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EAN : 9782366294750
Éditeur : Editions ActuSF (20/09/2019)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Note : une première version de ce livre était sortie en auto-édition sous le titre "Si loin du Soleil". La version "Dans l'Ombre de Paris" est le fruit d'un second travail éditorial avec ActuSF

Depuis des siècles, les humains traitent les fées, dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
Lorsque la princesse Yuri reçoit une lettre de son père lui enjoignant de quitter le Japon pour le rejoindre, elle s'empresse d'obéir. Mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Odlag
  08 juillet 2020
Premier roman de la série La Dernière Geste, d'abord paru en auto-édition sous le titre Si loin du soleil puis réédité par ActuSF sous le label Naos, Dans l'ombre de Paris est une réussite et un bon coup de coeur pour moi. La première fois que j'ai vu la couverture, qui est magnifique et tout à fait représentative de l'histoire (vous en cernerez les détails après l'avoir lue), j'avais peur que ce soit un récit trop ancré dans la culture japonaise, avec des samouraïs, etc., ce qui ne m'attirait pas des masses (curieusement j'aime bien regarder des films sur ce sujet et lire des mangas, mais quand il s'agit de romans ça ne me donne pas envie). Mais une collègue l'a lu et me l'a fortement conseillé, donc j'ai tenté le coup et cela a été une excellente surprise.
L'univers dans lequel se déroule l'intrigue est le nôtre, mais en différent.
Première différence qui change radicalement notre univers : il s'agit entre autres d'une uchronie, puisque la France est devenue le royaume le plus puissant du Monde, ayant rattaché à elle quasiment toute l'Europe. La monarchie française est toujours en vigueur : il y a toujours un Roi de France, une cour avec ses nobles, etc. le fait de voir les personnages vivre selon d'anciennes coutumes donne l'impression, de prime abord, d'être à l'époque de la Renaissance ou des Lumières. Mais la technologie est bien avancée, du moins pour les riches : eau courante, électricité, casques de réalité virtuelle, etc. (les pauvres, eux, n'ont pas le luxe de profiter de ces avancées). Cette technologie vient contrebalancer l'effet médiéval, sans pour autant nous le faire sortir de la tête. En même temps, je lis une histoire avec un roi de France, je ne peux m'empêcher de penser aux XVII-XVIIIe siècles (par exemple) bien que l'intrigue se déroule au XXe (1995). Ce mélange entre coutumes d'anciennes époques et technologie plus actuelle rend l'univers plutôt original.
Autre différence tout aussi importante : les fées existent. Attention, pas les jolies petites fées des contes, mais celles des légendes celtes (après tout l'auteur est Bretonne et vit près de la forêt de Brocéliande), c'est-à-dire des créatures fantastiques qui peuvent être très dangereuses (comme les selkies, par exemple). Elles sont donc craintes par les humains qui les ont chassées de leurs terres et les capturent pour en faire des esclaves. Seuls les keltiens (étant donné qu'ils parlent anglais, je dirais qu'on peut les rattacher à des pays anglophones comme l'Irlande) vivent en paix avec les fées.
Le Japon est une autre grande puissance de ce Monde, et notre héroïne est la fille de l'ambassadeur japonais. La princesse Yuri Nekohaima vit au japon depuis des années, loin de son père resté en France. Un jour elle reçoit une lettre de son père lui ordonnant de venir le rejoindre, ordre que Yuri exécute sans se plaindre, comme on le lui a appris. À bord de l'Orient-Express, un immense train indépendant (il n'est régit par aucune loi des différents royaumes, mais a ses propres règles que tous ceux qui y montent doivent respecter), la princesse, accompagnée de sa garde personnelle, fait la rencontre d'êtres (humains et fées) qui la prennent au dépourvu de part leurs convictions. Et lorsqu'elle arrive en France pour découvrir qu'elle devra épouser le Prince, héritier du trône, ce qui ferait d'elle la Dauphine de France, elle se sent profondément trahie. Obligée de suivre de coutumes nouvelles, de jouer le jeu de l'hypocrisie au milieu de tous ces nobles qui n'attendent d'elle qu'un faux-pas, Yuri se sent de plus en plus entravée. Un soir, quelqu'un lui propose un choix : épouser le Prince et continuer sa vie enfermée dans une cage dorée, ou s'enfuir et obtenir enfin la liberté de devenir qui elle veut. Bien sûr, on se doute tout de suite du choix qu'elle va faire...
