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    photo de Léa  Léa Lescure

    C`est un sujet difficile que vous avez choisi de traiter, tabou même. La prostitution estudiantine. Qu`est-ce qui vous a mené à écrire ce roman ?

    J`ai voulu aborder la prostitution – la prostitution tout court, Manon est mollement étudiante mais elle aurait tout aussi bien pu être employée – justement parce que je ne comprends pas très bien pourquoi c`est un tabou : ça fait partie de la vie et de la ville, dans les rues et sous nos yeux. Attention, il y a souvent des amalgames : je ne parle pas de prostitution forcée, qui est une abomination. La prostitution a toujours été autour de moi : au hasard des immeubles où j`ai vécu, au fil de rencontres pendant les nuits festives, parmi les collègues de petits boulots. J`ai voulu raconter un seuil, celui de Manon qui rencontre par hasard la prostitution et décide d`y aller. Sans explications psychologisantes, ni regard moral.



    Avant d`écrire Les nuits Mélangées, vous avez écrit des articles, dont certains traitent de la prostitution, comment avez-vous travaillé ce passage du reportage à la fiction ? Vous-êtes vous sentie plus libre ?

    Oui et non. Bien sur, écrire un article et écrire un roman sont des démarches très différentes : d`un côté, recueillir des informations et les organiser, de l`autre, inventer et raconter une histoire. Les articles ont beaucoup de limites : par exemple,...




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    • Livres 4.00/5
    Par RAMSES1967, Aujourd'hui

    La conjuration primitive de Maxime Chattam

    Chattam comme on l'aime, cela faisait quelques temps que je m'ennuyais à la lecture des derniers romans de cet auteur. Avec la conjuration primitive, j'ai enfin retrouver l'auteur que j'aimais à ses débuts. Très bon roman. A Lire sans hésiter pour les amateurs de thriller très très noir.

    • Livres 0.00/5
    Par trust_me, Aujourd'hui

    Une dernière fois la nuit de Sébastien Berlendis

    Le narrateur a 30 ans et il se meurt. Il a trouvé refuge dans un ancien sanatorium qui sera bientôt détruit et remplacé par un hôtel de luxe. Il est seul, sa chambre a les volets clos, il vit son dernier été et sa mémoire s’effiloche. Son corps est un corps qui tousse, qui s’essouffle et s’asphyxie. « C’est une toux qui vient de loin. De l’enfance. A quatre ans, les premières crises apparaissent, l’asthme commence à rythmer les nuits. »

    Il arrive au bout du chemin et il le sait. « C’est le début de l’été et je sens la mort qui accélère. » Une dernière fois il se rappelle les cures, les séjours sans fin près du lac de Côme, les bains de Trieste, les thermes de l’hôpital St Vincent, la maison de santé du Val d’Aoste… Il se souvient de son père, des premières années à Bracca, près de Bergame, quand ses parents ont fui l’aridité des terres du sud. Il pense souvent à Simona, malade comme lui. Simona, morte il y a longtemps déjà. Simona qu’il a aimé passionnément, avec laquelle il a connu ses premières étreintes : « Mordre le bas du ventre, les fesses et l’intérieur des cuisses. Entre deux crises. Ne pas craindre la montée des pulsations du cœur. […] Simona lèche ma bouche, respire plus vite, frotte son pubis contre mon ventre. Dans le creux de la nuque, un grain de beauté noir et net. Les mains découvrent le corps dans ses retraits. Timide et aspiré, j’ai un goût de sang dans la gorge. N’aie pas peur, n’aie pas peur. »

    Je ne sais pas si on peut qualifier ce texte de roman. A vrai dire je m’en contrefiche. Ce récit bref, au lyrisme contenu, à l’écriture mélancolique et sensuelle, est une pure merveille. Sébastien Berlendis est professeur de philosophie à Lyon. J’avoue que ça aussi je m’en fiche un peu. Ce qui compte, c’est qu’il signe un premier livre éblouissant de maîtrise. Chaque phrase semble scandée entre deux râles. Des phrases courtes, hachées, lâchée par un corps au bord de l’asphyxie. Un corps qui lutte : « je me demande s’il faut mourir le plus tard possible, si je dois garder la maladie dans mon camp. »

    C’est tellement beau que je pourrais recopier chaque paragraphe. « Dans la chambre du chemin de la Résistance, je me demande combien de temps ça prend un cœur qui cesse de battre. Je n’ai pas de nostalgie, je ne souffre pas d’un manque d’enfance et les bouffées du dehors ne me sautent pas à la gorge. »

    Je vous offre pour conclure les dernières phrases, celles qui m’ont collé des frissons : « Un matin de brumes de juillet, mon corps au ralenti ne se lève plus. Il reste dans la nuit. » J’avoue que je ne sais plus quoi dire. Une écriture d’une telle pureté est rare, elle se déguste, mot après mot. C’est magnifique et triste à pleurer, c’est juste de la littérature.
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    • Livres 5.00/5
    Par bina, Aujourd'hui

    Moon Palace de Paul Auster

    Moon palace croise différents parcours de vie, en apparence dissemblables, mais pas tant que ça.

