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ISBN : 2330113307
Éditeur : Actes Sud (12/09/2018)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 295 notes)
Résumé :
Oregon, 1851. Eli et Charlie Sisters, redoutable tandem de tueurs professionnels aux tempéraments radicalement opposés mais d'égale (et sinistre) réputation, chevauchent vers Sacramento, Californie, dans le but de mettre fin, sur ordre du "Commodore", leur employeur, aux jours d'un chercheur d'or du nom de Hermann Kermit Warm.

Tandis que Charlie galope sans états d'âme - mais non sans eau-de-vie - vers le crime, Eli ne cesse de s'interroger sur les i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  19 août 2018
Alléchée par le visionnage de la bande-annonce du prochain film de Jacques Audiard ( sortie le 19 septembre – casting 5 étoiles Joaquin Phoenix – Jake Gyllenhal – John C.Reilly – Riz Ahmed ), me voilà en train de lire Les Frères Sisters.
Jacques Audiard ? Et suivant les tribulations de ces deux tueurs à gage traquant un scientifique chercheur d'or dans la Californie des années 1850, j'ai plutôt songé ( un peu comme tout le monde ) à Tarantino et surtout aux frères Coen ( période True grit ) : les balles sifflent pour un rien, les vautours ont du taf, tous les codes du western sont là ( ruée vers l'or, saloon, whisky à gogo, casiques locaux, girls, trappeurs, Indiens … ) , les personnages sont loufoques, les dialogues truculents frôlant l'absurde et la digression avec une touche de folie douce. Tiens, on pourrait même être dans un Sergio Leone pour le côté quasi parodique et l'humour.
En fait c'est un hommage subtil et complètement décalé au western. Si l'un des frères, Charlie, est une brute épaisse qui avance sans regarder ni en arrière ni vers demain, celui qui porte la narration, Eli, est complètement différent. C'est un pistolero très fleur bleue qui cherche une "bonne amie", un vrai coeur d'artichaut qui s'amourache à chaque rencontre féminine et n'hésite pas à draguer ( malgré lui ) à l'aide de son dentifrice mentholée ( une révélation pour lui, une curiosité à cette époque-là dans ce milieu là, pages hilarantes ). La traque se transforme en parcours initiatique et philosophique, chaque rencontre amenant à gravir une marche dans l'introspection. Eli aspire à une autre vie et ses pensées sont empreintes de mélancolie et mal être.
Un grand plaisir de lecture grâce au talent narratif de Patrick DeWitt ! On rit, on s'émeut, on s'évade, on réfléchit dans ce western atypique. Très belle fin, atypique, elle aussi.
La bande-annonce du film de Jacques Audiard
https://www.youtube.com/watch?v=N7U4RN6Sjc0
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Iboo
  29 mars 2016
Je n'aurais jamais pensé qu'un jour je lirais un western. Et je n'aurais pas plus pensé que ce genre littéraire ait pu se révéler un coup de coeur pour la jeune amie qui me l'a offert.
Comme quoi on n'est pas à l'abri d'être étonné quand on aime lire et partager !
Et pour ce qui est d'être épatée, je l'ai bougrement été à la lecture de ce roman qui m'a rappelé l'atmosphère des films de Tarantino.
Toute la palette des émotions y est passée : la surprise, le rire, la tristesse, la compassion, l'empathie, la stupéfaction...
Alors, naturellement, il y a l'histoire, cette aventure haute en couleurs que je ne vous résumerai pas - la quatrième de couverture et d'autres lecteurs l'ayant déjà fait. Mais il y a aussi le style d'écriture, d'une remarquable justesse de ton, on y croit, on y est.
Je viens de me taper une sacrée balade d'Orégon en Californie avec Charlie et Eli. Il nous est arrivé des trucs, vous n'imaginez même pas !
