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ISBN : 2366294751
Éditeur : Actusf (20/09/2019)

Note moyenne : 4.47/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Note : une première version de ce livre était sortie en auto-édition sous le titre "Si loin du Soleil". La version "Dans l'Ombre de Paris" est le fruit d'un second travail éditorial avec ActuSF

Depuis des siècles, les humains traitent les fées, dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.
Lorsque la princesse Yuri reçoit une lettre de son père lui enjoignant de quitter le Japon pour le rejoindre, elle s'empresse d'obéir. Mais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Lildrille
  02 novembre 2019
Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=44821
J'ai mis la note de : 19/20
Mon avis : Dans l'ombre de Paris appartient à la catégorie de ces romans inattendus, qui offrent de nouveaux horizons, dans une littérature de fantaisie qui a parfois du mal à se renouveler. L'univers de cette série est complexe, et joue sur plusieurs tableaux. L'auteure a choisi de s'imprégner de notre propre société, et de se l'approprier, pour en faire un monde unique où, créatures magiques et légendaires côtoient des humains que nous aurions pu croiser aussi bien dans le passé, notamment à l'époque de la royauté française, qu'à notre époque.
D'un côté, la Triade, principalement composée de royaumes puissants et à tête couronnée, s'oppose à Keltia, un ensemble d'états indépendants, moins radical et plus juste. le Royaume de France, qui s'étend bien plus loin que nos frontières, l'Empire Japonais, plutôt semblable à l'image des coutumes contemporaines de son jumeau Terrien, et le Sultanat Ottoman, mis à l'écart dans ce roman, promulguent des lois racistes et réfractaires, traitant les fées comme des esclaves ou des animaux, voire les deux.
Ces royautés totalitaires que l'on apprend rapidement à détester, notamment à cause de systèmes inégalitaires et injustes, paraissent quelque peu stéréotypées, et peu enclines au changement. Elles amènent des passages sombres, marqués de décisions lourdes et peu appropriées à un univers aussi diversifié. Pourtant, tous les faits restent cohérents et réalistes. En effet, la Triade craint les fées pour, nous explique-t-elle, d'excellentes raisons, bien que ces dernières soient préjudiciables. Leur peur de l'inconnu et de celle de l'intelligence supérieure des fées, font des citoyens de la Triade des personnages aux descriptions peu flatteuses, agrémentées de grains de sottise et de racisme.
Cependant, au fil des pages, des explications et des révélations, les personnages que l'on pensait simplets, ou portés sur une seule ligne directrice, se dévoilent et offrent des scènes tout aussi surprenantes que captivantes. Bien que les lois de la Triade portent à croire à un monde manichéen, celui-ci ne l'est en aucun point. L'auteure dépeint une société imparfaite, riche et complexe, qui se cherche et qui traverse des troubles politiques majeurs, aussi bien religieux qu'économiques. Tout est à construire, et la fin de ce tome annonce de grands changements à venir pour ces monarchies. Mais ces transformations ne viendront surement pas sans de grands bouleversements.
Morgan Of Glencoe dépeint une société étonnante, que l'on pourrait qualifier d'uchronie-fantasy. En effet, les premières pages ne trompent pas. le lecteur est plongé dans un Paris des années 1995, où les lecteurs cassettes cohabitent avec des caméras de surveillance haute-gamme, et où l'Orient-Express reste un moyen de transport réservé à une classe riche. Ce Paris ressemble à celui que l'on connaît, sans pour autant que l'on s'y retrouve complètement. Certains détails diffèrent, comme les conditions de vie du peuple, qui n'ont fait que perdre en qualité et qui rappellent ceux d'une époque antérieure. L'auteure joue avec les codes et nos connaissances, troublant le lecteur de manière plaisante.
Le peuple des fées fourmille d'idées magiques. Les Feu-follets cohabitent avec les Selkies, des créatures d'eau aux pouvoirs élémentaires grandioses ; les Fomoires, d'étranges batraciens peu intelligents, ne sont pas compris des Spectraux, des êtres puissants pouvant influer sur les émotions ; et les Sylfes, des êtres liés à la terre et pacifistes, s'allient aux Aelings, les fées de l'air, pouvant voler à toute allure. L'auteure ne tarie pas d'inspiration. Certains connaisseurs reconnaîtront certaines créatures provenant de légendes celtiques, de contes de fées ou d'univers hybrides. Les personnages féeriques, tout en finesse et poésie, marquent les esprits par leur bon sens, leur générosité, leur altruisme, leur compassion et leur bienveillance. Bien qu'ils soient tous loin d'être parfaits, heureusement, le lecteur les apprécie rapidement et s'y attache.
