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EAN : 9782070403813
316 pages
Gallimard (01/03/2000)
3.76/5   33 notes
Résumé :
Je me demandais pourquoi l'inquisiteur Manrique m'obsédait à ce point. Je tentais d'éclaircir nos rapports, cherchais à me rappeler à quel moment il était entré dans ma vie. J'avais la sensation qu'il vivait en moi depuis l'enfance et, que de roman en récit, sa silhouette traversait tous mes livres. L'aurais-je poursuivi à l'autre bout de l'Europe s'il n'était qu'un caractère singulier ? Je devinais son histoire que je ne connaîtrais toutefois qu'après l'avoir écrit... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
latina
  29 octobre 2020
J'adore les romans historiques.
Miguel del Castillo les déteste.
« le roman historique anesthésie toute angoisse en donnant l'illusion qu'on peut appréhender le passé parce qu'il existerait, par-delà les différences, une nature humaine, égale à toutes les époques. Or, nous ne saurons jamais ce qu'un homme du 17e siècle a vraiment ressenti, ni quels furent ses enthousiasmes ou ses angoisses ».
D'où ma déception, légère, mais réelle.
Je me faisais une joie enfantine de participer directement à la vie d'un inquisiteur, évêque de Palencia, de surcroît. Eprouvait-il du bonheur à voir souffrir ses victimes ? Que pensait-il réellement de sa fonction ?
Mais je ne suis pas dupe de mes espérances, je reconnais que ce n'est pas possible de le savoir, sauf s'il y a des documents réels à l'appui, évidemment.
N'empêche, je reconnais que le style de l'auteur est savoureux et que la forme narrative adoptée est originale et ne manque pas de piquant.
Les chapitres vont par paires : la première partie narre le voyage de l'auteur aux sources de l'inquisiteur Manrique, un homme qui le hante depuis des années. La deuxième partie, c'est purement et simplement la réponse de cet inquisiteur !
C'est donc très instructif, très intéressant comme la foi et les relations de la religion catholique avec les Juifs, avec les Juifs convertis au catholicisme.
En ce qui concerne la vie personnelle de l'inquisiteur, nous avons devant les yeux un homme austère, entier, passionné mais ne supportant pas la frénésie, qui recèle quelques secrets dont il lui est difficile de se défaire. L'auteur est plus implicite quand il parle de lui-même et fait référence à des évènements personnels analysés dans ses autres livres, mais pour un lecteur néophyte, c'est plus problématique.
Donc ce « roman réflexif » à tous points de vue est bien intéressant, bien écrit et mérite la peine qu'on se glisse dans la tunique d'infamie, qui au passage, est la tunique portée par les condamnés de l'Inquisition.
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oran
  27 octobre 2017
Puissante lecture , qui invite à réflexion, qui m'a transportée dans le temps, à la fin du XVI, au XVII, et au XX, et dans l'espace , en Espagne : Grenade, Soria- sur les traces de Machado - , dans les Alpujaras, Salamanque, Compostelle, Lugo, Cordoue, Madrid, Valladolid … et dans les Flandres : Bruges, Furnes… en compagnie de Miguel del Castillo, le narrateur du roman, habité viscéralement depuis sa naissance (« Il avait vécu en moi depuis la minute de ma naissance, attendant l'instant propice pour se révéler ») par Don Manrique Gaspar del Rio, né en 1584 à Grenade, évêque de Palencia, ancien juge au Conseil suprême de l'Inquisition.
Tout au long du récit nous partageons leurs dialogues et les confidences de Manrique , longs monologues-confessions.
Miguel del Castillo , fidèle biographe de Manrique (« Je respirais son odeur, je percevais son souffle, j'éprouvais sur ma peau la brûlure de son regard »), est aussi son alter ego (« un fantôme haut et livide »), dédoublement obsessionnel de personnalité, un Je qui en se dédoublant devient « un double je » .
La tunique d'infamie – San Benito - c'est cette casaque dont on revêtait l'hérétique lors de la procession solennelle des autodafés , avant sa montée au bûcher, sur laquelle on inscrivait son patronyme et que l'on suspendait ensuite dans les églises et les cathédrales, à la vue de tous, pour perpétrer la mémoire de l'infamie, de telle sorte qu'une parentèle , une fois souillée, le demeurait jusqu'à la fin des temps, une exclusion sociale à perpétuité .
Pour del Castillo, à travers ce roman, ce sont ses vieux démons qui refont surface , c'est sa tâche originelle qui se révèle , cette part d'ombre qui resurgit en pleine lumière et qui le condamne à souffrir « Mes profondeurs baignent dans l'hispanité, tantôt niée, tantôt exaltée. Je ne me sens plus l'âge de lui échapper ».