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le_Bison
  05 avril 2016
Deux frères, Charlie et Eli Sister, deux gueules de baroudeurs, de chasseurs de primes, de tueurs à gage, d'assassins sanguinaires et de bêtes sauvages. Une tabarnak de gueule pour ces deux individus patibulaires. Alors que je tente de les suivre sur mon vieux canasson, tant bien que mal tant la sente est caillouteuse et poussiéreuse en Orégon, d'autant plus que cela doit être ma première incursion dans cet état peuplé de castors, je compte les cadavres et les fracas par pagaille par là où les deux frères ont évacué leur frustration.
Le dos fourbu par le cahotement de mon cheval encore plus vieux que moi, je m'autorise une virée au saloon, boire quelques eaux-de-vie que, je le sais, je regretterais le lendemain, et taper le cul d'une pouliche au comptoir avant de la faire monter dans ma chambre. J'aime ce far-west, wild wild west. Les frères Sister sont à la recherche d'Hermann Kermit Warm, chercheur d'or qui a trouvé LA méthode mais qui ne veut pas la divulgué. Autant le dire de suite, cet homme est mort avec deux sauvageons comme « Les Frères Sister ».
Bien mal lui en a pris à ce vieux fou de vouloir échapper à son triste sort. Une longue course poursuite, à dos de cheval où les cadavres peuplent les déserts traversés, jusqu'en Californie. California Dreamin' chantait-on dans le temps, mais ça c'était avant que Charlie et Eli y trainent les éperons de leurs santiags. En fait, malgré leurs sinistres réputations, je m'attache à ses deux frères au caractère bien trempé mais aussi bien différent. Et je perçois une belle dose d'humanité dans le regard d'Eli qui me fait penser que l'âme humaine n'a pas entièrement abandonné les territoires de l'ouest sauvage contrairement aux indiens.
Le whisky donne souvent mal à la tête, les rencontres qui ne finissent pas six pieds sous terre sont souvent inoubliables, Eli a tendance à tomber facilement amoureux dès qu'un sourire de braise le regarde un peu trop, surtout si la paire de jambes sous ce sourire reste un délice. Et quand Eli découvre pour la première fois, les joies de la brosse à dents, cela devient hilarant, et ferai même tomber sous le charme n'importe quelle assistante dentaire, pour peu qu'elles ne s'offusquent pas de ses accès de rage et de son hygiène corporelle un peu douteuse.
Avec ce prix des libraires du Québec et ce prix littéraire du Gouverneur général, je passe un moment mémorable comme le dirait une charmante blonde pour un western littéraire signé Patrick deWitt et arrosé d'un whisky frelaté en compagnie de deux êtres touchants – à leur manière et à celle d'un film des frères Coen. Une oeuvre presque philosophique dont certaines citations, plus profondes qu'elles n'y paraissent, laissent en bouche un gout de réflexion par-dessus la poussière imbibée d'eau-de-vie.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Arakasi
  01 août 2014
Charlie et Eli Sisters ne sont pas des angelots, non, mon bon monsieur ! Depuis leur plus jeune âge, ils vivent de plomb et de poudre, gagnant leur croûte en trucidant leur prochain pour le compte de plus fortunés et de plus puissants qu'eux. Une profession pas aussi lucrative qu'on pourrait le croire, étant donné que les deux frangins ne possèdent rien de plus que leurs chevaux et leurs révolvers, mais avec ses bons côtés également : indépendance, liberté, alcool et prostituées en abondance... Cependant, on se lasse de tout, y compris du meurtre, et si Charlie ne vit et ne respire que dans la violence, son cadet Eli raccrocherait bien son holster pour se consacrer à une profession plus pacifiste – vendre des habits, pourquoi pas ? Personne ne vous tire dessus quand vous tentez de lui vendre une chaussette. Mais avant de mettre à bien ce projet, les deux frères Sisters doivent terminer un dernier contrat : aller en Californie pour y abattre un petit chercheur d'or qui aurait eu l'audace de « voler » leur employeur, le Commandeur. Un petit boulot qui devrait se dérouler sans anicroche et au terme duquel les deux frères pourront mettre un terme à leur association et partir chacun de leur côté, Eli vers sa future boutique et Charlie vers de nouvelles tueries et buveries. Sauf que la loi de Murphy s'en mêle et que ce dernier contrat va prendre des allures dangereusement déjantées entraînant les frères Sisters sur des chemins qu'ils n'auraient jamais songé emprunter…
