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Critique de jadeau


Guy Ferjou a vu germer son idée d'écrire le livre de sa vie durant la pandémie de 2020. D'ailleurs il ne se gêne pas d'avoir un point de vue très critique sur la gestion de crise de la Covid. Mais s'il a moins souffert que d'autres durant ces deux ans de tension morale puisqu'il avait construit de ses mains un petit paradis terrestre où il fait bon vivre (agriculture bio, paysage de bocage respecté, habitat de style traditionnel, usage d'énergies renouvelables), il a eu le temps de cogiter. Cet acteur de terrain, qui a su se protéger des crises démocratiques extérieures, vit donc sereinement avec son épouse, et anime, à la belle saison, ses jours de retraite bien méritée. En fondant des gîtes ruraux et un terrain de camping à la ferme, il accueille des vacanciers attirés par la campagne verdoyante de la Gâtine deux-sévrienne.
Dans les années 70, en débutant sa vie professionnelle comme employé de banque, il a vite lâché cette routine pour retrouver la ferme parentale et installer un troupeau de chèvres pour produire du lait biologique et des fromages (n'oublions pas que 50 % de toute la production française vient des Deux-Sèvres). Si des enseignants jésuites n'ont pas influencé son esprit d'indépendance, l'enseignement dispensé était nettement poussé vers la vie sociale (syndicalisme, vie associative et municipale). Bien lui en a pris, tout en gardant sa liberté et grâce à sa capacité d'adaptation. Un exemple : sa terre n'est pas assez riche pour cultiver le blé ? Il sème alors du seigle, en disant qu'il s'adapte !
Participant activement à la vie communale, il a vite compris l'intérêt de lancer une coopérative de matériel agricole (CUMA) avec ses voisins. Mais cela fonctionne avec un bon esprit coopératif. C'est aussi le moyen de garder une bonne entente locale et d'être loin de « l'engouement productiviste » prôné par les brutes avides de rendement ou les pauvres bougres étranglés par le Système. Si la ferme de la Férolière connaît une certaine richesse, c'est bien grâce à des trésors comme les produits sains, la culture populaire, la tradition orale en fréquentant les « historiens locaux » et surtout l'harmonie entre les hommes et la nature.
Si Guy Ferjou est optimiste pour s'adapter et limiter le réchauffement climatique, il l'est moins concernant la pollution de l'eau, des sols cultivés, et des océans. Encore moins optimiste sur les intentions concrètes des dirigeants mondiaux. Mais il reste serein dans son petit coin de Gâtine car en intelligence avec son environnement. Cela peut faire penser à ces nouveaux cadres d'entreprise, ayant gagné un peu d'argent, mais qui se retirent à la ferme pour donner du sens à leur vie. Avec les mains dans la terre, ils gagnent moins mais sont en paix avec eux-mêmes car en contact permanent avec la nature. Tout ça donne du bonheur et ça n'a pas de prix. Guy Ferjou peut continuer de se cacher derrière ses beaux châtaigniers ou ses chênes têtards, ça l'éloigne du tourisme de masse. Il vous dira qu'il fait partie des modestes Gâtineaux sans trop de besoins, ce qui le rend plus humain !
Un document à ne pas manquer, chez les Editions « la Geste ».


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