Des keltians, pour qui les fées sont leurs égales, redorent l'image du genre humain, grâce à leurs idéaux d'un monde en paix et sans laissés-pour-compte. Taliesin, personnage portant le nom d'un personnage incontournable de la mythologie celtique, qui est un barde aux capacités extrasensorielles étonnantes, et Sir Edward Longway, un Chevalier Dragon aux moeurs anglosaxonnes classieuses, nous subjuguent par leurs talents au combat, leurs rêves de justice et leurs personnalités flamboyantes. On ne peut pas ne pas les aimer. Leur charisme impressionnant nous marque, et nous entoure encore, même après la fin de la lecture. Courageux, bons et loyaux, ils représentent tous deux des idéaux puissants, qui toucheront davantage les plus sensibles.
Yuri, la future princesse de France, évolue de jolie manière Dans l'ombre de Paris. Eduquée par la Triade depuis sa plus tendre enfance, la jeune femme croit en de nombreux principes contrenatures et malsains. Par exemple, Yuri a appris qu'une femme ne peut pas se battre, ou qu'une femme de son rang ne peut s'habiller toute seule. Habituée à une vie millimétrée et sans surprise, Yuri possède de nombreux préjugés sur les fées, que ses pairs considèrent comme de la vermine, ou sur les homosexuels, que son peuple ne tolère pas.
Sa vie parmi les fées va tout changer, et le monde de la jeune femme en sera bouleversé à jamais. L'évolution des idées de Yuri est réaliste et bien construite. La jeune femme se situe loin des clichés des princesses futiles et inintéressantes, obnubilée par le prince charmant. le lecteur s'y attache et espère que Yuri finira par trouver sa voie, tout en permettant à la Triade de se transformer.
Le roman possède de nombreux autres personnages secondaires, qui ont tous leur place, et qui possèdent tous une identité marquante. L'auteure rappelle souvent l'espèce à laquelle appartient telle ou personne, nous permettant de mieux retenir les caractéristiques de chaque catégorie de fées. En plus de la découverte de ce peuple aux capacités incroyables, l'auteure nous présente également un système de magie innovant, navigant entre notes de musique et spiritualité, qui se bonifie lors des scènes de combat, notamment lorsque Taliesin et Edward entament la Danse des Dragons. Bien que l'on ne comprenne pas très bien ce que cela veut dire, la sphère magique qui englobe les deux personnages nous envoie, à ce moment précis, des images pleines de poésie et de tranquillité.
Le final est à la fois épique et morbide. L'auteure joue avec nos émotions, et les dernières pages ne plairont certainement pas à tous les lecteurs. Nos nerfs sont mis à rude épreuve, passant du rire aux larmes, tandis que notre coeur se balade sur des montagnes russes. L'avant-dernier chapitre se divise en une multitude de sous-parties, chacune très courte et se concentrant sur un petit groupe de personnages, permettant à la bataille finale de durer longtemps, tout en alternant sur des suspenses palpitants.
Le roman est une vraie perle. Quand la fantaisie s'associe aux légendes celtiques, aux mythes arthuriens, aux contes, à la musique, à la féerie, à des personnages poétiques et riches, et à un univers tout aussi fascinant que complexe, la lecture ne peut qu'en être réussie. Cependant, le roman recèle un point plus ou moins négatif. Effectivement, étant donné la diversité des peuples, le roman utilise plusieurs langages, autres que le français, dont le japonais et l'anglais. Aucune traduction n'est fournie et cela est dommage, surtout pour les lecteurs désireux d'apprendre. Avec les explications de l'auteure, certains dialogues ne nécessitent pas d'être compris, alors que d'autres en auraient besoin. Bien que l'idée de cette utilisation soit davantage liée à la musicalité des langues qu'à leur stricte compréhension, ne pas pouvoir tout traduire gênera sans doute une partie des lecteurs.
Morgan Of Glencoe nous donne à réfléchir sur de beaux sujets, comme la paix, l'amitié et l'harmonie, à travers une histoire unique, pleine de bonnes ondes.