Youpi, encore un western ! Et un bon, qui plus est ! J'ai dévoré avec beaucoup de plaisir ce road-movie atypique, mêlant avec beaucoup de succès humour noir, violence décomplexée et humanité un peu boiteuse. Malgré leur profession sanguinaire, les frères Sisters sont assurément d'excellente compagnie, surtout le narrateur Eli, rondouillard rêveur mais tout à fait capable, malgré son tempérament bon enfant, de tuer son voisin sans plus d'émotion qu'il n'en mettrait à se moucher. le portrait de l'Ouest américain est tout aussi réussi, réaliste et assez sordide, mais baignant également dans une atmosphère douce dingue rendant la lecture particulièrement agréable. Et parce que même les grosses brutes ont un coeur, on a également droit à quelques brefs mais assez touchants moments d'émotion (même s'il faut souligner que ces moments d'émotion sont plus souvent suscités par les chevaux des frangins que par le reste de l'humanité. D'un autre côté, faut voir sa tête, au reste de l'humanité…). le tout donne un excellent roman de divertissement, aussi cocasse que brutal : un vrai bonheur pour les amateurs du genre !
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Petitebijou
  07 novembre 2012
Critique réalisée dans le cadre de « Masse critique ». Merci à Babelio et aux Editions Actes Sud.
Eli et Charlie Sisters sont deux frères tueurs à gage engagés par le Commodore pour tuer un homme. Ils entament un périple de l'Oregon à la Californie pour accomplir leur mission. le chemin parcouru sera le théâtre de rencontres diverses, plus ou moins pacifiques et pittoresques, et une exploration initiatique pour chacun des deux frères du lien fraternel qui les anime.
Nous sommes en 1851. Ami lecteur, ça va saigner.
Ce roman est un western. Les amateurs du genre retrouveront au fil des pages tous les codes bien balisés du genre, entre le classicisme d'un John Ford et l'ironie aux frontières de la parodie d'un Sergio Leone. Ils croiseront des bandits, des trappeurs, des chercheurs d'or, des prostituées, un pionnier égaré, quelques indiens, etc… rien ne manque au tableau. L'auteur rend hommage au genre tout en le poussant au paroxysme de ses conventions. Chaque chapitre est un épisode d'une saga trépidante, violente, âpre, que traversent nos héros avec une certaine nonchalance et un fatalisme placide, parfois teinté de surréalisme. A l'image des récits initiatiques, chaque rencontre est l'occasion d'une remise en question personnelle, d'un bouleversement pour Eli, autant contemplatif que Charlie est dans l'action, ce Charlie que son frère admire éperdument sans être exempt d'une certaine terreur envers cet aîné implacable et si prompt à dégainer.
Pour autant, Eli n'éprouve aucun état d'âme la plupart du temps à tuer. C'est son métier. Mais, parfois, certaines pensées s'insinuent dans son cerveau et l'amènent à s'interroger sur le sens de sa vie. Heureusement, Charlie est toujours là pour le ramener sur terre et lui sauver la vie, quand, penser et méditer sont plutôt handicapants pour un tueur à gage et l'éloignent du pragmatisme nécessaire à sa survie.
Dans ce roman, pour les frères Sisters, les êtres humains comptent bien moins que les chevaux, véritables héros de toute la première partie du récit. le cow-boy et son cheval, un couple bien plus uni que toutes les tentatives de relations sentimentales : pour Charlie, la femme est uniquement là pour satisfaire ses besoins immédiats, tandis qu'Eli, qui n'a connu qu'une relation sexuelle, elle est source d'émois amoureux et de manifestations physiologiques qu'il n'arrive pas à contrôler. Par ailleurs, la femme, hormis la mère, est principalement une putain, en tous cas toujours manipulatrice, souvent assez laide, dont l'hygiène laisse grandement à désirer.
