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Tu as oublié, Annabelle
  16 octobre 2018
Tu as oublié, Annabelle de Colpaert Christelle
Grosso modo, Tu as oublié, Annabelle est un livre qui se construit sans précipitation, afin de poser une base solide qui prend vie avec ses personnages authentiques et attachants. L’enquête que doivent résoudre Sam et Annabelle nous happe, si bien qu’on réfléchit avec eux, au point de perdre toute notion de la réalité. Si les émotions auraient pu, selon moi, être plus exacerbées, ce livre n’en reste pas moins déjà excellent, doté d’une plume fluide et d’un scénario qui tient la route. Je vous recommande ce thriller policier, les yeux fermés, que vous soyez fans d’araignées ou non. En tant qu’arachnophobe suprême, je peux vous dire que la lecture passe toute seule !
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Agar
  16 octobre 2018
Agar de Albert Memmi
Je trouvais, il y a quelques années, une analyse socio-littéraire de l’Agar de Memmi chez B. Lahire (2007, p. 221-230) suscitant mon intérêt pour cette œuvre, mais mon expérience de lecture de ce livre a commencé avant même que je ne découvre son existence. Deux décennies avant, lors de mon arrivée dans mon pays d’accueil, mon identité socioculturelle a priori unidimensionnelle commençait à se multiplier. Depuis, ce processus incessant de transformation identitaire du singulier vers le pluriel (puis le multi-pluriel) occupe mon existence quotidienne. Ce qui me contrariait jusqu’à très récemment face à cette identité que je ne savais comment cerner, ni même comment approcher était son manque total d’essence, d’un noyau identitaire stable autour duquel tout le reste pourrait s’enrouler. Je blâmais pour cette absence d’identité socioculturelle fixe un habitus que je trouvais cruellement désordonné et aléatoire.



Mon moment barthésien de la transformation de l’idée en évènement (Macé, 2005, p. 550), d’une identité dénoyautée (l’idée) en une redécouverte personnelle socioculturelle du soi (l’évènement), est arrivé lorsque je découvrais l’Agar de Memmi par procuration, chez Lahire. Memmi (ou était-ce Lahire ?) me faisait comprendre que je n’étais pas la seule personne au monde à l’ego culturellement indéfini, indéfinissable, dissout. Puis, en lisant enfin « la source », cet ego a commencé à prendre un forme socioculturelle inattendue. C’était comme si le texte de Memmi présentait une identité que je pouvais adopter comme mienne, non pas parce qu’elle me correspondait, mais parce que les conflits qui la définissaient étaient identiques à ceux qui anéantissait (du moins, c’est ce que je croyais) ma propre identité. En un mot (barthésien), cette lecture a été pour moi « cela » : une rencontre, puis une symbiose et, enfin, une fusion de l’objet, du texte et du sujet. La découverte de l’Agar chez Lahire m’avait fait m’exclamer (implicitement) « C’est cela pour moi ! » (Barthes, 1973, p. 24). La lecture du livre de Memmi m’a fait m’exclamer (tout à fait explicitement) « C’est cela moi ! ». Cette lecture n’a point changé ma perception de mon identité socioculturelle comme dénoyautée et désordonnée. Elle a fait beaucoup plus pour, et avec (en compagnie de), moi : elle m’a permis de comprendre que, nonobstant tous les gestes, valeurs et influences « traditionalistes » (aujourd’hui de nouveau ouvertement nationalistes), une identité socioculturelle libre et comblée est une identité plurielle et dénoyautée.



Barthes, R. (1973). Le plaisir du texte. Paris : Éditions du seuil.

Lahire, B. (2007). L’esprit sociologique (2e édition). Paris : Éditions La Découverte.

Macé, M. (2005). Le « C’est ça ! » de Barthes. Dans A. Ponzio, P. Calefato et S. Petrilli (éds.), Con Roland Barthes, alle sorgenti del senso (p. 549-567). Rome : Maltemi.

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Une autre curieuse histoire d'un chat morib..
  16 octobre 2018
Une autre curieuse histoire d'un chat moribond de Marie-Renée Lavoie
Ti-chat est de retour, et cherche sa mère. Il s’est faufilé dans la voiture des humains et se retrouve maintenant à la campagne. Avec Prémaché et glu(e) le ver de terre un peu spécial, il vont vivre des aventures bizarres, même si ça finit bien.