À travers Yuri, jeune femme de vingt ans, nous découvrons les coutumes japonaises et la place des femmes dans cette société à l'esprit si étriqué. Que ce soit au Japon ou en France, les hommes sont considérés comme des êtres forts faits pour diriger, tandis que les femmes ne sont que des créatures faibles, incapables de susciter la crainte (pour eux l'idée qu'une femme puisse être un assassin professionnel est totalement inconcevable). Yuri a dû apprendre à se servir des moyens qu'on lui accordait pour montrer sa valeur : être belle, intelligente (mais pas trop) et apprendre différentes langues. On lui a appris à être docile, soumise à l'autorité, tout en étant capable de réflexion, à ne faire confiance à personne et ne jamais montrer ses émotions. Mais au fond d'elle, Yuri n'en peut plus de se cacher derrière ce masque de neutralité et rêve de liberté. Alors quand vient le moment de faire son choix, elle se lâche enfin et fait tout pour obtenir ce qu'elle souhaite. Yuri est un personnage que j'ai trouvé très intéressant. J'ai vu certains avis dire qu'elle est un peu trop distante et que du coup on a du mal à s'y attacher. Alors oui, elle est distante, mais ça fait partie de son éducation, tout comme son petit côté précieux. Et c'est ça qui est intéressant : malgré cette éducation si ancrée en elle (elle va souvent s'indigner face au comportement des autres, dont elle n'a pas l'habitude), elle parvient à faire ressortir son caractère enfoui, révélant ainsi une personne qui sait s'amuser, capable de compassion et d'une ouverture d'esprit étonnante pour une personne de sa condition. Je n'en dis pas trop, tout de même, mais voilà : elle mérite qu'on lui laisse sa chance.
Deux autres personnages féminins, qui mettent également en avant ces clivages homme/femme : la Capitaine Trente-Chêne, qui dirige l'Orient-Express, ancienne noble qui a décidé de tout plaquer pour vivre son rêve (l'aventure, le voyage) ; et HA-17, une créature hybride (mi-humaine, mi-fée) créée en laboratoire et considérée comme un objet, utilisée dans la garde de la princesse et qui prouve sa valeur même si les hommes refusent de le voir.
Parmi les humains, un autre personnage m'a bien plu : le coordinateur des rebelles, le fameux Sir Edward Longway, keltien. Un homme qui a tout perdu, obligé de vivre dans l'ombre sans jamais sortir à l'air libre (les rebelles, appelés les Rats, vivent dans les égouts, où ils ont aménagé un véritable foyer), entièrement consacré à sa cause. Car les pauvres sont mécontents, la révolte menace, même si elle est encore loin d'éclater. Il manque encore quelque chose, une lumière pour les éclairer, un soleil pour les guider... Sir Edward, donc, un homme mélancolique mais aussi très optimiste qui va aider Yuri à s'émanciper, à se découvrir elle-même.
Et on garde le meilleur pour la fin : mon personnage préféré dans cette histoire, Bran, la Selkie. Une créature au caractère bien prononcé, grognon, sauvage, magnifique. Les Selkies représentent la liberté, l'absence de possessivité, la tolérance vis-à-vis de la différence : elles n'ont pas de genre prédéterminé (il y a bien physiquement une différence de sexe, mais se fichent du genre), elles sont, c'est tout. Si elles aiment, peu importe que ce soit mâle ou femelle, peu importe l'espèce : elles aiment, c'est tout. Bran est une créature très attachante, à la fois très franche (elle dit les choses telles qu'elles sont, telles qu'elle les pense), sauvage (attention à ne pas l'insulter !) et innocente (elle rougit facilement quand on aborde des sujets plus personnels). Elle est censée avoir la vingtaine, mais ressemble plus à une ado, autant physiquement que dans son caractère. Et en même temps elle peut se montrer d'une maturité surprenante.
Celui que j'ai le moins apprécié, je pense, c'est le prince héritier Louis-Philippe : plus hypocrite que lui, tu meurs. Il dit aimer Yuri, mais ça apparaît d'avantage comme un désir de possession que comme de l'amour, et va tout faire pour la récupérer. Il se fait passer auprès du peuple comme un être aimant et empli de compassion, mais il déteste les pauvres et se sent supérieur à tout le monde.
Ah ! En fait il y en a bien un que j'ai détesté plus que le Prince, mais je ne peux pas parler de lui sans révéler des éléments importants de l'intrigue, donc vous verrez par vous-même.
Morgan of Glencoe a créé une panoplie de personnages intéressants et complexes : on s'attache à certains, on en déteste d'autres. L'histoire qu'elle développe ici est vraiment prenante, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. J'ai adoré découvrir la vie à bord de l'Orient-Express, ainsi que celle au milieu des Gens de l'Égout, deux lieux qui apprennent la tolérance face à la différence, l'ouverture d'esprit. J'ai détesté cette société sexiste qui pense une femme trop stupide et trop faible pour faire ses propres choix. J'ai haïe cette société raciste qui traite les êtres différents comme des animaux et des esclaves incapables d'intelligence. J'ai d'ailleurs aimé cette insertion de l'univers légendaire celte au sein de cette société humaine très monarchique, j'ai aimé découvrir ces différentes espèces de créatures fantastiques, toutes aussi surprenantes les unes que les autres.
