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EAN : 9782290312988
309 pages
Éditeur : J'ai Lu (25/04/2001)
3.77/5   675 notes
Résumé :
XXVIe siècle. Difficile de se faire une identité dans l'immensité anonyme de l'empire galactique... surtout quand on est amnésique...

Car en prenant part aux jeux de la machine - qui permettent aux gagnants de rejoindre la caste des nantis sur Venus -, Gilbert Gosseyn découvre qu'il n'est pas l'homme qu'il a toujours cru être. Ses souvenirs ne sont pas les siens, sa femme qu'il croyait décédée n'est pas morte d'autant qu'il n'a jamais été marié : il ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
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Nastasia-B
  26 octobre 2018
Le Monde des Ā est un roman de science-fiction, dans l'acception la plus originelle du terme, c'est-à-dire une fiction ayant pour point central une réflexion d'ordre scientifique.
D'après moi, l'entrée dans la narration proprement dite, c'est-à-dire les différentes actions et péripéties vécues par le héros, Gilbert Gosseyn, s'effectue de façon assez aisée ; en revanche, l'accès au sens profond du livre n'est peut-être pas aussi aisé pour le lecteur.
Tout d'abord, que signifie ce A ? A comme Aristotélicien, or, l'aristotélisme n'est pas forcément la notion la mieux partagée, ni la plus maîtrisée par la moyenne de la population, je suppose, d'où ma petite digression, pour laquelle vous voudrez bien me pardonner si elle s'avère inutile. Ici, je pense que l'aristotélisme est à prendre au sens négatif du terme, à savoir une vision archaïque de la connaissance, par opposition, par exemple, à Galilée qui s'opposa aux visions et représentations antiques (donc aristotéliciennes) de l'univers.
Donc Ā (prononcé " non-A ") renvoie alors à la notion opposée à cette acception de l'aristotélisme et qu'on pourrait grossièrement définir comme étant une vision éclairée, moderne, relativiste de l'univers et de ses points d'interface avec le vivant. Être Ā est donc ici une variable et une qualité positive.
Cette précision étant donnée, j'entre plus précisément dans le vif du sujet et qui sera une lutte : la pensée A contre la pensée Ā. Pour A. E. Van Vogt, les A ont une pensée émotionnelle tandis que les Ā en ont une rationnelle (pour faire simple, c'est un peu plus compliqué que cela en vrai). Pour faire simple encore, le siège de ces pensées émotionnelles correspondraient aux parties les plus profondes de notre encéphale, ce que vulgairement on nomme " cerveau reptilien ", alors que la pensée rationnelle serait quant à elle plutôt sise dans les parties corticales du cerveau, soit, la plus récente, évolutivement parlant.
Concrètement dans le livre, le monde des A c'est celui qui règne sur la Terre tandis que sur Vénus est une sorte de paradis Ā. Mais ce n'est pas encore aussi simple que cela. Sur la Terre, une sorte de méga ordinateur géant se charge de présider aux décisions et d'oeuvrer pour le bien commun. Mais est-ce véritablement le bien commun ? La Machine est-elle fiable ? Est-elle désintéressée ? Mystère.
Quoi qu'il en soit, des représentants d'une espèce d'empire galactique extérieur, A par nature, avide, dominateur, sanguinaire essaie de prendre les commandes sur la Terre et, pour ce faire, a besoin de détruire la Machine.
Et c'est là que notre héros, Gilbert Gosseyn entre en scène. Tout porte à croire qu'il a été envoyé par la Machine pour protéger la Terre des menées galactiques. Mais selon quelles modalités doit-il agir ? Qui est-il
vraiment ? Quelles sont ses aptitudes particulières pour avoir été ainsi désigné ? Tout ceci et encore bien d'autres choses, il n'en sait fichtre rien. C'est à lui de le découvrir… s'il ne se fait pas trucider avant.
Le roman est, selon moi, très efficace dans le déroulement de l'intrigue jusqu'aux deux tiers environ. Par la suite, cela devient peut-être un peu plus nébuleux. Les renversements sont tellement renversants qu'ils en deviennent un peu perturbants et l'on finit parfois par se dire : « Mais qu'essaie de me faire passer ou de me dire l'auteur, finalement ? »
Ce que j'en retiens, personnellement, c'est la grande méfiance que nous devons toujours garder vis-à-vis de nos propres perceptions et interprétations du " réel ". Qu'est-ce que le réel d'ailleurs ? N'est-ce que ce qui est limité par notre propre appareil perceptif et cognitif ? Peut-on traverser une pierre ou un corps humain sans l'abimer ? Jusqu'il y a peu encore, on aurait répondu non, or, on sait depuis un gros siècle que les rayons X traversent aisément certains corps. Vous allez me répondre : « Oui mais ils l'abîment ! » Certes, c'est un peu vrai, il y a interaction de la radiation avec le vivant, mais si je vais encore plus loin et qu'au lieu de prendre une radiation X je me replie sur un neutrino, là, tout redevient possible. Etc., etc.
Bref, le réel est relatif et comme l'écrit l'auteur dans la postface, une chaise n'est pas une chaise, dès lors qu'on s'intéresse à la structure atomique de la matière qui la constitue. (Une chaise en fer est bien plus différente d'une chaise en bois que d'un couteau fait de ce même élément, etc., etc.)
Deuxième point sur lequel l'auteur souhaite attirer notre attention : l'impasse que constitue un monde et une société basés sur la compétition. Il oppose en cela monde terrien et monde vénusien, ce dernier étant, de ce que j'en ai à peu près compris un monde répondant aux critères de l'anarchisme, c'est-à-dire, l'ordre moins le pouvoir. Toutefois, j'ai trouvé cette évocation plus nébuleuse, peut-être parce qu'il redoutait une forme de censure s'il allait au fond de sa pensée (n'oublions pas que le livre a été écrit en 1945 et qu'on ne rigolait pas à l'époque avec l'anarchisme qui avait été sévèrement réprimé en Espagne en 1936 et aux États-Unis au début du XXème, comme l'illustre l'affaire tristement célèbre de Sacco & Vanzetti dans les années 1920).
En somme, un livre intéressant de mon point de vue, qui pose des questions, sans forcément chercher à y apporter des réponses toutes faites, qui soulève des interrogations, tout au moins, et qui nous oblige à aller creuser, chercher par nous-même des tentatives de réponses, et qui nous oblige à examiner un petit peu quelle est l'image qu'on se forge de la réalité et de la manière dont nous souhaitons l'appréhender. Mais bien entendu, ceci n'est qu'un avis très relatif, dont je ne saurais dire s'il se situe chez les A ou les Ā, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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bilodoh
  20 mai 2020
Un livre aux pages un peu jaunies, un classique de la science-fiction publié dans les années 40.

