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Gipi : l'Apocalypse comme récit des origines

23 janvier 2018

entretien

Avec 'La Terre des fils', le dessinateur italien explore de nouveaux territoires narratifs, dans une économie de moyens surprenante. Son album est sélectionné parmi les 10 finalistes pour le Fauve d'or d'Angoulême, et nous l'avons rencontré pour en savoir plus.

En direct du Festival de BD d'Angoulême

22 janvier 2018

Information

Retrouvez dès maintenant notre dossier sur le 45e Festival d'Angoulême, et du 25 au 28 janvier des actus en direct du Festival, en plus des interviews, listes et autres vidéos à venir.

A la rencontre des membres de Babelio

19 janvier 2018

entretien

Ce mois-ci, nous vous proposons de découvrir la bibliothèque de Presence, et sa grande passion pour la BD, tous genres mélangés. Un vrai spécialiste, qui nous livre ses coups de cœur et ses conseils de lecture.

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Olivier Norek, flic et écrivain

16 janvier 2018

entretien

'Entre deux mondes', titre de son dernier livre, semble autant faire référence aux personnages de celui-ci, réfugiés vivant dans la Jungle de Calais, qu'à l'auteur lui-même, flic et écrivain. Nous lui avons posé quelques questions pour en savoir plus.

Bientôt sur Babelio : des clubs de lecture locaux

15 janvier 2018

Communauté

Pour que vous puissiez partager toujours plus de recommandations entre lecteurs, mais aussi vous rencontrer, nous avons pensé à vous proposer des clubs de lecture locaux. Répondez à quelques questions si cette aventure vous tente.

Jerry Wilson et l'Amérique d'en bas

11 janvier 2018

entretien

Avec 'Prière pour ceux qui ne sont rien', Jerry Wilson montre un autre visage de l'Amérique en racontant sans fard le quotidien de sans-abris dans un parc. Nous avons posé quelques questions à l'auteur pour en savoir plus.

