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ISBN : 2918767727
Éditeur : Asphalte (14/09/2017)

Note moyenne : 3/5 (sur 6 notes)
Résumé :
À la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Melilla s’élève le mont Gourougou, où sont réfugiés des centaines de migrants d’Afrique noire attendant d’entrer en Europe. Ce roman nous fait entrer dans l’intimité d’un de ces groupes, qui s’est constitué au hasard des périples de ses membres. De cette communauté improvisée, on découvre l’organisation du quotidien, les histoires échangées pour tromper l’ennui, les vices, les jeux, mais aussi la lutte pour la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
mayim
  19 juin 2019
Sur leur site internet, les éditions Asphalte parlent ainsi de leur ligne éditoriale : « Nos textes s'affranchissent des contraintes de genre, mettant l'écriture et l'intrigue au service de l'atmosphère et du rythme. Notre catalogue reflète notre attachement à l'esprit des lieux et à leur petite musique ».
Le livre de Juan Tomas Avila Laurel correspond parfaitement à cette description. Il échappe à toute étiquette de genre. Ce n'est ni un essai ni un roman. C'est un ensemble de témoignages authentiques mis sous la forme d'un récit avec de nombreux dialogues rapportant la pensée vive de ses personnages. Il a également un ton très singulier proche du conte qui m'a beaucoup plu puisqu'il m'a permis d'entendre « la petite musique » du mont Gourougou.
Le mont Gourougou…
Je n'en avais jamais entendu parler. Situé au nord-est du Maroc, c'est un mont aride de 10 km de diamètre et culminant à 900 m qui donne directement sur l'enclave espagnole de Melilla. Environ 500 personnes, essentiellement des hommes, vivent sur ce mont. Venant d'une dizaine de pays d'Afrique subsaharienne, elles se sont réparties en groupes selon leur langue, surtout le français ou l'anglais. Leur but est de rejoindre l'Europe via Melilla.
Ce sont leurs histoires que rapporte Juan Tomas Avila Laurel. Il donne une voix à ces personnes qu'on entend rarement. Alors, elles racontent.
Leur long et tortueux périple pour arriver jusqu'au mont.
Les multiples raisons de leur départ, parfois assez étranges mais toujours douloureuses.
Leur soif de réussir, de passer en Europe vers une vie fantasmée.
Les assauts réguliers contre le grillage entourant Melilla.
Le quotidien de cette vie d'attente, comme en suspens.
Le manque de tout. Il faut chercher de quoi boire, de quoi manger et mendier le reste dans les villes à proximité.
La peur permanente et la surveillance par les patrouilles de la police marocaine.
Les soirées en groupe à dire son histoire pour échapper quelques instants à leur situation précaire.
Le rôle du football qui soulage du froid, tue le temps non maîtrisé de l'attente, permet un mouvement de vie et est un symbole d'espoir, de rêve, de lutte.
La solidarité mais aussi la colère qui éclate suite à l'exploitation de femmes par d'autres migrants.
Les réflexions importantes sur ce que signifie être africain, dans la manière de se comporter, de trouver sa place et de penser le monde.
Vous aurez compris que j'ai beaucoup aimé ce livre empreint d'oralité, très émouvant, qui ouvre sur le monde et qui fait réfléchir.
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Commenter  J’apprécie          60
fanette812
  02 octobre 2017
J'étais très contente de recevoir un livre des éditions Asphalte que je ne connaissais pas grâce à l'opération Masse Critique. Merci Babelio.
Le thème, d'actualité, me plaisait. J'étais prête à lire un roman proche du documentaire.
A la fin de cette lecture, je reste tout de même un peu sur ma faim.
L'auteur narre de façon très originale, la vie de migrants sur le Mont Gourougou, enclave montagneuse du Maroc qui permet d'accéder à Mélila. Les hommes et les femmes qui sont là, ont donc déjà traversé une partie de l'Afrique à pieds, avec des épreuves très difficiles et sont dans l'attente d'une nouvelle étape. Sans certitude sur la suite.
