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EAN : 9791028106010
Éditeur : Bragelonne (28/02/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.52/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Nous sommes en 1963, et Elisa Esposito survit tant bien que mal. Née muette, abandonnée par sa famille, elle travaille de nuit comme femme de ménage au Centre Occam de recherche aérospatiale.

Un soir, elle surprend quelque chose qu’elle n’était pas censée voir : un homme amphibie prisonnier d’une cuve, qui doit être étudié par les scientifiques pour faire avancer la course à l’espace de la Guerre Froide. La créature est terrifiante, mais aussi magnif... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Saiwhisper
  25 mars 2018
Avant même que le film sorte et gagne plusieurs Oscars, j'avais envie de découvrir ce titre dont la couverture envoûtante m'intriguait… Or, lorsque j'ai vu le roman dans les sorties du mois, je n'ai pas hésité ! Merci encore aux éditions Bragelonne pour cet envoi dont je suis ressortie globalement conquise. J'ai beaucoup aimé la façon dont Elisa, femme de ménage et orpheline muette, a tissé une relation lente et progressive avec la créature. Speedy, une amie blogueuse, m'avait fait comprendre que, dans le film, l'attirance était directe, trop facile et réellement malsaine. Pour ma part, je n'ai pas eu cette impression avec le livre : on les voit prendre contact grâce aux oeufs durs, être fascinés l'un par l'autre, communiquer via la langue des signes, se rapprocher peu à peu, s'observer et s'écouter grâce à la musique qui joue un joli rôle dans cette romance naissante. Ce n'est pas si rapide que cela. Certes, on a du mal à concevoir cette union mais, après tout, pourquoi pas ! Si on compare leur amour avec celui de « La Belle et la Bête », c'est quasiment la même chose ! D'ailleurs, si on enlève les éléments historique et que l'on ne garde que l'histoire d'amour, on constate énormément de similitudes comme l'idée de physiques différents, le syndrome de Stockholm, le sauvetage, le triangle amoureux avec un rustre que l'héroïne n'aime pas et une part de la fin que je ne vous révèlerais pas (mais qui m'a agréablement surprise et qui, avec du recul, est assez logique)… On sent que les auteurs se sont inspirés de ce conte populaire. D'ailleurs, le message est le même : parmi tous les personnages, le monstre n'est pas la bête…
La narration alternée permet au lecteur de découvrir les pensées de l'héroïne ainsi que celles des personnages secondaires. On se retrouve alors du côté de Richard Strickland, l'antagoniste principal, sa femme Lainie, la créature (mais il faudra attendre environ trois-cent pages avant de connaître ses réflexions), Zelda (la collègue d'Elisa), etc. Parmi eux, c'est vraiment Richard qui m'a marquée. Son caractère est exécrable, il est réellement fou, violent, orgueilleux, méprisable, destructeur et mauvais. Sa folie n'a d'égal que sa brutalité. Un antagoniste perfide comme j'aime détester ! Par contre, je dois avouer que j'aurais souhaité que les protagonistes soient moins manichéens. En effet, on a vraiment la gentille héroïne, le monstre qui va s'humaniser grâce à l'amour, le méchant sans scrupules, les amis qui donnent tout pour leur camarade et les autres. Un peu plus de nuances et moins de stéréotypes… Heureusement que j'ai accroché à l'ambiance, parce que cela aurait pu être rédhibitoire durant ma lecture… Tout comme les quelques longueurs que j'ai ressenties de-ci de-là…
Derrière la romance, on aborde diverses thématiques comme la religion, la course à l'armement, la science, la place de la Femme dans la société, le racisme, la discrimination, etc. Il y a donc de quoi faire ! le fait que ce ne soit pas qu'une simple histoire d'amour m'a plu… Par ailleurs, j'ai grandement apprécié l'ouvrage en lui-même : il y a une hard-cover, des chapitres illustrés ainsi que de superbes croquis accompagnant le récit. Je serai curieuse de voir le film afin de comparer les deux supports ! J'ai surtout envie de voir l'interprétation de Octavia Spencer, la superbe interprète de Minny dans « La Couleur des sentiments » ! Par contre, je regrette le fait que le résumé ET la bande-annonce du film dévoilent les trois-quarts de l'intrigue ! Certes, on est curieux de voir comment cette relation va s'établir, on souhaite découvrir les intrigues secondaires et on veut connaître la fin, mais ce spoil gâche un peu la découverte ! Pour ma part, j'ai pris la liberté de réduire le résumé sur mon blog, afin de ne pas trop en dire… Pour résumer, « La forme de l'eau » est donc un joli roman esthétique et onirique non sans défauts qui a globalement réussi à me convaincre.