L'ambiance du roman est très réussie, à la fois pittoresque et réaliste, à l'image des détails très précis concernant la vie quotidienne des protagonistes, dans ce qu'elle a de plus crue et de moins ragoutante, dans un style volontairement simple, discret, sans effet superflu, soulignant par là même la banalité de la crasse, la violence, l'avidité, la mauvaise foi qui habitent nos héros dans un seul souci de survie très légitime. C'est ainsi que Patrick de Witt nous rend ses héros sympathiques, car le lien qui les unit semble un peu extraordinaire dans un monde où tous les autres personnages sont soit sordides ou complètement fous. Peu enclins à la pitié, insensibles en apparence à la douleur et la détresse d'autrui, fut-il un enfant (les seules paroles empathiques s'adressent aux chevaux), les deux frères n'arrivent jamais à se séparer même s'ils en formulent le projet, mus par la conviction inconsciente qu'une rupture physique les laisserait errants dans un monde d'incomplétude bien plus hostile que l'univers violent dans lequel ils évoluent à chaque instant. Avant tout, l'humour distillé finement tout au long du roman est un vrai plaisir, de même que les situations cocasses, burlesques, qui donnent de la légèreté aux péripéties souvent sanglantes racontées par un Eli soumis au destin avec humilité.
On peut faire une lecture à dimension mythologique du roman, voir Eli et Charlie comme les deux faces du même homme chevauchant sur les sentiers de la vie, subissant des épreuves, à la recherche d'un graal (l'or) qui aussitôt trouvé sera perdu, et qui au bout du compte retournera dans le ventre de sa mère (le meurtre du père a été accompli par les frères quelques années auparavant), amputé mais réconcilié, « entier ». Eli dit à sa mère : « Quand je suis avec toi, je reste le même. C'est quand je m'éloigne que je me perds ». le retour aux origines a coûté le prix du sang et des larmes, mais « CharlEli » a enfin trouvé la paix et la reconnaissance.
« Les Frères Sisters » est un roman qui se lit avec beaucoup de plaisir, malgré parfois quelques longueurs, subtil dans la narration comme dans le style. Je peux imaginer une adaptation cinématographique par le biais des frères Coen par exemple. Entre frères, ça devrait marcher !

Lien : http://parures-de-petitebijo..
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critiques presse (3)
LaPresse   20 mai 2013
Sombre western et brillante comédie tout à la fois, le deuxième roman de Patrick deWitt raconte les aventures des frères Eli et Charlie Sisters, deux cow-boys engagés par un personnage omnipotent et redouté appelé le Commodore.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   10 décembre 2012
Les dialogues sont aussi tordants que chez Tarantino. Les meurtres ressemblent à des gags. La rigolade survient avec une morsure d'araignée qui défigure le héros. Les moments d'émotion sont ceux où on enlève un œil abîmé à sa monture (se munir d'alcool pour désinfecter, s'éloigner pour éviter les ruades).
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   11 septembre 2012
Avec cette épopée enlevée et bien menée, Patrick de Witt [...] signe, après "Ablutions", un hommage subtil et décalé aux classiques du western.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   14 janvier 2016
Assis devant la cuvette, je sortis ma brosse à dents et ma poudre et Charlie, qui n’avait pas vu mon attirail jusqu’alors, me demanda ce que je fabriquais. Je lui expliquai, et lui fit une démonstration, après quoi j’inspirai profondément : « C’est très rafraîchissant pour la bouche », lui dis-je.
Charlie réfléchit. « Je n’aime pas ça, rétorqua-t-il. Je trouve ça idiot.
