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ISBN : 2330015143
Éditeur : Actes Sud (04/01/2013)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 385 notes)
Résumé :
Comme souvent au début des histoires il y a une femme sur un quai de gare au petit matin.
Mise élégante, talons hauts, gants de cuir, elle dénote parmi des passagers apeurés qui n’osent croire que la guerre est finie. Isabel fait partie du clan des vainqueurs et n’a rien à redouter de ces phalangistes arrogants qui arpentent la gare de Mérida en ce rude hiver 1941. Elle presse la main de son plus jeune fils et écrit à l’aîné, qu’elle s’apprête à abandonner, l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
09 septembre 2016
Pourquoi tant de haine ? Et pourquoi se transmet-elle de génération en génération, au lieu de disparaître enterrée en même temps que ses protagonistes initiaux ?
Sans répondre à ces questions, « La tristesse du samouraï » livre une histoire dans laquelle la fameuse haine susvisée fait partie de l'héritage familial, et semble ne pouvoir s'éteindre qu'avec l'anéantissement d'un des deux clans rivaux, voire des deux, dans une sorte d'apocalypse expiatoire qui paraît inévitable après une telle accumulation de violence, de torture et de folie meurtrière.
En l'occurrence, le « péché originel » a été commis par Isabel Mola en 1941, dans un coin perdu d'Estrémadure en Espagne. Femme adultère, elle commandite avec son amant l'assassinat de son mari violent et phalangiste. L'opération échoue, et il en coûtera très cher à Isabel et à tous ceux qui, volontairement ou non, se trouvent mêlés à cette histoire qui se joue sur le plan tant privé que politique. Car cette petite histoire s'inscrit dans la Grande, celle de la guerre civile espagnole, et celle de la tentative de coup d'Etat en 1981. En effet, alors qu'on aurait pu croire l'affaire enterrée sous la chape de la dictature, elle ressurgit « accidentellement » 40 ans plus tard. Et on comprend alors que pendant toutes ces années, les protagonistes ont cherché à se détruire les uns les autres, sans hésiter à reporter leur soif de vengeance et de pouvoir sur les générations suivantes, qui, loin d'apaiser les rancoeurs, poursuivront l'escalade.
C'est très noir et très violent, terriblement malsain, à la limite du nauséeux. Les hommes de cette histoire ont manifestement un problème avec les femmes. Manipulations à tout-va, allers-retours présent/passé, l'intrigue est très touffue (j'ai failli plusieurs fois prendre des notes tellement je m'y perdais) et pas toujours très vraisemblable (qu'est-ce que c'est que ces épisodes en Russie en 1944 ? est-ce bien crédible? était-ce bien nécessaire?). Mieux vaut aussi avoir quelques notions d'histoire espagnole contemporaine, parce que les événements auxquels il est fait allusion ne sont guère développés. le style n'apporte rien, et aucun des personnages (à peine les victimes) ne suscite l'empathie. Quant au titre, j'ai trouvé assez saugrenu ce « fil rouge » du katana et des histoires de samouraïs, qui ne cadre pas du tout avec le contexte. Trop artificiel. le reste est trop glauque, trop sombre, trop dur, trop...excessif.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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le-mange-livres
08 février 2013
ENFIN ! J'ai enfin lu La tristesse du samouraï ! Affolée par des critiques emballantes j'avais jeté mon dévolu sur lui dès sa parution l'année passée, d'autant que le bouquin état pensionnaire de la bibliothèque qui est facilement à 2 minutes de chez moi. Sauf que voilà, je n'étais pas la seule à être prête à me damner pour le lire, aussi, malgré une veille acharnée, il m'a été impossible de faire main basse sur l'ouvrage en question. Ne relâchant pas mes efforts, je l'offre à ma maman, qui finit par me le refiler ... au moment où il sort en poche (bon, voilà). Qui plus est, j'avais bien besoin de me changer les idées après la déception Läckberg.