Lien : https://lespagesquitournent...
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belette2911
  25 mai 2019
Une histoire d'amour entre une humaine et une créature qui a tout du monstre, ça sent le déjà vu, pour ceux qui connaissent "La belle et la bête".
Alors serait-ce ainsi un remake que l'on nommerait "La muette et le monstre amphibie" ?
Non, c'est plus que ça, c'est mieux que ça, c'est différent de ça. On oublie la Belle du conte ou de chez Disney et on découvre une histoire d'amitié, d'amour, différente de tout ce que l'on connait.
Différente car si le scénario pourrait être du réchauffé (tout à été écrit depuis le temps) la manière de nous le présenter est différente, bien amenée, notamment grâce à quelques personnages allant des plus sympathiques ou crétiniste à la Trump.
Elisa Esposito est muette, elle est insignifiante, personne ne la voit, ne fait attention à elle, ne prend la peine d'apprendre le langage de signes, sauf Giles, le vieil homo qu'elle a pour voisin et Zelda, une collègue de travail, Noire, que tout le monde considère comme une moins que rien, vu sa couleur de peau.
Face à ces trois personnages qui ont tout d'insignifiant, de laissés-pour-compte par le reste des gens, nous avons Richard Strickland, une espèce de militaire imbu de sa personne, qui va chercher une créature dans l'Amazonie et qui n'hésitera pas à tuer les témoins ou ceux qui se mettent en travers de la route.
L'archétype de l'Américain qui se prend pour le roi du Monde, qui pense que tout lui est dû, que ce qui appartient aux autres est à lui, enfin, à l'Amérique. D'ailleurs, les autres, ce sont des animaux, ça ne souffre pas, ça ne pense pas…
Bref, le salopard dans toute sa splendeur mais sous la carapace d'enculé de première on a aussi un homme qui a souffert et qui souffre encore. le portrait n'est pas que tout noir et on a l'impression que la rage qu'il passe sur la créature, c'est celle qu'il n'ose pas passer sur son chef, le général Hoyt, celui qui le tient par les roupettes.
Le récit prend le temps de planter son décor, de nous envoyer en Amazonie pour capturer la créature tout en nous faisant entrer dans la psyché de Strickland, dans les pensées de sa femme (Lainie), dans la vie d'Elisa Esposito et des autres personnages qui parsèment de leur présence importante les pages de ce roman (Giles, Zelda et Dmitri Hoffstetler).
N'allez pas croire que l'histoire d'amour/amitié entre la créature et Elisa ressemble à du mauvais Harlequin, del Toro a pris le temps de développer leurs différentes rencontres et de quelle manière cela va se dérouler. C'est bien amené et on ne sombre jamais dans la mièvrerie bas de gamme.
Anybref, voilà une histoire d'amour bien foutue, bien fichue que l'on repose sur la table avec une pointe de nostalgie à l'idée de devoir remonter à la surface.
Le tout est de se laisser entraîner par les auteurs et de vibrer pour cette histoire d'amûr non conventionnelle. Si vous ne voulez pas y entrer, vous serez comme Strickland, imperméable à tout.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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FiftyShadesDarker
  29 septembre 2020
Je remercie Audible pour ce service-presse qui date de quelques années déjà. Mais, comme tu pourras le découvrir à travers cette chronique, j'ai eu beaucoup de mal avec cette lecture/écoute…
L'histoire est celle d'Elisa, qui tente de suivre alors qu'elle est muette, qu'elle a été abandonnée par sa famille et qu'elle travaille comme femme de ménage de nuit au Centre Occam. Un soir, elle découvre un homme amphibie prisonnier d'une cuve, présent pour être étudié par les scientifiques. Une fascination née en elle. Elle arrive à établir une communication avec lui et rapidement, la création semble devenir sa seule raison de vivre… Pendant ce temps, Richard, un militaire ayant capturer cette créature, veut tout faire pour la disséquer avant que les Russes s'en emparent… La Guerre froide fait rage à l'époque. Elisa va alors tout tenter pour sauver cette créature.