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Tout Desproges
  19 janvier 2018
Tout Desproges de Pierre Desproges
Voilà mon roi. Je garde Desproges pour les moments de quiétude où mon esprit est libre d'errer avec lui. C'est le dieu français de l'humour, mon modèle, ma moelle subséquente, mes tulipes ! Dès que le calme brise la tempête j'ouvre cette bible. le moment est sublime dès que je relis toute son oeuvre. Evidemment tant le rire est puissant, la férocité délectable et le jet idoine.... je l'absorbe en me pissant dessus.
Le trône, mon royaume.
J'aime bien aussi la lecture des faits divers. Je prends racine sur la cuvette oblongue, dévorant le dernier Paris-Match ou Détective. Cela favorise le transit ces lectures bêtes à manger des cailloux. Depuis ma naissance, j'ai calculé, j'ai passé cent quatre-vingt-six jours aux toilettes. S'entassent aussi les magazines à potins du genre Gala ou Voici. Savoir si Sophie Marceau est passée sous le bistouri ou non me passionne. Quelle aventure de découvrir si les seins de Meg Ryan ou d'Isabelle Adjani sont vrais. Prédire si tel académicien passera l'hiver. En voiture, je suis du genre à ralentir pour bien voir l'accident et compter les morts. Si on entend des clameurs dans mon immeuble je mets aussitôt le nez à la fenêtre pour participer à cet épisode inédit de Plus belle la vie. Une vraie concierge ! Sans doute que le malheur des autres me rassure en même temps qu'il me touche. Cela évite de se concentrer sur soi.
Une loi devrait obliger les logements à posséder une vue sur le ciel. Même dans les chiottes. Surtout dans les chiottes. Cela éviterait de lire des conneries. Autrefois j'habitais un appartement qui donnait sur le balcon d'en face, je devais me tordre le cou pour voir la cime d'un arbre ou monter sur une chaise au risque de me péter une jambe. Les étoiles n'arrivaient pas à se frayer un chemin. Tulipes ! Les gens qui s'ennuient dans leurs deux cent mètres carrés, qui roupillent sec entourés de jardins verdoyants, d'arbres exotiques, de cieux étoilés, de filaments de firmament... ignorent leur bonheur. Voilà mon horizon : au loin des écoles, des cheminées d'usine, des murs, des tours de quarante étages, le cimetière par temps clair.
Dans la chambre via un vasistas je disposais d'un aperçu inégalable sur l'escalier de l'immeuble, sur les chaussures des locataires qui montent et descendent. Toilettes dans la salle de bains sans ventilation, quand on entre la douche à gauche, le lavabo à droite. Pratique : on peut faire pipi tout en se lavant les dents dans l'évier et les pieds dans la douche. La cuisine la plus petite au monde : un mètre carré. L'annonce de l'agence le stipulait : location idéale pour les personnes à mobilité réduite. Je fus séduit par son prix, six cent euros pour trente mètres carrés à Paris c'est donné. Même sans les charges. Même sans minuterie. Même au neuvième étage sans ascenseur. L'important est de se sentir bien chez soi.
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Le recenseur
  21 janvier 2018
Le recenseur de Michèle Dassas
Soyons francs, je n'ai pas encore lu ce livre mais le sujet m'intéresse, étant employé à l'Insee dans le service du recensement via la municipalité. Compter la population ne date pas d'hier. Ce sont des outils de prévision économique fondamentaux pour gérer les équipements collectifs, les subventions de l'État et dès l'Antiquité on en faisait régulièrement l'usage. En France, cela avait lieu tous les cinq ans à partir de 1801 mais dès 1328 on comptabilisait la population ! Après être passés à un recensement tous les neuf ans pour éviter les coûts élevés, depuis l'an 2000 on a instauré un nouveau système basé sur internet et la possibilité de répondre en ligne. Un recensement partiel a lieu chaque année, de façon que toutes les communes soient couvertes dans un cycle de cinq ans.
La période sur le terrain hexagonal c'est mi-janvier à février et peut-être certains d'entre vous ont vu de près la carte tricolore de l'agent assermenté. Cela dure cinq six minutes, dix suivant sa situation, une heure si la recensée est jolie. Je plaisante, on voit tellement de gens que l'on ne voit plus rien ! On doit faire vite car derrière un logement deux-cents nous attendent. L'origine du mot recenser signifie passer en revue. Tulipes, si vous saviez tout ce que l'on passe en revue ! Parfois on tente d'oublier aussitôt.
On sonne parfois chez des sonnés.
Comme chaque année les agents vont donc récupérer des feuilles de logement avec des traces de café, de ketchup, de gras, de pneus (véridique), sans parler des bulletins individuels oublié pour le petit dernier mais rempli pour le chien. Je vous jure ! Autant compter les tulipes ! Nous ne sommes pas tous égaux sur Terre face à l'adversité et face aux gens qui s'adressent à nous. À ce propos j'en ai de bien vertes et de biens mûres sur les attitudes des gens qui se font recenser.
Tulipes !
Beaucoup de gens travaillent en ville pour se payer une maison de campagne.
Le recensement n'est pas une sinécure. J'ai souvent chopé un mal de dos parce que les gens me laissaient sur le trottoir ou sur le pallier, plié en deux pour récupérer ou remplir mes documents. J'ai souvent questionné les gens avec la télé qui braillait ou les gens qui consultaient leur portable. C'est mieux que de donner la tétée à son bébé ? Je ne sais pas. J'ai vu de tout. Certains avaient peur du désordre chez eux ou étaient en train de faire le ménage donc le recenseur peut très bien s'asseoir sur le paillasson dans le noir. Oui parce que les minuteries sont souvent défaillantes ou absentes. Il vous faut donc écrire à la lumière de la torche.
Un type en train de peindre m'a reçu en slip et a continué de peindre je ne sais quoi d'ailleurs pendant que je lui posais les questions d'usage sur son logement et sur lui-même (pas sur son slip). Mais je préfère cela à l'odeur de la crasse d'un logement qui ressemblait à une décharge (ou à l'appartement type du geek) et son locataire à un jeune clochard qui à plus de trente ans n'avait jamais travaillé de sa vie. Cet assisté professionnel ou bien ce rebelle de la société (tulipes, vous le définirez comme vous voulez) ne possédait pour seul handicap que de passer ses journée assis sur un fauteuil éventré, devant son écran et des jeux vidéos. Non inscrit à Pole Emploi il cherchait vaguement du travail après avoir poussé sa scolarité jusqu'au certificat d'études primaires.