Suivre Yuri dans cette aventure a été pour moi un excellent moment de lecture, et ce jusqu'à la fin. Malgré la fin, qu'on sent venir, petit à petit, avec crainte et tristesse. Au fil du récit, que nous suivons à travers différents points de vue (à travers le regard d'un peu tout le monde, en fait, le narrateur étant omniscient), on voit le drame arriver. Un dénouement détaillé, bien mené, qui poursuit inexorablement sa course vers... Quoi donc ? À vous de le découvrir...
En bref...
Morgan of Glencoe est à la fois écrivaine, chanteuse, harpiste et compositrice de musique celtique. Cet univers celte qui fait partie de sa vie, elle le développe dans son premier roman publié en le mêlant à un univers uchronique plus terre-à-terre où les monarchies, et les injustices qui les accompagnent, sont toujours en place au XXe siècle. Dans l'ombre de Paris est un mélange de genres (fantasy, uchronie, steampunk) tout à fait réussi, écrit par une plume agréable, fluide et musicale. Les personnages, certains attachants, d'autres détestables, sont traités en toute complexité : ils ne sont pas parfaits, ont des doutes et des convictions, des qualités et des défauts. Intrigues politiques, aventure et quêtes d'identité sont au rendez-vous pour nous plonger dans une histoire des plus intéressantes, bien qu'au schéma quelque peu classique, au sein d'un univers particulièrement original. Un excellent premier tome qui pose des bases solides pour la suite que j'attends avec impatience !
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Lildrille
  02 novembre 2019
Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=44821
J'ai mis la note de : 19/20
Mon avis : Dans l'ombre de Paris appartient à la catégorie de ces romans inattendus, qui offrent de nouveaux horizons, dans une littérature de fantaisie qui a parfois du mal à se renouveler. L'univers de cette série est complexe, et joue sur plusieurs tableaux. L'auteure a choisi de s'imprégner de notre propre société, et de se l'approprier, pour en faire un monde unique où, créatures magiques et légendaires côtoient des humains que nous aurions pu croiser aussi bien dans le passé, notamment à l'époque de la royauté française, qu'à notre époque.
D'un côté, la Triade, principalement composée de royaumes puissants et à tête couronnée, s'oppose à Keltia, un ensemble d'états indépendants, moins radical et plus juste. le Royaume de France, qui s'étend bien plus loin que nos frontières, l'Empire Japonais, plutôt semblable à l'image des coutumes contemporaines de son jumeau Terrien, et le Sultanat Ottoman, mis à l'écart dans ce roman, promulguent des lois racistes et réfractaires, traitant les fées comme des esclaves ou des animaux, voire les deux.
Ces royautés totalitaires que l'on apprend rapidement à détester, notamment à cause de systèmes inégalitaires et injustes, paraissent quelque peu stéréotypées, et peu enclines au changement. Elles amènent des passages sombres, marqués de décisions lourdes et peu appropriées à un univers aussi diversifié. Pourtant, tous les faits restent cohérents et réalistes. En effet, la Triade craint les fées pour, nous explique-t-elle, d'excellentes raisons, bien que ces dernières soient préjudiciables. Leur peur de l'inconnu et de celle de l'intelligence supérieure des fées, font des citoyens de la Triade des personnages aux descriptions peu flatteuses, agrémentées de grains de sottise et de racisme.
Cependant, au fil des pages, des explications et des révélations, les personnages que l'on pensait simplets, ou portés sur une seule ligne directrice, se dévoilent et offrent des scènes tout aussi surprenantes que captivantes. Bien que les lois de la Triade portent à croire à un monde manichéen, celui-ci ne l'est en aucun point. L'auteure dépeint une société imparfaite, riche et complexe, qui se cherche et qui traverse des troubles politiques majeurs, aussi bien religieux qu'économiques. Tout est à construire, et la fin de ce tome annonce de grands changements à venir pour ces monarchies. Mais ces transformations ne viendront surement pas sans de grands bouleversements.
Morgan Of Glencoe dépeint une société étonnante, que l'on pourrait qualifier d'uchronie-fantasy. En effet, les premières pages ne trompent pas. le lecteur est plongé dans un Paris des années 1995, où les lecteurs cassettes cohabitent avec des caméras de surveillance haute-gamme, et où l'Orient-Express reste un moyen de transport réservé à une classe riche. Ce Paris ressemble à celui que l'on connaît, sans pour autant que l'on s'y retrouve complètement. Certains détails diffèrent, comme les conditions de vie du peuple, qui n'ont fait que perdre en qualité et qui rappellent ceux d'une époque antérieure. L'auteure joue avec les codes et nos connaissances, troublant le lecteur de manière plaisante.
