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Critique de Dionysos89


Dionysos89
  15 juin 2015
Voici donc un des premiers romans de Jo Walton, écrit avant de se faire connaître avec le fameux Morwenna.

J’avoue que je me suis plusieurs fois demandé quelle était l’intention de l’auteur en rédigeant ce Cercle de Farthing, avant même de me laisser emporter par l’histoire, ce qui est sûrement une erreur, avouons-le. Je pense qu’il était d’abord de transcrire une ambiance aristocratique anglaise ; de ce point de vue-là, c’est tout à fait dans le bon ton : en effet, Jo Walton semble maîtriser, c’est assez frappant mais réconfortant (bizarrement, j’ai l’impression), les tics et les affres du flegme « so british » de la vieille noblesse qui domine donc ce Cercle de Farthing. Qu’est-ce donc que ce Cercle ? C’est « tout simplement » le groupe d’hommes et femmes politiques, surtout aristocratiques anglais, qui est à l’origine de l’éviction de Winston Churchill en 1941 pour signer un traité de paix avec l’Allemagne nazie. C’est dans ce contexte qu’intervient l’uchronie, élément qui m’a, en fait, le plus attiré vers cette aventure. Le Royaume-Uni est en paix et le continent européen est quasi complètement soumis depuis neuf ans (nous sommes en 1949) à Adolf Hitler et ses comparses.
Elle réalise son intrigue dans un huis-clos très travaillé où nous alternons entre les points de vue, d’un côté, de la jeune Lucy Kahn, fille des puissants Eversley mais mariée contre leur gré à David Kahn, qui a le malheur d’être un Anglais juif, et de l’autre, de l’inspecteur Peter Carmichael, policier venu enquêter sur la mort de James Thirkie, l’un des puissants du Cercle de Farthing. De ce côté-là, elle transcrit remarquablement bien l’ambiance aristocratique de la campagne anglaise. Certes, elle s’appuie un peu trop sur des chapitres courts pour rythmer plus facilement son récit, mais cela se justifie par l’alternance déjà évoquée. Pour préciser un petit peu sa technique, j’ai bien peur de ne pas avoir été ébloui par le style d’écriture, ni par le « labyrinthe » de pistes à élucider auquel elle aurait dû prétendre (honnêtement, le processus d’enquête est cousu de fil blanc). Heureusement qu’elle fouille comme il convient les relations entre les personnages sur des sujets sensibles comme l’antisémitisme latent et l’homosexualité refoulée.

C’est donc à travers un polar qui prend sa part d’ombre non pas dans le genre noir, mais bien dans les tendances sociétales des années 1930 et 1940, que Jo Walton crée, pourrait-on croire, un bel hommage au style « Crime en Cottage à la Christie ».
Merci donc à Babelio, sa Masse Critique et aux Editions Denoël pour cet envoi !

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