Il faut savoir que je l'ai écouté et non lu ce roman. Et je pense que si j'avais pu le lire, j'aurais eu un ressenti différent. En effet, j'ai eu beaucoup de mal à me plonger dans ce roman au cause du grand nombre de personnages et du faite que je n'arrivais pas à comprendre de quel point de vu nous nous placions à chaque chapitre. Pourtant, l'univers créé par l'auteur et l'histoire en elle-même étaient très intéressants. Effectivement, j'ai trouvé tout cela très bien développer et très bien imbriquer avec une partie de fantastique et une partie de réel, d'historique. Cela rend la lecture vraiment passionnante. Donc, même si j'ai eu du mal à me plonger dans l'histoire au départ, j'ai quand même apprécié ma lecture.
Par contre, la fin me laisse un peu sur ma faim. Je crois que j'en aurais voulu plus maintenant que j'étais vraiment rentrée dans l'histoire. Puis, il me reste quelques questions sur les personnages.
Du côté des personnages, Elisa est une femme que j'admire vraiment, car c'est une vrai battante. Née muette, abandonnée par sa famille, elle a quand même trouvé un travail comme femme de ménage de nuit au Centre Occam. Un jour, elle découvre quelque chose qu'elle n'aurait pas du voir : l'existence d'un homme amphibie prisonnier d'une cuve. En elle née une véritable passion pour cette créature. Cela va devenir sa raison de vivre. Elisa est vraiment le personnage auquel je me suis énormément attachée. Elle est touchante, courageuse et déterminée, tout ce que j'aime chez les personnages de mes lectures.
A contrario, j'ai eu énormément de mal avec Richard, un militaire brutal, qui parait vraiment sans coeur. Certes, il a un passé compliqué, mais que ce soit dans sa vie privée que professionnelle, j'ai eu du mal avec son caractère… Il est toujours désagréable, un peu sans coeur. Et c'est vraiment le genre de personnages avec lequel j'ai beaucoup de mal… Bref, je ne me suis pas du tout attachée à ce personnage.
Bien sûr, à côté de ses personnages, il y en a d'autres. Mais ils m'ont moins marqué, donc je ne vais pas en parler dans cette chronique et je te laisse les découvrir lors de ta lecture !
Concernant la plume de l'auteure, j'ai trouvé que début que c'était un peu compliqué de rentrer dans l'histoire, mais il y a beaucoup de descriptions et c'est ce qui me plait. Je pense que le fait que j'ai écouté cette histoire et non lu, donc j'ai eu plus de mal à rentrer dans ma lecture…
En général, une lecture vraiment mitigée, mais je pense que c'est dû au faite que j'ai écouté cette histoire et non lue.
Lien : http://www.fifty-shades-dark..
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Nellouille
  28 avril 2021
Si l'histoire d'amour entre une jeune femme effacée et une créature marine des temps anciens peut sembler, à priori, « bête à pleurer », c'est sans compter sur la plume magnifique de Daniel Kraus. En mêlant habilement les différents points de vue, il parvient à tisser une fable qui prend aux tripes. Les personnages sont humains, avec leurs vices et leurs faiblesses mais aussi leur héroïsme du quotidien. Ils sont, pour moi, le point fort de ce roman ! le fait de partager leurs pensées intimes nous permet de les comprendre, qu'importe leurs atrocités.
Je ne pense pas qu'on puisse vraiment parler de rythme dans ce roman puisqu'il y a peu de moments où il se passe vraiment quelque chose. Toutefois, j'ai été transportée par le mouvement, l'enchaînement de ces petites scènes qui n'ont l'air de rien mais qui ajoutées les unes aux autres se complètent et s'amplifient. C'est vraiment quelque chose qui m'a énormément plu.
Et ce style ! J'ai été touchée, vraiment, par les mots. C'est comme si chaque lettre était parfaitement calibrée pour rendre une émotion brute et ça a parfaitement fonctionné avec moi.
Mais je peux comprendre que ce n'est pas un roman qui peut être mis dans toutes les mains, c'est assez particulier : à la fois poétique et dégueulasse, merveilleux et horrible !
Ce roman m'a pris aux tripes plus d'une fois… Il fait partie de ces livres que l'on referme mais qui continue de nous hanter, qui continue de nous toucher. Cette histoire d'amour est avant tout une histoire des minorités, un éloge à la différence, une ode à la force d'âme de ceux qui sont brisés par la vie.