J’ai aimé ce livre et je le conseille a tout ceux qui aiment les chats.

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Aux portes du cauchemar, tome 12 : Les enva..
  16 octobre 2018
Aux portes du cauchemar, tome 12 : Les envahisseurs de Robert-Lawrence Stine
Il y a longtemps, j'avais lu pas mal de livres de cet auteur dans la section adolescent le genre Frisson. J'avais aussi lu un livre de Chair de Poule même le deuxième film est sortie dernièrement dans les cinémas près de chez vous. J'avoue que je n'avais pas vraiment d'attente face à cette lecture légère qui est fait pour un public beaucoup plus jeune. L'auteur mélange deux histoires une plus dans les fresques de super-héros un peu comme Clark Kent et l'autre beaucoup plus sombre et plus terrifiante en puisant dans les classiques de la science-fiction des années 50: soit deux films The Puppet Master et The Body Snatcher. Mais comme les jeunes ne connaissent nullement ceux-ci l'auteur les aura mis au goût du jour.
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Cavaliers de l'apocalypse
  16 octobre 2018
Cavaliers de l'apocalypse de Rhys Ford
Merci à NetGalley et à MxM Bookmark pour leur confiance.



J'étais enthousiaste à l'idée de lire ma première homo-romance avec sur le thème des Cavaliers de l'Apocalypse. C'est aussi mon premier livre de cette auteure. Il n'y a pas de scènes de sexe dans ce livre; c'est plutôt centré sur la proximité, les baisers et les petites marques d'attention. Il s'agit aussi par ailleurs d'un tome unique (si je ne me trompe pas), ce qui m'a surpris car j'ai eu la sensation qu'il y aurait un tome 2 à la fin de ma lecture.



L'écriture est riche et détaillée. L'auteur prend son temps et déroule les étapes de chaque élément. On le comprend dès le départ, quand Mort, le Premier des Cavaliers, épluche une orange. J'étais clairement dans la même pièce que lui lors de son épluchement.



Pour ce qui est de l'histoire, on découvre au fur et à mesure le monde qu'elle a bâti. Les Vertus et les Vices, ainsi que les Fléaux prennent vie autour de Kismet, un jeune garçon sérieusement abîmé par la vie.



Se pensant fou, tout comme le monde entier le croit, nous aussi lecteur, on finit par le penser au départ, puisque l'intrigue déroule comme un long tapis. Et dans ses tentatives d'apaisement de son âme tourmentée par la drogue et l'alcool, l'auteur peint la psyché malmenée du jeune homme qui n'a personne sur qui compter et qui se retrouve dans un bourbier sans nom.



Autant le dire tout de suite : l'atmosphère régnant dans ce livre est sombre. C'est celle de la crasse, de la douleur, de la souffrance et de la misère humaine, à travers les yeux de ceux pouvant voir les Voilés, rongeant les hommes, agissant de manière distante mais indispensables dans les grands schéma de l'univers.
Lien : https://letempodeslivres.wor..
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Ma vie pour la tienne
  16 octobre 2018
Ma vie pour la tienne de Jodi Picoult
Pour la construction, les émotions, les questionnements, les personnages. À découvrir
Lien : https://paysdecoeuretpassion..
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Mon amie Adèle
  16 octobre 2018
Mon amie Adèle de Sarah Pinborough
Je ne savais pas du tout dans quoi je m'engageais en commençant ce livre. J'en ai beaucoup entendu parler mais sans trop savoir pourquoi. Au fur et à mesure on découvre la personnalité d'Adèle et on essaye de percer le secret du couple qu'elle forme avec David. Mais rien ne nous prépare à cette fin, rien du tout !
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Divci Valka, La guerre des pucelles, tome 1
  16 octobre 2018
Divci Valka, La guerre des pucelles, tome 1 de Kouichi Ohnishi
J’ai découvert cette série grâce aux échantillonnages de mangas à la fin de « The Ancient Magus Bride ». Je l’ai finalement trouvé par hasard peu de temps après à Easycash où quelqu'un y avait vendu 1000 mangas. Le résumé m’avait intrigué et le graphisme a fini de me séduire.



