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Critique de Pois0n


Pois0n
  29 mars 2021
Un naufrage, le flashback complet de la vie de l'héroïne, un sauvetage, le débarquement sur l'île la plus proche, le noble du coin qui décide de la prendre sous son aile comme ça pour absolument zéro raison... et le tout, dans les vingt-trois premières pages, le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait BEAUCOUP. Niveau crédibilité, ça se pose là, ceci dit, le côté « conte de fées » est pleinement assumé et souligné dans le texte, donc, ça passe.

Et les 128 pages qui restent, alors ? Tout l'inverse ! Yvaine se promène sur la plage, dans la campagne, dans les jardins, se lie d'amitié avec un chien qui la suit partout (mais dont on n'entend plus parler deux chapitres plus tard), rencontre un beau musicien et un jeune américain distingué... Hmm, mais alors du coup c'est qui, le héros de l'histoire ? Eh bien en vrai, on ne sait pas trop, puisqu'Yvaine aime bien les trois (son « tuteur » est inclus dans le lot, après tout il à peine la petite trentaine), sans plus. Au moins, c'est clair, ici pas de coup de foudre instantané en mode « OMG il est canon c'est l'ôooom de ma vie ». Il y en a bien un qui la chamboule vaguement contrairement aux deux autres, mais ça n'est pas franchement flagrant. de toutes façons, Yvaine est jeune et après n'avoir pas eu d'autre choix que d'être femme de chambre, elle a plutôt envie de poursuivre ses rêves, à savoir travailler dans le milieu de l'art et des antiquités. Elle passe donc une moitié du bouquin à étudier, et l'autre à se promener en compagnie de ses divers prétendants, « en toute amitié ».

Quand on a lu « Pour un rêve d'amour » de la même autrice moins de deux semaines avant, on ne peut s'empêcher de trouver des similitudes flagrantes, à commencer par la romance bien fade qui se résout deux pages avant la fin, « l'autre femme » sophistiquée à souhait en contraste avec l'héroïne ingénue, et si l'on se doute dès le départ de l'identité de l'homme que choisira Yvaine, il est celui qu'on voit le moins. Ceci dit, la comparaison s'arrête là.

Le livre précité souffrait d'un décor aux abonnés absents : ici, Yvaine parcourt l'île en long, en large et en travers, s'imprègne des traditions locales... le dépaysement est clairement au rendez-vous. En fait, on a même plus souvent l'impression de suivre Yvaine en vacances que son parcours amoureux. Est-ce si mal, finalement ? Clairement, non, d'autant que l'on retrouve ce qui fait la force de la plume de Violet Winspear : un récit fluide, qui se suit avec plaisir, et ce, même s'il ne se passe en soi pas grand-chose.
En outre, étant moi-même handi avec douleurs chroniques, j'ai trouvé le handicap de Don Juan vraiment très bien géré. Pas de mélodramatisme, pas de larmoiements, oui il boite, et alors ? Pas de quoi en faire un plat ! Et ça, c'est cool. On ne peut pas en dire tout à fait autant vis à vis du traumatisme vis à vis de la mer développé par Yvaine suite au naufrage, traité de façon trop légère pour être crédible : à ce niveau, ne rien dire du tout aurait sans doute été préférable...

Alors, finalement, le pion du roi, ça vaut quoi ? Tout dépend de ce que vous venez y chercher. Si c'est une courte lecture dépaysante, ça fait le job. Si c'est une jolie romance, là, par contre...
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