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Critique de Pois0n


Pois0n
  04 mai 2019
Les livres où il n'y a rien à sauver sont extrêmement rares. En général, aussi mauvais l'ouvrage soit-il, on parvient toujours à y trouver quelque chose de positif à souligner. Sans oublier les points pour lesquels l'appréciation est subjective : le rythme lent qui déplaît à untel pourra être un avantage aux yeux de quelqu'un d'autre, par exemple.

… Mais parfois, on a beau vouloir être indulgent, y mettre toute la bonne volonté du monde, quand on hésite entre rire et lever les yeux au ciel toutes les deux lignes tant rien ne va, il faut se rendre à l'évidence : on est tombé sur une bouse.

J'en lis beaucoup, des romans Harlequin. De vraiment très très bons (L'île des sortilèges, Un Noël plein de surprises, Le secret de l'île maudite...), de très agréables (la série Les princes immortels, Double révélation, Fais-moi taire si tu peux !, Les amants de Southern Cross...), parfois des sympa sans plus, des moyens et occasionnellement des (franchement) bof. Mais jusqu'ici, jamais rien au niveau de ce « Les terres du désir », où les deux protagonistes se sautent dessus en plein milieu de leur première conversation (visant à expulser la fille de chez elle, quand même) avant de revenir à leurs moutons comme si de rien n'était. Où le héros décide d'épouser la demoiselle, sans se soucier de son avis, deux secondes après avoir appris sa grossesse, et ce alors qu'ils n'ont passé en tout et pour tout que dix minutes ensemble dans leur vie. Et là, on n'est qu'à la page 40...

Devant cette accumulation affligeante de dialogues et de situations risibles, j'ai commencé à résumer brièvement ce que j'étais en train de lire sur Twitter. Ce n'est pas dans mes habitudes de descendre un livre, ne serait-ce que par respect pour l'auteur qui y a passé du temps, mais là, j'ai craqué. C'était trop, c'était tristement drôle, ça méritait d'être partagé. Le niveau du truc est tel que souvent, à peine avais-je posté un message que je me retrouvais à en taper un autre après avoir lu seulement dix lignes !
En soi, bien m'en a pris, car si mes twittos ne m'avaient pas réclamé la suite à cors et à cris, j'aurais très certainement abandonné ce truc.

Car le pire, ce n'est malheureusement pas le ridicule omniprésent d'un bout à l'autre... Le comportement toxique à l'extrême du héros (dominateur, ultra possessif, autoritaire), dictant sa conduite à sa dulcinée durant les 151 pages du récit, au point de ne pas la laisser voyager seule, de choisir les vêtements qu'il veut qu'elle porte, et bien évidemment ignorer le moindre refus en insistant encore et encore jusqu'à ce qu'elle cède s'avère beaucoup plus crispant que drôle. Au rire s'ajoute de plus en plus le malaise... Inutile de dire que la demoiselle, totalement sous emprise, se rebiffe de moins en moins. Ah, et on en parle du personnage gay servant tantôt de méchant, tantôt de faire-valoir ?

Bon. Avec un fond aussi mauvais, vous vous dites sans doute que la forme pourrait éventuellement sauver les meubles ? Même pas. Entre l'insertion maladroite de clichés, les brusques changements de sujet sans rapport avec la choucroute et l'utilisation répétée de mêmes ficelles scénaristiques, le déjà-vu côtoie le prévisible d'un bout à l'autre du livre.

Les terres du désir décroche ainsi sans mal la palme de ma plus mauvaise lecture de l'année, d'une des pires tout court et indubitablement de la plus malaisante, haut la main. C'est indescriptiblement mauvais et à tous les niveaux.

Voilà. Si jamais vous avez envie de rire un coup ou de vous rendre compte du niveau abyssal du machin, le livetweet se trouve à cette adresse : . La plupart des échanges sont certes condensés, mais tout est (malheureusement !) authentique.
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