Et c'est réussi, avec ce chouette polar espagnol qui a pour cadre Barcelone sur une période qui va de la Guerre civile aux années 1980. Ce qu'il y a de bien avec la Guerre civile, c'est qu'elle constitue un vivier apparemment inépuisable de la littérature espagnole contemporaine, avec son lot de violences (psychologique et odieuse, dans L'invitation), de secrets de famille et de trahisons (comme dans THE fresque, le coeur glacé ou Calligraphie des Rêves), d'exils (le bouleversant Rêves oubliés).
La famille Mola a tout en apparence pour être heureuse dans l'Espagne de l'après-guerre civile : une mère de famille superbe et aimante, un père cacique du Parti à l'ascension fulgurante, deux jeunes fils. En apparence oui, mais le père est un odieux sadique, la mère infidèle complote dans son dos, et le plus jeune fils entretient une passion malsaine pour la culture samouraï. Quarante ans plus tard, Maria est une jeune avocate dont la carrière vient d'être propulsée par un procès retentissant, dans lequel elle est parvenue à faire condamner un inspecteur de police pour des exactions commises sur un citoyen lambda. Sauf que le citoyen est un indic de la police, et que la fille de l'inspecteur a été enlevée. Maria est convoquée par les services secrets, qui lui donnent une photo d'Isabel Mola, en affirmant qu'il existe un lien entre les deux femmes ...
Dans ce polar historique qui montre encore une fois que la vengeance est un plat qui se déguste glacé, del Arbol tisse avec brio les fils complexes du passé et du présent, entremêlés entre deux familles sur quatre générations. Tout ou presque est ici réussi : on trouve tant des qualités d'écriture, que des personnages consistants ou une intrigue hallucinante de suspense. Au travers de ces deux femmes violentées, bafouées et manipulées, c'est un tableau brutal et sans concession de l'Espagne que dresse del Arbol, au rythme d'incessantes allées et venues dans les couloirs de la violente histoire espagnole, où l'on comprend que la Guerre d'Espagne est un passé qui ne passe décidément pas et hante encore la société contemporaine, dans ses peurs et dans ses fantasmes.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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caro64
06 mars 2012
Tout commence sur un quai de gare, durant l'hiver 1941, en Espagne. Isabel, épouse d'un phalangiste proche de Franco, est arrêtée alors qu'elle s'apprêtait à fuir au Portugal. Et se termine quarante ans plus tard, par la mort d'une brillante avocate, Maria, rongée par une tumeur au cerveau, quelques jours après le coup d'Etat avorté de février 1981. Quel est le lien entre ces deux événements ? Car il y en forcément un… mais je ne vous en dirais pas plus. A vous de lire, de creuser, de découvrir et je vous garantis que vous ne serez pas déçus.
Victor del Arbol va nous entraîner en seulement 350 pages, ce qui est remarquable, dans l'histoire de l'Espagne sur près de quarante ans. Une Espagne des années de plomb, celle de Franco, de la Seconde Guerre mondiale, jusqu'à la tentative de putsch du 23 février 1981.
Mais l'aspect historique n'est qu'un prétexte, ce qui est important à l'auteur est l'histoire de trois familles, trois générations toutes liées à un drame initial par un écheveau de fils complexes, arachnéens. L'ouragan qui couve va pouvoir se déchaîner au fil du temps et des lieux, de la fin de la guerre civile espagnole aux premières années balbutiantes de l'après Franco, de l'Estrémadure aux quartiers chics de Barcelone, d'un village perdu des Pyrénées aux plages cossues de la Costa Brava. Les protagonistes de cette histoire dans l'Histoire se retrouvent ballottés, écartelés, victimes et bourreaux dans une même danse macabre, mortuaire et mortifère.
Enfin et surtout, La Tristesse du samouraï emprunte à l'Hagakure, le livre "sacré" des samouraïs. Honneur, famille, vengeance, sens du sacrifice, courage, allégeance, toutes les valeurs du bushido traversent ce roman, le transpercent de part en part.
C'est un livre beau et triste, profondément mélancolique, violent dans la force des sentiments qu'il évoque, qu'il invoque. Funèbre aussi : les vivants et les morts ne cessent de se télescoper, marionnettes entre les mains d'un manipulateur fou et malsain. Bien au-delà du polar, une véritable tragédie shakespearienne !