Bien que cette histoire soit emplie de réalité, l'auteur fait le choix de ne pas prendre le regard d'un observateur et de ne pas entrer dans un récit témoignage. Il retrace ce moment de vie, à la manière de celle d'un conte. On aborde les personnages, à travers les histoires qu'ils se racontent le soir. Une façon pour eux de s'échapper de la réalité un bref moment. Le voyage à travers le temps et l'histoire alors qu'ils sont contraints à l'immobilisme. Ces anecdotes, qui participent à faire entrer le lecteur dans leur monde, ne sont pas suffisantes, à mon goût, pour se situer complètement. Ces récits elliptiques, ces aller-retour entre différentes périodes, m'ont parfois perdus. Je ne savais plus de qui il s'agissait et quand. Cela surtout pendant la première moitié du livre. Sur la seconde, il y a davantage une histoire principale, suivie, avec des personnages récurrents. Et là, il n'est plus possible de lâcher le livre. On ne peut pas abandonner ces hommes et ces femmes sans savoir ce qu'il va leur arriver.
Bien que parfois un peu trop énigmatique, cela reste suffisant pour être choqué des conditions dans lesquelles ces migrants se retrouvent, choqué aussi par la conduite des différentes polices... Et se dire inévitablement que cette situation est "mal" traitée.
Je souligne également quelques très beaux passages, notamment lors des "acotés" entre deux hommes, sur le football (je n'aurais pas pensé écrire cela un jour), l'Afrique et la culture africaine.
Au final, je regrette que ce livre ne soit pas davantage développé. Car l'auteur aurait la matière et le style pour nous tenir en haleine plus longtemps et je pense que le lecteur serait gagnant.
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Toocha
  30 septembre 2017
Sur le Mont Gourougou, qui surplombe l'enclave espagnole de Melilla au Maroc, s'entremêlent voix, récits, parcours et nationalités, dans l'attente et l'espoir d'atteindre l'Europe de l'autre côté de la barrière de barbelés.
Dans le huis clos à ciel ouvert du campement, les hommes s'échappent dans l'imaginaire à la veillée et entrelacent les histoires des chemins qui les ont conduit jusque là ; leur mélodieuse cacophonie emprunte alors ceux du conte. Le microcosme construit ses mythes, du football sacré à Omar Salanga l'homme qui se baigne nu dans les rivières ou Aliko le Riche.
Mais la promiscuité, l'attente, la police des forêts, le froid et la faim imposent de plus en plus durement le versant sombre du mont Gourougou, et la tonalité douce des veillées vacille au profit d'un réalisme aussi douloureux que l'histoire de Shania, une des rares femmes du camp, livrée à l'emprise d'un faux bienfaiteur. C'est l'énergie du désespoir qui poussera alors un groupe à s'élancer au sommet des barbelés pour la conduire, elle et une autre femme, toutes deux blessées, vers le sol européen autant qu'un hôpital.
Je garderai de cette lecture l'image dure des deux femmes, déjà meurtries, en haut de la clôture, en écho aux images contemporaines des migrants tentant de franchir les rangs de grillages de la frontière de Melilla. A cet égard, Juan Tomás Ávila Laurel se fait bien le porte-parole, au sens littéral, de la voix et de la vie des migrants aux silhouettes entr'aperçues au sommet des clôtures de barbelés.
La traduction française a fait l'objet d'un soin manifeste, s'attachant à restituer l'oralité et la musicalité du texte.
Néanmoins, et à la différence évidente des réfugiés, j'aurais aimé m'installer plus durablement sur le mont Gourougou ; si le caractère parfois elliptique du récit participe de sa force suggestive, la brièveté du roman, s'ajoutant à la fugacité de la rencontre de chaque personnage, m'ont laissé un sentiment d'incomplétude, voire de superficialité, contrastant avec l'intention de rendre voix aux migrants.
Je remercie Babelio et les éditions Asphalte de m'avoir permis, dans le cadre de l'opération Masse Critique, de découvrir ce texte (et la collection de cette maison, du reste -- j'ai apprécié la playlist constituée par l'auteur pour accompagner le texte, qui sied particulièrement à la lecture des veillées au début du roman ; or, je me suis aperçue qu'il s'agissait d'une proposition systématique de cette maison d'édition pour ses publications).
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Ianouch
  09 octobre 2017
Sur le mont Gourougou de Juan Tomas avila Laurel. Dans le cadre de masse critique.