Le peuple des fées fourmille d'idées magiques. Les Feu-follets cohabitent avec les Selkies, des créatures d'eau aux pouvoirs élémentaires grandioses ; les Fomoires, d'étranges batraciens peu intelligents, ne sont pas compris des Spectraux, des êtres puissants pouvant influer sur les émotions ; et les Sylfes, des êtres liés à la terre et pacifistes, s'allient aux Aelings, les fées de l'air, pouvant voler à toute allure. L'auteure ne tarie pas d'inspiration. Certains connaisseurs reconnaîtront certaines créatures provenant de légendes celtiques, de contes de fées ou d'univers hybrides. Les personnages féeriques, tout en finesse et poésie, marquent les esprits par leur bon sens, leur générosité, leur altruisme, leur compassion et leur bienveillance. Bien qu'ils soient tous loin d'être parfaits, heureusement, le lecteur les apprécie rapidement et s'y attache.
Des keltians, pour qui les fées sont leurs égales, redorent l'image du genre humain, grâce à leurs idéaux d'un monde en paix et sans laissés-pour-compte. Taliesin, personnage portant le nom d'un personnage incontournable de la mythologie celtique, qui est un barde aux capacités extrasensorielles étonnantes, et Sir Edward Longway, un Chevalier Dragon aux moeurs anglosaxonnes classieuses, nous subjuguent par leurs talents au combat, leurs rêves de justice et leurs personnalités flamboyantes. On ne peut pas ne pas les aimer. Leur charisme impressionnant nous marque, et nous entoure encore, même après la fin de la lecture. Courageux, bons et loyaux, ils représentent tous deux des idéaux puissants, qui toucheront davantage les plus sensibles.
Yuri, la future princesse de France, évolue de jolie manière Dans l'ombre de Paris. Eduquée par la Triade depuis sa plus tendre enfance, la jeune femme croit en de nombreux principes contrenatures et malsains. Par exemple, Yuri a appris qu'une femme ne peut pas se battre, ou qu'une femme de son rang ne peut s'habiller toute seule. Habituée à une vie millimétrée et sans surprise, Yuri possède de nombreux préjugés sur les fées, que ses pairs considèrent comme de la vermine, ou sur les homosexuels, que son peuple ne tolère pas.
Sa vie parmi les fées va tout changer, et le monde de la jeune femme en sera bouleversé à jamais. L'évolution des idées de Yuri est réaliste et bien construite. La jeune femme se situe loin des clichés des princesses futiles et inintéressantes, obnubilée par le prince charmant. le lecteur s'y attache et espère que Yuri finira par trouver sa voie, tout en permettant à la Triade de se transformer.
Le roman possède de nombreux autres personnages secondaires, qui ont tous leur place, et qui possèdent tous une identité marquante. L'auteure rappelle souvent l'espèce à laquelle appartient telle ou personne, nous permettant de mieux retenir les caractéristiques de chaque catégorie de fées. En plus de la découverte de ce peuple aux capacités incroyables, l'auteure nous présente également un système de magie innovant, navigant entre notes de musique et spiritualité, qui se bonifie lors des scènes de combat, notamment lorsque Taliesin et Edward entament la Danse des Dragons. Bien que l'on ne comprenne pas très bien ce que cela veut dire, la sphère magique qui englobe les deux personnages nous envoie, à ce moment précis, des images pleines de poésie et de tranquillité.
Le final est à la fois épique et morbide. L'auteure joue avec nos émotions, et les dernières pages ne plairont certainement pas à tous les lecteurs. Nos nerfs sont mis à rude épreuve, passant du rire aux larmes, tandis que notre coeur se balade sur des montagnes russes. L'avant-dernier chapitre se divise en une multitude de sous-parties, chacune très courte et se concentrant sur un petit groupe de personnages, permettant à la bataille finale de durer longtemps, tout en alternant sur des suspenses palpitants.
Le roman est une vraie perle. Quand la fantaisie s'associe aux légendes celtiques, aux mythes arthuriens, aux contes, à la musique, à la féerie, à des personnages poétiques et riches, et à un univers tout aussi fascinant que complexe, la lecture ne peut qu'en être réussie. Cependant, le roman recèle un point plus ou moins négatif. Effectivement, étant donné la diversité des peuples, le roman utilise plusieurs langages, autres que le français, dont le japonais et l'anglais. Aucune traduction n'est fournie et cela est dommage, surtout pour les lecteurs désireux d'apprendre. Avec les explications de l'auteure, certains dialogues ne nécessitent pas d'être compris, alors que d'autres en auraient besoin. Bien que l'idée de cette utilisation soit davantage liée à la musicalité des langues qu'à leur stricte compréhension, ne pas pouvoir tout traduire gênera sans doute une partie des lecteurs.
Morgan Of Glencoe nous donne à réfléchir sur de beaux sujets, comme la paix, l'amitié et l'harmonie, à travers une histoire unique, pleine de bonnes ondes.
Lien : http://www.lavisqteam.fr/?p=..
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oursinculte
  07 octobre 2020
Oui, bon, ça va, le coup de la princesse qu'on veut marier et qu'elle veut pas, j'crois qu'on nous l'a déjà fait, non ? Bon, alors, pourquoi lire Dans l'ombre de Paris de Morgan of Glencoe aujourd'hui ? Attendez, je vous explique.
