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Critique de peloignon


peloignon
  24 novembre 2012
Tout le monde aime rire!
Chacun l'admettra, y compris le philosophe Bergson qui, toutefois, ira ensuite se demander pourquoi.
Et moi, lecteur de philosophe, je me suis demandé pourquoi Bergson s'est ainsi interrogé à propos du rire.
Alors, dans un premier temps, voyons comment s'articule la réflexion de Bergson.
Il remarque, pour amorcer sa réflexion, que seul l'homme rit.
De plus, selon lui, le rire implique une certaine « insensibilité » envers son objet puisque l'on n'ose pas rire de ce qui nous inspire de la tristesse ou de la compassion. Il en déduit alors, de manière erronée à mon avis, que le rire implique l'indifférence envers son objet. Je crois qu'il va alors trop loin, car ce qui ne nous intéresse pas ne va pas capter notre attention, par définition. le rire implique donc un chatouillement de notre sensibilité par un objet auquel nous ne sommes évidemment pas insensible bien que ce dernier ne nous inspire ni pitié ni chagrin.
D'autre part, la thèse principale de ce livre, d'ailleurs très agréable à lire, consiste à montrer l'aspect sociétal du rire. Bergson montre de manière très convaincante que le rire est un bonheur qui veut être partagé et il sert également de moyen normatif très efficace envers l'asocial car personne n'aime faire rire de soi. le rire incite aussi à la connaissance de soi et de l'autre, car l'ignorance de soi et d'autrui entraîne nécessairement la personne qui en est victime dans des situations où elle sera ridicule pour son entourage.
Le rire nous entraîne donc à améliorer nos rapports sociaux et notre connaissance de soi, mais Bergson, en conclusion, nous fait également remarquer qu'il peut également provoquer l'adoption de comportements sociaux cruels, parfaitement contraires à la moralité et hostile envers l'exceptionnel.
Alors, maintenant que nous avons une idée de la réflexion de Bergson sur le rire, reste à voir pourquoi il s'est posé cette question.
À mon avis, le philosophe, sans être asocial, va souvent se montrer insatisfait des principes à partir desquels son environnement social fonctionne et aura souvent une certaine propension à se donner ce genre de principes personnels que je qualifierais de « supra-sociaux ». C'est, en effet, dans la solitude que l'existence authentique se choisit librement dans son être. Ce faisant, le philosophe entrera inévitablement, de temps à autre, en conflit avec les principes normatifs de sa société et devra donc en subir les effets d'un de ses moyens coercitifs les plus efficaces : le rire. Voilà sans aucun doute une excellente raison pour le philosophe de se questionner sur le rire, car la compréhension de sa fonction sociale permet d'en relativiser l'importance et, advenant le cas, de le subir de manière bien moins cruelle...voir, d'en rire en retour...
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