Entre conte et témoignage sur la vie dans un camp de migrants basé sur le mont Gourougou à la frontière Marocaine et Espagnol, l'auteur nous raconte son expérience au travers des rencontres qu' il a pu faire là bas.
Bien que l'on sourit parfois à l'énonciation de certaines anecdotes , c'est en fait souvent pour contrebalancer avec la dureté de ce qu'ils vivent ou qu'ils ont vécu. de nombreuses nationalité se côtoient dans ce village et on en apprend beaucoup sur les coutumes de chacun.
Les thèmes abordés dans ce roman, sont ceux de la politique, de la culture, du sport , de l'éducation, de la religion…
Roman intéressant sur bien des points mais pour lequel je n'ai pas été transporté comme je l'espérais avant de le commencer.
J'ai survolé sans jamais avoir l'impression d'être avec eux, je ne me suis pas vraiment attaché aux personnages du coup je suis déçu car c'est une des premières fois qu'un Asphalte me laisse de marbre. Peut être n'étais ce pas le moment pour moi tout simplement.
Je continuerais en tous cas a découvrir les auteurs de cette collection.
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chachoura
  17 septembre 2017
À la frontière entre le Maroc et l'Espagne, à un pas du « rêve européen », les migrants venus d'Afrique se rejoignent sur le mont Gourougou : ils s'y racontent leurs parcours, leurs histoires de famille et les raisons qui les ont poussés à quitter leur pays au rythme de la palabre traditionnelle.
Juan Tomas Avila Laurel donne la parole aux migrants ; les dialogues sont au coeur du texte, la langue est chantante et imagée, et les pensées des personnages nous sont livrées sans fard. Les histoires de vie sont évidemment touchantes, les épreuves qu'ils traversent douloureuses mais, malgré cela, j'ai trouvé que les personnages de ce roman manquaient d'un peu de personnalité : je n'ai pas réussi à m'y attacher. de manière plus générale, Sur le mont Gourougou manque pour moi d'un peu de charme et de « peps ». L'intrigue n'a pas décollé, je n'ai pas réussi à m'en imprégner et j'ai même parfois eu du mal à y trouver de l'intérêt.
Enfin, j'ai quand même passé un bon moment lors de cette -courte- lecture (117 pages !), mais je crains surtout que ce roman ne me restera pas si longtemps en mémoire.
Lien : http://ulostcontrol.com/mont..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   19 juin 2017
Nous sommes dans la forêt et nous faisons à manger pour tenir debout. Nous ramassons du bois, descendons jusqu’au quartier Farkhana acheter du poisson, ou montrer qu’on en achèterait bien ; ainsi, si nous croisons des âmes charitables, elles nous en donnent à force d’insistance. En tout cas, si elles nous en donnent, ce n’est jamais un morceau très charnu, plutôt les têtes ou les arêtes. La nuit, avant de dormir, il fait froid, encore plus froid que si nous étions sur les rives du fleuve Ruo, où je suis né, où j’ai vu naître tous ceux que j’ai laissés derrière moi en partant à la recherche d’autres fleuves et d’autres rives. Après manger, s’il y a de quoi, nous réchauffons nos mains, nous nous recroquevillons sur nos cartons, sous nos couvertures, et nous nous racontons des histoires. Alors je fais comme si je n’avais aucune histoire à raconter, comme si je n’avais rien à dire. En réalité, je sens que si je me mettais à parler, je ne m’arrêterais plus, et les gens se diraient que c’est une mauvaise habitude prise dans mon village, de ne pas laisser parler les autres ; s’ils entendaient ma voix défaillir, ils croiraient que je joue la comédie et cherche à les tromper. Alors je garde la bouche fermée et me contente d’écouter ceux qui ont la bonté de partager leur histoire. Il n’y avait pas, dans cette résidence temporaire où nous étions installés, de raisons de se réjouir, et toute personne capable de dépasser notre réalité immédiate pour nous sortir de notre quotidien était un héros. Oui, un véritable héros qui, ayant toutes les raisons de se plaindre du matin jusqu’à l’heure venue de mettre ses mains entre ses cuisses pour essayer de dormir, avait la force de raconter quelle avait été sa vie avant d’atterrir ici. Un type comme Peter, par exemple. Il portait une barbe à croire qu’il ne s’était jamais rasé. Dans son village, on l’appelait Ngambo, dit-il. Il racontait qu’il avait été porteur, mais ne disait ni de qui ni de quoi ; il était déjà très généreux de partager son histoire. Ngambo disait n’avoir jamais songé à quitter son pays, il s’y était résolu parce que son père avait été la victime d’une injustice. Chaque fois qu’il mentionnait son père, il se redressait pour qu’on entende bien les détails de son histoire, pour qu’on n’ait aucun doute sur le caractère extraordinaire de son géniteur. Sans chercher pourtant à trop en faire, il voulait simplement que rien ne nous échappe.
