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Babelio défie la rentrée littéraire


Avez-vous déjà lu... toute la rentrée littéraire ?

Impossible, dites-vous ? Pas si sûr...

Cette année encore, Babelio vous propose de mettre la main à la pâte pour participer à un grand défi collectif : critiquer l'intégralité de la rentrée littéraire.

Le principe est simple : vous trouverez sur cette page la liste de tous les livres qui paraissent à l'occasion de la rentrée 2021, classés par état : ceux déjà critiqués sur Babelio et ceux qui ne le sont pas encore. Ensuite, il s'agit simplement de vous faire plaisir en critiquant les ouvrages de votre choix, tout en essayant de vous concentrer sur ceux qui n'ont pas encore été critiqués.

Que vous en lisiez un, deux, ou trente, chaque critique compte. L’an dernier, nous avions critiqué 86% de la rentrée. Tous ensemble, nous parviendrons peut-être à faire mieux cette année !

Pour échanger sur vos choix d'ouvrages, partager vos avis et plus généralement parler ensemble du défi, n'hésitez pas à rejoindre le groupe de discussion dédié.

Parés pour l'aventure ?

NB : Certains de ces livres seront présents dans l’opération Masse Critique de rentrée, mais pour le reste, on compte sur vos lectures personnelles !


LES TITRES DE LA RENTREE DÉJÀ CHRONIQUÉS (446) Voir plus

ILS ATTENDENT LEUR PREMIERE CRITIQUE (70) Voir plus

Critiques et avis
Les enfants de la Volga
  22 janvier 2022
Les enfants de la Volga de Gouzel Iakhina




Après un premier livre traduit : " Zouleikha ouvre les yeux" en 2017, sur le destin des Tatars, Gouzel Iakhina s'intéresse dans ce roman à une petite colonie allemande installée sur les rives de la Volga depuis le 18ème siècle.



Jakob Bach, passionné de poésie, est le maître d'école du petit village de Gnadenthal, colonie d'émigrés allemands sur le bord de la Volga . Il reçoit un jour un message de Udo Grimm, vivant isolé sur l'autre rive, désirant des cours particuliers pour sa fille Klara de 17 ans. Intrigue Jakob accepte mais ne verra jamais la jeune fille, cachée derrière un rideau et accompagnée d'une vieille femme. Charme par sa voix, il tombe amoureux et lorsque le père de Klara décide de la marier en Allemagne, celle-ci s'enfuit chez Jakob.

Ils décident de traverser la Volga et vivre dans la maison d'enfance de Klara, a l'écart du village, en harmonie au milieu de la nature. Mais un jour, des brigands violent Klara qui tombe enceinte d'une petite fille Anntche. Devenu mutique depuis l'agression, Jakob élèvera cette fille quand Klara mourra en couches, en la préservant du monde extérieur cruel mais jusqu'à quand ?



C'est un roman foisonnant, dense, follement romanesque.

L'auteur nous emporte dans un récit à la fois familial par l'histoire de Jakob, envoûtant par les contes fantastiques évoqués par Klara. Les descriptions de la nature nous plongent dans cet univers russe traditionnel. L'histoire alterne entre la vie enchantée et pure de Jakob et celle plus cruelle et tourmentée du village de l'autre côté de la Volga.

Le contexte historique est important durant tout le récit. Elle retrace l'histoire de ces colons allemands "invités" par Catherine II a s'installer sur les rives de la Volga avec une certaine indépendance, isolés du reste du pays mais rattrapés par la politique et finalement déportés en 1941. Toute cette communauté est observée par Jakob, isolé mais pouvant observer les évolutions sociales de la région, sans tout comprendre, comme balloté par cette histoire violente et tumultueuse. L'auteur ne ménage pas ses critiques envers le communisme de Staline.

C'est une belle réflexion sur les contes, leurs beautés et leurs puissance sur la vie de Jakob, voire du village voisin. On bascule dans un monde étrange et féerique.

L'écriture est magnifique , flamboyante , mais demande une attention particulière par sa densité et son lyrisme.

J'ai ressenti quelques longueurs, surtout dans les chapitres consacrés au point de vue politique de Staline , qui ont ralenti ma lecture.

Un pan de l'histoire russe méconnu , illustre par une histoire romanesque qui vous emporte !





