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Critique de Presence


Presence
  15 décembre 2015
Ce tome fait suite à Proto-plastic party (épisodes 13 à 18) ; il faut avoir commencé cette série par le premier tome. Celui-ci contient les épisodes 19 à 26, initialement parus en 2007/2008, écrits par Joe Casey, dessinés et encrés par Tom Scioli, avec une mise en couleurs de Nick Filardi. le tome commence par une page de résumé, bienvenue même pour les lecteurs réguliers, car Casey a adopté une narration bien dense, quasiment compressée.

Adam Archer est emprisonné dans le building qui lui sert de quartier général, l'armée ayant estimé qu'il constitue une menace pour les États-Unis. Ce QG a été infiltré par Crashman (un superhéros en mission commanditée) qui doit neutraliser Adam Archer. À l'extérieur une entité en forme d'insecte s'attaque à la barrière qui empêche Archer de sortir, pour pouvoir l'attaquer.

Quelque part dans le désert du Nevada la Triade (3 entités extraterrestres Ed, Supra, et Eeg-Oh) a achevé la construction de leur bombe qui s'enfonce dans l'écorce terrestre pour faire exploser le coeur de notre planète, et anéantir ainsi toute vie sur Terre. Pendant que la bombe s'enfonce, la Triade va s'éclater en rasant Las Vegas. Neela Archer est toujours portée disparue dans l'espace. le Tourmenteur a retrouvé la trace de Friedrich Nickelhead.

L'inspiration de Joe Casey ne faiblit pas pour alimenter son scénario en situation digne des récits de Kirby des années 1970, toujours aussi riche en péripéties et en rebondissements. Pourtant le coeur n'y est pas pour le premier épisode, et même le deuxième. le lecteur constate que Scioli s'est lassé de concevoir des décors, ou même des arrières plans. Il se contente de traits vite faits pour figurer à la hâte les murs du QG des Archer, ou du QG militaire. Puis l'affrontement à Las Vegas semble se dérouler une scène quasi vide, avec de vagues silhouettes de buildings en arrière-plan, de temps en temps. Scioli s'investit uniquement dans les silhouettes des personnages. Il a même arrêté de s'inspirer des postures caractéristiques de Jack Kirby.

Heureusement Nick Filardi meuble les dessins avec entrain et habilité, ajoutant des couleurs vibrantes sur Adam Archer, les membres de la Triade et les monstres, pour un effet pop très séduisant. Il faut donc attendre le quatrième épisode pour que Scioli reprenne un peu du poil de la bête et propose des images plus élaborées, qui décoiffent et surprennent. La deuxième moitié est donc visuellement plus intéressante et plus réussie, peut-être aussi parce que l'intrigue se focalise moins sur des affrontements physiques. Encore que Casey s'amuse à intégrer une troupe de danseuses venues prêter main forte à Archer pour sauver Las Vegas dans la première partie, mais même cet élément burlesque, Scioli réussit à le rendre visuellement inintéressant.

Dans la deuxième partie, Scioli retrouve l'inspiration avec un des mythes fondateurs rattachés à Iboga, puis avec une version décalée de la réalité. le lecteur retrouve le souffle cosmique de Kirby, et retrouve par là même son intérêt pour le récit. Dans la première moitié, Casey fait également un peu de recyclage, avec les mêmes blagues sur les sentiments éprouvés par la Triade, les mêmes dangers pour Adam Archer (dont lecteur sait déjà qu'il se sortira sans une égratignure, grâce à une nouvelle capacité de ses superpouvoirs).

Il faut donc là encore attendre la deuxième moitié du tome pour que Casey puise dans une inspiration plus novatrice (par rapport aux épisodes précédents de cette même série), avec un mythe sur Iboga (retour au thème de la déité toute puissante), et avec l'arrivée d'un autre humain doté de pouvoirs cosmiques. le récit peut alors repartir, abandonnant les ennemis très méchants (et pas très futés), pour un axe de développement moins basique, avec plus de suspense.

Le lecteur constate que tout du long de ces épisodes la narration est centrée sur Adam Archer, un peu sur Maxim et sur Neela Archer. En ce sens, Joe Casey respecte bien la forme de narration des récits de superhéros qui font du personnage principal, un individu à part et au-dessus de la mêlée, capable d'améliorer le sort de l'humanité par le biais de ses seules capacités extraordinaires. Il ne plane aucun doute sur la fibre morale d'Adam Archer, se servant de ses pouvoirs pour le bien de tous. Ses actions sont dictées à la fois par la volonté consciente de protéger ses semblables des incroyables périls qui s'abattent sur la Terre, mais aussi par une volonté de comprendre. En cela, Casey dépasse le modèle traditionnel du superhéros, et s'inscrit dans la démarche de Jack Kirby : comprendre le monde qui m'entoure, observer ses merveilles, s'éveiller aux mystères insondables du cosmos.

Les épisodes 19 à 21 concluent de manière un peu mécanique les intrigues en suspens, sans réel enjeu pour Adam Archer dont les superpouvoirs viennent à bout de toutes les menaces physiques, avec une implication moindre de Tom Scioli (malgré un bon travail de Nick Filardi). Dans la deuxième moitié, le scénario introduit de nouveaux éléments et une dynamique différente, avec des dessins plus inspirés par Jack Kirby et plus étoffés.
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