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spleen
16 avril 2016
Roman se déroulant sur plusieurs époques en Espagne et en particulier à Barcelone entre les années 1941 juste après la guerre d'Espagne et 1981 autour d'une tentative de coup d'état de l'après franquisme : 40 années où on sent toujours la braise couver après l'incendie ravageur qu'a représenté la prise de pouvoir de Franco et de ses hommes, les haines se poursuivent et se transmettent à travers les générations avec comme toujours quelques personnages plus malveillants tirant au final les ficelles du jeu.
Tout commence sur un quai de gare à Merida en 1941 où Isabel Mola accompagnée de son plus jeune fils attend le train qui l'emmènera à Lisbonne loin de son mari, un phalangiste autoritaire mais cette si belle femme ne prendra pas le train et sera exécutée froidement dans une carrière , Andrés, le garçon rejoint son père , appâté par un katana , sabre japonais baptisé La Tristesse du Samouraï , lui qui est fasciné par la culture japonaise .
Tout finit ( mais on le sait depuis le prologue du roman ) par la mort de Maria, une avocate dont l'histoire familiale est également mêlée au drame initial .
La tragédie peut se poursuivre, elle est à plusieurs niveaux , jonglant avec les époques et les différentes générations et Victor del Arbol a l'art d'entrainer son lecteur sur de fausses pistes , chacun des personnages étant à la fois manipulateur et manipulé .
Terrible constat !
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BarbaraLux
16 avril 2012
La subjectivité est l'angle d'approche que j'ai choisi pour mon blog. Tenter d'expliquer pourquoi j'ai aimé tel livre et pourquoi j'en ai détesté un autre, sans animosité, juste un peu de ressenti et beaucoup d'émotions.
Cette subjectivité prend encore une autre tournure quand on a lu un livre, qu'on l'a refermé, glissé entre deux autres dans une bibliothèque ordonnée et que 2 jours après … on se retrouve à faire la bise à l'auteur !
J'ai terminé La tristesse du samouraï et je suis partie déambuler dans les rues de Lyon à l'occasion du festival "Quais du Polar".
Mon acolyte et moi avons mis la main sur des invitations pour la soirée d'inauguration où j'ai eu le plaisir de fumer des clopes et discuter un peu avec Victor del Arbol.
Le bel espagnol aux allures de don Diego de la Vega s'était vu remettre ce soir-là le prix "Le Point du polar européen 2012", nous avons causé un peu, de tout de rien, surtout de son livre, de son mauvais français et de mon très mauvais espagnol, il était d'humeur joyeuse malgré sa tentative avortée de me piquer mon briquet.
Par un froid matin d'hiver, sur le quai d'une gare, une femme et un enfant attendent impatiemment un train pour Lisbonne qui leur promet un avenir plus radieux. le train partira sans eux et leur avenir restera des plus violent. Nous sommes en 1941 et Isabel Mola, épouse d'un phalangiste proche de Franco, disparaît à jamais.
Quarante ans plus tard, dans une chambre d'hôpital, Maria Bengoechea, 35 ans, brillante avocate rendue célèbre pour avoir envoyé sous les verrous un flic violent et véreux est en train de mourir.
Deux femmes, deux destins, un seul lien.
Suivons, sur trois générations marquées par la violence de l'après-guerre espagnol, cette saga familiale aux multiples ramifications, aux liens insensés. Un désir de vengeance sans limite qui rouvrira de terribles plaies et fera éclore un secret, qui pour Maria, changera tout et à jamais.
La tristesse du samouraï est un thriller psychologique extrêmement complexe. Victor del Arbol se joue avec justesse d'un contexte historique passionnant mais très peu connu. le roman met en lumière la part la plus sombre de l'Espagne franquiste et démontre jusqu'où les lieutenants de Franco étaient prêts à aller par pure loyauté étatique.
Il dénonce, pointe du doigt et exhume la tristesse de l'Espagne.