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L'anarchiste qui s'appelait comme moi
  22 janvier 2022
L'anarchiste qui s'appelait comme moi de Pablo Martín Sánchez
J'ai hésité avant de rédiger cette critique car je suis complètement à contre-courant des autres avis. Les mots qui vont suivre n'engagent que mon sentiment de lecture, en aucun cas le talent de l'écrivain, et encore moins le goût des autres lecteurs de ce roman.

C'est un bon roman qui saura séduire celui qui, novice, voudrait découvrir ce que le mot "Anarchie" veut dire, enfin en avoir juste un petit aperçu.



Je me suis fourvoyée dans une lecture que j'avais imaginée autre. Comment dire ? J'étais dans le rôle du spectateur qui a pris un billet pour aller visionner "L'aveu" de Costa-Gavras, est étourdi, se trompe de porte et entre dans la salle où a lieu le projection des "Mariés de l'An II" de Jean-Paul Rappeneau : s'ils parlent tous les deux d'Histoire, ils ne le font pas de la même façon et sur le même ton.





Ainsi, en ouvrant "L'Anarchiste qui s'appelait comme moi", j'ai cru retrouver mes élans de lecture de "La Mémoire des vaincus" et je me suis trompée.



Si le fait que l'écrivain s'adresse au lecteur dans la préface est original, le ton du récit m'a gênée : beaucoup de tournures en "proverbes", un ton souvent ironique, parfois me faisant penser aux comédies italiennes, un des personnages assez fantasque m'évoquant immanquablement l'acteur Totò, du bucolique pour un passage des Pyrénées qui avait un autre enjeu que la balade et que dire du rebondissement final ?... Etait-ce nécessaire ?

Comme était-il nécessaire d'ajouter à la rencontre des milieux anarchistes du début du siècle à Paris, une intrigue sentimentale pour le moins vaudevillesque - le passage en équilibre sur une poutre entre deux fenêtres pour sauver la belle est pour le moins romanesque. Mais je manque tout simplement de romantisme...



Je répète, je comprends que certains aient apprécié, ils ont sûrement ouvert le livre avec moins d'à-priori que moi ! Je n'ai pas pu me laisser porter par l'histoire, j'attendais un tableau "parfait" des milieux anarchistes de l'époque.



Pour autant, je n'ai pas interrompu ma lecture : les milieux anarchistes sont décrits de façon à inciter le lecteur curieux à vouloir en savoir davantage et le propulseront s'il est consentant vers d'autres lectures, la rencontre avec les grands noms libertaires, - Durruti, De Unamuno, Sébastien Faure, l'ombre de Victor Serge - ouvrant les portes vers d'autres textes... La vie dans un Paris qui balbutie les changements et la modernisation est aussi captivante. Tout comme la partie sur le cinématographe Lumière et l'engouement de Pablo petit garçon en Espagne. L'auteur sait aussi décrire de façon accessible les raisons de ces courants révolutionnaires, leur apparition et la lutte clandestine dont ils étaient animés.

Finalement, c'est Robinson, personnage de second plan qui est le plus représentatif du thème du roman.

Et la dernière partie du récit qui relate le procès et l'emprisonnement donne une idée de ce qu'était les liens entre la justice et l'Etat, encore une partie assez intéressante.





Bref, lisez les autres avis de lecture ! Et si les terme de CNT, Anarchie, Révolution vous envoûtent et vous rendent curieux, après avoir lu ce livre si vous le décidez, ne manquez pas de lire "La Mémoire des Vaincus" de Michel Ragon dont ont parlé d'autres membres dans leurs critiques, au ton moins drôle, c'est certain, mais plus dans le réalisme de ces choix de vie et d'idéal et plus approfondi pour ce qui concernent les motivations. Et ainsi fasciné, vous voilà au devant de nombreuses lectures captivantes...
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Le courage des rêveuses
  22 janvier 2022
Le courage des rêveuses de Jacqueline Merville
Le Courage des rêveuses est un joli titre qui promet beaucoup, comme sa description : des femmes évoluent dans une fin du monde. Cela nous promet de l'apocalypse et de la sororité... mais...

Dans les faits, la lecture de ce livre est très décevante : l'ensemble reste très flou ; on est dans une écriture qui parle des choses et des personnages à demi-mots. Le procédé du "par touches" peut-être intéressant, à condition qu'on comprenne au bout du compte et que le monde apocalyptique se dessine vraiment, un peu comme dans Viendra le temps du feu de Wendy Delorme, dont l'écriture chorale peut être déroutante au début, mais qui trouve très vite de quoi satisfaire la curiosité du lecteur.

