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Critiques de Yves-Marie Péréon (2)
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Franklin D. Roosevelt
  06 janvier 2013
Franklin D. Roosevelt de Yves-Marie Péréon
Il est rare de bénéficier dans un même ouvrage des solides qualités de l'histoire universitaire (rigueur des sources documentées, discipline des analyses) et des charmes d'une belle écriture, fluide et claire.

Ce « Roosevelt » sorti en octobre 2012 en est un heureux exemple. Mieux encore, le cursus de l'auteur, une grande école de management et quelques années dans le secteur financier aux États-Unis, avant un poste d'enseignant chercheur à l'Université de Rouen, lui permet d'aborder en praticien les grands problèmes de politique économique.



Il fait un portrait humain de ce patricien new-yorkais, né, comme on dit, "avec une cuiller d'argent dans la bouche", que le destin, et son ambition, vont confronter à trois défis impressionnants : surmonter une polio contractée en 1921, à 39 ans, redresser une économie américaine détruite par la grande dépression, enfin gagner la guerre mondiale.



Il est allé dans les meilleures écoles, Harvard notamment, mais n'y a pas fait des étincelles. Présenté, légende de guerre oblige, comme un aigle de la pensée et de l'action, il ne cesse d'hésiter, d’"expérimenter", comme il le dit. Le New Deal, que l’on apprend dans toutes les bonnes écoles comme un exemple de stratégie anticrise, a commencé par l'empilement de structures contradictoires, dont une partie handicapées par sa propre majorité au Congrès. Dieu merci, la même improvisation n'a pas régné en 1942, quand il a lancé la machine industrielle de guerre américaine.



Conscient des faiblesses des hommes, il "essaie" plusieurs responsables sur une même question mais ne tire pas toujours la leçon de ses erreurs. Lui-même a du mal à choisir entre, par exemple, rigueur monétaire et relance par la dépense (éternel dilemme des économies modernes, dont l'Amérique sortira par la force des choses après l'attaque japonaise). Mais il sait choisir les responsables, associant syndicalistes et banquiers, militaires et industriels, républicains et démocrates, et il leur reste fidèle, quitte à les faire enrager par jeu. Au Caire, il ira poser pour les 3grandsphotographes "avec son vieil ami, le Sphynx".



C'est un chrétien authentique, comme le montre l'émouvante prière qu'il a rédigée avec sa fille Anna et diffusée sur les ondes la nuit du 6 juin 1944, et comme en témoigne sa politique sociale, très attentive aux besoins des " gens ordinaires".



L'auteur n'omet cependant pas de traiter les responsabilités qu'il a prises dans la trop grande discrétion qui a entouré l'Holocauste jusqu'en avril 1945, ou devant le massacre des Polonais à Katyn. "Je fais la guerre", disait Clemenceau en 1917 : ce pourrait être la devise de FDR



Autre grande controverse : FDR était-il un homme de gauche, comme les ultras conservateurs lui en ont fait la réputation ? Absolument pas, contrairement à son épouse Eleanor, très sensible aux souffrances des pauvres et des minorités et, sur plus d'un point, en opposition avec son mari.



Enfin, le Président a-t-il tout cédé à Yalta, ne serait-ce qu'en raison de son épuisement physique? A 63 ans seulement, il était certes très fatigué par la maladie qui l'emportera deux mois plus tard, mais c'est la situation qui a commandé : après des combats héroïques, les Russes étaient au centre de l'Europe et de l'Allemagne; rien au monde ne pouvait, en 1945, les conduire à rétrocéder gracieusement la Pologne et la Prusse au monde occidental.



Et la France dans tout cela? Yves-Marie Péréon, conscient de notre attente, en traite dès la page 11. Pourquoi tant de défiance devant notre héros national, si proche de lui par la foi et la culture chrétiennes ?



L’explication est plausible : FDR, contrairement à la plupart des Américains, connaît et aime la France, où il a beaucoup voyagé dans son jeune âge. Il a vécu la défaite de 1940 comme un drame sidérant, et comme une faute de la France, dont elle devrait se laver "par de longues années d’honnête labeur" (à Staline, lors de la conférence de Téhéran). Il faudra l'accueil fait à De Gaulle par les populations françaises libérées à l'été 44 pour qu'il commence à évoluer, recevant aimablement à Washington le Général, qui fera l'objet d'un triomphe sur Broadway, à l'égal du couple royal britannique.



Yves-Marie Péréon déroule avec passion et élégance toutes ces questions essentielles pour comprendre le monde d'aujourd'hui. C'est une excellente lecture.
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Franklin D. Roosevelt
  11 février 2013
Franklin D. Roosevelt de Yves-Marie Péréon
L’ouvrage se lit comme un roman : le héros est avenant, secret, paradoxal… On apprend également sur son entourage, ses conseillers, ainsi que sur sa femme Eleonor, First Lady emblématique.
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