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ThomasPassionCulture
  30 juin 2018
A sa sortie, j'avais beaucoup aimé la forme de l'eau. L'amour sincère et forte entre Elisa et la créature m'a bouleversé. J'appris un peu plus tard que le film avait été adapté au format littéraire. En fait, quand del Toro à commencé le projet, il à conçu cette histoire comme un film et un livre. Nous allons voir ensemble dans ma chronique, ce que vaux cette histoire en roman.
Le roman apporte davantage de précisions sur : la capture de la créature en Amazonie, nous suivons Richard Strickland qui est obsédé par la mission que le général Hoyt lui à confier, il deviendra fous avec cette jungle. Le background, la personnalité et la vie de la femme de Strickland sont beaucoup plus détaillé ici. Ou encore le moment où Elisa et Gilles ramènent la créature dans la rivière sur leurs chemin une orde d’animaux les laisse passer et les protègent. Ces idées mon bien plus, ils développent le fil du récit et les personnages.
Le récit alterne le point de vues de 7 personnages : Elisa, Zelda, Richard Strickland, sa femme Elaine, Dmitri Hoffstetler, Gilles et... la créature ! Del Toro et Krauss nous plongent dans leurs personnalités et leurs dilemmes. Ils reflètent les préoccupations, les injustices et les lois sociales de leurs époques : Les américains ont peur des russes et sont en constante rivalités : Qui arrivera à posé un homme sur la lune en premier, par exemple. Strickland représente cette pression que le général Hoyt exerce sur lui. Le droit des femmes, leur place dans la société et leurs droits, sont abordé avec Elisa, Zelda et Elaine. Dmitri Hoffstetler est russe et des soupçons d'infiltrations sont contre lui. Gilles est gay à une époque où la société rejette cette communauté.
Elisa Esposito est attachante. Son handicap et son langage des signes est bien utilisé et là rends intéressante. Elle aime la beauté esthétique et sonore du cinéma. Sa relation avec la créature est magnifique. J'ai apprécié ce personnage.
Richard Strickland est un connard, un fou, un homme qui prend les gens de haut et considère les femmes comme des objets qu'il peut contrôler. Sa personnalité est bien définis et comme dit plus haut, il ira au bout de son objectif pour le général Hoyt.
Gilles est un vielle homme gay et le voisin d'Elisa, celle-ci aime ses peintures et l'encourage à les présenter à des acheteurs potentielles. Son contact avec la créature va lui être bénéfique.
Dr Robert Hoffstetler / Dimitri Antonovich Mosenkov est le russe infiltré qui à une mission qui lui pèse sur les épaules : tué la créature. Il apprendras à la comprendre, il fera tout pour la protéger.
Zelda Delilah Fuller est l'ami de travaille de Elisa, elles sont toutes deux soudés. Son mari n'est qu'un idiot. Avec ce personnage les droits des noires sont abordés.
Elaine Strickland est devenus indépendante depuis le voyage de son maris en Amazonie qui à duré dix-hit mois. A son retour, elle continue à l'être. Richard se pose des questions sur ses horaires dans la journée et où elle travaille. Son statue représente le non-respect social et professionnelle des hommes envers les femmes.
La créature tente de comprendre la personnalité des humains et leurs émotions, son point de vue est écris sans virgule et avec des répétions, j'ai beaucoup aimé ses passages. Il aime Elisa et veut lui faire plaisir, cette être est magnifique !
Lien : https://thomaspassionculture..
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critiques presse (2)
SciFiUniverse   11 septembre 2018
Créer un conte de fée pour une époque troublée... Peu de réalisateurs pouvait le faire et Guillermo Del Toro en fait partie. Onirique, envoûtante, sa romance inspirée de L’étrange Créature du lac noir, était un chef d'oeuvre esthétique à défaut d'être son meilleur film. Et là est le point fort de cet ouvrage magnifiquement édité : même si vous n'avez pas apprécié le film, plonger dans ses coulisses est un régal.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
TPLF   18 juillet 2018
Entre fantastique, romance et horreur, La Forme de l’eau est un véritable hymne à l’amour, à la tolérance et une belle leçon d’humanité !