Lien : http://www.lavisqteam.fr/?p=..
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FungiLumini
  17 octobre 2019
Je dois avouer que je n'étais pas très emballée par la couverture de ce roman, mais par contre, le résumé me tentait énormément, et j'adore découvrir de nouvelles plumes francophones. Heureusement que je n'ai pas jugé ce livre sur sa couverture, car je serais passée à côté d'une histoire incroyable, un coup de coeur inattendu ! Je remercie les éditions ActuSF, déjà pour l'envoi de ce livre, mais aussi pour leurs publications de jeunes talents francophones, nouvelles plumes pleines de promesses, qui prouvent encore une fois la richesse des genres de l'imaginaire.
On va suivre Yuri, princesse japonaise, promise contre son gré au premier dauphin de France. L'héritier du trône semble un parti parfait, mais elle ne l'aime pas. Elle va saisir la première occasion pour s'échapper, n'hésitant qu'un instant avant de suivre son guide dans les profondeurs de Paris. Elle va alors se retrouver au coeur d'un nouveau monde, dans lequel les humains côtoient les êtres magiques. Une société dans laquelle tout le monde est égal et travaille pour contribuer au bien commun, bien loin de ce que la princesse a connu. Va-t-elle réussir à s'adapter ou les mènera-t-elle à leur perte ?
J'ai trouvé la présentation du monde par l'autrice particulièrement fascinante. Elle nous décrit mille détails, règles, coutumes sans pour autant que cela paraisse long. Il y a la vie dans Paris, mais aussi sous la capitale et sur le Rail : trois façons de voir le monde totalement différentes qui pourtant nous semble presque intuitives tellement on est plongé dans le récit et on découvre les choses en même temps que Yuri. Bien qu'au départ, on ne voit pas très bien pourquoi on nous expose autant certains personnages du Rail, tout est lié, les pièces du puzzle se mettent en place et forment un tout complexe, mais très fluide et dynamique.
L'autrice oppose dans ce récit différentes visions du monde : celle de la ville de Paris est la plus sombre, totalitaire, répressive, avec famine, pauvreté et surtout fossé social important entre les aristocrates, les gens et les fées, rebuts de la pire espèce. le Rail est l'entre-deux : un petit monde plus juste, dirigé par une personne qui veille au bien de tous. Une gestion de famille, où la violence envers les fées n'est pas encore tout à fait réprimée. Sous Paris existe un endroit parfait, utopie cachée dans laquelle tout le monde est égal, tous participent à la communauté grâce à leurs compétences propres, chacun a un toit, de la nourriture, de quoi se vêtir, et bien que des actes répréhensibles y soient encore perpétrés, les peines encourues sont décidées par tous. Une vision qui fait rêver à un monde meilleur.
La richesse de ce livre, c'est aussi ces personnages. Ils ont une telle profondeur, on a l'impression de connaître chacun personnellement tellement on se sent proche et on s'attache à eux. Il y en a pourtant beaucoup, mais chacun ressort à sa façon. J'ai d'ailleurs plusieurs fois eu la larme à l'oeil tellement certaines scènes étaient prenantes et pleines d'émotions ! Yuri va explorer un nouveau monde et surtout découvrir la force de la confiance et de l'amitié. Elle va devoir désapprendre son éducation pour devenir un membre de cette communauté particulière.
Quand les fées, le barde ou encore Sir Edward parlent un dialecte compris d'eux uniquement, l'autrice a fait le choix d'écrire les phrases en anglais. Aucune traduction n'est cependant proposée en note de bas de page. Cela ne m'a pas posé problème personnellement, mais je me suis quand même demandé si ça n'allait pas être un souci pour certains lecteurs qui ne parlent pas anglais. 😮
Sur la quatrième de couverture, il est mis que l'autrice est barde. Je trouve que cela se ressent dans sa manière d'écrire à la fois légèrement poétique, musicale, très dynamique et rythmée. Il n'y a pas un moment où on s'ennuie, on est happé dans ce récit et on ne peut que continuer notre lecture pour connaître enfin le dénouement de cette histoire. Et quel dénouement ! Je n'en dirai pas plus, mais ce fut un passage très intense et bouleversant ! J'ai maintenant hâte de savoir ce qui va se dérouler dans la suite, car oui, il y aura un tome 2 : « L'héritage du Rail ».