Les phalangistes, les républicains, les miliciens … j'avoue avoir eu quelques difficultés à entrer dans l'arène, mais après m'être fait donner un petit cours d'histoire, j'ai sauté à pieds joints dans l'aventure et je n'en suis pas ressortie totalement indemne, tout comme Isabel et Maria, symboles féminins de courage et de volonté, sacrifiées par cette marée masculine de rage et de haine.
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Les critiques presse (6)
Lexpress14 juin 2012
Un jeu entre passé et présent pour ce thriller poignant qui prend ses sources dans l'Espagne franquiste et montre combien l'oubli est difficile.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama20 février 2012
Thriller hors du commun, enfer psychologique, fresque historique.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro20 février 2012
De cette histoire touffue, surgit la vision d'une société espagnole hantée par son passé le plus sombre. Un roman en forme de catharsis.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde10 février 2012
Du front russe, où se battit aux côtés des nazis la sinistre division Azul, aux geôles franquistes, ce livre des secrets invite le lecteur dans une ronde macabre de vengeances.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LePoint01 février 2012
C'est haletant, frappant de maîtrise. Il est question d'amour fou et de malles regorgeant de preuves accablantes qu'on ne se résout pas à brûler. Il est question de remords qu'on étouffe et de ficelles politiques qu'on continue à tirer, par-delà les crimes et la torture.
Lire la critique sur le site : LePoint
Liberation23 janvier 2012
On ne va pas cesser de franchir des cercles, chaque chapitre plongeant un peu plus loin dans les secrets noués en 1941, après la fin de la guerre d’Espagne.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
HonoluluHonolulu08 mai 2017
Pourquoi ? Tant de mal, tant de mensonges, pendant tant d'années... Pourquoi ? Se demandait-il en contemplant les feuilles mortes où nichaient les verres de terre.
Mais une fois encore les arbres restaient silencieux, tels des géants hiératiques, de beaux dieux indifférents.
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RoggyRoggy01 juin 2014
Il prit alors l'enfant dans ses bras et revint lentement vers la maison des Mola. Un jour, quand Andrés serait grand, il faudrait qu'il lui explique pourquoi les choses s'étaient passées de cette façon, et comment fonctionnaient les règles complexes des adultes. Il essaierait de lui montrer la réalité absurde où les sentiments ne pèsent rien face aux raisons d'une autre nature. Le pouvoir, la vengeance et la haine étaient plus forts que tout, et les hommes étaient capables de tuer ceux qu'ils aimaient et d'embrasser ceux qu'ils haïssaient, si cela pouvait les aider à réaliser leurs ambitions.
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spleenspleen26 mars 2016
Maria remarqua que le regard de son père se voilait. Ce n'était plus ce héros invincible et infaillible de son enfance. Elle avait maintenant devant elle l'homme sans défense, nu, plein de blessures, de bosses, de faiblesses, de misères et de contradictions . Parfois l'intransigeance durcit la chair, parfois les rancoeurs et les déceptions, les reproches et les affrontements cicatrisent mal, et on ne sait plus comment rompre ce silence, cette distance infinie , même après la mort, même dans le souvenir.
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kathelkathel05 mai 2012
Gabriel toisa sa fille pendant une minute qui sembla s'éterniser. Il releva lentement les yeux, comme on remonte d'un précipice, et affronta le regard de Maria, qui crut voir des taches de moisissure sur une surface laiteuse. Les lèvres tremblaient et le visage se décomposa, l'homme semblait désemparé.
Maria le serra dans ses bras. Elle avait mal, au-delà de sa propre douleur, de serrer les côtes d'un homme qui dans son souvenir avait été costaud et puissant. Elle sentait sa fragilité et le déchirement de ne pas savoir quelle attitude adopter.
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marina53marina5315 mai 2012
La tradition japonaise de s'ouvrir le ventre était réservée à la haute noblesse, à ceux qui considéraient que leur vie ne pouvait s'achever que de leurs propres mains, de façon cruelle et douloureuse, mais volontaire. C'est ainsi qu'ils montraient honneur et courage. C'était la tristesse suprême du samouraï.
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