Une lecture où l'on côtoie Antonio Machado, Erasme, Cisneros ,Philippe II à l'agonie dans l'Escurial , et tant d'autres personnages illustres . (j'ai relu, dans la foulée ce long poème de Verlaine (… »C'est le Roi, ce mourant qu'assiste un mire chauve,
Le Roi Philippe Deux d'Espagne, — saluez ! —
Et l'aigle autrichien s'effare dans l'alcôve... »)
Don Manrique , orphelin est recueilli par son oncle, le chanoine de Palencia, Don Almagro . Le siège épiscopal devenu vacant, Almagro est désigné pour succéder à l'évêque défunt. C'est là que les choses s'enveniment. Almagro est victime d'une dénonciation anonyme : un San Benito où figure son patronyme est suspendu dans la mezquita (la cathédrale) de Cordoue, cela suppose qu'un de ces ancêtres a été condamné par l'Inquisition à subir un autodafé. Si cette accusation s'avère fondée, Don Almagro ne pourra pas occuper cette fonction et ne pourra plus jamais jouir de la moindre distinction honorifique . Il part en Andalousie et là, Il parvient à faire taire la rumeur, mais à son retour, épuisé, il décède en laissant un bel héritage à son neveu.
Quelques années plus tard, après de brillantes études à l'université prestigieuse de Salamanque, alors qu'il est devenu un redoutable inquisiteur, chargé de traqué et de punir les faux conversos, -inflexible mais pas sadique comme un Torquemada « Nous obéissions au principe monarchique qui élevait Sa Majesté Catholique en symbole visible de l'Unité ») - c'est au tour de Manrique d'être confronté à de pareils tourments. qui vont l'entraîner à abandonner puissance et gloire pour un exil anonyme à Furnes, petite cité flamande. Dans une ultime confidence, il en révélera la cause.
Une plongée dans cette Espagne, où une simple dénonciation anonyme envoyait un homme, une femme au bûcher, cela rappelle d'autres pratiques plus récentes…
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Vermeer
  21 novembre 2022
Roman touffus, complexe parfois qui fonctionne en miroir entre le narrateur (narrateur-auteur) marqué par une enfance difficile pendant la guerre civile espagnole et obsédé par un inquisiteur du nom de Manrique. Il enquête sur sa personnalité, sa psychologie, son époque, ses motivations et découvre que Manrique a un secret qui le hante (secret que l'on devine assez rapidement).
Deux personnages, deux mentalités, deux époques opposées. Manrique répond aux commentaires et à l'enquête du narrateur. Comment comprendre à la fin du XXème siècle matérialiste (époque de l'enquête) le XVIIème siècle espagnol religieux, l'institution de l'Inquisition qui, certaine de détenir la Vérité, poursuit les hérétiques et pire encore, pour des défenseurs de la parole du Christ, les convertis sur plusieurs générations dans un esprit totalement contraire à l'Evangile qui affirme que le baptême fait de n'importe qui un chrétien. Ces conversos sont menés au bûcher revêtus d'une tunique infamante qui sera exposée des années durant dans la cathédrale, perpétuant ainsi l'exclusion et l'infamie sur plusieurs générations. L'inquisition était une police d'Eglise et une police d'Etat dépendant du Roi, prétendant défendre l'intérêt général et l'unité du pays après la Reconquista et l'expulsion des juifs et des musulmans.
C'est cette différence d'univers mental qui nous sépare des époques passées bien plus que les siècles et que ce roman tente d'aborder.
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cvd64
  07 novembre 2018
lecture mitigée, le sujet est fort intéressant mais la forme ne m'a pas convaincu, reste une histoire d'inquisition mais surtout d'inquisiteur suivi et poursuivi par l'auteur pour tenter de comprendre cette fascination mais aussi un livre pour parler de lui.
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
oranoran   27 octobre 2017
Le billet affirmait que le nom del Rio était connu des habitants de Carmona et qu’il figurait encore sur l’un des san benitos accrochés dans la cathédrale de Cordoue.
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LydiaBLydiaB   11 juin 2013
Tu penses bas, avec tant de spontanéité que la bassesse finit par devenir ton élément naturel. (P89)
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cvd64cvd64   07 novembre 2018
Comment, me suis-je interrogé pendant toutes ces années oh! je pensais à lui, comment peut-il habiter ce désert ? Par quelle bizarrerie de l'esprit parvient-il à se survivre dans un repos minéral ? Quel secret de honte l'a chassé d'Espagne et conduit dans ce bourg confiné ? Quel mystère se dissimule derrière cette façade opaque? Quel avènement terrible l'a conduit à renoncer aux charges et aux honneurs pour devenir ce fantasme haut et livide ?
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oranoran   27 octobre 2017
Je savais (…) qu’on rencontrait partout des foules de mendiants estropiés dont les mélopées retentissaient de jour et de nuit : « Por Dios, la caridad ! « et ils avaient donné lieu à un substantif : pordioseros, les « pardieu », sales et haillonneux, voleurs à l’occasion.
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VermeerVermeer   21 novembre 2022
Vos lumières chassent jusque dans les campagnes les plus reculées ces ténèbres dont nous étions cernés. Les véritables nuits ont partout disparu et avec elles ce frisson des angoisses, cette noirceur définitive qui assaillait notre foyer.
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Michel del Castillo vous présente son ouvrage "Mamita" aux éditions Fayard.
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