Un coup de coeur pour ce roman de Morgan of Glencoe : elle y défend des valeurs essentielles comme la liberté de choix, la tolérance, l'égalité pour tous, avec une multitude de personnages profonds, vrais, auxquels on s'attache énormément, et une dynamique de narration prenante, entre découverte de l'univers du roman et action rythmée. Un premier chant sombre, mais plein d'espoir pour l'avenir !
Lien : https://livraisonslitteraire..
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Koneko-Chan
  03 décembre 2019
Merci à Babelio et à ActuSF pour l'envoi de ce livre dans le cadre de masse critique. J'avais sélectionné ce livre parce que, encore une fois, j'avais été séduite par la couverture mais aussi par le résumé : une princesse japonaise qui se retrouve piégée à Paris, dans un monde peuplé de fées de surcroît, je ne pouvais que craquer ! le livre a été à la hauteur de mes attentes, j'ai ADORÉ ma lecture ! L'auteure aborde pas mal de thèmes sensibles dans son univers, comme la condition de la femme - du coup on a des héroïnes fortes qui veulent prendre leur destin en main, et ça c'est cool ! - , les différences entre les peuples et comment ils sont perçus (les fées sont traitées comme du bétail...), le harcèlement sexuel, l'orientation sexuelle, ... en mettant en scène des personnages hauts en couleur que j'ai aimé découvrir. Surtout Yuri, qui a une belle évolution depuis qu'elle cavale dans l'obscurité de Paris. Elle va en traverser des épreuves... l'auteure n'épargne pas ses personnages !
Bien que l'action se centralise surtout sur Paris, l'univers de la Dernière Geste est très riche, la plume de l'auteure le rend agréable à découvrir. C'est bien écrit et on a envie de savoir la suite. J'aime bien lorsqu'on a des petits bouts de phrases en anglais et en japonais (mais pour le jap, je m'étonne parfois que certains personnages mineures connaissent l'usage des suffixes comme « hume » - qui signifie princesse - ou« sama », mais peut-être est-ce l'usage dans cet univers fantastique ?
Une très bonne lecture, j'ai vraiment hâte de lire la suite (surtout après une fin pareille !!).
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LaGeekosophe
  24 novembre 2019
Merci aux éditions ActuSF pour leur envoi ! le livre m'intéressait beaucoup grâce à son résumé intrigant et son côté Japon (j'aime beaucoup le Japon). Pourtant, je lis assez peu de littérature jeune adulte ! Qu'en-ai-je pensé ?
Je salue dans un premier temps la plume de Morgan Of Glencoe, qui parvient à avoir un style personnel alors qu'il d'un premier roman. Elle a une plume poétique et musicale qui permet de créer un univers envoûtant. Elle s'associe très bien avec les mythes et légendes celtiques, ce qui rend ce roman d'une grande douceur.
Son écriture permet de se plonger dans un univers bien plus complexe qu'il n'y paraît et original de surcroît. le roman emprunte de nombreux éléments issus de différentes sources de l'imaginaire : uchronie, urban fantasy, dystopie, légendes... Mais le monde construit parvient à être cohérent la plupart du temps et c'est un plaisir d'en explorer les tournants et les aboutissants.
Dans un premier temps, l'autrice a choisi un contexte uchronique. En 1995, la monarchie française est toujours présente et fait partie d'un triumvirat de puissances avec l'Empire Ottoman et l'Empire japonais. Il y a également des créatures magiques qui coexistent avec les humains, mais elles sont considérées comme des animaux dangereux et considérés comme des inférieures. Cet écart permet de créer la réflexion autour du racisme et du rejet.
J'ai juste trouvé l'écart technologique entre les classes supérieures et inférieures très important. Les nobles utilisent des dispositifs de réalité virtuelle très poussés pendant que les classes inférieurs semblent vivre dans un XVIIIe siècle qui dure. Mais j'associe cela à un écart de richesses tellement grand que les couches inférieures de la société n'ont pas accès aux avancées technologiques.