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chachourachachoura   17 septembre 2017
Bonjour monsieur. On ne se connaît pas, mais je suis venu te voir car je dois t’expliquer ce qui se passe là-haut, tout près d’ici. Nous sommes environ cinq cents noirs, tous africains, et nous voulons vivre, tu comprends ? Nous voulons vivre. Et vivre, chez les Africains, est une affaire sérieuse, parce que c’est souvent très difficile, et beaucoup de gens y arrivent à peine. Nous nous trouvons dans un endroit qu’on appelle le Gourougou, nous sommes divisés e plusieurs groupes selon les langues, deux principalement : il y a ceux qui parlent français et ceux qui parlent anglais. Mais il y en a d’autres plus petits, qui rassemblent tous ceux qui parlent uniquement leur langue, celle de leur village. Et nous passons nos journées à jouer au football, très souvent avec des ballons plus petits qu’une grosse orange. Nous avons besoin de manger, tu comprends, monsieur ?
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   09 janvier 2018
Aux mères de ceux qui n'atteignent jamais leur but.
D'autres viendront , qui parleront de ces chemins
qu'à bout de force ils n'ont pu parcourir.
Ce qu'on ignore, c'est si cela servira de réconfort. (p.7)
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ToochaToocha   30 septembre 2017
Ils devaient agir comme s'ils étaient réellement fous, ne pas avoir honte de quémander à manger, et le faire dans une langue inconnue, oublier toute inhibition pour affronter la réalité.
On le comprend, cet homme qui aurait aimé perdre la raison. Tu es majeur, tu es noir, tu te retrouves sur un mont désert surveillé par des policiers marocains qui ne veulent pas de toi à cet endroit. Tu as beaucoup de trous à l'estomac, et les arbres du mont ne donnent pas de fruit, même pas amers. Il te faut descendre jusqu'aux lumières civilisées de la ville. Regardez, citadins, vous savez bien que nous sommes là puisque vous ne nous avez pas ouvert les portes de vos maisons et que le centre d'accueil est plein à craquer. Nous n'allons pas nous laisser mourir de faim juste pour satisfaire le chef de la police, alors nous sommes venus vous demander quelque chose à manger.
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ToochaToocha   30 septembre 2017
Ce n'était pas la première fois qu'un noir mourait en essayant d'atteindre la terre européenne, ou espagnole, mais cette fois-ci on pouvait affirmer qu'on leur avait tiré dessus. C'est ce dont j'avais besoin pour savoir que mes doutes étaient fondés. On dira ce qu'on voudra, mais nous pouvions affirmer qu'on les avait empêchés d'arriver jusqu'à la plage ; j'en étais convaincu, mais j'ai commencé à réfléchir. Et je me suis souvenu d'histoires africaines semblables à la nôtre. Si tu entres de force quelque part, disait-on souvent dans mon village, tu n'en sortiras peut-être pas entier. Si on le disait dans mon village, et que le dicton était connu dans le village voisin, et dans le suivant, d'un autre pays, ça ne pouvait pas être une vérité hasardeuse. Auparavant, je pensais qu'on nous chassait parce que nous n'avions pas de papiers, que nous prétendions entrer en Europe sans papiers. Mais comment pouvaient-ils s'attendre à ce que quiconque ait des papiers dans une traversée à la nage ? Dans quelle partie de son corps devrait-on ranger le supposé papier ? Dans des pays développés, on tuerait donc le premier venu pour n'avoir pas de papiers ? Bien sûr que non, ce n'était pas ça. Pour eux c'était juste un bon prétexte.
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