- Pense ce que tu veux. Notre docteur Watts m’a dit que mes dents ne se gâteront jamais si j’utilise cette brosse comme il faut. »
Charlie demeura sceptique. Il me dit que j’avais l’air d’une bête enragée avec ma bouche pleine de mousse. Je répliquai que je préférais avoir l’air d’une bête enragée quelques minutes par jour plutôt que d’avoir une haleine fétide toute ma vie, ce qui marqua la fin de notre conversation sur la brosse à dents.
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le_Bisonle_Bison   07 janvier 2016
Charlie dit, « J’ai payé vingt-cinq dollars pour une fille à Mayfield. »
L’homme rétorqua, « Vous payerez la même somme ici pour vous asseoir au bar avec elle. Pour coucher avec, il faudra lâcher un minimum de cent dollars.
- Qui paierait une telle somme ? demandai-je.
- On fait la queue ici pour la payer. Les putains travaillent quinze heures d’affilée, et il parait qu’elles gagnent des milliers de dollars par jour. Vous devez comprendre, messieurs, qu’économiser son argent et le dépenser à bon escient sont deux traditions qui ont disparu ici.
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le_Bisonle_Bison   12 décembre 2015
Autant j'aspirais à la vie tranquille de commerçant, autant Charlie souhaitait continuer à vivre entre passions et violence perpétuelles mais sans plus s'engager personnellement, donnant ses instructions à l'abri d'un rideau de sbires bien armés tandis qu'il se prélasserait dans des chambres au doux parfum où des femmes bien en chair lui verseraient à boire et ramperaient par terre pareilles à d'hystériques nourrissons, le derrière à l'air, frissonnantes de rires, d'eau-de-vie, et de fourberies.
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le_Bisonle_Bison   26 janvier 2016
Tu te souviens de mon premier fusil ? Celui que Père appelait ma sarbacane ? Il a arrêté de s’en moquer quand j’ai commencé à lui tirer dessus avec. » Charlie s’interrompit. « J’ai tiré deux fois, une balle dans le bras et une autre dans la poitrine, et c’est alors qu’il est tombé par terre. Il est resté là, allongé, à me cracher dessus, encore et encore… à cracher et à jurer et à me haïr. Je n’ai jamais vu une telle haine de ma vie, ni avant ni depuis. Notre père, étendu là, qui toussait un sang épais et le me crachais à la figure.
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Charybde2Charybde2   31 mars 2017
Sur la rive opposée, à environ cinq cents mètres en direction du nord, j’aperçus une tente derrière laquelle nous observait un visage barbu et d’une extrême saleté. Je levai la main pour le saluer, et le visage disparut d’un coup. « Je crois que nous avons là un prospecteur en chair et en os, dis-je.
– C’est plutôt éloigné de tout, comme emplacement, tu ne crois pas ?
– On dirait. Allons lui rendre visite pour voir si ses affaires sont bonnes. »
Charlie rejeta le sable dans l’eau. « Il n’y a rien dans ce cours d’eau, mon frère.
– Mais tu n’as pas envie de savoir ?
– Si tu veux aller le voir, tu n’as qu’à y aller tandis que je fais ma toilette. Mais je ne peux pas perdre mon temps avec chaque curiosité. »
Il s’enfonça dans la forêt tandis que je remontais le courant à cheval tout en m’annonçant à la cantonade, mais le barbu ne donna aucun signe de vie. Je remarquai une paire de bottes devant sa tente, et un petit feu de camp ; une selle était posée par terre, mais il n’y avait pas de cheval en vue. J’appelai à nouveau, sans résultat. L’homme s’était-il enfui pieds nus dans les bois plutôt que de faire part à autrui de ses richesses ? Mais non, d’après le triste état du camp, je compris que le prospecteur n’avait pas encore goûté à la réussite. C’était un homme avide d’or mais trop couard pour se confronter à ce nid de vipères qu’était la Californie. Il ne trouverait rien, il mourrait de fin, il délirerait avant de trépasser : je me figurai son cadavre dénudé, picoré par les corneilles. « L’un de ces froids matins », me dis-je.
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Vidéo de Patrick deWitt
Une semaine avec Patrick deWitt épisode 4
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