Lire la critique sur le site : TPLF
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   18 février 2018
Le réveil secoue la table de chevet. Sans ouvrir les yeux, Elisa tâtonne en quête du bouton d’arrêt glacé. Elle était plongée dans un rêve profond, doux et chaud, et elle veut y retourner rien qu’une minute. Mais comme toujours, son rêve se dérobe à sa poursuite consciente. Il y avait de l’eau, de l’eau noire – ça, elle s’en souvient. Des tonnes d’eau qui l’entouraient de toutes parts ; pourtant, elle ne se noyait pas. En fait, elle respirait mieux qu’elle ne le fait dans sa vie éveillée, dans des pièces pleines de courants d’air, dans la bouffe bon marché et l’électricité crachotante.

Des tubas claironnent au niveau de la rue. Une femme crie. Elisa soupire dans son oreiller. C’est vendredi ; l’Arcade Marquee, le cinéma vingt-quatre heures sur vingt-quatre du rez-de-chaussée, diffuse un nouveau film – autrement dit, elle va devoir intégrer de nouveaux dialogues, de nouveaux effets sonores et une nouvelle bande-son à son rituel matinal si elle ne veut pas risquer la crise cardiaque en permanence. Maintenant, des trompettes. Maintenant, une foule d’hommes hurlants. Elle ouvre les yeux et voit d’abord le « 22:30 » affiché par le réveil, puis les lames de lumière du projecteur qui jaillissent entre les lattes du plancher, parant les moutons de poussière de teintes Technicolor.

Elle s’assoit et carre les épaules pour se protéger du froid. Pourquoi ce parfum de chocolat chaud dans l’air ? L’étrange odeur s’accompagne d’un bruit désagréable : un camion de pompiers au nord-est de Patterson Park. Elisa pose ses pieds sur le sol glacé et regarde clignoter la lumière du projecteur. Du moins ce nouveau film est-il moins sombre que le précédent, un truc en noir et blanc appelé Carnaval des âmes ; les riches couleurs qui se déversent sur ses pieds l’autorisent à glisser dans un confortable rêve éveillé. Elle a de l’argent, beaucoup d’argent, et des vendeurs obséquieux lui présentent un assortiment d’escarpins multicolores. « C’est ravissant, mademoiselle. Avec une paire de chaussures pareille, ma foi, vous allez conquérir le monde. »

Au lieu de ça, c’est le monde qui l’a conquise. Aucune quantité de babioles achetées dans des vide-greniers pour quelques pennies et punaisées aux murs ne pourrait dissimuler le bois rongé par les termites ou détourner l’attention des cafards qui s’éparpillent dès qu’elle allume la lumière. Elle choisit de les ignorer ; c’est son seul espoir de traverser la nuit, le lendemain, le reste de sa vie. Elle se dirige vers le coin cuisine, règle le minuteur, plonge trois œufs dans une casserole d’eau et passe à la salle de bains.

Elisa ne prend que des bains. Elle ôte son pyjama en flanelle tandis que l’eau coule. Au boulot, ses collègues abandonnent des magazines féminins sur les tables de la cafèt’, et d’innombrables articles ont informé Elisa des zones précises de son corps sur lesquelles elle doit faire une fixation. Mais les hanches et les seins ne peuvent rivaliser avec les chéloïdes roses et boursouflées des cicatrices sur les deux côtés de son cou. Elle s’enfonce dans la baignoire jusqu’à ce que son épaule nue touche le fond. Chaque cicatrice mesure sept ou huit centimètres de long et file de sa jugulaire à son larynx. Au loin, la sirène se rapproche. Elisa a passé toute sa vie à Baltimore, trente-trois années, et elle peut suivre la progression du camion dans Broadway. D’une certaine façon, ses cicatrices aussi dessinent un plan, pas vrai ? Le plan d’endroits qu’elle préfère ne pas se rappeler.

Enfoncer ses oreilles dans l’eau du bain amplifie les bruits du cinéma. « Mourir pour Chemosh, crie une fille dans le film, c’est vivre éternellement ! » Elisa n’est pas sûre d’avoir bien entendu. Elle presse un bout de savon entre ses mains savourant la sensation d’être plus mouillée que l’eau, si glissante qu’elle pourrait la fendre tel un poisson. Des bribes de son rêve agréable pressent sur elle, aussi lourdes que le corps d’un homme. Brusquement submergée par leur érotisme, elle insinue ses doigts savonneux entre ses cuisses. Elle est sortie avec des hommes et a eu des rapports sexuels, tout ça. Mais cela fait des années. Quand ils tombent sur une femme muette, les hommes profitent d’elle. Pas un seul d’entre eux n’a tenté de communiquer vraiment lors d’un rendez-vous. Ils se sont contentés de l’empoigner et de la prendre comme si, n’ayant pas plus de voix qu’un animal, elle en était un. Ça, c’est bien mieux. Si flou soit-il, l’homme de son rêve est bien mieux.