La galerie de personnages est vastes. Yuri, notre protagoniste, est agréable à suivre et dépasse les clichés. Fille de la haute noblesse japonaise, elle a été contrainte à une éducation stricte qui la condamne à l'extrême discrétion. Mais elle se révélera bien moins soumise qu'elle laisse croire au reste du monde lorsqu'elle échappera à son milieu d'origine. Yuri est un personnage plus rebelle et autonome que l'on imagine, même si son passage de Dame de la Cour à simple mortelle ne se fait sans amusants heurts.
Le reste des personnages offrent une belle diversité, avec notamment les fées. Il est intéressant de voir comment la société les rejette en usant d'arguments faussement scientifiques. Mais des personnages comme Bran la Selkie ou Ren le Spectral médecin viennent contredire les croyances des humains avec panaches. La société construite par les laisser-pour-comptes représente un idéal égalitaire et solidaire qui offre un contrepoids puissant avec le régime totalitaire imposé par la royauté.
La fin est particulièrement bien menée et confirme que c'est un très bon roman. Là où beaucoup de romans jeune adulte n'osent pas proposer de fin amère, sans trop spoiler, Morgan of Glencoe saute allègrement le pas.
Une très bonne lecture Young Adult ! Dans l'ombre de Paris propose une histoire unique à la patte marquée. L'autrice nous plonge dans un univers d'une grande originalité mais cohérent. Si vous cherchez un cadeau pour un ado de plus de 15 ans qui aime l'imaginaire, c'est une bonne pioche : aventure, combats, magie, romantisme, imagination... Tous les ingrédients sont là pour une histoire entraînante !
Lien : https://lageekosophe.com/
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LeslivresdeRose
  06 novembre 2019
Je tenais tout d'abord à remercier chaleureusement Jérôme ainsi que les éditions Actu SF pour l'envoi de ce service presse !
J'ai passé un excellent moment de lecture avec « Dans l'ombre de Paris » ! le résumé m'avait fortement attirée tout comme la magnifique couverture et le contenu ne m'a pas déçue, que du contraire !
L'élément que j'ai préféré dans ce récit, c'est son univers très complexe, atypique… inclassable ! Nous sommes dans un monde futuriste (une sorte d'uchronie ?) où trois grands « royaumes » se partagent la direction de la terre ; ensemble ils forment la « Triade ». Tout d'abord, nous retrouvons la France avec à sa tête un monarque, ensuite, le Japon gouverné par un empereur et enfin le Proche-Orient, dont il est beaucoup moins question (dans ce premier tome tout du moins). Ce monde possède certaines des technologies modernes que nous connaissons (en plus développées parfois), comme la voiture, le train ou la réalité virtuelle. Par contre, il n'est jamais fait mention de portables, d'ordinateurs ou encore d'avions. En effet, le seul moyen de transport rapide pour voyager d'une contrée à l'autre réside dans le chemin de fer (tellement important qu'il est devenu une sorte d'institution à part entière avec ses propres règles, indépendantes de celles de la Triade). À côté de ces éléments empruntés à la modernité, les moeurs de cette société sont, par contraste, assez désuètes : les femmes, par exemple, sont reléguées au rang de jolis faire-valoir, tout juste capable de penser par elles-même, les homosexuelles, quant à eux, ne sont pas tolérés. Enfin, une autre particularité de cet univers est que les Hommes ne sont pas les seules créatures intelligentes à le peupler, il existe également de nombreuses fées aux redoutables pouvoirs : feux-follets, selkies, spectraux et j'en passe ! Elles sont, cependant, considérées par ces chers humains (qui en ont peur) comme des animaux, réduites à l'état de bêtes de foire et d'esclaves.
Si j'ai adoré cet univers riche et innovant, j'avoue avoir mis quelques temps avant de rentrer complètement dedans. Il nous est dévoilé petit à petit, pans par pans. L'autrice nous immerge progressivement dans son imaginaire ; chaque nouveau chapitre amenant son lot de surprises. Difficile donc, au début, d'en avoir un aperçu global ou de le concevoir dans son intégralité. Toutefois, cela ne m'a pas dérangée, d'autant que j'ai fortement apprécié cette découverte par petites touches !
