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ISBN : 2330022468
Éditeur : Actes Sud (04/09/2013)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.74/5 (sur 176 notes)
Résumé :
Eduardo tente de survivre dans un appartement sans âme, grâce à l’alcool et aux psychotropes que lui prescrit la psychiatre chargée de sa réinsertion. Il vient de purger une peine de prison pour le meurtre du chauffard qui a tué sa femme et sa fille, voilà quatorze ans. Peintre autrefois coté, il gagne sa vie en exécutant à la chaîne des portraits anonymes que sa galeriste place dans les grandes surfaces. Un jour, celle-ci lui transmet une bien étrange commande : un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
artemisia02
  18 décembre 2018
Un de mes auteurs préférés. J'ai retrouvé avec un plaisir la plume de Víctor del ÁRBOL.
Un roman sombre qui est placé sous le signe des différentes façons d'effectuer le deuil de son enfant tué par un chauffard, ivre pour certain ou qui prend la fuite mais que l'on retrouve.
Comment réagir : faut-il se venger ou pas, sachant que cela ne fera pas revenir les êtres perdus mais peut-être que cela apaisera un peu sa peine et sa douleur. Tout n'est qu'illusion et le pardon n'existe pas surtout quand l'argent s'en mêle.
Les personnages ne sont que souffrance, des écorchés de la vie, ils survivent plutôt que vivent, cherchent à assouvir leur vengeance par tous les moyens quelles qu'en soient les conséquences et ceux qui réussissent ne s'en portent pas mieux.
Un chassé croisé de personnages qui ont plus de points en commun qu'il n'y paraît, ou les évidences sont trompeuses, où la manipulation est reine.
L'auteur aborde le thème de la vengeance et de la violence : jusqu'au peut-on aller pour se venger, pour protéger ses enfants, où est la limite, y a-t-il une limite tant cette perte est omniprésente , douloureuse, une plaie à vif.
Tout le monde possède sa part d'ombre et doit vivre avec le poids de ses actes commis pour des raisons propres à soi- même.
Les personnages secondaires qui gravitent autour des principaux sont attachants, comme Sara et M.Who, et d'autres plus inquiétants car leur violence est sans limite.
Un excellent roman que je n'ai pas lâché, si vous ne connaissez pas cet auteur, laissez vous tenter.
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indira95
  07 juillet 2014
Ce roman est ma deuxième rencontre avec l'auteur barcelonais à qui on doit le très bon La tristesse du samouraï que je vous recommande chaudement. Mais là n'est pas mon propos, focalisons-nous sur La maison des chagrins, titre prometteur qui ne nous donne pas franchement envie de nous précipiter dessus et là je vous dis erreur ! Vous passeriez à côté d'un très bon et beau roman noir. Ici, il est question de tristesse (au cas où vous ne l'auriez pas deviné :)) et de vengeance, de solitudes qui se croisent au coeur d'un Madrid froid et pluvieux qui se fait comme l'écho de toute cette misère sourde qui transpire à chaque page du roman et préside à chacune des destinées des personnages. le point de départ est le suivant : un peintre alcoolique et dépressif brisé par la mort tragique de sa femme et de sa fille, est engagé par une riche et virtuose violoniste pour peindre le portrait de l'assassin du fils de celle-ci. Cette étrange requête est seulement motivée par le souhait de cette femme de ne jamais oublier le visage du meurtrier de son fils, de celui qui a brisé sa vie à tout jamais. Autour d'eux gravitent d'autres âmes perdues : l'assassin du fils chéri, homme d'affaires qui vient de purger sa peine de prison, son acolyte de cellule, Arabe au passé lourd de secrets, un jeune asiatique androgyne qui vend son corps par amour, une mère de famille esseulée qui élève sa fille un peu spéciale, et bien d'autres encore. Tous sont animés par la vengeance et le désespoir. Personnages torturés et complexes, les fils de leur destin sont imbriqués les uns aux autres, nous le découvrons au fur et à mesure de notre lecture.