Mais le minuteur, cet avorton infernal, se met à couiner. Elisa postillonne, embarrassée même si elle est seule, et se dresse dans la baignoire, ses membres luisants et dégoulinants. Elle s’enveloppe d’un peignoir et, frissonnante, revient vers la cuisine où elle éteint le feu et accepte la mauvaise nouvelle dispensée par l’horloge : il est « 23:07 ». Comment a-t-elle perdu autant de temps ? Elle enfile un soutien-gorge au hasard, boutonne un chemisier au hasard, lisse une jupe au hasard. Elle se sentait intensément vivante dans son rêve, mais à présent, elle est aussi inerte que les œufs qui refroidissent sur une assiette. Il y a un autre miroir dans la chambre, mais elle choisit de ne pas le regarder, au cas où son impression serait justifiée et où elle serait invisible.
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DanieljeanDanieljean   03 mars 2018
Incapable de percevoir Ta forme, je Te trouve tout autour de moi. Ta présence emplit mes yeux de Ton Amour, Elle rend humble mon coeur, Car Tu es parTout.
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SaiwhisperSaiwhisper   25 mars 2018
Ce qu'elle ignore, c'est à quoi elle servira une fois là-bas, et quelles seront les conséquences. Mais on ne peut jamais savoir ces choses à l'avance, pas vrai ? Le monde change, ou il reste le même. On se bat pour ce qu'on croit juste, et on se réjouit de l'avoir fait.
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rkhettaouirkhettaoui   08 mars 2018
On vous apprend surtout à connaître les flingues et les balles, hein ? La plupart des indigènes croient que le dauphin d’eau douce rose est un encantado, un métamorphe. Par les nuits comme celle-ci, il se change en homme d’une beauté irrésistible et se rend au village le plus proche. On peut le reconnaître au chapeau qu’il porte pour dissimuler son évent. Grâce à son déguisement, il séduit la plus belle femme du village et l’emmène dans sa maison sous l’eau. Attendez et vous verrez. Nous ne croiserons que très peu de femmes le long de la rivière la nuit ; elles ont trop peur d’être enlevées par l’encantado. Mais je trouve que c’est une histoire pleine d’espoir. Ne vaut-il pas mieux un paradis sous l’eau qu’une vie de pauvreté, d’inceste et de violence ?
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collectifpolarcollectifpolar   08 avril 2020
Henríquez raconte avec une ennuyeuse profusion de détails son voyage vers un avant-poste de l’Instituto de Biologia Maritima. Il affirme avoir manipulé – de ses propres mains ! – des fossiles calcaires ressemblant aux descriptions de Deus Brânquia. Les scientifiques les datent de la période du dévonien qui, le saviez-vous, monssieur Striickland, appartient à l’ère paléozoïque ? Voilà ce qui attire les hommes comme eux en Amazonie, affirme Henríquez. En ce lieu encore grouillant de vie primitive. Où l’homme peut remonter le cours du calendrier et toucher l’intouchable.
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Vidéo de Guillermo del Toro
Pour l'Instant Point Pop à la Fnac de ce mois-ci, Philippe Guedj, journaliste du Point, s'attarde sur l'oeuvre de magistral du réalisateur mexicain et acolyte Guillermo del Toro et d'Alejandro González Iñárritu, j'ai nommé Alfonso Cuarón. Focus sur 4 films qui sortent en un coffret édition spéciale Fnac : Roma, La Petite princesse, Les Fils de l'homme et Gravity. Même s'ils sont d'une diversité inattendue, chaque nouveau film du réalisateur est attendu avec impatience, en quête d'un moment grandiose et intimiste, immersif et humain.
La chronique complète sur Fnac.com : https://www.fnac.com/L-Instant-Point-Pop-a-la-Fnac-l-oeuvre-magistrale-d-Alfonso-Cuaron/cp49544/w-4
Tous les épisodes de L'instant Point Pop : https://www.youtube.com/watch?v=wom6JhTf84I&list=¤££¤12L-Instant-Point-Pop-a-la-Fnac-l-oeuvre-magistrale-d-Alfonso-Cuaron13¤££¤2A4WAk39Ae
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