L’histoire commence de façon très trash mais au vu du résumé, j’aurai du m’en douter. On s’attache quand même bien vite à la petite Sarka, que l’on suit dans son parcours où elle a été enrôlée dans l’armée des hussites. La période historique relatée dans ce manga a réellement existée et concerne une guerre de 20 ans, en 1420 dans le royaume de Bohême. Par contre, merci à Easycash d’avoir caché la mention « Réservé à un public averti » par leur étiquette de prix, je l’ai vu car j’ai la manie d’enlever toutes les étiquettes quelque soit le bouquin. Du coup, cela veut dire que tous les genres de mangas sont mélangés sans distinction, sachant que certains non lecteurs pensent à tort que les mangas sont pour les enfants. J’ai trouvé très intéressant que ce soit un japonais qui parle de cette période historique inconnue dans un manga. En prime, nous avons un petit récapitulatif de cette guerre religieuse et un peu plus explicatif que dans le manga (date, nom, lieu, …). Le mangaka y rajoute également différentes informations sur la culture et les habitudes des personnages, et sur les pistala, précurseurs des mousquets. Par ailleurs, les graphismes y sont absolument superbes, beaucoup de détails et d’informations.



Comme vous l’aurez compris, ce manga a été une excellente découverte pour sa partie historique et pour ses graphismes. Heureusement, j’ai acheté les 3 premiers tomes présent à Easycash. l’histoire est tellement intéressante et intrigante concernant cette jeune fille de 12 ans que je ne vais pas enterrer cette série dans ma PAL. Si vous êtes amateurs de mangas historiques, je vous conseille très fortement de découvrir ce manga fort intéressant. Il est vraiment dommage qu’on n’apprenne que l’histoire de la France et de ses alliés à l’école. Il y a tellement d’autres choses à apprendre de part le monde. Pour ma part, je vais continuer à suivre Sarka.



Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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Lapins, lapins
  16 octobre 2018
Lapins, lapins de Luo Ying
La Chine contemporaine illustrant la dépravation du monde, voilà le propos implacable, lucide et sans concession de l'écrivain et poète chinois Luo YING. La Chine actuelle, c'est l'Enfer, tant le développement sur le modèle occidental se déroule à vitesse ultra-rapide, au mépris des traditions, du patrimoine et de la culture chinoise ancestrale. Et ça, notre auteur, ça lui fout la gerbe…et manifestement quelques insomnies. C'est par quelques nuits de fin d'été 2006, dans un grand hôtel de Los Angeles, qu'il a gratté quelques pages pour coucher sur le papier le saccage du monde ancien.



Rien que quelques pensées, où à la manière de petites fables où l'auteur convoque des bêtes sympathiques comme les rats, cafards, corbeaux, lapins, vers de terre…Ironiques, acides, ces textes de 3,4 pages ne placent pas le moindre espoir en l'homme. Pour lui, la catastrophe est arrivée, nous vivons immergés dedans au quotidien sans même qu'on s'en rende compte. C'est le monde des inégalités croissantes, pourri par l'argent, la société d'ultra-consommation et hyper-sexualisée, les constructions qui poussent inlassablement comme des champignons, la ville, tentaculaire et tentatrice, qui ont perverti les hommes.

Tour à tour, il s'adresse « A ceux qui meurent », évoque « deux arbres », « de la terreur », « la souffrance », « le penseur », fait la « critique de la sexualité », offre un « propos sur les cafards », un « propos sur les têtards », vise « le dernier homme », et énonce son « lapins, lapins » …Tout cela est énigmatique, parfois hermétique, toujours concis, tranchant comme une lame décidément bien aiguisée, impitoyable. Heureusement, tout s'éclaire dans l'épilogue, où l'écrivain nous livre son diagnostic sur l'humanité, clé qui relie toutes ces pages. le citer est encore le plus simple : « La fascination pour l'argent engendre une attitude servile envers la ville. Chaque ville ressemble au Diamant. C'est un énorme concentré d'énergie faisant se dresser les immeubles, avançant à grandes enjambées vers un avenir plus riche, plus prospère, plus conquérant, plus urbain. C'est le symbole de la force du XXIè siècle. Mais, vu sous un autre angle, en baissant les yeux, on se rend compte que dans l'histoire de l'humanité, les moyens de destruction n'ont jamais été aussi perfectionnés et que le fossé entre riches et pauvres se creuse. le paradis est de plus en plus élevé, l'enfer de plus en plus bas, si bien qu'une structure sociale calquée sur le modèle de l'entreprise pourrait acheter et élever des hommes qu'elle nommerait « force de production » pour un prix extrêmement bas. Rares sont ceux qui se préoccupent du sens de la grandeur de l'homme en tant qu'être humain. La peur de l'apocalypse affole ceux qui ont la passion de l'argent et n'éprouvent plus qu'indifférence et mépris pour les pauvres, comme si la seule chose qui compte était d'être le dernier homme à la fin du monde. »



