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EAN : 9782070300969
247 pages
Gallimard (21/04/1967)
4.17/5   81 notes
Résumé :
"La Vie immédiate", suivi de "La Rose publique", "Les Yeux fertiles" et précédé de "L'Evidence poétique".
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
lebelier
  06 septembre 2021
Difficile de rendre compte d'un recueil d'Éluard. Les textes tournent ou tournoient au rythme mesuré voire démesuré d'une écriture automatique domptée au fil de la métaphore rare, de l'association qui fait mouche tant elle surprend : « la paille de l'eau » ; « un rire aveuglant » ; « oiseaux dressés comme des torrents » ; « nos yeux ferment les fenêtres ».
Éluard possède un monde verbal imaginé qui semble lui échapper et virevolte autour de lui, le vent, l'eau, les yeux des femmes, le corps des femmes, l'amour de Nusche, sons et visions ne font qu'un dans ce kaléidoscope où les femmes s'intègrent à la nature, la domine, la rend plus sublime car la femme comme l'eau ou le matin qui naît est toujours à réinventer. Les poèmes sont d'ailleurs comme les jours qui se suivent, incipits d'aurore où seule la fin est ponctuée. Poèmes courts d'une à trois lignes ou longs de quelques pages, Éluard concentre ou dilue sa vision et les mots semblent bouger avec elle. A la lecture, on se laisse plutôt imprégner bien qu'il y ait des instants que chaque lecteur retient pour lui dans ce qu'il est entrain de vivre car c'est « la vie immédiate » qui se déroule dans ce recueil justement intitulé.
Ne pouvant recopier la moitié du recueil, j'ai néanmoins retenu quelques vers :
Je t'appellerai Visuelle
Et multiplierai ton image.
ou :
Désarmée
Elle ne se connaît plus d'ennemis.
ou encore :
L'or têtu jette sa semence.
Françoise Sagan avait retenu l'un d'eux pour le titre de son premier roman : Bonjour tristesse.
Les poèmes sont autant de miniatures que le lecteur aperçoit en tableaux et ce n'est sûrement pas par hasard qu'Éluard consacre quelques hommages à ses amis peintres ou artistes « visuels » (Picasso, Dali, Man Ray…)
J'ai eu en effet, en lisant, la vision coulée que Dali peut avoir sur ses tableaux dans un monde à réinventer sans cesse.
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ladesiderienne
  18 septembre 2012
Je précise avant tout que ce qui suit n'est que mon humble avis et qu'il n'engage que moi, modeste amatrice de poésie (Hugo, Baudelaire, Rimbaud,...).
J' avoue que je n'ai que survolé cet ouvrage sans trouver de quoi accrocher mon regard. J' en déduis que le surréalisme, ce n'est pas pour moi. Je ne considère pas comme un poème, une association de mots ou de phrases sans lien logique.
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lehibook
  06 janvier 2021
Recueil publié en 1932 . Il compte 45 poèmes répartis en trois parties suivant une architecture rigoureuse . La plupart de ces textes ont déjà été publiés et appartiennent à la période purement surréaliste . Suivi de la Rose Publique de 1934 et Les Yeux fertiles de 1936 .J'y retrouve avec enchantement la phrase limpide et chatoyante du poète qui éblouit par le jaillissement des images .
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Cielvariable
  27 avril 2013
Paul Éluard est de loin mon poète préféré et sa poèsie tout en musique et en nostalgie est un pur bonheur.
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Fleuryne
  27 janvier 2015
C'est le premier ouvrage que je lis de Paul Eluard. Il fut pour moi quelque peu déconcertant. Je m'y suis perdue dans une rêverie qui laisse un flottement dans la tête lorsque l'on se réveille en en tournant la dernière page...
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
ArimboArimbo   07 décembre 2020
Le temps d'un éclair

Elle n'est pas là.

La femme au tablier guette la pluie aux vitres
En spectacle tous les nuages jouent au plus fin
Une fillette de peu de poids
Passée au bleu
Joue sur un canapé crevé
Le silence a des remords.

J'ai suivi les murs d'une rue très longue
Des pierres des pavés des verdures
De la terre de la neige du sable
Des ombres du soleil de l'eau
Vie apparente.

Sans oublier qu'elle était là
À promener un grand jardin
A becqueter un mûrier blanc
La neige de ses rires stérilisait la boue
Sa démarche était vierge.
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SophiePatchouliSophiePatchouli   27 mai 2017
HOUX DOUZE ROSES

La hache la façon de tenir un verre brisé
La négation d'une fausse note les clous les fards
Le sens commun les algues les ravins l'éloge tout ou rien
La pourriture astrale et le reflet de son délire
La lune de rosée et beaucoup d'animaux gaillards
Dans cette ville disparue dans cette ville camarade
L'orage vagabond ses prunelles éclatées son feu virtuel
Le brassage des graines des germes et des cendres
Coin des Acacias masqué d'odeurs le sable fait la moue.