Ici, les choses ne s'embranchent pas et on reste dans une insatisfaction qu'on pourrait justifier par la perte de mémoire de la narratrice... certes. On en vient à se demande si l'auteur a vraiment une idée claire de ce qu'elle souhaite raconter ou si elle laisse le lecteur combler les manques.

Dans Le Courage des rêveuses, on se perd : qui est qui? Que s'est-il passé? Oui, les eaux ont recouvert le monde, il y a eu des contaminations (de qui? de quoi?...) ; une dictature s'est mise en place (laquelle? quel rapport avec la catastrophe naturelle?). Il y a un camp, le Site... Oui, mais on veut comprendre un peu!

Au bout du compte, on n'en saura pas plus et, le pire, c'est qu'à la fin, on réveille la narratrice de son mauvais rêve... le plus raté des procédés littéraires. Quitte à parler d’apocalypse, il faut assumer ses fins du monde...
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La Plus Secrète Mémoire des hommes
  22 janvier 2022
La Plus Secrète Mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr
Prix Goncourt 2021 et pourtant un sentiment mitigé en sortant de cette lecture. Soit, le propos est là, la manière aussi, mais le tout a eu du mal à m'emporter.



Parti à la recherche de l'auteur du Labyrinthe de l'inhumain, Diégane remonte le temps. Il se retrouve dans le Paris des années 1930, à Amsterdam, à Buenos-Aires et à Dakar ... remontant le fil. De rencontres en rencontres, il se fraie une espérance dans ce labyrinthe de ce mystérieux T.C. Elimane qui a subitement disparu après la publication de son premier livre.



Prenant des formes souples, usant de narrateurs variés à des époques qui se superposent, ce récit de l'écriture et de la mémoire entraîne le lecteur lui aussi dans un labyrinthe.



Construit avec une rigueur de tous les instants, soignant les détails et le style, usant d'un vocabulaire soutenu, l'auteur ne nous ménage pas !



Mais la virtuosité ne fait pas tout, et pour ma part, ce roman primé a pu souvent me perdre. Lecture exigeante donc, mais qui n'a rien de désagréable et qui demande certainement une attention qui a parfois failli dans mon esprit.




Lien : http://animallecteur.canalbl..
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Ouvre ton aile au vent
  22 janvier 2022
Ouvre ton aile au vent de Éloi Audoin-Rouzeau
Un roman pour rêver et prendre un peu d’altitude sur cette crise sanitaire qui laissera d’autant plus de traces dans notre société que nous continuerons à la dramatiser, alors que nous disposons désormais de quoi « s’en vacciner ».

Une scène en plein cœur de Paris, une échappée belle qui fait espérer une, ou plutôt des suites par cet auteur talentueux, d’un romantisme distingué.
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La Plus Secrète Mémoire des hommes
  22 janvier 2022
La Plus Secrète Mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr
Brillante et violemment astucieuse, une démonstration hallucinante et joueuse de la place opérationnelle indispensable de la littérature dans le monde.



Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2022/01/22/note-de-lecture-la-plus-secrete-memoire-des-hommes-mohamed-mbougar-sarr/



Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais d’aujourd’hui (de 2018, en pratique), évoluant « dans le milieu littéraire de la diaspora africaine de Paris – le Ghetto, comme l’appelaient certaines langues de pute dont la mienne », tombe un peu par hasard sur un livre mythique de 1938, qu’il avait effleuré de sa curiosité lors de sa jeunesse dans un internat militaire près de Dakar, « Le Labyrinthe de l’inhumain », publié en 1938 par un certain T.C. Elimane, « livre dont le destin a été frappé au coin de la singularité tragique », comme le précisait le fort scolaire mais solidement exhaustif « Précis des littératures nègres » (« une de ces increvables anthologies qui, depuis l’ère coloniale, servaient d’usuels de lettres aux écoliers d’Afrique francophone »). Sous le regard d’abord quelque peu dubitatif de Musimbwa et de Béatrice Nanga, ses amis aussi passionnés et excessifs que lui au sein du « Ghetto », le voici lancé dans une quête forcenée pour retracer le mystère résiduel et résistant de cette œuvre et de son auteur, de son intrication dans deux guerres mondiales, dans les constantes mobiles du colonialisme et de ses modalités de succession, voire dans le statut même de la littérature, avec pour guide, mentor et initiatrice la figure altière et joueuse de Marème Siga D., la grande autrice émancipée de la génération afro-européenne précédente, quête obsessionnelle dont les ramifications le conduiront aussi du côté de l’Argentine d’Ernesto Sabato et de Witold Gombrowicz, le tout sous le signe secret des « Détectives sauvages » de Roberto Bolaño, figurant sans ambages en exergue de l’ensemble de l’ouvrage « réel » dont il est ici question.



