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Critique de nadejda


nadejda
  25 mai 2012
Toutes les voix qui habitent ce livre, les sept principales unies à toutes celles qu'elles relayent, envahissent le lecteur. Elles donnent envie de les faire entendre à notre tour en les psalmodiant.
Faire comme ces «Ecrivains», méconnus ou totalement inconnus, qui entrelacent leur voix et font entendre celle des morts qui les hantent jusqu'à ce qu'eux-même soit emportés. Car ce qui importe c'est de dire, de montrer une fois, une dernière fois avant de disparaître que «tant que nous disposerons d'un peu de souffle encore, nous inventerons encore et encore la magie absurde de cette parole, nous irons dans les mots et nous dirons le monde.» (voix de Linda Woo dans «Discours aux nomades et aux morts»)

Lutter jusqu'au bout même seul, isolé dans la folie, l'enfermement, le silence, parvenir à dire même mal, en résistance contre la dictature, contre le mépris, contre la mort, jusque dans la sombre errance du bardo telle Marie Trois-Cent-Treize qui a été abandonnée par le lama qui devait préparer son corps et la guider par sa voix durant les 49 jours que dure le voyage vers la réincarnation ou la lumière.

Je trouve que la définition de l'apport de Nikita Kouriline à l'ensemble définit parfaitement la façon dont est composé «Ecrivains» à travers ses sept chapitres. 
«Le roman de Kouriline comporte plusieurs parties qui ne sont pas successives mais s'entrecroisent sans cesse et forment un tissu puissant, brutal et indéchirable, qui peut à tout moment être renforcé par de nouveaux apports. L'auteur ne se soucie pas d'ordonner musicalement l'ensemble de ses multiples composantes narratives, parce qu'il sait qu'elles tiennent formidablement entre elles, qu'elles sont indissociables et que rien ne viendra les défaire tant qu'il sera vivant pour les énoncer.» ("Demain aura été un beau dimanche" dernier chapitre)

Oui, toutes les voix de ce livre n'en forment qu'une dont celle de Volodine qui les convoque les unes après les autres comme Outchour Tenderekov qui «monte sur une chaise et agite les bras pour que le rêve revienne en lui.... , et dont «on pourrait penser qu'il se livre à une séance d'évocation chamanique». Et le lecteur est lui-aussi envouté.
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