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Critique de Nastasia-B


Nastasia-B
  09 juin 2013
Avec ce livre XXXV de son Naturalis Historia, Pline l'Ancien passe de l'Histoire Naturelle à L Histoire des Arts.
Il convient peut-être d'apporter une toute petite précision à la façon dont il entend les mots Histoire et Nature.
Dans l'Antiquité, le terme d'histoire est parfois assez proche du terme actuel d'enquête. Dans le cas présent, il faut probablement entendre le terme histoire comme signifiant " inventaire des connaissances ".
De même, pour Pline l'Ancien, la nature n'est pas la vision poétique, vaguement campagnarde ou sauvage qu'on lui accorde désormais. Il doit plutôt considérer la Nature comme l'ensemble des composantes de l'univers.
On comprend alors mieux pourquoi l'un des trente-sept livres de son Histoire Naturelle soit dédié à l'art de rendre, par la peinture ou le modelage, des éléments " de la nature ".
Pline s'attache donc à nous rappeler la succession des peintres puis des modeleurs qui ont été les plus marquants, représentatifs ou innovants dans leur aptitude à " rendre la nature " ou à " montrer le naturel ". En ce sens, le summum, la quintessence de l'art pour lui est le trompe-l'oeil.
Si, par sa peinture, l'artiste a réussi à tromper un animal ou mieux un homme ou mieux encore un confrère artiste, alors il a atteint à l'essence même de la nature.
C'est une vision probablement très distante de l'acception actuelle de l'art, mais, quand on y réfléchit, c'est une vison très scientifique, qui se propose un critère d'évaluation objectif, quantifiable, falsifiable (au sens scientifique du terme tel que l'évoque Karl Popper, par exemple) et autorisant la comparaison entre oeuvres.
Avec une telle approche, ce n'est donc plus absurde du tout d'inclure une telle section dédiée aux arts plastiques dans un ouvrage de type plutôt encyclopédique et scientifique.
On y apprend aussi quelques (très peu en vérité, je ne veux pas vous faire miroiter monts et merveilles) aspects des techniques employées à l'époque.
Enfin, on y constate que dès l'aube des temps, l'artiste reconnu a bénéficié d'une très grande considération sociale et a été très lié aux hautes sphères du pouvoir ce qui lui permettait déjà à l'époque ces débordements " caractéristiques ". Je parle bien évidemment de l'artiste reconnu car Pline évoque que déjà dans l'Antiquité, l'artiste pouvait végéter dans une forme de misère avant de pouvoir vivre de son art.
Un petit livre assez intéressant sur l'histoire des arts donc, aux époques grecques (surtout) et latines, par un quasi contemporain mais que je ne considère pas non plus comme un ouvrage captivant. Ceci dit, tout cela est affaire de goût, et ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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