    Dans un premier temps, nous plongeons dans la vie de MS Fogg. Parcours familial chaotique, orphelin de bonne heure, élevé par son oncle musicien. Lorsque celui-ci décède, il lui lègue ses biens livresques et sa clarinette, un peu d'argent, mais cela ne suffira pas à le faire vivre bien longtemps. Refusant de travailler, Fogg plonge dans la marginalité et devient SDF à Central Park. Sauvé par deux amis de justesse, il reprend des forces puis trouve un poste de garde malade auprès d'un vieil handicpé excentrique, Thomas Effing.

    Nous voilà plongés cette fois dans une autre vie, un autre parcours particulier, que nous dévoile celui qui l'a vécu lors de la préparation de sa notice nécrologique. Oui, on n'est jamais mieux servi que par soi-même.
    Mais qui est vraiment Thomas Effing? Combien de vie a-t-il eu? Son parcours de peintre dans le désert américain le conduit aussi au seuil de la mort, dans un décors de western. ''Mieux valait qu'on le croit mort, lui aussi, car au moins son honneur serait sauf, et personne ne saurait à quel point il s'était montré faible et irresponsable. C'est à ce moment-là que Julian Barber a été oblitéré".

    Le parcours réel de vie de ces deux hommes est différent, mais le parcours psychologique de ces deux blessés de la vie se rejoint. Central Park pour Fogg est le désert d'Effing, où ''le seul lieu où vous existez vraiment est dans votre propre tête". De Julian Barber à F-ing Thomas, il n'y a qu'un bon de quelques mois, lourd de conséquences.

    MS Fogg fini par apprécier ce vieil homme au caractère si insupportable. car malgré cette différence de génération, le lien du sang est le plus fort.
    Pourquoi?
    Non, je ne vous dirai pas tout. A vous de lire.

    Sachez que dans cet ouvrage, Paul Auster se fait le champion de la quête d'identité et des coincidences qui n'en sont pas. Il faut avoir un vécu pour être en mesure de rassembler les morceaux du puzzle de la vie.Quitte à changer de direction et à prendre un nouveau départ, comme Fogg.

    C'est le premier livre de Paul Auster que je lis, et il faut vraiment se plonger dedans, être attentif aux personnages, à leur ressenti, à leur psychologie. Une lecture décousue ne permet pas de comprendre l'histoire dans sa globalité. J'ai passé un très bon moment avec cet ouvrage, car c'est aussi, à travers le parcours de ces deux hommes, un livre riche en réflexions sur la société. Plusieurs décennies sont survolées, permettant à l'auteur d'aborder aussi bien les arts et la société dans les années trente, que d'apporter des réflexions sur Hiroshima et le progrès.

    Un grand bravo pour la psychologie des personnages, mais aussi pour certains passages de la vie d'Effing, pleins d'humour.
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  • Par vbarentin, Aujourd'hui

    Cher amour de Bernard Giraudeau

    Alors vous avez cache votre poignet, vous etes revenue dans l eternite et les secondes se sont evanouies comme flocons de neige sur la pierre chaude. J ai pris votre main, j ai frissonne.

  • Par fanfanouche24, Aujourd'hui

    Va où ton coeur te porte de Susanna Tamaro

    Les changements s'accumulent en sourdine, tout doucement et à un certain moment ils explosent. tout d'un coup, quelqu'un brise le cercle, décide d'être différent. Destin, hérédité, éducation, où commence une chose, où finit l'autre? Si l'on s'arrête rien qu'un instant pour y réfléchir, on est effrayé presque aussitôt par le grand mystère que tout cela renferme. (p.61)
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  • Par fnitter, Aujourd'hui

    Légendes de Dune, Tome 1 : Paul le prophète de Brian Herbert

    L'espèce humaine s'inscrit non seulement dans les limites de la génétique, mais également dans celles de critères universels de comportement. Ceux qui refusent de se conformer aux normes de la civilisation ne peuvent plus se considérer vraiment comme des humains.

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