SI mon exemplaire faisait vieillot, l'histoire en elle-même n'a pas trop souffert du passage du temps. le roman se passe dans un autre millénaire et si on y déplace parfois des lampes, des tubes cathodiques, comme on ne sait plus vraiment ce que c'est aujourd'hui, ça peut sembler aussi futuriste que dépassé.

Le dispositif technologique central, c'est une intelligence artificielle, la Machine, qui contrôle l'existence des gens en leur attribuant un rôle dans la société en fonction de leurs résultats aux épreuves des Jeux. Mais le roman est presque plus philosophique que technologique, les candidats doivent démontrer leur aptitude à penser Non-A, une logique non-aristotélicienne et la récompense ultime c'est de faire partie des colons de Vénus, pour y joindre un peuple évolué, devenu pacifique parce que débarrassé des instincts de violence et de pouvoir.

Une autre question fondamentale est celle de l'identité, le « qui suis-je vraiment ? » car le roman raconte les aventures de Gosseyn qui avant même de se présenter à la Machine, s'aperçoit qu'il n'est pas lui-même, ce qu'il croit savoir, ses souvenirs, semblent faux. Il sera ainsi involontairement mêlé à des complots pour conquérir la Galaxie.

Une lecture qui m'a beaucoup plu, quel que soit le sens qu'on donne à ces simples mots, sans s'interroger sur la sémantique de chacun des mots…
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basileusa
  20 mai 2020
Je suis contente d'avoir lu ce classique, précurseur un peu du genre. On entre très facilement dans l'histoire et même si parfois j'ai eu du mal à comprendre exactement ce qu'était le A et le non-A, j'ai compris dans l'ensemble. Un récit bien rythmé et assez fascinant , encore plus à l'époque j'imagine ! Je me demande maintenant si Richard Morgan a eu l'idée d'Altered Carbon avec ce cycle de A. Enfin, depuis les idées développées dans ce roman ont pu apparaître dans bien des romans , je ne suis pas une spécialiste.
En tout cas je suis curieuse de lire la suite de ce roman très riche !
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EFar
  01 septembre 2011
Ce livre au titre étrange m'a ouvert tout grand les portes de la SF classique.
J'ai lu le Monde des non-A à 17 ans, quand j'ai découvert que Boris Vian en était le traducteur. Avant cela, je ne connaissais la science fiction qu'à travers des BD, la télé et les dessins animés ; et un unique roman - emprunté à la bibliothèque de ma classe de CM2 - qui abordait la drogue et l'esclavage sous couvert d'aventures sur une planète exotique.
Je savais déjà que la parole peut faire ou défaire nos mondes de mots (fiat lux, etc). Mais avec ce bouquin je me plongeai pour la première fois dans un roman de SF « sérieux », un auteur de ce que j'apprendrai à appeler l'âge d'or de la SF américaine.
Ce fut une claque.
Pas du côté littéraire, sur ce plan là comme pour la narration, je trouve Van Vogt assez moyen, largement dépassé par plusieurs de ses contemporains.
Je garde du roman (que j'ai relu quelques fois) une impression de récit décousu, voir de parties manquantes. Cela dit, ce n'est pas si facile de créer un fil narratif quand le héros découvre que son passé est fictif, puis qu'il s'amuse à mourir et à se réincarner ailleurs... Je me demande parfois si la manie de van Vogt de puiser des idées dans ses rêves (il se réveillait chaque nuit pour les noter) n'a pas syncopé sa narration.

