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Critique de oiseaulire


oiseaulire
  24 avril 2019
Le personnage principal de la pièce n'est pas Phèdre, mais Hippolyte, prince en but à une grave crise existentielle : blasé, désespérant du genre humain, il s'enfonce dans la dépression, n'aimant personne et méprisant ceux qui l'aiment. Car ceux qui l'aiment n'ont à lui offrir qu'un amour de papier mâché, un amour convenu de midinettes. Or Hippolyte est en manque d'amour : un prince est rarement aimé pour lui-même. Son cynisme est une sorte de politesse : par amour-propre, il préfère se rendre odieux que se plaindre, de quoi peut décemment se plaindre celui qui possède tout ?
Il ne mesurera l'amour vrai de Phèdre qu'après son suicide et du fait même de la grave accusation de viol qu'elle portera contre lui. Dans cette flambée de haine, il reconnaîtra l'envers de l'amour, mais l'amour quand même et mourra supplicié et révélé à l'altérité.
La pièce est crue, la représentation de la sexualité est omniprésente : elle y va de pair avec la conscience de la finitude, de l'abandon, elle est une fausse monnaie qui stérilise la vie du corps et celle de l'esprit. S'opposent à cette facilité glauque l'exaltation du désir vrai et de l'union mystique révélées à lui par la cruauté de Phèdre. Cet instant de compréhension et d'acceptation ultime ne pourra s'éterniser que dans l'instant précédant la mort, saine et définitive.
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