Dans l'ombre de Paris se déroule dans un XXe siècle où les têtes des monarques ne sont pas tombées, le Roi de France gouverne d'ailleurs une grosse partie de l'Europe et son fils est promis à la princesse Yuri, fille de l'ambassadeur du Japon. Yuri débarque à Paris sans se douter de rien jusqu'à ce qu'on lui dise « voilà ton fiancé, tu vas être reine de France, tope-la ». Mais avec un peu d'aide, la jeune femme s'enfuit pour trouver refuge dans les égouts qui abritent une communauté cachée, cour des miracles mélangeant les différents peuples humains, fées et fomoires tous persécutés par le régime en place. Yuri va alors découvrir un monde qui va remettre en question toute son éducation et ses croyances, et s'attacher à ces Gens hors du commun.
Si le pitch, raconté comme ça, ne fait toujours pas rêver c'est que 1/ je n'ai pas le talent de Morgan of Glencoe et 2/ la richesse de l'oeuvre n'est pas vraiment dans son point de départ. C'est la découverte progressive de cette communauté de Rats qui va vraiment poser la force du roman. Quand Yuri met les pieds dans ces sous-terrains et découvre ces personnages, on commence à vraiment s'attacher à cette protagoniste et son univers. Mais c'est avant tout la galerie de personnages secondaires qui va cimenter l'ensemble et en faire quelque chose de solide. Il y a dans ces égouts un chevalier au lourd passé, une Selkie combattante formée par le barde légendaire Taliesin, une famille de feux-follets, une Spectre guérisseuse et encore beaucoup d'autres que l'autrice a pris soin d'intégrer dans une vaste trame de relations. Ce bestiaire atypique en fantasy, issu de la tradition celtique, donne une touche particulière à ce monde et ces personnages. Ils sont tous très bien définis et leurs relations solides, leur passé et leur fonctionnement les posent vraiment comme une communauté unie contre le sort, touchante et vivante dans laquelle on prend énormément de plaisir à évoluer. Et je vous parle même pas des Fourmis, communauté un peu similaire qui vit sur les trains comme un équipage de navire vivrait au large, et qui va tisser des liens avec le peuple des égouts assez rapidement. Tout ça est riche, approfondi et immersif.
En débarquant là-dedans, Yuri va tomber de haut, elle qui a été éduquée dans une aristocratie Japonaise traditionnelle, sexiste et élitiste. Ses premiers pas dans une communauté égalitaire et humble vont être un peu rudes, mais elle va découvrir des valeurs et des amis qui vont réveiller une sensibilité qui avait longtemps été étouffée par son éducation. Yuri est une vraie force dans le roman mais constitue aussi sa seule vraie faiblesse car la princesse va changer un peu facilement son fusil d'épaule. Tout est justifié, et même esquissé dès le premier chapitre dans un prologue touchant, mais son éducation si profondément ancrée offre finalement peu de résistance. J'ai trouvé également que Yuri-Hime était un peu passive dans cette histoire, se mettant en retrait assez souvent pour se laisser ballotter par les évènements, mais son cheminement éveille la curiosité pour la suite car on sent que son caractère se forge.
Mais malgré tout ça, on s'attache à ces personnages qui offrent une dose de bienveillance bienvenue à la fois à notre héroïne mais aussi au lecteur. La beauté de l'écriture et l'ambiance de cet univers sont envoûtants et permettent d'aller au-delà de ce pitch à priori basique. On va explorer les thèmes de l'éducation et des luttes de classe dans un jeu de perspectives où les environnements sociaux dessinent nos perceptions du monde, et aussi nos angles morts. le racisme, le sexisme, le mépris trouvent racine dans cette éducation sans empathie, cette idéologie de supériorité, si présents encore aujourd'hui. C'est marrant, à la lecture on se dit que certains personnages côté monarchie sont quand même très très caricaturaux et manichéen… Et puis en réfléchissant aux zozos qui gouvernent le monde en ce moment… En fait ça va, ça passe.
Bizarrement, le roman pose quelques petites barrières avec certains dialogues en anglais qui ne sont pas traduits, ou même quelques noms orthographiés « à la japonaise » dans certains points de vue, sans explication particulière (Nedo et Wiru pour Edward et Will). Pour une collection destiné à un jeune public, si on connait ni l'anglais ni les particularités des prononciations japonaises, ça peut être un peu déstabilisant. Bon, c'était pour signaler ces particularités, mais ça ne pose pas non plus de problème insurmontable, rassurez-vous.
Le rythme du roman est assez lent dans son ensemble, surtout dans sa partie centrale où Yuri vit avec les gens des égouts et découvre leur monde. L'histoire s'installe gentiment en coulisse mais on a une grosse partie assez calme, qui nous permet de nous immerger, de nous attacher, de nous convertir à cet univers, de tisser les liens de tous ces personnages avec leurs mystères et leurs force. Ce n'est qu'une fois ce processus accompli avec succès que l'autrice nous balance dans un final explosif, émouvant, déchirant, où cette longue mise en place paye parce qu'on a pris le temps pour apprendre à connaître tout ce petit monde. Il est difficile de ne pas sauter sur la suite directement, suite qui arrive à donner envie au lecteur simplement avec son titre L'héritage du rail, si on connait la fin de ce premier tome.