Je l'avoue, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire : je ne savais pas trop où Victor del Arbol souhaitait nous emmener. Et puis au fil des mots, apprenant à connaître chacun des personnages, le déclic s'est opéré et tout a pris sens. Pour résumer, difficile de lâcher le livre. Bien que d'une parfaite noirceur, j'ai été séduite par l'écriture de Victor del Arbol, d'une profonde empathie et d'une belle musicalité, qui nous offre de touchants portraits à leur manière, au-delà de leurs failles et de leurs plus inavouables secrets. Rien n'est jamais ni tout blanc ni tout noir dans la vie et comme en littérature l'auteur se fait le chantre de cette dualité. Pari réussi pour Victor del Arbol qui est décidemment un admirable conteur.
Lien : http://livreetcompagnie.over..
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bilodoh
  14 février 2016
Comment accepter la mort de son enfant ? La vengeance permet-elle de continuer à vivre ? Est-il possible de pardonner, d'oublier ?

Eduardo, peintre-portraitiste, a choisi de tuer celui qui a causé l'accident dans lequel sa femme et sa fille sont décédées. Sorti de prison, il vivote en s'abrutissant avec l'alcool et les médicaments. Saura-t-il trouver un peu de réconfort auprès de la femme de son immeuble qui vit seule avec sa fille malade ?

Une violoniste célèbre n'a jamais pardonné. Son couple s'est disloqué, sa carrière abandonnée. Elle demande même à Eduardo de faire le portrait d'Arthur, l'homme qui a écrasé son fils avec sa voiture. Pourquoi vouloir cette image ? Est-ce qu'entretenir la haine peut l'aider à ne pas oublier son fils ?

Poète devenu homme d'affaires, Arthur est en prison pour avoir écrasé deux piétons. Mais sa propre fille est également disparue. Il est prêt à tout pour la retrouver, même à engager un détective, un ancien bourreau d'une junte militaire.
Des personnages secondaires alimentent aussi les réflexions sur la vie et la mort, le bien et le mal : Ibrahim, l'Algérien torturé par des Français, M. Who qui vend ses charmes et qui veut s'enfuir avec la jeune Chinoise dont il est amoureux ou encore l'Arménien qui veut venger sa fille.

Un excellent pavé noir où s'entrecroisent des destins tragiques. Il sera question de crimes et de vengeance, de grand amour et d'amour parental, d'art et de torture.
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Roggy
  29 avril 2017
Et si nous n'étions que des marionnettes aux mains d'un hasard machiavélique qui joue avec nos destins ? Et si nous n'étions que de simples pantins manipulés condamnés à dégringoler de nos vies, mutilés par les blessures et les coups du sort ?
Victor del Arbol fait un examen de l'humain dans sa dimension tragique.
Douleur de la perte d'un être cher, vengeance, souffrance, solitude… les thèmes qui traversent ce roman noir ne sont pas légers. Il se développent en des temps et lieux variés, le fil conducteur est cependant solidement axé autour d'une grande puissance : les failles qui lézardent l'âme des personnages.
Certains dialogues sont échangés comme des décharges, certaines lignes semblent avoir été écrites sur le vif et d'autres lissées par la patine de la mémoire. Elles racontent inlassablement les pulsions noires qui rongent et consument les personnages. Ils partagent différentes formes de solitude qui finissent par se heurter.
La force de cet auteur en plein essor est de déployer un canevas historique riche et précis et d'y broder avec une élégante mélancolie. Entre mélancolie noire et fulgurances poétiques, brutalité et désirs, Victor del Arbol capture l'essence torturée des personnages avec une psychologie incisive et un style impeccable.
Est-ce que chaque chemin mène toujours quelque part ?
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Woland
  28 mai 2017
Etoiles notabenistes : *****
Respirar Por La Herida
Traduction : Claude Bleton
ISBN : 9782330056407
Ici encore, nous conviendrons que les amateurs d'intrigues simples, avec peu de personnages, se trouveront vite agacés et encore plus vite "largués", si l'on me permet le terme , devant cette histoire qui n'est que méandres diaboliquement labyrinthiques et nauséabonds. Quant aux adorateurs du minimalisme pur et sec, de grâce, passez votre chemin à moins que vous ne soyez complètement masochistes et ne souhaitiez vous punir par deux jours minimum de maux de tête terribles.