Ailleurs, une jeune femme réveilla son fils de cinq ans qui dormait pour lui faire signer son bulletin de façon symbolique. L'enfant signa sans rien comprendre et partit se recoucher. J'imagine qu'elle lui fera un cours d'économie au réveil et qu'il se mettra à compter les céréales dans son bol. Je n'en dirai pas plus. À ce propos (j'en imagine qui verdissent ou qui bleuissent), tout reste confidentiel et on enquête sur des chiffres pas des noms. Ils ne servent qu'à ne pas confondre les logements entre eux (halte aux doublons!) ensuite ils se transforment en statistiques.
Plus dramatique fut l'entrevue avec une vieille personne qui me reçut les larmes aux yeux parce qu'elle regardait à la télé une émission qui se passait dans sa ville natale où elle avait rencontré son mari aujourd'hui décédé. Pendant que je remplissais les documents, elle m'a parlé de son passé, m'a sorti des photos de son fils militaire, alors que je ne peux que rester cinq minutes chez les gens sans me mêler de leur vie sans basculer dans le côté assistante sociale… sinon ce serait foutu pour la suite de la collecte. La vieille dame ne cessait de me répéter qu'elle était pressée d'en finir.
- La vie c'est comme si j'étais morte mais en pire.
Si vous ajoutez les personnes qui ne vous ouvrent pas la porte, qui vous laissent sonner sans répondre, qui vous laissent remplir leur bulletin sur le pallier, qui vous engueulent parce que vous passez trop tard, qui écrivent à côté des cases, qui piquent votre stylo, qui ne vous offrent pas à boire, qui vous parlent à travers la porte sans que l'on comprenne un mot, vous accepterez facilement chers concitoyens recensés (cela ne veut pas dire être deux fois plus sensés) pourquoi je n'ai pas toujours l'esprit serein en marchant dans les rues avec mon petit cartable. Il faut aimer les gens pour faire ce travail, avoir un bon sens du contact et jamais se rebeller même si on vous prend pour de la merde comme le fit un avocat qui me demanda trois fois ma carte avant de m'envoyer me faire voir chez les papous. Il faut garder la foi recenseuse et espérer que notre prochain nous aimera !
- Je n'ai pas le temps ! Cela ne m'intéresse pas !
Le nombre de personnes qui refusent d'être censées est faible. On ne peut pourtant pas profiter des avantages du système et refuser les contraintes du système. Le recensement est un acte obligatoire, c'est un devoir de citoyen. En cas de refus ou d'oubli, l'Insee peut vous mettre à l'amende. Est-ce utile d'ajouter que malgré tout des bulletins finissent dans les chiottes ?
Voilà, aujourd'hui c'est dimanche : seul jour de repos mais je crois que je vais aller voir sur la pointe des pieds si les avis de passage ont été enlevés ou non. Cela permet de voir si quelqu'un vient de temps en temps. On ne peut pas installer une caméra. Certaines personnes ne sont jamais là bien que déclarés en résidence principale. Les bureaux, les commerces, les associations et les lieux sans logement ne sont pas comptabilisés par l'INSEE. Les ruines, les logements vacants, occasionnels ou en travaux, les résidences secondaires et les catégories indéterminées sont recensés directement par l'agent s'ils parvient à trouver l'information. C'est souvent une véritable enquête policière de trouver trace d'un occupant !
La campagne dure cinq semaines mais le temps est notre bataille.
Le don de soi, le partage, la compréhension, la confiance, l'empathie, la solidarité… que de valeurs oubliées ou détruites ! Si nous sommes contents de rencontrer des interlocuteurs il ne faut pas charrier. Qui rend service à l'autre ? « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. » avait suggéré intelligemment John Fitzgerald Kennedy. Les portes de gloire peuvent attendre. On vient à domicile, on leur mâche le boulot, on leur explique le système, on leur évite l'amende et ces ingrats nous prennent pour des nuisibles, des assureurs peu rassurants, des représentants en encyclopédies médicales ou en papier recyclé. Quand nous ne sommes pas pris pour des cambrioleurs amateurs, des gitans qui repèrent maladroitement les lieux !
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Les voyages d'Alix, Intégrale Rome
  20 janvier 2018
Les voyages d'Alix, Intégrale Rome de Jacques Martin
Visitez la Rome antique !
Ce voyage d'Alix n'est pas un album de bandes dessinées, mais un guide touristique grand format, complémentaire des visites virtuelles qu'on peut faire sur Internet.
De nombreuses et superbes illustrations, souvent sur une double page, donnent vraiment au lecteur l'impression de se trouver sur place.
Nous visitons donc le forum, les forums impériaux, le Capitole... nous pénétrons à l'intérieur des monuments grandioses que les différents empereurs romains ont édifiés au cours des siècles, nous assistons à une bataille navale au Colisée et à une course de chars au Grand Cirque...
Ce guide comporte également des vues d'ensemble de la ville reconstituée, des plans, de nombreux commentaires détaillés, ainsi que des informations sur les types d'habitations, l'architecture, les ustensiles et les costumes.
Merci à Gilles Chaillet et Jacques Martin, hélas décédés, pour ce livre magnifique.
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palamede   22 janvier 2018
Apollinaire : Oeuvres poétiques complètes de Guillaume Apollinaire
Le Chat

Je souhaite dans ma maison :
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.

(P.8, Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée).
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palamede   21 janvier 2018
Un bonheur de rencontre de Ian McEwan
À plusieurs reprises, ils abordèrent le sujet du vieillissement ... de l’alourdissement de leur corps qui avait cessé d’être une machine autorégulatrice qu’on pouvait ignorer pour devenir au contraire un objet de surveillance et de soins constants qu’il fallait faire fonctionner consciemment et consciencieusement.
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palamede   20 janvier 2018
Au nom de la mère de Erri De Luca
... on donne trop d'importance aux mots, il arrive qu'ils contraignent à l'exil, aux prisons ou pire. Ils sont chargés de poids et pourtant ils ne sont que souffle.
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