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Critique de rvclaire


rvclaire
  07 mars 2010
La femme qui pleure par Viktor Lazlo, Albin Michel, 2010 – Etonnant !

« Oh, mais, ton roman, c'est Viktor Lazlo qui l'a écrit… ! » Les points de suspension étaient emplis d'ironie et de stupéfaction dans la bouche de mon interlocuteur alors que nous découvrions le nouveau livre que nous recevions par le biais de l'opération Masse critique.

Si j'ai bien senti un rien de moquerie dans la phrase citée plus haut, au risque d'avouer ici mon inculture, je dois dire que de mon côté, ignorant tout de l'auteur, je restais interrogative devant le roman et devant mon ami.

Celui-ci s'empressa de me dire qui était Viktor Lazlo, et moi de me rappeler – enfin ! – que je l'avais aperçue dans la série Navarro - cette remarque n'est pas totalement gratuite, notez bien. Toujours est-il que je devais me préparer à lire un roman écrit par une soi-disant chanteuse, actrice has been, bien peu prometteuse.

Néanmoins, je crois avoir su partir sans a priori dans ce roman. Et bien m'en a pris. Car j'ai su entrer avec impatience dans un récit – un peu plus digne que les scenarios qu'il est coutume de croiser dans certains polars – qui est à la hauteur de beaucoup de créations du moment. Les thèmes, en tout cas, sont ceux d'une littérature d'aujourd'hui : relations amoureuses douloureuses, autodestruction dans la relation à l'autre, schizophrénie… avec un zeste de lueur – ou d'ombre, c'est selon – biographique.

La femme qui pleure : c'est l'histoire, presque filmée par la narratrice, d'une femme derrière les barreaux d'un hôpital psychiatrique, un hôpital prison. Pourquoi est-elle là ? de quoi est coupable cette narratrice qui a une facheuse tendance à perdre la mémoire, à se dédoubler ? On le découvrira au fur et à mesure de ses réminiscences qui se rapprochent de l'instant fatal, au fur et à mesure d'autres souvenirs sur lesquels plane toujours l'ombre d'un drame.

Un drame dont on ne sait, et c'est là le talent de ce livre, ni la teneur, ni qui il menace. La narratrice, c'est certain. Mais lequel des deux hommes de sa vie ? Son amant ? Son fils ?

La culpabilité est à fleur de peau et est assez bien rendue, posant par là des questions, certes génériques et générales, sur la responsabilité d'un crime, les raisons d'un passage à l'acte, conscient ou inconscient. D'autant que la présentation qui est faite du l'instant fatidique peut entretenir le lecteur à chercher, avec la narratrice, d'autres coupables. Mais le dédouanement n'intervient jamais tout à fait, ni dans l'esprit du lecteur, ni sans doute dans l'esprit de la narratrice, rongée à un tel point qu'elle préfère le silence et l'oubli.

Certes, l'originalité n'est pas le for du roman. Certes, il est quelques attendus qui ne sont pas déjoués et quelques clichés qui alourdissent parfois une histoire assez banale. Certes, les phrases sont courtes et tiennent davantage de l'esquisse que du tableau.

Et pourtant ! Pourtant Viktor Lazlo est assez inattendue. Elle ménage un certain suspens. Avec ses phrases courtes, elle adopte une plume assez dérangeante qui correspond bien à son récit. Sans longueurs.

C'est surprenant. A condition de passer le premier barrage, celui des préjugés sur une actrice qui joue l'auteur. A condition de dépasser le rejet d'une littérature catharsis qui n'est parfois qu'un sanglot. Ici, elle est avant tout suspens et c'est ce caractère, je crois, qui sauve le roman.

Claire.

Paris, le 10 février 2010.


Lien : http://traindelivres.unblog.fr
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