Au niveau de l'intrigue, le rythme est relativement lent durant la majeure partie du récit ! Comme je l'ai dit, Morgan of Glencoe prend le temps de nous décrire les différents aspects de son univers ainsi que ses nombreux personnages (dont je vous toucherai un mot par la suite). de ce fait, l'action pure n'est pas forcément présente. Cependant, j'étais tellement prise par la découverte du contexte que je n'ai pas eu besoin d'autres motivations pour tourner les pages de ce roman ! de la même manière, les enjeux de l'intrigue ne sont pas clairement définis dès le départ. Il n'y a pas une quête ou un but à atteindre bien précis. Simplement des personnages qui évoluent dans leur monde et que nous suivons (avec beaucoup d'intérêt pour ma part) sans savoir où tout cela va mener ! D'ailleurs, j'aurais du mal à vous résumer cette intrigue. En voici toutefois les grandes lignes : la princesse Yuri, 3ème dame du Japon, va, suite à une série d'événements, être confrontée à un monde dont elle n'avait pas conscience. Un monde bien plus ouvert et tolérant que celui qu'elle connait. Elle va, par ce biais, découvrir l'envers du décor de la société dans laquelle elle a grandi et se rendre compte qu'un autre avenir est possible. Rien d'original à priori, si ce n'est l'univers autour, les thématiques fortes et tous les personnages que nous rencontrons.
Parce que oui, c'est un roman choral. Et il n'y a pas à dire, les protagonistes y sont nombreux ! En dehors de la princesse Yuri, qui est dans un certain sens l'héroïne principale, nous suivons aussi Bran, Ryüzaki, Ren, Samuel, Alcyone, Gabrielle, Sir Edward et bien d'autres encore. Tous ont un rôle plus ou moins grand à jouer dans ce récit ! Et comme l'autrice prend le temps de s'attarder sur chacun d'eux, malgré leur nombre, c'est facile de s'y attacher et assez simple de ne pas les confondre (je trouve) ! Les traits de caractère de certains protagonistes sont, certes, juste esquissés dans les grandes lignes mais cela a suffi pour me séduire. J'ai surtout apprécié Bran qui a un tempérament complexe, tout en force et en subtilité ! Sir Edward m'a aussi beaucoup plu, son histoire est riche et passionnante comme les différentes facettes de sa personnalité. Pour ce qui est de Yuri, elle m'a également touchée même si son évolution m'a semblé un brin trop rapide. Certes, je conçois qu'elle change et qu'elle s'adapte à sa nouvelle situation, tout comme je peux tout à fait admettre son assimilation dans la communauté...Toutefois, le tout m'aurait paru plus crédible s'il s'était écoulé un plus long laps de temps (je n'ai plus les durées précises en tête mais cela n'excédait pas quelques semaines si mes souvenirs sont bons !), surtout au vu de l'éducation de notre princesse qui frôle le conditionnement. Bref, c'est le seul petit bémol que j'aurais à formuler !
J'ai évoqué ci-dessus la présence, dans ce titre, de belles thématiques et, en effet, l'acceptation des différences, l'entraide, le partage, l'amitié et la tolérance sont autant de valeurs véhiculées entre ces lignes. Certaines manquaient peut-être parfois de subtilités mais, pour ma part, je les ai appréciées malgré tout et me suis laissée tout simplement porter par elles.
Pour terminer, un petit mot sur la fin…Et Waouw, quelle fin ! J'aimerais tellement m'étendre dessus si cela ne vous spoilait pas le récit !^^ Dans tous les cas, si le reste du roman manque un peu d'actions, les dernières pages sont, quant à elles, explosives ! du sang, des combats, de l'émotion,…tout y est… Autant dire que je suis plus qu'impatiente d'avoir le tome 2 entre mes mains !
En bref, un titre que je vous conseille même s'il ne plaira sans doute pas à tout le monde ! Ceux qui apprécient les intrigues rythmées et dynamiques, pleines d'actions seront peut-être déçus. Tout comme ceux qui redoutent les romans chorals… Toutefois, pour les autres, l'autrice développe ici un univers incroyable peuplé d'êtres attachants, le tout saupoudré de messages forts et idéalistes ! Une réussite !

Lien : https://leslivresderose.word..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   09 décembre 2019
Plus qu’une quête initiatique, le roman nous raconte une lutte et la survie non pas de personnes individuelles mais de cultures différentes que l’on veut voir disparaître. Une lecture à recommander pour quiconque cherche du dépaysement dans un univers pourtant très proche..
