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Critique de Pancrace


Pancrace
  23 décembre 2020
Dès les premières bulles, les premiers dessins j'ai aimé Yvonne. Sa lucidité, sa détermination.
Son nez à la retroussette et sa silhouette confortable. Sa clairvoyance aussi. Quitter une vie alerte de son plein gré vers un EHPAD dépersonnalisé, standardisé c'est une prouesse quand la plupart de nos ainés sont dans le déni et ne peuvent ni ne veulent accepter leur naufrage.
S'attendait-elle à ce qu'elle allait trouver ?
C'est exactement ce que propose de développer S.Vidal et V.Pinel dans cet album aux dessins dynamiques, dans ces textes à l'humour toujours présent avec un éclairage que l'on aimerait être celui qui dans ce contexte, illuminerait nos fins de vie.
Dans un EHPAD, les résidents parlent et racontent mais bien souvent personne n'écoute. Yvonne partage, Yvonne s'émeut et s'insurge. S'ennuie aussi. Les questions des résidents sont plus importantes que les réponses données, souvent toutes faites.
Pour les résidents les visites sont courtes et denses mais fréquemment longues et vides pour les autres. Elles sont généralement de plus en plus espacées tel un constat que l'on se cache et qui n'échappe à personne et surtout pas à Yvonne. Comme il ne reste plus qu'un passé glacé à digérer sur les pages d'un album jauni par le temps Yvonne s'attendrit et, vivante se rapproche à la douce flamme d'un homme chaleureux pour vivre un reste d'ardeur à deux.
Yvonne devient le lien d'un petit groupe de résidents sous les regards bienveillants d'un infirmier très conciliant comme on en rencontre ordinairement dans cet environnement.
Cette BD est attendrissante mais pas apitoyante, comique parfois mais jamais grotesque.
Yvonne est surtout attachante, elle pourrait être notre mère d'ailleurs, quand un fils vient voir sa mère, il a au moins dix mères, et souvent pas la sienne. Il devient vite le fils universel, celui qui apaise les attentes de toutes avec des sourires déconcertés. Les hommes ? Il y en a deux sur dix et souvent bien plus cabossés et beaucoup moins remarqués.
Et puis pour être sympa pour Noël, n'offrez plus de chocolat car avec, ils mangent le papier d'alu. C'est hilarant un instant mais déroutant tout le temps.
Yvonne m'a plu, sa force, sa verve, ses choix et sa folle escapade. Et pour les autres, ceux qui stagne dans l'attente inévitable, si d'aventure vous les regardez de plus près, vous vous en apercevrez, c'est dans vos yeux qu'ils voyagent.


Merci infiniment aux éditions Grand Angle pour l'envoi de cet album somptueux autant à regarder qu'à lire.
Merci encore à Babelio de cette Masse Critique privilégiée.

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