Avec Dans l'ombre de Paris, Morgan of Glencoe nous propose un roman à la richesse bien cachée sous un pitch assez convenu. Mais le livre se révèle une vraie réussite, agréable à lire et aux nombreux personnages convaincants et touchants. Cet univers vivant capte le lecteur avec poésie et bienveillance, je re-signe sans problème, à bientôt pour la suite.
Roman reçu en Service Presse de la part de l'éditeur ActuSF, merci à eux.
Lien : https://ours-inculte.fr/dans..
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FungiLumini
  17 octobre 2019
Je dois avouer que je n'étais pas très emballée par la couverture de ce roman, mais par contre, le résumé me tentait énormément, et j'adore découvrir de nouvelles plumes francophones. Heureusement que je n'ai pas jugé ce livre sur sa couverture, car je serais passée à côté d'une histoire incroyable, un coup de coeur inattendu ! Je remercie les éditions ActuSF, déjà pour l'envoi de ce livre, mais aussi pour leurs publications de jeunes talents francophones, nouvelles plumes pleines de promesses, qui prouvent encore une fois la richesse des genres de l'imaginaire.
On va suivre Yuri, princesse japonaise, promise contre son gré au premier dauphin de France. L'héritier du trône semble un parti parfait, mais elle ne l'aime pas. Elle va saisir la première occasion pour s'échapper, n'hésitant qu'un instant avant de suivre son guide dans les profondeurs de Paris. Elle va alors se retrouver au coeur d'un nouveau monde, dans lequel les humains côtoient les êtres magiques. Une société dans laquelle tout le monde est égal et travaille pour contribuer au bien commun, bien loin de ce que la princesse a connu. Va-t-elle réussir à s'adapter ou les mènera-t-elle à leur perte ?
J'ai trouvé la présentation du monde par l'autrice particulièrement fascinante. Elle nous décrit mille détails, règles, coutumes sans pour autant que cela paraisse long. Il y a la vie dans Paris, mais aussi sous la capitale et sur le Rail : trois façons de voir le monde totalement différentes qui pourtant nous semble presque intuitives tellement on est plongé dans le récit et on découvre les choses en même temps que Yuri. Bien qu'au départ, on ne voit pas très bien pourquoi on nous expose autant certains personnages du Rail, tout est lié, les pièces du puzzle se mettent en place et forment un tout complexe, mais très fluide et dynamique.
L'autrice oppose dans ce récit différentes visions du monde : celle de la ville de Paris est la plus sombre, totalitaire, répressive, avec famine, pauvreté et surtout fossé social important entre les aristocrates, les gens et les fées, rebuts de la pire espèce. le Rail est l'entre-deux : un petit monde plus juste, dirigé par une personne qui veille au bien de tous. Une gestion de famille, où la violence envers les fées n'est pas encore tout à fait réprimée. Sous Paris existe un endroit parfait, utopie cachée dans laquelle tout le monde est égal, tous participent à la communauté grâce à leurs compétences propres, chacun a un toit, de la nourriture, de quoi se vêtir, et bien que des actes répréhensibles y soient encore perpétrés, les peines encourues sont décidées par tous. Une vision qui fait rêver à un monde meilleur.
La richesse de ce livre, c'est aussi ces personnages. Ils ont une telle profondeur, on a l'impression de connaître chacun personnellement tellement on se sent proche et on s'attache à eux. Il y en a pourtant beaucoup, mais chacun ressort à sa façon. J'ai d'ailleurs plusieurs fois eu la larme à l'oeil tellement certaines scènes étaient prenantes et pleines d'émotions ! Yuri va explorer un nouveau monde et surtout découvrir la force de la confiance et de l'amitié. Elle va devoir désapprendre son éducation pour devenir un membre de cette communauté particulière.
Quand les fées, le barde ou encore Sir Edward parlent un dialecte compris d'eux uniquement, l'autrice a fait le choix d'écrire les phrases en anglais. Aucune traduction n'est cependant proposée en note de bas de page. Cela ne m'a pas posé problème personnellement, mais je me suis quand même demandé si ça n'allait pas être un souci pour certains lecteurs qui ne parlent pas anglais. 😮
Sur la quatrième de couverture, il est mis que l'autrice est barde. Je trouve que cela se ressent dans sa manière d'écrire à la fois légèrement poétique, musicale, très dynamique et rythmée. Il n'y a pas un moment où on s'ennuie, on est happé dans ce récit et on ne peut que continuer notre lecture pour connaître enfin le dénouement de cette histoire. Et quel dénouement ! Je n'en dirai pas plus, mais ce fut un passage très intense et bouleversant ! J'ai maintenant hâte de savoir ce qui va se dérouler dans la suite, car oui, il y aura un tome 2 : « L'héritage du Rail ».
