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EAN : 9782232122262
180 pages
Editions Seghers (14/11/2002)
4.22/5   200 notes
Résumé :
Quatrième de couverture - Dédiés à l'amour, voici réunis les derniers poèmes de Paul Eluard, qui composent :
- Le désir de durer.
- Le temps déborde.
- Corps Mémorable et
- Le Phénix.
Au-delà de la solitude vaincue, de la détresse dépassée, ces admirables poèmes font des « derniers poèmes d'amour » l'une des plus poignantes œuvres poétiques de tous les temps.
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Le titre donné à ce recueil qui rassemble plusieurs publications du poète semble sonner un peu comme une oraison funèbre...

Les poèmes couvrent la période de 1945 à 1951. Ce sont effectivement les derniers textes de Paul Eluard sur le thème amoureux, puisqu'il est mort en 1952, à 56 ans. Mais qu'on ne s'y trompe pas, le poète exalte toujours le désir, la flamme, la femme. Comme Jean-Pierre Siméon l'écrit dans la préface, c'est " un livre incandescent, brûlant d'aimer"...

Si dans " le temps déborde", en 1948, la perte brutale de sa femme Nush le laisse désespéré et ouvre les vannes du chagrin qui se déverse, le dernier recueil, après sa rencontre avec Dominique, fort justement intitulé " le Phénix", montre que l'amour est une (re)naissance perpétuelle, un feu couvant sous les cendres, jamais éteint.

C'est cette ultime partie de l'oeuvre qui m'a le plus attirée et émue. Je connais par coeur le sublime" Je t'aime" , je frissonne toujours en lisant " Air vif" et je ne résiste pas à l'envie de vous citer le poème qui pour moi est le plus magnifique hymne à la vie, l'espoir, l'amour que je connaisse:

" Et un sourire

La nuit n'est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l'affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un coeur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager."

Des poèmes comme celui-là bouleversent les coeurs à jamais , mots solaires dans le gris des jours, baumes à l'âme, plumes de douceur ... Merci au poète pour toutes les émotions vibrantes qu'il m'a offertes depuis mon adolescence.

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Il y a dans la poésie de Paul Eluard de l'évidence et du mystère. Tout est limpide et pourtant le sens échappe. Quelque chose d'enfantin, un reste des "yeux de ces enfants qui sont nos yeux anciens", une simplicité, des mots de tous les jours. Eluard, c'est d'abord un rythme inconnu, nouveau, limpide, et c'est le corps, le corps de la femme aimée, objet d'un érotisme sobrement sacralisé. Eluard, c'est l'amour dans ce qu'il a de plus concret, de plus vécu, de plus charnel. C'est le couple, l'union improbable réalisée mais aussi détruite par la mort qui fait déborder le temps, qui fait que le poète ne sait plus si c'est elle qui est morte ou si c'est lui.

Les mots viennent naturellement. Ils ne disent pas grand chose, juste ce qu'il faut. Ils se collent les uns aux autres, infiniment, toujours les mêmes et toujours surprenants. le lecteur entre dans part la plus intime d'un homme, celle qui ne se dit pas mais se murmure, il entre dans lui-même, dans les mots qui disent peut-être l'universelle expérience humaine. Mais il ne sert à rien de parler de la poésie d'Eluard. Il suffit de la lire.
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Y-a-t-il encore de la place pour la poésie dans notre monde ?
Dans notre société hyper-pressée, hyper-technologique, hyper-réaliste, lire (ou faire) de la poésie apparaît comme un acte politique fort. A l'heure ou le mystère n'a plus lieu d'être, qu'il est plaisant et salutaire de lire (ou de relire) des mots qui font appel à notre douce sensibilité plutôt qu'à notre implacable logique.
Découvrir les derniers poèmes d'amour de Paul Eluard est un choc littéraire et sentimental qui fera vibrer les fondations de votre coeur.
Chaque poème est une invitation, une douce berceuse, qui creuse et met à découvert des sentiers inexplorés depuis si longtemps dans notre esprit.
Je ne suis pas certain que l'amour ait trouvé plus bel écrin que les poèmes de Paul Eluard.
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Derniers Poèmes d'Amour | Paul Éluard

Avec un tel titre je m'attendais à de la douceur, des déclarations d'adoration et aussi à un peu d'ardeur et de passion ! Je suis clairement restée sur ma faim. 