Cela n'empêche pas cette "Maison des Chagrins" - le titre espagnol est beaucoup plus parlant mais aussi beaucoup plus terrible - de créer un suspens profond, dans lequel le lecteur patauge et s'englue à plaisir même si, cet ouvrage étant pour une fois dépourvu de l'arrière-plan politico-historique qui existait dans "Le Testament du Samouraï" et que l'on retrouvera à nouveau, encore plus renforcé, dans l'admirable "Toutes les Vagues de l'Océan", cette tension manquera aux amateurs qui, comme moi, aiment voir L Histoire s'inviter au festin du Polar.
Je vais essayer de faire simple mais, sans rire, cela va être difficile . Et ne comptez pas sur moi pour vous découvrir la fin de tout cela parce que, d'abord, j'essaie quand même de réduire les "spoilers", ensuite parce que je ne pourrais le faire sans manifester le talent de l'auteur - et sans vous priver, bien entendu, cher lecteur, de votre plaisir.
Eduardo Quintana, peintre de renom, a passé quatorze ans en prison pour s'être vengé du chauffard responsable de l'accident de voiture où il avait perdu sa femme et sa fille. Lui-même avait été gravement blessé au genou et en avait gardé une jambe à jamais boiteuse et douloureuse. S'étant procuré le numéro d'immatriculation de la voiture du chauffard qui, après s'être arrêté en un premier geste pour apporter sans doute son aide, avait préféré fuir devant ce qu'il avait vu, il abat Teo, le propriétaire de la voiture incriminée - ergo, l'assassin de sa famille - qui se promène avec les siens en ville, les siens, c'est-à-dire sa femme, Maribel, professeur de danse, et leur fils adoptif de six ans environ, le petit Who, d'origine asiatique. Maribel reçoit une seconde balle, destinée à l'enfant, dans la colonne vertébrale, ce qui la laissera à demi paralysée. Et Eduardo se livre à la police.
Quand il sort de prison, il doit régulièrement visiter une psy, Martina, qui, contre l'entretien rituel, devant lequel renâcle d'ailleurs le patient blasé, lui fournit les ordonnances dont il a besoin. Quintana s'est mis à boire - qui l'en blâmera ? - et a renoncé à la peinture qu'il faisait "avant". Comme un don artistique renonce par contre rarement à celle ou celui qu'il a choisi, l'artiste n'en continue pas moins à "croquer" profils et paysages au gré de ses promenades désenchantées à travers la ville. Son ancienne galeriste, Olga, a d'ailleurs repris contact avec lui et organisé une nouvelle exposition, avec des toiles d'inspiration très différentes, qu'Eduardo eût préféré voir demeurer dans son atelier tant elles sont loin désormais de son ancienne manière - bien plus glauques, plus fantomatiques, plus oniriques aussi sans doute ... Néanmoins, certains clients en achètent.
Olga reçoit alors une étonnante commande : Gloria A. Tagger, la célèbre violoniste, souhaiterait que Quintana réalise le portrait d'Arthur Fernández, riche homme d'affaires qui, sous l'effet de l'ivresse, a renversé et tué son fils unique, Ian - ainsi d'ailleurs qu'une fillette de douze ans à peu près, Rebecca, qui se tenait comme par hasard à côté du jeune homme. Point important : la fille d'Arthur, Aroha, une adolescente aux fréquentations assez louche, a disparu. Condamné bien évidemment, Fernández, d'origine française et pied-noir, n' a fait que quatre ans de prison et vient de sortir pour se remettre aux commandes de ses nombreuses sociétés. Notons dès à présent que Fernández ne doit sa survie, dans cette prison où se trouvait aussi (mais pour des raisons bien différentes) l'Arménien, chef de gang célèbre et père de la jeune Rebecca, qu'à sa co-habitation (en tout bien, tout honneur) en cellule avec Ibrahim, Algérien musulman mais soufi échoué là après bien des avatars ...