Lune la feuille fleur le sein et les paupière lourdes
Les longs baiser de la balafrée aux cheveu pâles
Qui m'accompagne toujours qui n'est jamais seule
Qui m'oppose le flot des non quand les oui ne pleuvent pas
Elle a pour elle sa faiblesse machinale
Les gémissements incessants de l'amour
L'introuvable gorgée d'eau vive
La décevante gorgée d'eau neuve
Elle a pour elle les premières et les dernières fumées

Légères les fourrures mortes de chaleur
Le sang des crimes qui défait les statues négatives
Elle est pâle et blessée et taciturne
Elle est d'une grande simplicité artificielle
Velours insondable vitrine éblouie
Poudre impalpable au seuil des brises du matin
Toutes les images obscures
Perdues dans l'étendue de sa chevelure diurne.
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patrick75patrick75   27 août 2014
Et dans l'unité d'un temps partagé, il eut soudain tel jour de telle année que je ne pus accepter.
Tous les autres jours, toutes les autres nuits, mais ce jour-là j'ai trop souffert.
La vie, l'amour avaient perdu leur point de fixation. Rassure-toi, ce n'est pas au profit de quoi que ce soit de durable que j'ai désespéré de notre entente. Je n'ai pas imaginé une autre vie, devant d'autres bras, dans d'autres bras.
Je n'ai pas pensé que je cesserais un jour de t'être fidèle, puisqu'à tout jamais j'avais compris ta pensée et la pensée que tu existes, que tu ne cesse d'exister qu'avec moi.
J'ai dit à des femmes que je n'aimais pas que leur existence dépendait de la tienne.
Et la vie, pourtant s'en prenait à notre amour. Et la vie sans cesse à la recherche d'un nouvel amour, pour effacer l'amour ancien, l'amour dangereux, la vie voulait changer d'amour.
Principes de la fidélité...Car les principes ne dépendent pas toujours de règles sèchement inscrites sur le bois blanc des ancêtres, mais de charmes bien vivants, de regards, d'attitudes, de paroles et des signes de la jeunesse, de la pureté, de la passion. Rien de tout cela ne s'efface.
+ Lire la suite
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patrick75patrick75   30 août 2014
Filles de rien prêtes à tout
Sœurs des fleurs sans racines
Sœurs des enfants rebelles
Minuscules
Indifférentes
Réduites à l'intelligence
A la raison à en mourir
Réduites dans vos secrets
Etrangères délaissées
Mes lointaines compagnes
Aux chairs sentimentales
Belles à peine belles mais toujours belles
Plus simples que le malheur
Plus précieuses que la beauté
De vos lèvres abattues
De votre sourire effondré
Vous me confiez vos poissons
O mithridatisées

Et j'oppose à l'amour
Des images toutes faites
Au lieu d'images à faire.
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palamedepalamede   05 mars 2017
Même quand nous sommes loin l'un de l'autre
Tout nous unit

Fais la part de l'écho
Celle du miroir
Celle de la chambre celle de la ville
Celle de chaque homme de chaque femme
Celle de la solitude
Et c'est toujours ta part

Et c'est toujours la mienne
Nous avons partagé
Mais ta part tu me l'as vouée
Et la mienne je te la voue

(Extrait de La Rose publique p.135)
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Videos de Paul Éluard (91) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Éluard
Lecture de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier de Stig Dagerman et concert autour des oeuvres de Théodore de Banville, Gérard de Nerval, Paul Eluard et Rabindranath Tagore.
« C'est l'angoisse de la séparation qui s'épand par tout le monde et donne naissance à des formes sans nombre dans le ciel infini. C'est ce chagrin de la séparation qui contemple en silence toute la nuit d'étoile en étoile et qui éveille une lyre parmi les chuchotantes feuilles dans la pluvieuse obscurité de juillet. C'est cette envahissante peine qui s'épaissit en amours et désirs, en souffrances et en joies dans les demeures humaines, et c'est toujours elle qui fond et ruisselle en chansons. »
L'Offrande lyrique, Rabindranath Tagore, traduit par André Gide.
Ces émotions douces et amères qui nous secouent ne sont-elles pas universelles ? Ne sont-elles pas l'essence même de notre existence ? Deleyaman, groupe franco-américain dans la veine céleste de Dead Can Dance, aborde ces questions vibrantes, parle d'art, d'amour, de beauté et de contemplation comme des réponses à nos contraintes existentielles.C'est une amicale collaboration artistique entre le groupe et Fanny Ardant qui a donné naissance à cette création. Au travers d'un texte lu, elle dialogue avec le groupe sur une musique créée par Deleyaman. Avec le son du doudouk, le groupe d'Aret Madilian interprétera les titres français de sa discographie
Fanny Ardant : voix Béatrice Valantin : voix, clavier Aret Madilian : piano, clavier, guitare, percussion Guillaume Leprevost : basse, guitare Artyom Minasyan : doudouk, plul, pku Madalina Obreja : violon Gérard Madilian : doudouk
Création en partenariat avec le Trianon Transatlantique de Sotteville lès Rouen – Scène conventionnée d'intérêt national art et création chanson francophone.
À écouter – Deleyaman, « Sentinel », 2020. Plus d'informations sur www.deleyaman.com À écouter : https://deleyaman.bandcamp.com/album/sentinel
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