Finalement ce recueil oscille plus du côté de la nostalgie que dans le lyrisme. Peut-être car ce sont ces derniers poèmes comme le précisait le titre ? Ou alors peut-être que je ne suis tout simplement pas sensible aux mots de Paul Éluard et que je suis totalement passée à côté ! 

Dans tous les cas, sa plume ne me transporte pas particulièrement et ne sonne pas à mes oreilles comme j'aime entendre chanter les mots avec de la poésie. 

Voilà un des rares passages qui a su retenir mon attention:
Rien n'est plus clair que l'amour
Gisant dans son illusion
Debout dans sa vérité

Naître voyant chaque soir
Contre le mal dormir sourd
Rêver sans douter de soi

Les pas de plomb des larmesSur les rochers et notre joie
Des feuilles vertes dans les bois

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Lorca et Eluard....cascades d'images...d'une grande précision.
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Citations et extraits (120) Voir plus Ajouter une citation
La nuit n'est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l'affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.
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La mort l'amour la vie

J’ai cru pouvoir briser la profondeur de l’immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m’a semblé plus vive que le sang

Je voulais désunir la vie
Je voulais partager la mort avec la mort
Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
Tout effacer qu’il n’y ait rien ni vitre ni buée
Ni rien devant ni rien derrière rien entier
J’avais éliminé le glaçon des mains jointes
J’avais éliminé l’hivernale ossature
Du vœu qui s’annule

Tu es venue le feu s’est alors ranimé
L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoilé
Et la terre s’est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J’avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J’avançais je gagnais de l’espace et du temps

J’allais vers toi j’allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l’espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l’aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.

Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une houle énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n’est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.

Les hommes sont faits pour s’entendre
Pour se comprendre pour s’aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes
Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.
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Je t'aime

Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu
Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas
Je t'aime pour aimer
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd'hui
Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne
Pour la santé
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n'es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

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Je suis devant ce paysage féminin
Comme un enfant devant le feu
Souriant vaguement et les larmes aux yeux
Devant ce paysage où tout remue en moi
Où des miroirs s’embuent où des miroirs s’éclairent
Reflétant deux corps nus saison contre saison

J’ai tant de raisons de me perdre
Sur cette terre sans chemins et sous ce ciel sans horizon
Belles raisons que j’ignorais hier
Et que je n’oublierai jamais
Belles clés des regards clés filles d’elles-mêmes
Devant ce paysage où la nature est mienne

Devant le feu le premier feu
Bonne raison maîtresse

Étoile identifiée
Et sur la terre et sous le ciel de mon cœur et dans mon cœur
Second bourgeon première feuille verte
Que la mer couvre de ses ailes
Et le soleil au bout de tout venant de nous

Je suis devant ce paysage féminin
Comme une branche dans le feu
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La mort l'amour la vie


J'ai cru pouvoir briser la profondeur l'immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m'a semblé plus vive que le sang

Je voulais désunir la vie
Je voulais partager la mort avec la mort
Rendre mon cœur au vide et le vide à la vie
Tout effacer qu'il n'y ait rien ni vitre ni buée
Ni rien devant ni rien derrière rien entier
J'avais éliminé le glaçon des mains jointes
J'avais éliminé l'hivernale ossature
Du vœu qui s'annule

Tu es venue le feu s'est alors ranimé
L'ombre a cédé le froid d'en bas s'est étoilé
Et la terre s'est recouverte
De ta chair claire et je me suis senti léger
Tu es venue la solitude était vaincue
J'avais un guide sur la terre je savais
Me diriger je me savais démesuré
J'avançais je gagnais de l'espace et du temps

J'allais vers toi j'allais sans fin vers la lumière
La vie avait un corps l'espoir tendait sa voile
Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
Promettait à l'aurore des regards confiants
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
Ta bouche était mouillée des premières rosées
Le repos ébloui remplaçait la fatigue
Et j'adorais l'amour comme à mes premiers jours

Les champs sont labourés les usines rayonnent
Et le blé fait son nid dans une houle énorme
La moisson la vendange ont des témoins sans nombre
Rien n'est simple ni singulier
La mer est dans les yeux du ciel ou de la nuit
La forêt donne aux arbres la sécurité
Et les murs des maisons ont une peau commune
Et les routes toujours se croisent.

Les hommes sont faits pour s'entendre
Pour se comprendre pour s'aimer
Ont des enfants qui deviendront pères des hommes
Ont des enfants sans feu ni lieu
Qui réinventeront les hommes
Et la nature et leur patrie
Celle de tous les hommes
Celle de tous les temps.
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