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Critique de Pois0n


Pois0n
  12 août 2018
Avec Harlequin, souvent, mieux vaut ne pas se fier au résumé. Ici, une fois de plus, ça n'a pas raté, puisque Lauren ne sait même pas qu'elle est enceinte au début de l'histoire. Quant au chantage pas glop, s'il est certes présent, il est loin d'être aussi odieux que ces quelques lignes le laissaient penser.

Prisonnière du cheikh n'est donc clairement pas le truc un peu rebutant dont il avait l'allure... mais souffre en revanche d'assez de défauts pour le réserver aux fans absolu.e.s du genre.

Si Lauren et Zafir avaient Facebook, leur statut resterait jusqu'à l'avant-dernière page bloqué sur « c'est compliqué ». J'en ai pourtant lu, des romances, mais ces deux-là sont un cas d'école de manque de confiance – voire de méfiance –, d'incompréhension et de manque de communication réunis.

C'est donc 150 (plus une) pages de « je-t'aime-moi-non-plus » qui attendent le lecteur. En soi, ça ne serait pas très grave, si la façon dont les quiproquos s'enchaînent ne semblait pas aussi... artificielle. Que Lauren comme Zafir puissent faire des erreurs, c'est compréhensible, d'autant que Tara Pammi est parvenue à plutôt bien détailler le passé de chacun au fil des chapitres. Le problème, c'est que même après avoir compris, ils recommencent. Et pas qu'une fois. L'ambiance n'est donc pas vraiment à la joie au Behraat, d'autant que Lauren est effectivement captive pendant toute la première moitié du récit. Et tourne sacrément en rond, puisque Zafir, en bon chef d'état, manque de temps à lui consacrer. C'est là un autre problème qui rend leur histoire bancale : en dehors de leur incartade purement physique quelques mois plus tôt, ces deux-là ne se connaissent pas. L'auteure a beau faire de son mieux pour essayer de nous convaincre d'une prétendue alchimie entre eux, même en prenant pour acquis que c'est censé être principalement sur le plan sexuel, ça ne prend pas tant on les découvre englués dans leur défiance mutuelle. C'est une romance sans être une romance ; si l'on n'a aucun mal à croire à leur colère ou à leurs doutes (vraiment bien traités, en long, en large et en travers, rien à redire sur cet aspect !), on peine à imaginer que de l'amour puisse émerger de nulle part au milieu de ce tourbillon de sentiments négatifs, de secrets, de non-dits et de manque total de véritables échanges !

Bref, sur le plan narratif, c'est un peu maladroit, même si, au final, on apprécie que les complications ne viennent pas toutes d'eux-mêmes : la place de cheikh de Zafir se trouve au cœur du récit, et avec elle, la politique. Même si cet aspect-là n'est pas plus creusé que le reste (sur une nouvelle aussi courte, mieux vaut ne pas trop en demander), il est appréciable d'avoir droit à des bribes de politique interne avec les clans à unifier, les anciens à ne pas froisser et une famille loin d'être un cadeau.

Finalement, hormis son couple phare manquant franchement de crédibilité, le principal défaut de « Prisonnière du cheikh » reste son rythme. Le temps passe très vite, l'action ne dépasse parfois pas la poignée de paragraphes avant de reprendre cours plusieurs semaines plus tard. Des ellipses qui ne dérangeraient pas si, hormis au début et lors du passage à l'oasis où l'action s'attarde enfin en détail sur les évènements – et où, sans surprise, la lecture devient nettement plus plaisante –, la narration n'était pas globalement aussi succincte. On a tantôt l'impression d'avoir affaire à des bribes d'un récit plus détaillé, tantôt à un résumé. C'est parfois tout juste si l'on ne sent pas les coupes qui ont pu être opérées ici et là pour « faire rentrer » le récit dans les canons de la collection. Et c'est foutrement dommage, parce qu'on sent réellement le potentiel du truc ! Non, les quiproquos n'en auraient pas été moins agaçants à la longue, mais le récit, en étant plus développé, plus posé, précisément sur des « détails » (les décors, certains passages dont il est frustrant d'être privé (spoiler)(fin spoiler), qui auraient contribué à rendre le tout nettement moins froid, aurait pu être VRAIMENT très agréable à parcourir.

Car c'est le sentiment qui se dégage de cette histoire, la froideur. Comme celle que Lauren et Zafir éprouvent, puis feignent d'avoir l'un pour l'autre. Difficile de s'immerger dans une histoire qui, à l'image de celle des protagonistes au début, donne l'impression d'être superficielle. On aimerait pouvoir ressentir quelque chose, positif ou négatif, parce que si on lit de la romance, c'est surtout pour ça... mais là, la magie n'a pas opéré. Ça ne fait pas rêver, ni pleurer, ni vibrer.

Alors certes, ça se lit et c'est loin d'être une purge. Il y a quelques traits d'humour, et, quand ils ne sont pas occupés à se refermer comme des huîtres, on a quand même envie d'encourager Lauren et Zafir à aller l'un vers l'autre. Mais bon.
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