Là où Van Vogt et ses non-A m'ont vraiment scotché, c'est du côté de l'ambition du livre, des sentiers qu'il ouvre et explore. Il y a au coeur du récit l'idée si séduisante que nous pouvons changer, nous transformer, ou plus modestement échapper au façonnage que nous imposerait les traumas de l'enfance. J'ai été happé par ce côté du livre et par ce discours, et par la tranquille anarchie des non-A. de ce point de vue, le Monde des non-A est un livre profondément optimiste.
Bien plus tard j'ai appris que Van Vogt avait fondé le monde des non-A sur une théorie solide : la sémantique générale. En trois mots, cette approche se proposait de résoudre la névrose par la prise de conscience de la différence entre le signifiant et le signifié. D'où ce leitmotiv du livre : « la carte n'est pas le territoire », ou encore cet adage « le mot chien ne mord pas ». Ceux qui ont assimilé cet écart sont qualifiés de non-A, les non-artistotéliciens. Et fondent une société anarchique et paisible sur la planète Vénus.
C'est étrange de penser qu'aujourd'hui tout un pan de la psychologie moderne s'intéresse à la réilience, l'incroyable capacité qu'ont certains d'entre nous à surmonter des épreuves démesurée.
Van Vogt a-t-il raison aussi de penser qu'une anarchie ne peut exister qu'entre humains débarrassés de leurs névroses ?
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Arthemyce
  27 juin 2021
Bien que je ne saurai plus dire d'où, ni à qui, je dois cette lecture à un échange ayant eu lieu au sujet d'un livre traitant d'Anarchisme. Je remercie l'anonyme qui m'aura donné la curiosité de me renseigner sur l'auteur et son ouvrage, qui offre à voir – ce qui était l'objet de l'échange – une ébauche de société anarchiste, ou du moins qui s'en rapproche, par l'intermédiaire du récit. Mais on y reviendra plus tard.
Ce premier volume de la trilogie du « Cycle du Ā » (compris comme « Cycle du non-A ») se veut très mystérieux malgré son ambition de poser les bases de l'univers dépeint par A.E. VAN VOGT.
Au préalable cependant, il me semble vraiment important d'avertir tout futur lecteur de se renseigner sur la « Sémantique Générale » (1), une forme de pensée proposée par Alfred KORZYBSKI (2) à la fin des années 1930 et remettant en cause les limitations de la logique aristotélicienne ; d'où le « non-A » : « non-aristotélicien ». Pour résumer, il s'agit de discuter les façons de percevoir et penser les choses. le plus simple pour saisir l'idée est encore d'en référer à la maxime « La carte n'est pas le territoire », d'ailleurs évoquée dans l'ouvrage.
Sur cette mise en bouche peut-être pas attrayante pour tout le monde, je préfère commencer par la fin et tout de suite dire que j'ai passé un bon moment de lecture ! Ce premier livre m'a tenu en haleine jusque la toute fin et je suis pressé d'enchainer sur la suite, d'autant plus que l'édition « Jai Lu » dont je dispose comprend les trois tomes réunis, totalisant 800 pages (respectivement 260, 290 et 250 pages, le compte est bon). de quoi s'occuper un petit temps. Enfin ça dépend… J'ai déjà englouti le premier !
Franchement, que de rebondissements ! C'est ce qui m'a le plus marqué. Structuré en chapitres courts, les situations progressent vite et de nombreux éléments inattendus parsèment le récit. Sur certains points, l'écriture me rappelle Asimov avec une fluidité dérivant de l'absence de description superflue (ce qui à l'excès peut s'avérer gênant, notamment lorsqu'il s'agit de présenter les personnages), sur un ton toutefois moins léger qui convient mieux à l'esprit rigoureux du protagoniste, Gilbert GOSSEYN (dont le patronyme n'a rien d'hasardeux lorsqu'on l'interprète phonétiquement à l'anglaise), et aux thématiques explorées par l'ouvrage, à la fois très politiques et (psycho)logiques.
La quatrième de couverture résume très bien tout ce qu'il y a à savoir pour succomber à la curiosité (ou non), aussi je ne développerai pas plus sur l'intrigue. Ce qui m'intéresse dans ce bouquin se concentre sur deux points : d'abord la civilisation Vénusienne, peuplée d'individus non-A, ensuite la critique politique portée par l'ouvrage, ce qui justifiera une intéressante mise en parallèle.
Pour parler de Vénus, il faut d'abord parler des non-A et de la Machine (pas de souci : aucun spoiler ici). Les personnes non-A sont les humains du XXVIème siècle ayant réussi à dépasser la logique aristotélicienne dans leur perception du monde et ainsi disposant d'une palette sémantique élargie les rendant mieux à même de percevoir et concevoir leur environnement ; je résume. Pour développer et répandre cette Philosophie, une Machine a été créée voilà plusieurs siècles dans le but de tester le degré de maîtrise et d'intégration de ladite Philosophie dans la pensée d'un individu. Chacun se voit décerné à la suite des « Jeux », selon leur propre degré - du plus bas au plus élevé - la chance de recommencer les épreuves, une fonction dans l'organisation sociale gérée par la Machine et pour les plus aptes : une émigration sur Vénus, éden libre fondée sur l'harmonie induite par l'intégration maximale des concepts non-A par sa communauté, au point que tous ne font qu'un dans leur propre individualité.