Mais au-delà de la critique du monde actuel, il égratigne aussi vivement la caste des intellectuels qui ne s'indignent plus, corrompus par le système, et réfléchit à la mission de l'intellectuel, du penseur, du poète qu'il est : « Nous qui jouissons pleinement des biens matériels, nous, le poète oisif ou bien l'intellectuel, nous ouvrons sans cesse de nouveaux horizons pour l'imagination, et il nous est impossible d'abandonner la position d'interrogateur critique. Ce n'est que lorsque demain sera meilleur que nous retrouverons l'espoir ; il nous faut donc aujourd'hui interroger et critiquer en pensant à demain. Nous ne connaîtrons le vrai bonheur que lorsque chacun sera heureux, et quand bien même ne resterait-il qu'un seul mendiant, il nous faudrait poursuivre notre démarche critique (...) éblouis par l'argent et la prospérité matérielle, nous ne faisons plus l'effort de penser ; au fond de notre coeur, nous n'éprouvons plus le moindre respect à l'égard de la mort, nous ne ressentons plus la terreur car nous sommes devenus indifférents et insensibles. Autrement dit, le soi-disant intellectuel a succombé aux plaisirs charnels. Autour de moi, la plupart des poètes et des philosophes, et autres, se pressent pour s'asseoir à la table des riches et vendent leur esprit pour une cuillerée de soupe (...). Il est lamentable que tous les intellectuels, de tous les pays, de toutes les ethnies, se mettent à renier leur nature, tels des groupes de têtards qui, par inconscience collective, suivent le chemin tout tracé par les mots, ne pensant qu'à leur survie. »



L'auteur produit là un livre au ton franc, incisif, qui sur la forme revendique l'inspiration de la prose de la dynastie Han, afin de mettre en avant la spécificité de la poésie chinoise, en tant que représentation du mode d'existence réel du peuple à une époque donnée, son état d'âme et sa manière de l'exprimer.



Une découverte intéressante, rareté trouvée encore une fois à la médiathèque du coin, dans une édition bilingue parfaite pour poursuivre mon (lent et modeste) apprentissage du mandarin !

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Une vie entière
  16 octobre 2018
Une vie entière de Robert Seethaler
Un cœur simple…

A priori sans rapport ici avec la nouvelle de Flaubert, l'idée d'un cœur simple a pourtant éclairé de son évidence ma lecture de cette "Vie entière", longue existence d'un modeste montagnard autrichien, un humble taiseux traversant le vingtième siècle dans le silence des épreuves sur lesquelles il ne posera que peu de mots.



A l'image de son anti-héros, l'auteur chemine vers l'essentiel, d'un trait sans tralalas ni fioritures mais d'une sensibilité pure. En toute sobriété il raconte l'homme et son irrémédiable attachement à sa montagne comme à la vie simple et rude qu'il déroule au fil des ans.



Cœur simple mais pétri d'humanité pour ce bref et touchant roman.




Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Cyrano
  16 octobre 2018
Cyrano de Täi-Marc Le Thanh
De beaux dessins mais un texte appauvri et niais complètement à côté de la plaque : à quoi sert de dessiner des personnages asiatiques si on garde le contexte du XVIIe siècle, qui plus est avec des définitions fantaisistes que les enfants ne comprendront pas ? Quitte à adapter autant changer en fonction des illustrations
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Père riche, père pauvre: Ce que les gens riches..
  16 octobre 2018
Père riche, père pauvre: Ce que les gens riches enseignent à leurs enfants à propos de l'argent - et que ne font pas les gens pauvres et de la classe moyenne! [Rich Dad Poor Dad] de Robert Kiyosaki
Livre de grandeur et de conseil
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Que les étoiles contemplent mes larmes
  16 octobre 2018
Que les étoiles contemplent mes larmes de Mary Shelley
Mary Shelley était conformiste, inconstante, désagréable, froide, toujours dans l'ombre de son génie de mari... Quelle erreur ! Et comme on connaît bien mal les gens... Quand on pense qu'aujourd'hui, plus personne ne lit Byron ni Shelley et que la seule qui a sorti son épingle du jeu après ce fameux week- end à la villa Diodati est cette jeune fille de 19 ans ! Ça fait bien réfléchir.
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La passion des Anabaptistes - Intégrale
  16 octobre 2018
La passion des Anabaptistes - Intégrale de David Vandermeulen
On pourra difficilement reprocher à David Vandermeulen d'avoir choisi un sujet facile en s'intéressant à l'émergence du protestantisme en Allemagne au début du 16ème siècle ainsi qu'aux révoltes paysannes et aux courants divergents qui l'ont accompagné. En trois livres, réunis ici en une intégrale, Vandermeulen se focalise en trois temps sur ce printemps religieux allemand, fondamental dans l'histoire européenne et mondiale. Trois temps qui sont aussi trois mouvements forts différents par leurs origines sociales, leurs ferments idéologiques et leurs répercussions religieuses. En fil rouge et dénominateur commun se trouve Martin Luther, moine augustin qui, en publiant ses 95 thèses à Wittemberg en 1517, formalisa des griefs contre l'Eglise romaine autant qu'il provoqua une onde de choc dont les retentissements se feraient entendre dans toutes les villes d'Europe.



A travers les figures de Joss Fritz, de Thomas Müntzer et de Jean de Leyde s'élaborent donc trois modèles de révolution tant sociales que religieuses. Avec Joss Fritz se noue une révolte paysanne, sociale avant tout, motivée par les vexations que subissent les travailleurs de la terre. C'est un appel à la liberté individuelle et collective autant qu'une ébauche de refondation sociale basée sur l'égalité. On comprend bien le contexte social de cette époque où les paysans supportent de moins en moins l'écrasante domination sociale et économique des puissants, mais aussi l'hypocrisie de la curie papale qui, déjà depuis quelques dizaines d'années, met en vente des indulgences, lesquelles doivent favoriser le Salut de qui les achète. En réalité, c'est un abus de l'Eglise romaine qui construit ainsi palais et églises. Si cette renaissance du Bundschuh (premier mouvement paysan qui vit le jour en Allemagne dans les années 1490, soit presque 15 ans avant celui initié par Joss Fritz) s'éteint dans le sang, elle marque durablement les esprits et occupe encore les paysans dans les années 1515-1525, lorsque, à Wittemberg, Martin Luther publie ses 95 thèses. Luther suscite un grand enthousiasme autant qu'une grande méfiance.



Le deuxième livre, autour de Thomas Müntzer, montre toute l'importance intellectuelle que revêt alors la question religieuse de la Réforme de l'Eglise. Müntzer est un maître d'universités qui adhère aux thèses de Luther. Dans son entourage, on constate déjà quelques dérives, lesquelles sont directement liées aux aspirations de Luther. Premièrement, les paysans se révoltent, croyant ainsi se conformer aux premiers écrits de Luther. Deuxièmement, les thèses de Luther répondent à une réelle exigence en matière de vie spirituelle et religieuse. Troisièmement, la remise en cause des prêtres comme médiateurs entre le peuple et Dieu conduit à favoriser un dialogue direct entre le fidèle et Dieu, parfois de façon directe et, il faut bien le dire, abusive. Aveuglé par son aspiration religieuse, Müntzer ne voit pas le détournement du message originel luthérien par certains membres de son entourage qui lui promettent des recettes miracles pour éprouver, physiquement, la présence de Dieu et pour pouvoir écouter Sa voix.



Le troisième livre de Jean de Leyde est, des trois, le plus sombre mais aussi le plus révélateur sur le plan religieux et sur le plan politique. D'un point de vue politique, l'expérience de Jean de Leyde à Munster relève de l'utopie théocratique dans laquelle Jean de Leyde, en véritable gourou, se mue en roi autocratique et mégalomane, fondant ses excès sur une lecture stricte et sans aucun recul de la Bible. Un exemple : si le destin de l'Homme, selon Dieu, est de croître et de se multiplier, cela sert de prétexte à la polygamie et à l'assouvissement le plus brutal des désirs sexuels des hommes sur les femmes. D'un point de vue religieux, la figure de Jean de Leyde amène à croiser les anabaptistes, lesquels refusent le baptême automatique des nourrissons et ne voit ce sacrement que comme l'entrée volontaire (et partant plus significative) des hommes et des femmes dans la communauté chrétienne. Ce faisant, ils remettent en cause le pouvoir ecclésiastique. Fortement condamnés par Luther, les anabaptistes de Munster connaissent une fin tragique, fin dans laquelle on reconnaîtra cependant les excès de l'Eglise catholique.