Quintana accepte la commande, d'autant plus facilement que Gloria A. Tagger lui rappelle sa femme morte, Elena. Ce cadre et ces personnages posés, peut commencer l'action véritable. Déjà, tous ceux que nous avons cités sont liés mais pas fatalement par les liens que nous pouvons imaginer et / ou qu'eux-mêmes imaginent, certains de bonne foi. Et, si l'on excepte Quintana, tous ont déjà prononcé des mensonges ou accompli des actes irréparables qui ont eu - et auront encore - des répercussions tragiques.
Pour mieux lier la sauce, ajoutons à cela Guzmán, un mercenaire venu du Chili mais qui a "travaillé" jadis sous Pinochet, Chang, un Chinois d'âge certain mais qui exploite de la manoeuvre clandestine féminine, d'abord dans des ateliers de couture, puis dans des bordels - parmi ce troupeau, la jeune Meï, dont Who, devenu adulte, tombe amoureux - un homme d'affaires plus que douteux et cerné de toutes parts, Magnus Olsen, qui finira suicidé dans sa propre cuisine, sa veuve, innocente et honnête, dont le sort ne sera pas meilleur mais qui parviendra à sauver ses enfants, et un curieux vieux cinéphile, Dámaso, que connaissaient Ian et Olsen, et qui a permis au premier d'exercer un "art" bien particulier ... Ne pas oublier Graciela, la propriétaire de Quintana, qui est amoureuse de lui, mais sans espoir, sa fille, Sara, qui souffre de troubles de la personnalité et a hérité du "chat de la chance" abandonné par le métro, dès les premières pages et à l'intention d'Eduardo, par le jeune Who - le chat de la jaquette, japonais plus que chinois, et qu'elle a d'ailleurs nommé Maneki ...
L'ensemble est aussi sombre que "La Tristesse du Samuraï" et prouve que l'auteur catalan se sent des plus à l'aise dans le noir et le glauque. Cela prouve aussi qu'il possède un grand talent, peut-être plus, et que je serai toujours heureuse, personnellement, de lire ses nouveaux ouvrages. Si je n'accorde que quatre étoiles à cette "Maison des Chagrins", c'est parce que, depuis lors, j'ai lu "Toutes Les Vagues de l'Océan" et que je demeure persuadée d'une chose : en mêlant L Histoire au Polar, Víctor del Árbol atteint vraiment au statut de Maître du genre. ;o)
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critiques presse (1)
LeMonde   02 octobre 2013
Un formidable récit sur la vengeance, où la rédemption n'existe pas.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (82) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   13 février 2016
C’est la poésie qui permet de rester serein, et elle nous donne l’espoir qu’un jour se réveillera l’enfant qui un jour habitait notre corps.
(Babel noir, p. 416)
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RoggyRoggy   01 mai 2017
Les gens croient que leur malheur est une horreur absolue. Mais ils finissent toujours par regarder ailleurs quand ils découvrent une terreur encore plus grande. La condition humaine est si fragile.
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pyrouettepyrouette   28 janvier 2014
La fatalité est une bonne excuse. Cela n'empêche pas que nous vivons toujours avec nos erreurs, car c'est nous et nous seuls, qui en sommes la cause.
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artemisia02artemisia02   16 décembre 2018
Qui t'a trahi une fois le fera deux fois, et autant qu'il le pourra. Les traîtres n'ont ni honneur, ni code, ni respect. C'est pourquoi il faut les éradiquer, ils sont comme une tumeur qui menace de produire des métastases. Ils apportent la peur, la faiblesse, le mensonge.
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bilodohbilodoh   13 février 2016
— L’art ne peut pas changer l’âme de la brute, car la brute humaine est devenue sourde et aveugle et n’a même plus à perdre son âme…
(Babel noir, p. 313)
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