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Critique de traversay


La main de Joseph Castorp est un roman puzzle. Des fragments d'histoires, des poussières d'évènements se succèdent, dans un grand chaos chronologique. Des questions sur l'histoire familiale des Mendes, l'auteur, Joao Ricardo Pedro, en pose des quantités astronomiques. Et les réponses sont disséminées dans le livre, apparentes ou non, introuvables ou pas. D'un petit village portugais "au nom de mammifère" jusqu'à Buenos Aires ou Vienne en passant par l'Angola, tout est affaire de résonances, de réminiscences et de coïncidences. Les mystères de trois vies : qui était Celestino l'ami d'Augusto ? Qu'a vécu son fils Antonio dans les guerres coloniales ? Pourquoi le fils de ce ce dernier, Duarte, a t-il renoncé au piano, lui, le surdoué. Joao Ricardo Pedro chahute les notions d'espace et de temps dans ce roman singulier qui secoue le lecteur comme un prunier. Et, en filigrane, s'inscrit l'histoire du Portugal, en particulier les années Salazar. Ce livre est évidemment interdit aux cartésiens purs et durs. Il a en revanche toutes les chances d'envoûter les amateurs de promenade littéraire. le style de Pedro est un vrai délice. A deux vitesses : rapide, il est capable de résumer une vie en une dizaine de lignes ; lent, il peut s'attarder sur plusieurs pages dans une simple description. C'est brillant, énigmatique et parfois agaçant par sa volonté de laisser les pistes narratives se chevaucher et se perdre dans le no man's land de la mémoire..
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