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Critique de chapochapi


Un grand moment de littérature !
La Librairie nationale d'éducation et de récréation avait pour objectif affiché d'éduquer les enfants à la société moderne. Voilà chose faite avec cet ouvrage féministe (si si !) qui affirme que l'on peut-être une femme moderne et conserver ses bonnes moeurs !

Louise et Thérèse sont amies depuis le lycée, toutes deux promises à l'enseignement. Mais la seconde s'est trouvée héritière malgré elle et la première s'est mariée et est une jeune maman. Mais que Thérèse ne se désole pas pour son amie : Louise est une femme accomplie ! Sa très grande intelligence et sa sagesse, reconnues par tous, et qui la destinaient à un professorat mérité, en font la mère idéale ! Son inventivité lui permet de concevoir de nouvelles recettes, de rapiécer avec ingéniosité les robes ; sa culture et sa modestie entretiennent son heureux ménage ! Quelle femme !

Ce sont les invités de la voisine, deux jeunes gens, qui en sont pour leurs frais ! Eux qui la prenaient pour une pédante pour l'avoir entendu réciter quelques lignes de la Bruyère, eux qui plaignaient le mari de cette bas-bleu ! le premier jeune homme devient féministe en se laissant surprendre par ces deux demoiselles, tandis que le second, plus conservateur, devra abandonner ses préjugés.

C'est que ce roman défend la cause des femmes contre les traditions tenaces. Ainsi, les rencontres de Thérèse et Louise permettent de découvrir cette veuve qui a su entretenir et améliorer la papeterie de son mari, et qui est devenue une grande patronne, respectée et admirée pour ses qualités humaines. C'est aussi l'occasion de découvrir Jeanne, jeune médecin, à la grande admiration ou au grand désespoir de ceux qui l'apprennent. Quant à la vieille belle-mère de Louise, elle devra admettre que le vélo n'est pas une invention diabolique qui pervertit la jeunesse ! La mère de Thérèse, elle, devra apprendre qu'un mariage d'amour vaut mieux qu'un mariage de raison et d'argent.
Mais qu'on ne se trompe pas : ce féminisme affiché est modéré. La femme moderne, incarnée par Louise et Thérèse, est intelligente, cultivée et curieuse de tout, mais elle reste surtout aimante, ne vit que pour le don d'elle-même et se sacrifie pour les autres. L'indépendance intellectuelle permet à cette femme moderne de s'accomplir mais cela ne doit pas aller trop loin. Ainsi, sont autant raillées cette jeune et jolie poupée parfaitement idiote, inculte et vénale que cette communiste vindicative, ou que cette autre qui promeut l'indépendance des femmes mais néglige ses propres enfants et son ménage.
Féministe, mais pas trop !

Un tel livre ne pourrait s'écrire aujourd'hui sans faire hurler ou pleurer, mais quel délice de se plonger dans les préjugés de 1904 !
Bien évidemment, le style est pauvre, et l'écriture bien plate, mais ce n'était pas l'objectif premier de cette maison d'édition qui remplit son rôle. La femme moderne est présentée ici, non pas comme un dragon terrible et ridicule, mais comme une personne accomplie qui, par son intelligence et ses bontés (naturelles, évidemment), participe au bonheur de sa famille et à l'amélioration de la société toute entière.
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