Sans que toutefois elle ne soit présentée comme telle, il est vrai – comme on me l'avait laissé entendre – que la société Vénusienne de van Vogt semble se rapprocher de ce que serait une société à l'état d'Anarchie ; qui rappelons-le : loin d'être synonyme de chaos et d'anomie, représente au contraire le plus haut degré de l'ordre, sans le pouvoir ; comme l'évoque la célèbre formule reprise par N. Baillargeon dans le titre de l'un de ces ouvrages (3).
Cependant, la Vénus de van Vogt n'est pas suffisamment explorée dans ce premier tome pour une analyse approfondie. Si globalement il s'agit d'une société où tous les membres sont égaux, vivent totalement libres et en parfaite entente vis-à-vis du bien commun, sans coercition d'aucune sorte (il n'y a évidemment pas besoin de police, d'armée…) : le survol se fait à bonne altitude sans donner l'occasion de creuser le détail.
Il reste intéressant néanmoins que l'auteur, dans son interprétation d'une intégration des concepts de la sémantique générale – ayant pour objectif de démultiplier la compréhension des Humains envers eux-mêmes et leur environnement – en soit arrivé à dépeindre avec une assez bonne approximation ce qui s'apparente à une société selon l'idéal anarchiste. La question demeure sur l'aspect volontaire - ou non - de ne pas en avoir fait explicitement mention (en ce qui me concerne en tout cas). N'oublions pas toutefois que l'Anarchisme n'a jamais eu bonne presse.
Ceci m'amène au second point qui touche à la critique politique qui structure l'ouvrage en filigrane. le roman date de 1945 dans sa version originale et on n'échappe pas à la mise en scène d'individus despotiques qui permettent évidemment à l'auteur Canadien de critiquer (à juste titre d'ailleurs) l'hubris du pouvoir, l'autoritarisme et l'inéluctable violence aveugle qui découle de l'ambition. C'est bien évidemment le « Communisme » – entendu dans son sens le plus courant et pourtant le plus faux – qui est en ligne de mire, notamment bien sûr, eue égard au « Bloc de l'Est » d'alors. Pour être honnête, il n'y a rien de transcendant dans la réutilisation des archétypes dominateurs et égotistes et pour le coup, quitte à lire une critique de ce que représenta en profondeur l'U.R.S.S., l'opus magnum d'Orwell conviendra bien mieux. Ceci dit, rien d'anormal dans ces thématiques pour l'époque, de nombreux auteurs y ont eu recours pour faire passer leur message, bien souvent superficiels et consensuels malheureusement.
Aussi il est dommage que Van Vogt n'ait pas cherché à approfondir un peu plus ces deux caractéristiques dans ce premier tome, car elles se répondent et auraient pu mieux entrer en résonance. Il faut attendre la post-face du second tome (Les Joueurs du Ā) pour que l'auteur revienne sur ses intentions dans sa conception de Vénus et qu'il critique nommément et vertement la Russie et la Chine totalitaires.
C'est un peu mon seul regret envers cette oeuvre (que je vais tout de même m'empresser de poursuivre) : traiter de questions conceptuelles intéressantes, qui m'évoque personnellement la « pensée complexe » d'Edgar MORIN, sans toutefois parvenir au bout de la démarche et à appliquer les préceptes épistémologiques de nuances et de profondeur induits par la Sémantique Générale dans une critique politique un brin moins sommaire et surtout plus curieuse de l'utopie désirable que représente Vénus en établissant le parallèle avec des courants de pensée existants, comme ceux de l'Anarchisme.
C'est avec un prisme très particulier que j'ai abordé cet ouvrage dont je ne regrette aucunement la présence dans ma bibliothèque, étant amateur de Science-Fiction. Je m'étais renseigné avant sur l'auteur, sur ce Cycle Des Ā, sur la Sémantique Générale et bien sûr, à propos de l'histoire-même pour tenter d'en estimer la teneur des thématiques et de leur traitement. Cette Vénus « anarchiste malgré elle » avait suscité ma curiosité car je recherchais – et recherche encore, avis à ceux qui ont lu jusqu'ici (merci) – des romans qui mettent en scène une société à tendance anarchiste. A ce sujet, il me vient d'ailleurs que j'aurai plutôt dû utiliser le terme « Libertaire » plutôt qu'Anarchiste, en toute rigueur sémantique.
Sur ce seul aspect, je reste encore sur ma faim (il me reste encore deux tomes néanmoins), mais sur le reste en revanche c'était un livre passionnant, qui se laisse difficilement refermé tant qu'il n'est pas terminé.

