boulevard.Des minutes de silence horrifié et tremblant, en souvenir de Sarah et de tous ces enfants martyrs.
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patrick75
  06 juillet 2012
J'ai le souvenir d'un roman très émouvant, avec pour toile de fond la rafle du Vel d' Hiv . L'auteur sait appuyer là où cela fait mal. Une page sombre de l'histoire de France que l'on aimerait n'être qu'un cauchemar. l'on se réveillerait le matin et cela n'aurait jamais eu lieu. Et l'on se sentirait beaucoup mieux, malheureusement...
Un livre à lire.
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