Par liratouva2, Aujourd'hui
Bienvenue à Jobourg
de
Pascal Rabaté
C’est après un séjour de quelques semaines à Johannesburg, à l’invitation de l’Institut français d’Afrique du Sud, que Pascal Rabaté s’est servi de ce qu’il a vu sur place et de ses impressions pour imaginer la vie de Patrick, un jeune expatrié français, venu à Jobourg travailler dans une imprimerie gérée par un compatriote.
Dès les premières images, on le voit dans l’avion, fortement mis en garde, par la lecture de son guide touristique, contre la criminalité ambiante: la ville ayant le triste record de trente mille morts par an. L’insécurité et le danger semblent en effet partout présents, ce qui lui est confirmé dès son arrivée par son patron, un français pourtant jovial et dynamique, obligé de s’entourer de toutes sortes de systèmes de défense, depuis le blocage de l’arrivée d’essence dans sa voiture au bout de 300 mètres jusqu’aux verrous dissimulés un peu partout autour de lui si bien que l’imprimerie ressemble à un blockhaus entouré de barbelés et de fils électriques. Impossible de sortir la nuit sans se faire agresser.
Patrick devient paranoïaque et se terre chez lui ou sur son lieu de travail. En un mois le seul truc marrant qui lui soit arrivé, c’est de se faire draguer par la femme du patron. Il ne pense qu’à rentrer en France au plus vite.
Survient alors la faillite de l’imprimerie: du jour au lendemain, plus de travail, donc plus d’argent et surtout plus moyen de prendre l’avion pour rentrer chez lui. Il est désespéré. Ne reste avec lui que Doudou, l’autre employé du patron avec lequel il va connaître l’autre face du pays: «une société en pleine construction multiculturelle, multiraciale, ça grouille de vie, ça bouge.» Il découvre de nouveaux endroits, de nouveaux milieux, une autre façon de vivre, se coiffe à la mode, avec des dreadlocks, bref commence à se plaire et à se faire des amis. Rentrera-t-il en France?
Tout l’album, une réédition de celui de 2003, est en noir et blanc et semble fait dans l’urgence. Nombreuses sont les bonnes critiques à son sujet avec un bémol pour Mo peut-être que je rejoins pour me sentir également déçue par la «transparence» du personnage, simple prétexte à la transmission du message cherchant à renouveler l’approche d’un pays, dangereux, certes mais accueillant et attachant aussi par d’autres côtés. Je n’ai pourtant pas très envie d’y aller après cette lecture!
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Par Lali, Aujourd'hui
Prince Prout
de
Jean Heidar
Issu d’une famille de péteurs capables de reproduire des rythmes et des chansons en pétant en chœur, Simon fait la honte de sa famille et le désespoir de sa mère, car il ne sait péter que des fleurs, lesquelles s’accumulent en quantité, ce qui nécessite un travail constant de nettoyage. Et tous les trucs, toutes les astuces possibles, comme un bouchon pour les retenir, n’arrivent pas à diminuer les pets floraux de Simon, qui est si malheureux de rendre malheureux les siens qu’il décide de quitter sa famille afin de travailler pour un fleuriste.
À peine est-il arrivé chez les Michaud qu’on se rend compte du potentiel de Simon et qu’on s’empresse de rendre le jeune homme plus productif que jamais en testant sur lui toutes sortes d’aliments afin de que l’assortiment de fleurs soit encore plus vaste. C’est une réussite totale. Les Michaud sont devenus riches et connus. Mais le fils Michaud sera-t-il en mesure de remporter le Pistil d’Or remis à celui qui offrira à la reine le plus beau de tous les bouquets alors que Simon fait tout le travail? Et aura-t-il ainsi l’occasion d’épouser la princesse Véronique? Pas sûr. L’auteur en a décidé autrement et comme dans tous les contes traditionnels, les bons gagneront. Ce qui n’est pas plus mal. Et qui, en ce qui me concerne, a fait le bonheur de la gamine qui traîne encore dans mes tiroirs.
Illustré par Christine Delezenne, Prince Prout ravira petites et grandes mains. Sourires garantis. Et même plus.
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