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9mantique_g%C3%A9n%C3%A9rale
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Korzybski
(3) https://www.babelio.com/livres/Baillargeon-Lordre-moins-le-pouvoir--Histoire-et-actualite-d/12412/critiques/1697577
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   18 août 2018
— Comme vous devez le savoir, continua-t-il, la seule différence entre la destruction de vingt systèmes nerveux humains et la destruction de vingt millions de Vénusiens est la résultante émotive produite chez les survivants. Une bonne propagande liquidera ça. […]
— Que deviendront les deux cent vingt millions de restants ? s'entendit dire [Gosseyn] d'une voix creuse.
— La terreur ! dit X de sa voix de violoncelle. Terreur sans merci, contre tous ceux qui résistent. L'histoire montre qu'il n'a jamais été difficile de contrôler la masse d'une population décapitée de ses chefs.

Chapitre 14.
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Nastasia-BNastasia-B   16 août 2018
Un être humain est une structure physico-chimique dont la conscience d'exister provient d'un système nerveux complexe. Après la mort, le corps se désintègre ; la personnalité survit en un certain nombre d'impulsions-souvenirs déformées dans le système nerveux des autres. À mesure que les années passent, ces souvenirs s'affaiblissent.

Chapitre 5.
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Nastasia-BNastasia-B   21 août 2018
Tout leurs milliers d'années de développement scientifique supérieur ont été gâchées dans leur effort pour conquérir la grandeur et la puissance alors qu'il leur suffisait d'apprendre à coopérer.

Chapitre 31.
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Nastasia-BNastasia-B   15 août 2018
Les explications allègent l'esprit, effacent un tas de petites tensions nerveuses et libèrent le corps de l'influence des excitations inhibitrices au profit d'une activité plus positive.

Chapitre 16.
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Nastasia-BNastasia-B   16 août 2018
Il se sentait à l'écart du matérialisme de la Terre. En un sens absolument étranger à la religion, il désirait un changement spirituel.

Chapitre 1.
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