La bande-dessinée de Vandermeulen et d'Ambre est intéressante à plus d'un titre. Elle replace avec minutie, dans son contexte, une partie de l'histoire religieuse, intellectuelle et sociale de l'Europe, à savoir la naissance du protestantisme. Elle montre que ces idées ne viennent pas ex nihilo de Martin Luther mais que celui-ci, inspiré par Wyclif et Hus, rencontre le succès parce que son discours rencontre une réalité sociale marquée par la misère, l'aspiration à une vie religieuse et spirituelle plus authentique et plus intense ainsi que par les abus de l'Eglise romaine dont la conduite est fortement détachée des enseignements de l'Evangile. Point de manichéisme, cependant : les Luthériens, les anabaptistes, les rebaptisés sont autant des personnes authentiques dans leur désir de foi que de véritables fous de Dieu, au sens premier du terme, et leur exigence religieuse n'a d'égale que la cruauté et l'intransigeance dont ils peuvent faire preuve à l'encontre des catholiques. L'Eglise romaine en prend, elle, pour son grade : l'archétype du prince-évêque de Munster, Franz von Waldeck, représente autant l'opulence d'une classe privilégiée que la lucre dans laquelle celle-ci se complaît. Le parcours de Luther, abondamment renseigné par des doubles pages entières d'écriture, montre aussi le cheminement d'un homme d'abord torturé par sa vie intime religieuse (en bon augustin(ien), Luther croit en la culpabilité originelle et irrémédiable de l'Homme, à commencer par la sienne propre), porteur d'aspirations de son temps et qui, le temps venu, choisira de tourner le dos aux paysans qu'il encourageait d'abord pour ne pas perdre l'oreille que des puissants comme Philippe de Hesse lui prêtent.



Tout ce récit, d'une grande densité, est servi par un dessin remarquable en noir et blanc d'Ambre, qui rappelle les gravures médiévales ou Renaissance où l'on voit ici un supplice ou là une forêt de pendus. Cette impression est renforcée par le choix de la typographie et par celui de ne pas porter les textes dans les cases, ce qui donne une dimension illustrative et presque pédagogique au dessin. Le trait est très sombre, se faisant ainsi le juste miroir de ces histoires où rien ne finit bien. Il y a, dans les personnages, quelque chose d'un peu grotesque ou d'un peu caricatural, on les dirait disloqués, les visages déformés par la haine, ce qui renforce la dramaturgie générale de l’œuvre. Les scènes de corps suppliciés sont évidemment les plus troublantes. Peu nombreuses, elles marquent cependant par leur crudité. On ne s'offusquera évidemment pas de ces souffrances données à voir ou à lire : elles ne sont que la part artistique d'une réalité séculaire.
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Mort en terre étrangère
  16 octobre 2018
Mort en terre étrangère de Leon d.
L'enquête débute au petit matin, à l'heure où les Vénitiens se réveillent, les lumières s'allument sur les rii de la Sérénissime, cela sent le café chaud, on ouvre les volets lorsqu'un cadavre flotte dans un canal...



Le commissaire Brunetti prend le temps qu'il faut pour résoudre cette enquête, freiné par les relations italo-américaines, car la victime est un militaire de la base US de Vicenza. Une agression nocturne, un vol qui aurait mal tourné ? Ce sera bien plus compliqué et complexe que cela... Brunetti aura même recours à son beau-père, le comte Fallier, car celui-ci connait bien des ficelles, mais les autorités militaires, politiques et économiques peuvent abuser, voire outrepasser leurs pouvoirs pour contrarier une enquête policière.

Le lecteur est surpris par le système de coopération entre les USA et l'Italie et par son fonctionnement.