Un coup de coeur pour ce roman de Morgan of Glencoe : elle y défend des valeurs essentielles comme la liberté de choix, la tolérance, l'égalité pour tous, avec une multitude de personnages profonds, vrais, auxquels on s'attache énormément, et une dynamique de narration prenante, entre découverte de l'univers du roman et action rythmée. Un premier chant sombre, mais plein d'espoir pour l'avenir !
Lien : https://livraisonslitteraire..
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Xian_Moriarty
  23 décembre 2019
Pour commencer, merci aux éditions ActuSF pour ce SP !

Un coup de coeur pour ce roman jeunesse !

Roman à l'univers singulier s'il en est ! Et il a tellement de choses à en dire que je ne suis pas certaine d'y parvenir.

Je parle d'univers, mais en fait, il serait presque plus juste de parler d'univers singulierS ! Au pluriel ! L'autrice nous transporte dans un monde uchronique où la France domine l'Europe, le Japon l'Asie et un Sultanat de Bagdad ce qu'il y a au milieu (à noter que ce troisième Empire est peu présent dans ce premier tome. J'espère que cela changera dans la suite). Et en plus de cette triade – toute somme fort peu sympathique -, deux autres « mondes » viennent les compléter : le Rail et ses trains, puis le monde des égouts. Si les trois premiers nous proposent des royaumes et empires autoritaires, les deux seconds font l'effet d'utopie (surtout les égouts en fait) où les lois entre les êtres en beaucoup plus enviables malgré certaines difficultés.
Mais Empire ou Utopie, des êtres de légendes, des Fées, arpentent plus ou moins ces lieux. Si elles sont considérées comme des animaux chez certains, elles possèdent un statut plus égalitaire chez d'autres (je vous laisse deviner).
J'avoue que je vais m'arrêter là pour ce qui concerne l'univers. Il est bien trop riche pour tenir dans ma chronique. Je n'ai pas trop envie de faire un roman.

Univers puissant. Personnages merveilleux qui donnent une force à l'ensemble. Avec quand même un tonnerre d'applaudissement pour Yuri qui durant tout le roman ne cesse de nous surprendre, en dépassant son titre de princesse. Et que dire de tous les autres, Bran, Sir Edward, Pyro… Franchement, lisez ! Chacun a une personnalité bien construite dans ce récit chorale. Impossible de ne pas avoir de « chouchou » et d'en haïr certains.
Pour revenir rapidement, sur l'univers, Yuri, notre personnage principale, voit aussi tout son monde être déconstruit pour qu'elle puisse s'en constuire un où elle serait « elle-même » et pas juste un objet (vous ai-je déjà dis que ce livre est juste nickel niveau univers ?)
L'autrice propose aussi, bien sûr (qui en aurait douté au regard des univers), des personnages féminins puissants. Sans oublier la diversité, qu'elle soit humaine ou féérique.

L'intrigue. J'ai envie de dire qu'il y en a deux. Une en sous-sol et l'autre à la surface, le tout en lien avec la jeune Yuri. Une multitude de personnages et donc une foule de desseins. Problèmes en lien avec l'univers, on voit aussi s'affronter, d'une certaine manière le monde des « enfants » et celui des « parents ». Si les deux se rejoignent parfois, ils s'opposent aussi souvent. Les actes des uns entrainant des conséquences chez les autres.

Le roman a peut-être un défaut. J'ai trouvé certains passages, certaines scènes, parfois un peu « gros » avec un manque de subtilité un peu pénalisante. MAIS ! Ce roman vise plutôt un public jeunesse (Il est chez Naos après tout). Je ne suis donc pas le public type. du coup, ces passages prennent un autre sens. Ils sont directs, disent les choses telles qu'elles sont sans une pléiade de tournure des phrases alambiquées qui sous-entendrait des conceptions philosophiques gnagnagna. Non, les choses dites cash ! L'autrice a su faire sauter une certaine forme « d'autocensure » que l'on peut retrouver dans certains ouvrages. du coup, le « défaut » pour le public que je suis n'en est plus un. Et ça, c'est quand même super chouette.
En fait si, il a un défaut (mais qui reste très personnel). Certaines phrases sont en anglais et d'autres en japonais. J'avoue que je ne suis pas très fan de l'inclusion de ce type de phrase dans les romans. En jeunesse encore moins, surtout qu'il n'y a pas de traductions. Pour les chansons, c'est pas très grave. Mais pour le reste, j'avoue que ca m'a gêné dans ma lecture. Mais c'est bien peu de chose en comparaison de ce que ce roman propose.

Je crois que je pourrais parler encore pendant des heures de ce roman. Mais lire une chronique, c'est long (et parfois chiant). Mais résumons : super univers riche et multiple, personnages travaillés à la perfection et aussi divers que variés, des intrigues très bien menées qui nous laissent fous de rage à la fin.