Co-publié en 2021 par les éditions Philippe Rey et par les éditions Jimsaan, couronné par le prix Goncourt, « La plus secrète mémoire des hommes » est le quatrième roman de Mohamed Mbougar Sarr. S’il s’inspire sans ambages de l’étrange destin, non pas de Wangrin, mais de Yambo Ouologuem – à qui l’ouvrage est dédicacé – et de son roman « Le devoir de violence » de 1968, couronné par le prix Renaudot avant d’être accusé de plagiat et envoyé aux gémonies tandis que son auteur, après l’ultime feu d’artifice de « Lettre à la France nègre » (1969), rentrait à Sévaré (au Mali) et s’y faisait quasiment oublier jusqu’à son décès en 2017, il ne s’agit certainement pas ici d’une simple mise en roman de la biographie d’un écrivain maudit de la littérature africaine, mais d’une visée plus complexe, plus subtile et plus totalisante : le jeu de transpositions / mutations organisé par Mohamed Mbougar Sarr, et notamment le choix de 1938 (et de son racisme colonial beaucoup plus frontal) plutôt que de 1968 (où sous l’ambigu soleil des indépendances, la mise en récit d’une large collaboration de certains pouvoirs africains traditionnels à la logique de l’esclavage sera au moins aussi honnie en Afrique que l’intertextualité et le collage froidement réputés plagiats le seront en France, avant qu’il ne revienne, 22 ans plus tard au « Monné, outrages et défis » d’Ahmadou Kourouma d’enfoncer cette fois le clou dans l’espace indiqué), ou encore le fabuleux détour par l’Argentine en terre de tous les exils et par la traque aux criminels de guerre nazis qui peut s’y fonder (Roberto Bolaño n’étant bien ainsi jamais très loin), tout comme un recours aux limites du fantastique que ne renierait peut-être pas le Koffi Kwahulé de « Monsieur Ki », nous en convaincrait à lui seul presque immédiatement.



Si T.C. Elimane n’est donc pas ici exactement Yambo Ouologuem, que l’impressionnante Marème Siga D. n’est pas non plus précisément la grande Ken Bugul (même si les traces et hommages au « Baobab fou » ou au « Aller et retour » sont bien là), ni l’ami Musimbwa le fougueux Fiston Mwanza Mujila, et que les présences de Gauz ou de Sami Tchak (dont le formidable et tout récent « Le Continent du Tout et du presque Rien » constitue la parfaite lecture parallèle à celle-ci, nous y reviendrons prochainement sur ce même blog), parmi bien d’autres, sont davantage traitées en ombres chinoises qu’en portraits, c’est bien que Mohamed Mbougar Sarr ne nous propose pas ici le moins du monde un roman à clés, du plus quelconque au plus sophistiqué (ou alors de manière très joueuse entre piques et hommages), mais quelque chose qui à certainement beaucoup plus à voir avec les questionnements fondamentaux d’un autre « Musée de l’inhumanité », celui de William Gass, et avec la place structurante et non uniquement artistique que tient la littérature dans l’équilibre mental et politique du monde – bien au-delà de ses acteurs immédiats et de ses actrices directes.