Paola, l'épouse du commissaire, qui est aussi professeure à l'Accademia et fan d'Henry James, est un véritable cordon bleu, le lecteur est régulièrement convié à sa table gourmande, c'est un des atouts des enquêtes du commissaire Guido Brunetti : Donna Leon nous donne le menu ! Quant au Vice Questeur Patta, il brille déjà de toute sa splendeur, de tous ses défauts et par son incompétence.

Un des meilleurs polars de Donna Leon !

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Vermines
  16 octobre 2018
Vermines de Romain R. Martin
L'OVNI littéraire de l'année 2018, est attribué à Romain R, Martin, pour son livre Vermines. .

Son mélange d'humour noir, burlesque, décalé vous emmènent dans un style atypique.. RÉUSSI.

Tout commence dans la Creuse, lorsque l'armoire normande style Louis XV tombe sur le chien du protagoniste Arnaud Vallaud taxidermiste.

Pour un premier roman s'est un véritable coup de coeur. .

Juste un petit conseil : LISEZ-LE

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Simple
  16 octobre 2018
Simple de Marie-Aude Murail
C’est un très bon livre!
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Incognito
  16 octobre 2018
Incognito de Jean-Claude Barotte
Le commentaire de Martine :

Un roman policier qui nous présente un militant anti-mafia en pleine possession de ses moyens qui va se faire enlever par une organisation. Comme il a contribué avec deux journaux italiens qui ont des doutes sur un trafic clandestin de substances illicites sous le nom d’une compagnie d’import-export. Ayant trempé dans un dossier chaud notre jeune aura des grosses répercussions qui le confronteront à la détention, l’enlèvement, la séquestration.

Un roman remplit de rebondissements, d’événements impromptus, de détournements de situations qui m’ont surpris à certains moments. Le jeune Italien est un héros qui a beaucoup de cran, de détermination, de sang-froid, aussi que de l’ingéniosité qui lui permet de toujours retomber sur ses pattes. Il sait s’entourer de personnes l’aidant à obtenir ce qu’il veut, soit pour avoir des informations, avoir de l’aide physique, avoir une raison de s’en sortir.

Jean-Claude Barotte à une écriture qui surprend et qui a le flegme d’un auteur avec une expérience plus reconnue, il nous présente son premier roman qui m’a démontré la grandeur d’un talent à suivre. Son personnage principal est à l’image d’un vrai héros qui tombe, mais se relève toujours plus fort. Je pense que les amateurs de polars vont aimer comme moi, ce roman policier français qui vaut la peine d’être lu.
Lien : http://lesmilleetunlivreslm...
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Walking Dead, Tome 7 : Dans l'oeil du cyclone
  16 octobre 2018
Walking Dead, Tome 7 : Dans l'oeil du cyclone de Robert Kirkman
Toujours aussi bon. Toujours aussi intense.

On se demande à chaque page tournée ce qui va se passer.

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Mort à la Fenice
  16 octobre 2018
Mort à la Fenice de Leon
Mort à la Fenice est la première enquête du Commissaire Brunetti, mais n'est pas le premier titre que j'ai lu parmi les polars de Donn Leon...Et heureusement ! Sinon je n'aurais peut être pas découvert toute la suite, ni adoré les enquêtes de ce commissaire épicurien.

J'ai commencé à lire cette autrice par hasard et ce fut Mort en Terre Etrangère qui m'a tout de suite plu, la parution des romans en était à sept ou huit enquêtes, et j'ai donc fini par lire le premier roman de la série, série dont je détiens dans ma bibliothèque, tous les tires parus à ce jour.



Donc, revenons à Mort à la Fenice... Si j'ai adoré l'ambiance du roman, la Sérénissime, sa magie, son esprit, si bien décrits par l'autrice, l'opéra, la Fenice et ses coulisses, les personnages dont le commissaire Brunetti et sa famille, je n'ai pas du tout été surprise par le dénouement de ce roman, final tellement prévisible dès le premier quart du livre.

Le maestro Wellauer est retrouvé mort dans sa loge, l'enquête est confiée au commissaire Brunetti, un policier esthète et érudit, qui mène ses enquêtes avec le respect de l'autre, avec du bon sens et de la compassion.



Si au niveau de cette enquête la ficelle est énorme, et fait que ce tome n'est vraiment pas le meilleur, j'avais déjà adopté l'univers des polars de Donna Leon, je suis et resterai une grande fan du commissaire Brunetti.

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