Ne vous posez pas de question, foncez ! Vous ne savez pas quoi acheter à votre ado pour nowel ? La réponse est là ! Coup de coeur total pour ce premier tome !
Vivement la suite !
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critiques presse (1)
Elbakin.net   09 décembre 2019
Plus qu’une quête initiatique, le roman nous raconte une lutte et la survie non pas de personnes individuelles mais de cultures différentes que l’on veut voir disparaître. Une lecture à recommander pour quiconque cherche du dépaysement dans un univers pourtant très proche..
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
LyohranelLyohranel   21 mars 2020
- De l'amitié entre un homme et une femme, sans le moindre... pardonnez-moi, mais je ne suis pas certaine que cela soit possible.
- Si vous voyez en quelqu'un un homme ou une femme avant d'y voir un être humain, peut-être. Si vous le considérez comme un individu à part entière, tout devient différent. Mais beaucoup de gens pensent comme vous. Trop de gens. À réfléchir en termes de sexe et de genre, ils ne voient plus que ça. Tout comme ils voient les gens comme leur propriété. Ma femme, mon mari, mes enfants... Parfois, ça me donne envie d'être une Selkie, vous savez. Les Selkies ne possèdent rien, et surtout pas les autres. Elles ne connaissent pas la jalousie, puisqu'elles ne connaissent pas l'appartenance. Si nous avions tous été des Selkies, rien de ce qui est advenu alors ne serait arrivé.
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Lilou08Lilou08   19 novembre 2019
Les deux fées coururent jusqu’à l’avant du wagon pour accéder à la plateforme extérieure. Alcyone sauta pour s’accrocher au rebord du toit, s’y hissa sans effort apparent et s’accroupit pour charger sur son dos le Spectral, qui l’avait suivi par l’échelle. Accroché aux épaules de son frère, Ren s’efforça de se faire le plus léger et le moins encombrant possible. D’une puissante poussée de ses jambes, l’Aeling s’élançait déjà.
Le médecin avait beau n’en être pas à sa première course à os de fée de l’Air, la sensation en était toujours aussi impressionnante. Comme tous les siens, Alcyone était très rapide à défaut d’être particulièrement endurant : sur un parcours de moins d’un kilomètre, il n’avait aucun mal à tenir les quatre-vingts kilomètres-heure. Ce qui, sur le toit certes large d’une dizaine de mètres, mais humidifié par les pluies de septembre, d’un train lui-même lancé à peu près à la même vitesse, était très impressionnant. Toutefois, Ren n’éprouvait pas la moindre inquiétude : il connaissait son frère et lui faisait une confiance aveugle. Du moins, tant qu’il s’agissait de courir sur les toits de l’Orient-Express.
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Lilou08Lilou08   20 novembre 2019
— La Capitaine ne ménage pas sa peine…, constata Ryûzaki, debout derrière elle aux côtés de la silencieuse HA-17.
Yuri hocha la tête. Elle voyait Paris grandir à vue d’œil à l’horizon. Dans quelques minutes ils arriveraient à quai, elle descendrait alors du train pour se jeter dans l’inconnu… Plus que jamais, la lettre blanche qui l’avait convoquée ici l’emplissait de frustration : elle se sentait mise à l’écart de sa propre vie. Elle reporta son regard sur la Capitaine Trente-Chênes avec ses cheveux coupés court, vêtue ce jour-là d’un pantalon, comme un homme, et qui respirait pourtant la féminité d’une façon que la princesse n’aurait jamais imaginée. Certes, cette femme inspirait respect et obéissance, mais pas à la façon impérieuse d’un homme : elle n’avait pas gagné respect et obéissance par la force, mais par la sagesse, parce que c’était la sagesse qui guidait chacun de ses actes, chacun de ses mots. Si Camille Trente-Chênes était obéie, c’était pour une simple raison : chacun se rendait compte qu’elle voyait plus juste que les autres.
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FungiLuminiFungiLumini   17 octobre 2019
– Excusez-moi, mais…tout le monde ici est vraiment sur un pied d’égalité?
– Oui. Sur ce point, Sir Edward est très strict avec les nouveaux arrivants. Au début, nous avons tous du ma à trouver cette place vis-à-vis de l’autre, pourtant si simple, si évidente… Un égal, voilà tout. Qu’importe son espèce, son sexe, son âge ou son rôle.
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AelinelAelinel   18 septembre 2019
Yuri
- Tu veux dire qu’un homme qui n’y connaît rien pourra obtenir davantage qu’une femme qui serait spécialiste, juste parce qu’en tant qu’homme on l’écoutera et lui accordera une plus grande crédibilité?
Lilas
- Hélas.
Yuri
- Et bien... Il y a au moins un point commun entre les nobles et les roturiers.
(p.280)
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Avis sur Dans l'ombre de Paris à 13:33
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