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Lilou08Lilou08   19 novembre 2019
Les deux fées coururent jusqu’à l’avant du wagon pour accéder à la plateforme extérieure. Alcyone sauta pour s’accrocher au rebord du toit, s’y hissa sans effort apparent et s’accroupit pour charger sur son dos le Spectral, qui l’avait suivi par l’échelle. Accroché aux épaules de son frère, Ren s’efforça de se faire le plus léger et le moins encombrant possible. D’une puissante poussée de ses jambes, l’Aeling s’élançait déjà.
Le médecin avait beau n’en être pas à sa première course à os de fée de l’Air, la sensation en était toujours aussi impressionnante. Comme tous les siens, Alcyone était très rapide à défaut d’être particulièrement endurant : sur un parcours de moins d’un kilomètre, il n’avait aucun mal à tenir les quatre-vingts kilomètres-heure. Ce qui, sur le toit certes large d’une dizaine de mètres, mais humidifié par les pluies de septembre, d’un train lui-même lancé à peu près à la même vitesse, était très impressionnant. Toutefois, Ren n’éprouvait pas la moindre inquiétude : il connaissait son frère et lui faisait une confiance aveugle. Du moins, tant qu’il s’agissait de courir sur les toits de l’Orient-Express.
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Lilou08Lilou08   20 novembre 2019
— La Capitaine ne ménage pas sa peine…, constata Ryûzaki, debout derrière elle aux côtés de la silencieuse HA-17.
Yuri hocha la tête. Elle voyait Paris grandir à vue d’œil à l’horizon. Dans quelques minutes ils arriveraient à quai, elle descendrait alors du train pour se jeter dans l’inconnu… Plus que jamais, la lettre blanche qui l’avait convoquée ici l’emplissait de frustration : elle se sentait mise à l’écart de sa propre vie. Elle reporta son regard sur la Capitaine Trente-Chênes avec ses cheveux coupés court, vêtue ce jour-là d’un pantalon, comme un homme, et qui respirait pourtant la féminité d’une façon que la princesse n’aurait jamais imaginée. Certes, cette femme inspirait respect et obéissance, mais pas à la façon impérieuse d’un homme : elle n’avait pas gagné respect et obéissance par la force, mais par la sagesse, parce que c’était la sagesse qui guidait chacun de ses actes, chacun de ses mots. Si Camille Trente-Chênes était obéie, c’était pour une simple raison : chacun se rendait compte qu’elle voyait plus juste que les autres.
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Lilou08Lilou08   20 novembre 2019
La Selkie avait retrouvé son sérieux et sa vivacité habituels. Fredonnant une mélodie keltienne, elle quitta la chambre sans attendre son congé, laissant Yuri abasourdie.
La princesse venait de voir rire une fée. Son indignation s’estompant, elle ne put s’empêcher de trouver la situation plutôt cocasse, en effet. La troisième dame du Japon, trilingue, versée dans la diplomatie et la politique jusqu’au bout des ongles, capable d’énoncer de mémoire tout l’arbre généalogique de la plupart des familles de la haute noblesse du monde, et au fait des plus infimes détails des lois et traités qui liaient l’Empire, le Royaume et le Sultanat, était incapable de s’habiller seule… Elle sourit à son tour, presque tentée d’imiter Bran et de piquer un fou rire. Les fées riaient donc. Elles pleuraient aussi, sans doute, à l’abri des regards. Comme elle-même avait parfois pleuré, enfant, écrasée par le poids de son titre et de ses devoirs…
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FungiLuminiFungiLumini   17 octobre 2019
– Excusez-moi, mais…tout le monde ici est vraiment sur un pied d’égalité?
– Oui. Sur ce point, Sir Edward est très strict avec les nouveaux arrivants. Au début, nous avons tous du ma à trouver cette place vis-à-vis de l’autre, pourtant si simple, si évidente… Un égal, voilà tout. Qu’importe son espèce, son sexe, son âge ou son rôle.
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AelinelAelinel   18 septembre 2019
Yuri
- Tu veux dire qu’un homme qui n’y connaît rien pourra obtenir davantage qu’une femme qui serait spécialiste, juste parce qu’en tant qu’homme on l’écoutera et lui accordera une plus grande crédibilité?
Lilas
- Hélas.
Yuri
- Et bien... Il y a au moins un point commun entre les nobles et les roturiers.
(p.280)
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Avis sur Dans l'ombre de Paris à 13:33
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