D’Amsterdam à Paris et de Buenos Aires à Dakar, de vie de village au fond de la campagne sénégalaise aux tranchées de la première guerre mondiale, d’aventure ambiguë en criminalité nazie, Mohamed Mbougar Sarr mobilise un formidable arsenal qu’il sait rendre à chaque page étonnamment harmonieux et follement intrigant. Le grand Lyonel Trouillot, lors d’une rencontre de 2013 à la librairie Charybde (à écouter ici) à propos de sa « Parabole du failli », rappelait en substance qu’il n’y avait pas de vraie littérature si elle était incapable d’assumer sa dimension universelle derrière ses incisions particulières, et si elle ne proposait pas une actualisation collective par delà les destins individuels. Gageons ainsi que cette « Plus secrète mémoire des hommes » en constitue une démonstration particulièrement ardente et réussie. Et enfin n’oublions jamais l’une des plus importantes recommandations contenues dans l’ouvrage : « N’essaie jamais de dire de quoi parle un grand livre ».
Lien : https://charybde2.wordpress...
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La Plus Secrète Mémoire des hommes
  22 janvier 2022
La Plus Secrète Mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr
Un sentiment mitigé face à une œuvre riche, trop riche peut-être. Un roman qui s’interroge sur l’écriture : écrire ou ne pas écrire, telle est la question. Une question dont finalement chacun connaît la réponse. Une interrogation sur l’exil et sur le choc des cultures. Le grand écart entre la rive gauche et les traditions africaines. Une balade aux quatre coins de la France et la planète et un retour éternel vers le Sénégal. Une ballade à travers les époques. Un propos libéré et original. Une véritable œuvre, un plaidoyer pour la littérature. Et comment sous cet angle ne pas rendre hommage à l’ambition de l’auteur. Bref, si l’on en restait là, le roman de Mohammed Mbougar Sarr ne mériterait que des éloges. Et pourtant, je ne peux m’empêcher d’y voir aussi quelques défauts, quelques failles. L’ensemble se veut très structuré mais je m’y suis perdu. Il y a quelque chose de « foutraque » dans le propos, de la folie et du désordre et un fil narratif qui se perd. En face de cette œuvre largement célébrée, est-il inconvenant d’y voir aussi un roman un prétentieux ? A force de chercher l’originalité, d’emprunter plusieurs genres littéraires, l’auteur peut finir par lasser et finalement décevoir. Rien n’est plus subjectif, intime même, que le plaisir du lecteur. Chacun ne peut parler que pour lui et pour ce qui me concerne, mon plaisir était modéré et mon intérêt pour le roman, déclinant au fil des pages.
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Son empire
  22 janvier 2022
Son empire de Claire Castillon
Dans "Son empire", Claire Castillon donne la parole à une petite fille de 7 ans qui voit sa mère tomber peu à peu sous l'emprise d'un homme, dont on ne saura au final que peu de choses.

Manipulateur ? Pervers narcissique ? Dédoublement de personnalité ? Il y a parfois des pistes, des indices, mais là n'est sans doute pas l'essentiel. Claire Castillon met des mots sur une sorte de lente descente aux enfers, le passage progressif, tout à la fois subi et paradoxalement accepté, de cette femme sous l'empire d'un homme. Elle sait sa toxicité, mais en même temps, il est une sorte de roc qui la rassure.

Etrange paradoxe, dérangeant à plus d'un titre. Et ce d'autant que nous devenons spectateur de cette situation, prisonnier du regard de la fillette, tour à tour naïve ou terriblement lucide ou cynique.

Si j'ai parfois un peu regretté une narration quelque peu linéaire, un peu "plate", on ne ressort pas complètement indemne de cette lecture, avec une petite pointe de malaise, comme si l'on n'avait été qu'un simple voyeur, une fois refermé l'ouvrage sur quelques dernières lignes glaçantes ...
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Au temps des requins et des sauveurs
  22 janvier 2022
Au temps des requins et des sauveurs de Kawai Strong Washburn
Derrière la carte postale d’Hawaï, ses plages, son soleil, ses surfeurs joyeux, il y a un monde qui vit et survit, une culture hawaïenne malmenée. Ce premier roman choral, avec ses maladresses et ses longueurs, nous accroche. Et l’on navigue entre conte et chronique sociale dans la vie d’une famille, parents amoureux et fratrie divisée. Les dialogues drôles ou ironiques pimentent les péripéties dramatiques aux frontières d’un univers de fantômes animistes. Une saga émouvante, exotique et onirique.
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La Plus Secrète Mémoire des hommes
  22 janvier 2022
La Plus Secrète Mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr
Ode à la littérature :ok

Littérature africaine : ok ... mais décevante!

Quelques morceaux de bravoure ultra travaillés mais de facto, artificiels, sans âme, sans émotion.

Poussif, ennui, artificiel.

C'aurait pu être bien. Mais je suis certainement passée à côté.
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